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Tour du monde – 8 – Afrique

Maintenir le cap

9 Juillet 2011

Il est 1h30 du matin, mon avion s’envolle.
8h plus tard, j’atteris sur le tarmac de l’aéroport international de Johannesbourg.
Nous voici en Afrique du Sud.

Je regle ma montre. Il est 15h et pour quelques temps, je serais a la meme heure qu’en France.
Toujours dans l’aéroport, je me dirige vers le bureau de change, et constate qu’ils n’acceptent pas la monnaie brésilienne. Je n’ai pas non plus des mille et des cents, mais si je ne parviens pas a m’en débarasser ici, je vois pas dans quel autre pays d’Afrique je pourrais les échanger…

Pour le moment, je les conserve et je pars au distributeur de billets pour retirer des rand.

Ma 1ere impression de l’Afrique du Sud : Hotesses de l’air noires et banquieres noires au bureau de change.
Je pars au café de l’aéroport. Serveurs noirs :
– Un café s’il vous plait
– Avec du lait ou café noir ?
– Café noir
Je sors de l’aéroport. Le chauffeur de taxi noir discute avec ses collegues noirs.
Nous partons. Banlieue Est de Johannesbourg principalement noire. J’arrive au backpacker. Gérant noir. Clients noirs…et belges…

Ma 2nde impression de l’Afrique du Sud :
C’est a peu pres ce que j’imaginais ; l’impression d’etre revenu en Australie : on roule a gauche, on parle anglais (pour la plupart), les avenues sont larges, les habitations sont vastes et de plain-pied ; et tout se fait en voiture (les distances sont énormes) pour peu qu’on soit excentré de la ville.
C’est mon cas, je n’ai pas remarqué en bookant pour cet hostel qu’il se trouvait en banlieue.
Aucun bus ne passe par ici… Comme en Australie ou aux USA, la voiture est reine !
Je me suis vraiment loupé pour le coup.
Il me reste quelques pates d’Argentine et un cube de bouillon du Chili. Voila toute ma fortune pour ce soir.

2 autres personnes occupent le dortir dans lequel je me trouve : un pere et son fils. Ils me disent que pour demain, ils peuvent me déposer a Johannesbourg.

Je suis a Kempton Park, une des nombreuses banlieues de la ville, au milieu d’un quartier résidenciel, a 30 kms de Johannesbourg !
Comment ai-je fais pour me retrouver aussi loin…

10 Juillet 2010

Finalement, le pere se renseigne plus précisément a la réception et me dit qu’il peut me déposer a l’endroit ou l’on peut prendre des taxis. Bon… j’aurais presque pu m’y rendre a pied, c’est a l’angle de la rue… Et un taxi c’est pas donné.
En fait, ce qu’on entend par taxi en Afrique du Sud, c’est comme un dolmus en Turquie : la direction est définie a l’exception qu’il peut de temps en temps faire un léger détour pour te déposer a l’endroit voulu.
Pour la direction, il faut la connaitre en étant un usager régulier, sinon aucun moyen de la savoir.

Je fais signe au 1er qui vient. Pour l’appeler, il faut lever le doigt. Pas le bras, juste l’index. Pour ca, ca dépend vraiment du pays. Au Mexique, il fallait faire rapidemment trembler la main (comme si on appliquait la-bas notre fameux geste francais : le « couci-couca » ).
Je mets un moment pour expliquer au chauffeur ou je souhaite aller. Dans ma tete, c’est clair, il va a Johannesbourg. Donc je lui répete « to the town » (qu’on peut traduire par « centre-ville ») ; ca me semble évident que tous les taxis s’y dirigent.
Durant le trajet, je finis enfin par lui dire « Johannesbourg ». Et effectivement, ca valait bien la peine de lui dire… Il m’explique qu’il s’arretera a Kempton Park Station, d’ou je devrais prendre un autre taxi.
J’en prends un second et… et non… c’etait pas la bonne direction… j’en prends un 3eme qui me depose finalement en centre-ville.

Du moins, ca ressemble a un centre-ville. Les gratte-ciels ne sont pas trop loins.
Dans les rues, c’est noir de monde. Excusez-moi du jeu de mot, mais c’est vrai ; des vendeurs ambulants dans tous les coins, policiers noirs, agents de securité noirs, guichetiere noires et panneaux d’affichage avec dessus, une mannequin pour lingerie noire. C’est simple, je n’ai pas vu plus de 3 blancs durant toute la durée de ma ballade en ville.
C’est pas pour autant qu’on me regarde de travers. Mais une chose est sure, on ne peut pas me rater.
La population blanche vit plutot dans les banlieues nord. Un peu moins a l’Est, vers le quartier de mon hostel, ou se cotoient beaucoup de familles noires aisées ou de classe moyenne.
Mais les quartiers pauvres sont (forcément) plus en nombre. Ca remonte au temps de l’apartheid ou les blancs possédaient 90 pour cent du territoire sud-africain (et a vrai dire, c’est toujours le cas). En conséquence, la population noire s’est entassée dans les grandes villes, notamment Johannesbourg.

L’américaine que j’avais rencontré il y a 2 jours a Rio revenait d’Afrique du Sud et m’avais dit de ne pas rester trop longtemps a Johannesbourg.
Cette ville n’a effectivement pas grand chose d’attrayante. Fade et sans charme.
En plus de ca, on est dimanche et beaucoup de commerces sont fermés.
C’était aussi le but de ma venue dans le centre : trouver un bureau de poste pour renvoyer ma pile de livres de voyage et mon ancien camescope. Je tourne essentiellement autour du quartier Braamfontein et celui de Hillbrow, reputé dangereux ; comme d’habitude, il ne s’est rien passé, meme avec mon appareil photo et un camescope sous le bras…

Tout est fermé, il faut attendre demain. Mais je n’ai pas forcément envie de rester un jour de plus ici. En plus, il ne fait pas spécialement chaud : a peine une douzaine de degrés. Je voudrais réserver un billet de train a la gare pour une traversée de l’Afrique du Sud d’Est en Ouest.
Avant ca, je pars en direction d’un distributeur de billet. Panne d’argent ! Plafond de retrait hebdomadaire atteint. J’ai retiré beaucoup trop de cash en quelques jours lorsque j’étais au Bresil, pensant que le 1er camescope que j’acheterais serait le bon. Il coutait le double du prix de celui que j’ai finalement acquis. Du coup, je me retrouve avec de la monnaie brésilienne dont personne ne veut. Il faut attendre plusieurs jours pour recevoir des billets, et ca ne m’enchante guere de rester ici a poireauter. En revanche, pour payer par carte bleue,  pas de probleme. Encore heureux…
La derniere fois que ca m’est arrivé, c’etait a Mexico lorsque je voulais acheter mon vélo dans des commerces qui n’acceptaient que du cash.

Je pars a Park Station, au guichet pour réserver une place de train pour demain, meme si je n’ai toujours pas trouver de solution a mon manque cruel de liquide. Le guichet accepte la carte bleue, c’est déja ca.
Je demande un ticket pour Cape Town (Le Cap) :
– « Il n’y a pas de places assises, tous les lits-couchettes sont pris »
– « Combien de temps dure le voyage ? »
– « 27 heures »
– « Alors une place assise s’il vous plait »
– « Vous etes sur ? »
– « Oui »

27h, je suis dans ma moyenne, et puis c’est 2 fois moins cher qu’un lit.

– « Je voudrais aussi un ticket de train pour rentrer a Kempton Park »
– « Vous etes sur ? » (ca fait 2 fois qu’elle me dit ca)
– « Oui »
– « Comment etes-vous venu ici ? »
– « En mini-bus »
– « Et vous ne voulez pas rentrer en mini-bus ? »
– « On m’a dit que le train était moins cher »
– « … »
– « C’est moins cher ? »
– « Oui, mais faites attention on est dimanche et c’est tres calme dans le train »
– « Et alors, c’est dangereux ? »
– « Vous voyagez seul ? »
– « Oui »
– « Les gens voient que vous n’etes pas local, ils peuvent vous voler. Faites vraiment attention dans le train, gardez vos affaires pres de vous »

Comment croit-elle que je me suis debrouillé ces 10 derniers mois ? Bien sur que j’ai fais gaffe ! Mais je la remercie quand meme pour ces mises en garde. Je n’avais jamais rencontré une guichetiere aussi prévenante. Mais bon, si on écoute toujours ce genre de propos, on ne fait plus rien.

Le train a du retard (beaucoup meme) mais finit par arriver.
A l’intérieur, finalement beaucoup de gens, qui me disent bien gentillement le nombre d’arret avant d’arriver a celui de Kempton Park. Encore une fois, il ne s’est rien passé.
J’arrive au Kempton Park et le soleil commence déja a se coucher.

Depuis la station de Kempton Park, je ne trouve pas de mini-bus pour ma rue ; je dois prendre un vrai taxi pour la rejoindre, ce qui me coute un bras (la vie est moins chere qu’en Australie mais ce n’est quand meme pas donné…). J’arrive a l’hostel avec mon camescope toujours sous le bras, un sac de course (la seule chose que j’ai pu faire aujourd’hui), et 30 rands en poche (a peine 3euros…).
C’est une succession de malchance : a l’aéroport, pas possible d’échanger ma monnaie brésilienne (et je comptais dessus) ; on est dimanche aujourd’hui, donc les banques étaient fermées pour tenter un autre coup ; un backpacker excentré (je m’en serait sorti s’il avait été en centre-ville) ; et lorsque j’arrive justement a l’hostel, qu’est-ce que j’apprends ?
– « Désolé on accepte que le cash… »

P***** !!!

Le taxi qui m’a raccompagné jusqu’ici m’avait dit que le Casino de Johannesbourg échangeait n’importe quelle type de monnaie.
Je n’ai pas le choix, je dois demander a quelqu’un du backpacker de m’emmener en voiture au Casino. Le pere et son fils acceptent, moyennant un petit dédomagement, car le Casino est un peu loin, vers l’aéroport.

Arrivés sur place, je me dirige directement vers le bureau de change.
La fille me dit qu’ils n’acceptent pas la monnaie brésilienne.
Inspiration… Expiration… On garde son calme, alors qu’autour de moi, les gens s’amuse-a-perdre-leur-argent.
Je lui dis que j’ai besoin de cash, et pour abréger, j’ajoute que leur distributeur de billet ne marche pas avec ma carte. Elle me dit alors d’essayer de voir avec le guichet des joueurs. Au guichet, ils me disent qu’il faut avoir la carte du Casino.
Je me dirige alors vers un 3eme endroit. J’obtiens finalement ma carte (pas de cotisation annuelle, encore heureux). Je retourne au 2nd guichet ; je demande a la faire remplir pour immédiatement la vider de son contenu, le tout en cash.

Ca y est, tout est réglé.
Dire que tout a commencé a Rio de Janeiro par un excessif retrait d’argent et ca se termine enfin ce soir, a Johannesbourg, par une carte de l’Emperor’s Palace…
A dire vrai, je n’avais pas non plus des mille et des cents en monnaie brésilienne. Donc cette monnaie vient a point, et me permettra de tenir plusieurs jours sans effectuer aucun retrait.

A Rio, j’avais rencontré 3 francais qui voyageaient ensemble. L’un d’entre eux m’avaient expliqué qu’il lui était arrivé ce meme genre d’histoire. Il a pu compter sur ces 2 potes durant plusieurs jours. L’avantage de voyager a plusieurs. Probleme d’argent, vol, blessure, maladie : tout seul, tu ne peux te reposer sur l’épaule de personne en cas de coup dur…

Beaucoup moins de pression a présent, tout redescend. Je regle la note a ceux qui m’ont conduit jusqu’ici et les remercie vivement. Nous repartons. Je n’ai pas dépensé un dollar dans les machines a sous de Las Vegas. C’est pas ici que je commencerais (et c’est pas franchement le but de ce voyage…).

Retour a l’hostel.

11 Juillet 2011

Je range mes affaires et regle l’addition.
Le gérant me dit de noter son hostel sur Internet. Excentré, sans charme (ca encore, c’est secondaire), qui ne propose pas d’autre alternative que de payer en cash (alors tous les grands hostels le propose systematiquement) : t’inquiete pas, je ne vais pas le louper lors du vote.

Il faut au moins que je prenne en photo le quartier ou j’étais avant de me diriger a l’angle de la rue :

Une rue de Kempton Park
Une autre rue large. Ca me rappelle vraiment les lotissements australiens
Une grande avenue de Kempton Park

Je prends un mini-bus. Maintenant que je connais sa destination, je ne fais pas d’erreur. Les gens me laissent la place de devant, la plus large, la plus apte a accueillir mon gros sac. On est un peu a l’étroit a l’intérieur, du coup, comme pour les dolmus turc, l’argent passe de mains en mains jusqu’au chauffeur.

La guichetiere de la veille m’avait conseillé de me rendre a la gare vers 11h pour avoir une bonne place. Et effectivement, arrivé dans le hall, il y a déja une longue file d’attente. J’aurais espéré que dans un pays développé comme l’Afrique du Sud, les places soient définies. Et bien pas du tout. Les premiers ont les meilleures places, c’est tout. Pas de probleme pour le coup, j’arrive bien en avance, et la file se rallonge doublement derriere moi.

Dans le train, un type est arreté et menotté sous mes yeux. Il vient de dérober quelques affaires appartenant a une dame, dont son portable. Redoublons de vigilance…. Je vous en supplie, piquez-moi ce que vous voulez mais pas mon nouveau camescope, on vient a peine de faire connaissance.
Quand je suis éveillé, j’ai toujours mes affaires sur moi. Quand je dors, forcément, je suis plus vulnérable.
La solution que j’ai trouvé, c’est d’enrouler les lanieres de mes sacoches autour de ma jambe. Si l’individu cherche a voler quelque chose, je le sentirais.

Superbe paysage durant l’apres-midi, le tout filmé…

12 Juillet 2011

Nuit froide. J’ai dormi a peine 2h. Il faudra que j’attende 8 ou 9h du matin, que le soleil apparaisse et que le train gagne quelques degrés pour enfin trouver le sommeil.

Il est maintenant presque 15h, je viens de me réveiller a peine 1h avant qu’il n’arrive a Cape Town.

Le taxi me dépose a l’hostel. Un mal de gorge s’est installé. Ca c’est encore un coup de l’hostel d’hier et ses portes constamment ouvertes…

J’arrive au backpacker en taxi. Celui-ci ne présente aucun probleme apparent : bien situé, qui dispose d’une agence de voyage pour booker des tours autour de Cape Town, on peut payer par carte ; et, au cas ou, il y a meme un distributeur de billet a l’intérieur. Chaque année, il est d’ailleurs classé dans les 3 premiers meilleurs hostels d’Afrique du Sud.

A Cape Town, bien que plus au sud par rapport a Johannesbourg, il fait tres doux. Grand soleil et pas de vent, parfait pour guérir.
Je pars faire des courses et trouve une pharmacie. Traitement au doliprane et aux pastilles 2 ou 3 jours. Ne tombons pas plus malade.

Je rentre au backpacker.

13 Juillet 2011

Reveil a 11h ! J’avais vraiment besoin de sommeil apres la nuit dans le train.
cette apres-midi sera une apres-midi sans visite. Je dois faire ce que je n’ai pas pu faire a Johannesbourg, a savoir, passer a la Poste pour envoyer en France ma pile de bouquins de voyage, de dictionnaire de traduction (bye bye l’espagnol) et de camescope cassé (peut-etre réparable, sait-on jamais). Je dois aussi trouver un adaptateur. C’est encore différent ici qu’en Europe, en Australie, au Royaume-Uni ou en Amérique. Meme pour les branchements électriques, on est pas tombé d’accord… Je dois désormais avoir toutes les combinaisons mondiales.

Derniere chose a faire : guérir de ce mal de gorge. Donc pas question de prendre l’air dans les grands espaces exposés au vent. Pas aujourd’hui en tout cas.

Finalement, j’ai tout trouvé a proximité.
Voila tout pour aujourd’hui.

14 Juillet 2011

Levé au chant du « COQ », on s’habille, on marche au pas régulier, on traverse 2 rues ; un seul objectif ce matin. On s’arrete, pieds joints, torse bombé, on arme son appareil photo, on vise… FEU !!!

Fete Nationale du 14 Juillet !!! Ambassade de France a Cape Town

Une grande pensée pour la France et a tout ceux qui se trouvent dedans ; et au passage, un grand remerciement a toutes les ambassades et consulats francais du monde pretant assistance aux pauvres petits francais lorsqu’ils égarent leur passeport, leur carte bleue et leur SAC A DOS !

Elan patriotique, oui ! C’est la moindre des choses lorsqu’on est loin de son pays de coeur.
Mais ne suis-je pas non plus dans une ville, théatre de la lutte pour la création d’une nation unie ?!
On y arrive… Pour le moment, j’ai encore 1 ou 2h pour vous montrer a quoi ressemble la tranquille ville de Cape Town. Rien a voir avec Johannesbourg.

Le Company’s Gardens, en face de l’Ambassade de France

On peut voir au loin la Table Moutain, qui porte ce nom car elle est plate en son sommet.

Quartier aisé du Cap, pres du port
Derriere, toujours la Table Moutain. Cape Town sans la Table Moutain, ce n’est plus Cape Town…

A Cape Town, la population est plus metissée qu’a Johannesbourg : on compte 45 pour cent de métis, 35 pour cent de noirs et 20 pour cent de blancs.
Capitale législative de l’Afrique du Sud, les locaux l’appellent affectueusement mother city puisqu’elle fut la 1ere ville d’Afrique du Sud ou s’établirent les colons néerlandais, rejoints par des francais (protestants ayant fuits les persécutions religieuses), des allemands et des scandinaves.

 

Afrikaners
C’est justement le nom porté par tous les descendants de ces blancs non-anglophones, nés en Afrique du Sud depuis leur établissement dans la ville du Cap au milieu du XVIIeme siecle. Ils s’expriment d’ailleurs dans une langue dérivée du néerlandais du XVIIeme siecle : l’Afrikaans.
Longtemps traqués apres l’arrivée des anglais en Afrique du Sud, ils furent finalement reconnus comme minorité dans leur pays.
60 pour cent des blancs d’Afrique du Sud s’identifient aujourd’hui comme étant Afrikaners.

Le Zoulou est la 1ere langue parlée en Afrique du sud, suivi par le Xhosa. L’Afrikaans arrive en 3eme position bien que beaucoup l’ont comme seconde langue (ce qui la place alors en 2nde position). Quant a l’anglais, langue maternelle de seulement 2 ou 3 millions de sud-africains, elle semble plutot jouer l’unité du pays comme langue des affaires et de communication.

La raison pour laquelle je me rapproche du bord de mer, c’est qu’un bateau embarque pour Robben Island.

Et 30 minutes de bateau plus tard, nous y voici :

Robben Island

C’est pourquoi je vous disais que la ville du Cap était le théatre d’une lutte, chargée d’une histoire tres récente.
En fait, ca s’est plutot déroulé au large, sur Robben Island qui était une prison de sécurite maximale ou fut détenu les prisonniers de longue peine, notamment les membres de mouvements de lutte contre l’apartheid. C’est ici que Nelson Mandela fut incarcéré durant pres de 18 ans.

La visite ne dure pas longtemps, et je n’ai pas vraiment le temps de prendre de photos. Néanmoins, je traverse les couloirs des cellules des détenus, notamment celle de Mandela. A la différence de d’Alcatraz a San Francisco, l’ile est bien plus vaste et les prisonniers étaient systématiquement condamnés aux travaux forcés, dans une carriere de pierre, proche de la prison.
Le « plus » de la visite, c’est qu’elle est animée par un ancien détenu, incarcéré sur l’ile durant 7 ans.
Robben Island est le symbole de la victoire sur l’emprisonnement, la souffrance et la ségrégation pour toute l’Afrique du Sud comme pour le reste du monde. A l’époque une prison d’Etat ou les détenus arrivaient les pieds enchainés, l’ile est aujourd’hui un musée du souvenir, que l’UNESCO (site classé au Patrimoine Mondial) et l’Afrique du Sud tient a conserver pour véhiculer cet esprit de fraternité entre les ethnies ; meme si la route pour l’égalité est encore longue.
Les derniers prisonniers furent libérés en 1991, l’année de l’abolition de l’apartheid.

Retour en bateau, comme a l’aller.
Je déambule un peu dans les hauteurs de la ville ou je trouve des coins tres sympas, notamment :

La rue colorée Chiappini

Je retourne a l’accueil de l’hostel pour booker la visite de la Peninsule du Cap.
Avant chaque demande aupres des receptions depuis la fin de l’Uruguay, je constate une chose : je suis toujours en train de préparer ma phrase en espagnol…

Le Cap est une ville tres agréable. Pleins de petits commerces, et animées le soir. Je pars d’ailleurs ce soir avec quelques membres du backpacker.
Pas longtemps, car demain, il y aura un peu de marche.

15 Juillet 2011

Il est 8h, le mini-bus arrive. Nous sommes une petite dizaine pour ce tour. De l’hostel ou d’ailleurs.

Le 1er arret se fera a Hout Bay.

Le port d’Hout Bay
Et sa pointe. Photo prise depuis Chapman’s Peak

Nous sommes déja ici dans ce qui forme la grande Péninsule du Cap.

Pour le 2nd arret, je n’imaginais pas voir ca ici : des pingouins !
On les appelle African Penguin ou Manchot du Cap. Sur la plage, en plein soleil, ils sont une espece de manchot habituées aux fortes températures. On peut meme en trouver en Namibie et jusque sur les plages de l’Angola.

Nous longeons la cote peuplée de gros singes qu’on appelle Baboons.

Quelques dizaines de minutes plus tard, nous entrons quasiment a la pointe.
Le chauffeur sort de la remorque un vélo pour chacun et durant une demi-heure, avec un temps superbe, nous parcourons l’espace protégé de la pointe de la péninsule.
Arret casse-croute avant de reprendre une derniere fois le mini-bus, pour grimper a pied jusqu’a :

Cape Point, qui représente la démarcation entre l’Ocean Indien a gauche, et l’Océan Atlantique, a droite. Au loin, l’Antarctique…

On a tendance a confondre les 2 pointes, mais ne nous y trompons pas, le Cap de Bonne-Esperance est juste derriere moi :

Le voila, le Cap de Bonne-Esperance

Apres un peu de marche, nous l’atteignons.
C’est le point le plus au Sud-Ouest du continent Africain. La preuve :

Cape of Good Hope

Derniere chose originale avant de quitter ce superbe endroit :

Des autruches en bord de mer !

La Péninsule était censée etre l’un des endroits les plus venteux du globe. Aujourd’hui, rien qu’une petite brise. Temps anormalement bon pour la saison mais impeccable pour visiter ce grand espace sauvage.
Journée idyllique.

Retour a l’hostel.

16 Juillet 2011

Je me dirige l’apres-midi en direction de Table Moutain pour une simple petite ballade. Il est possible de gravir la montagne. D’en haut, on peut apercevoir toute la Péninsule du cap. Pour ma part, la péninsule, je l’ai déja vu de pres ; et de la ou je suis, j’ai déja une vue sympas :

Le Cap, vue du pied de Table Moutain

Mais la raison principale pour laquelle je ne souhaite pas vraiment faire l’ascension, c’est pour voir la teinte rosée que prend la montagne en fin d’apres-midi. Je tenais a garder la photo pour aujourd’hui. Faisons comme a Valparaiso, attendons le meilleur moment.

Je reste plusieurs heures au meme endroit a contempler la ville.
Le soleil se couche petit a petit, et j’obtiens finalement la photo que je voulais avec la couleur que je voulais :

11 mois !

J’aurais attendu plusieurs heures pour moins de 10 minutes. Avant ces 10min, la montagne est jaune pale ; apres, c’est la nuit !

Et durant toute cette attente, j’ai eu le temps de réfléchir a une chose : c’est bientot la fin ! Il s’est déja passé 1 mois depuis Valparaiso… et mathématiquement, apres 11, il y a 12 !!!
J’avais prévu de traverser d’autres pays d’Afrique du Nord, mais le temps joue vraiment contre moi. Je dois revoir a la baisse. En Afrique, comme en Amerique latine, les distances sont énormes , et je dois faire des choix. Je savais depuis mon départ que faire tout le continent africain serait impossible avec mon timing.
Tous les globe-trotters que j’ai rencontré ont meme décidé d’occulter carrément le continent tout entier pour leur tour du monde. Moi, je tenais a faire un tour du monde de TOUS les continents. Comment dire « j’ai vu le monde » sans etre passé par l’Afrique ?

Je vais quand meme poursuivre un peu ma route dans le sud de ce continent.


Un safari, ca vous tente ?

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

 

Le désert namibien

17 Juillet 2011

Le taxi me dépose au terminal de bus longue distance.
Je pars pour Windhoek, en Namibie.
Il fait un temps impeccable. Pour le paysage, j’en vois un petit bout avant de sombrer dans un profond sommeil et ceux,  jusqu’a la panne du bus… ou du moins, un probleme technique.

Nous rejoignons quelques heures plus tard un autre bus de la meme compagnie dans une station-essence pour le transfert. On est en plein milieu de la campagne sud-africaine : végétation tres basse, qui s’étend sur de vastes plaines. Quelques airs d’Australie.

Le nouveau bus est sur 2 étages, plus spacieux. On y gagne au change.
Je m’asseois a coté d’une sud-africaine.
Elle entamme des recherches biologiques sur les animaux du Parc National d’Etosha, en Namibie. Pas possible de rentrer plus dans les détails, je n’ai pas le vocabulaire spécifique a ce domaine en anglais…

Etosha se situe au Nord de la Namibie. Ce Parc National est connu pour renfermer une grande diversité faunique.
J’en profite pour lui poser quelques questions d’ordre pratique, du genre : comment obtenir de la monnaie namibienne. Elle me dit que ce n’est pas la peine, tout est payable en rand : le dollar namibien est calqué sur la monnaie sud-africaine.

Il fait nuit depuis un bon bout de temps et nous franchissons enfin l’Orange River, qui sert de frontiere entre les 2 pays. Au moment d’aller faire tamponner mon passeport, un seul mot me vient  la bouche : « Trente ! » Il est 21h sur le sol namibien, et j’entre en bus dans le 30eme pays traversé depuis le début de ce tour du monde.

Le 2nd coup de tampon sur le territoire namibien, c’est la meme file d’attente, et la meme lenteur. Mais les douaniers ont le sourire, ils plaisantent constamment.

Un dernier arret dans une derniere station-essence perdu dans la campagne. A l’interieur, les gens parlent…plutot l’allemand. La Namibie est une ancienne colonie allemande. Elle est aujourd’hui la 3eme langue parlée sur le territoire ; en second c’est l’Afrikaans, et en 1er, l’anglais, qui joue encore, comme en Afrique du Sud (ou en Inde) un role de cohésion au sein de la nation.

Retour au bus pour une courte nuit.

18 Juillet 2011

J’arrive au terminal des cars de Windhoek vers 7h ce matin. L’avantage, c’est que pour une fois, il est placé au coeur de la ville. Ce n’est pas non plus une ville immense, elle semble etre a taille humaine. La Namibie, comme l’Afrique du Sud (toutefois a moindre mesure), est un pays assez developpé si on la compare au niveau de vie du reste du continent.

Les bagages de la soute restitués a chacun, j’essaye de me réveiller tranquillement, debout, les yeux perdus dans le vide, avant de prendre une décision pour la suite. A peine le temps de bailler, un chauffeur m’alpague et me demande ou je veux aller. J’avais entendu parler d’un hostel pas trop mal et je lui donne le nom en ajoutant : « Vous avez le compteur dans le taxi ». Il me répond « oui » rapidemment et m’invite a le suivre jusqu’au véhicule. Il place mon sac dans le coffre, j’entre a l’arriere. Je lui demande alors :
– « Vous avez le compteur, il est ou ? »
– « Non il est cassé, mais ca coute 40 dollars »
Tout en ressortant du véhicule, je lui retorque :
– « Et comment je peux vous croire ? »

J’ouvre le coffre et reprend mon sac. J’aime pas les menteurs.
Je fais la route a pied jusqu’au backpacker, qui propose aussi des tours.

Je dépose toutes mes affaires dans le dortoirs avant d’aller m’intéresser aux offres de produits touristiques…
Safari, safari… je croyais que les prix étaient plus abordables en Namibie qu’en Afrique du Sud. Pas du tout, ce sont quasiment les memes.
Ca fait 11 mois que je voyage, il va falloir revoir certaines choses a la baisse.
Je ne peux pas partir a Etosha, c’est bien trop couteux. Et en Namibie, on a pas d’autres alternatives que de passer par un voyage organisé tellement les distances sont longues. Ou sinon, il faut avoir son propre vehicule, ce qui revient au final aussi cher, voire meme plus onéreux.

On va se serrer la ceinture mais quand meme booker pour 3 jours un petit quelque chose : Le Namib-Naukluft Park, un immense désert de sable a l’Ouest de la capitale, un peu moins loin en distance qu’Etosha, et qui renferme toutefois lui aussi une faune tres variée.

Départ prévu demain. J’ai de la chance pour le coup car a un jour pres, j’aurais du attendre le prochain tour, dans 3 jours.

19 Juillet 2011

Le camion passe nous chercher et nous amene d’abord a l’entreprise pour que les groupes soient répartis : dans un premier camion, le groupe de 10 jours (qui partiront aussi a Etosha) ; dans le second camion, nous, un petit groupe de 8 americano-australiano-japonaiso-canadianno-auvergnat…

Le principe est le meme que lorsque j’ai travaillé dans l’outback australien. C’est un camion a grosse suspension prévu pour les routes non bitumées qui assurera le transport du petit groupe ; a son bord, un guide-chauffeur et 2 assistants pour préparer les repas. En Australie, j’étais tout seul pour les repas et ca m’aurait bien dépanné d’avoir une personne de plus.
Ici, pas de prise de tete, c’est la Namibie ! Ils rigolent tout le temps entre eux, ce qui n’empeche pas le guide d’etre tres competent dans ses explications.

Nous quittons la ville tres rapidemment. Tout le monde s’endort durant le début du trajet. 1h plus tard, je refais surface, le paysage a bien changé ; nous voila deja dans la brousse.
Petit arret pour midi.

On a perdu le bitume a peine 20kms apres avoir quitté la capitale
 
Je m’écarte un peu du groupe pour voir les alentours. Pas de vent et pas un bruit :
 
Voila a quoi ressemble les environs
 
Je retourne en direction du groupe. Aujourd’hui, je porte justement le T-shirt de mon ancienne compagnie de tour en Australie. Le guide me demande pourquoi j’ai ca. Je lui réponds que j’ai travaillé dans l’outback. Il me dit :
– « Ca ressemble un peu a ici l’outback »
– « Oui a certains endroits »
D’immenses plaines, avec une terre presque aussi rouge que dans le Red Centre.
Il m’explique qu’une des raisons pourrait venir de la situation géographique : nous sommes a la meme latitude que l’outback, au niveau du Tropique du Capricorne.
 
Il est 16h. Nous avons roulé toute la journée jusqu’a destination : Sossusvlei, notre point de chute pour ces 2 prochaines nuits. Le guide depose ses 2 assistants au campement, puis nous amene aux 1eres dunes, juste apres avoir franchi en camion l’entree du Namib-Naukluft Park (le 2nd Parc National le plus vaste d’Afrique).
Il est prévu de voir le coucher de soleil en haut de l’une d’entre elles.
 
Sur la route pour venir jusqu’a Sossusvlei, nous avons deja croisé quelques spécimens : scarabées, autruches et antilopes qu’on appelle springbok.
 
Le camion nous dépose au pied de l’une des dunes, mais auparavant, j’aimerais bien m’approcher de ces springbok. Le groupe part sans moi.
Je pars faire mon mini-safari photo. Le moindre geste brusque et elles détalent rapidemment en faisant de superbes bons :
 
Celle de gauche a du me repérer...
 
Lorsque tu les vois partir au loin, elles se fondent parfaitement dans le décor et marque l’identité de cette belle région a la faune (et a la flore) aussi diversifiée.
 
J’ai pris du retard sur le groupe. Je commence l’ascension de la dune :
 
Beaucoup de végétation sur ces 1eres dunes
 
Je croise quelques membres du groupe, mais chacun a pris un chemin différent, tellement les dunes sont vastes. Le but est d’atteindre la plus haute. Ca prend un moment de marcher dans le sable, mais ca y est, j’arrive juste a temps pour apercevoir les derniers rayons, mais pas le temps de le prendre en photo tellement le soleil tombe a une vitesse fulgurante. Vous avez toutefois la consolation d’admirer un vaste territoire :
 
 
Des dunes a perte de vue. Superbe décor
 

Dernier arrivé, dernier reparti : je dois rapidemment rentrer au camion, sinon je tombe en pleine nuit noire. Tant que ca descend, c’est le bon chemin…
Mais la nuit tombe tres vite aussi, et j’entends le guide crier mon nom.
J’arrive, j’arrive…
Ce qui m’a ralentit durant la redescente c’est aussi et surtout l’absence de bruit ! Toujours pas de vent, ou tres peu, ca donne envie de s’arreter et « d’ecouter ce silence ». La derniere fois remonte au Salar d’Uyuni, en Bolivie. C’est dire, c’est pas tous les jours !

Retour au campement ou les tentes ont ete dressées. Je peux donc désormais le crier haut et fort ce soir : j’ai campé sur tous les continents !

20 Juillet 2011

Levés a 5h du matin. Il fait froid, on a ressorti les bas-de-laine et le bonnet de Bolivie, le polaire et le manteau de San Francisco.
Nous partons ce matin, dans une nuit sombre, en direction du coeur du Parc National, pour un lever de soleil.

Un large acces au centre (emplacement d’un ancien fleuve réduit aujourd’hui a un mine filet d’eau) permet de circuler tres facilement a l’intérieur de ce désert namibien.
Nous voici a escalader la Dune 45. Appelation pas tellement romantique pour une dune mais c’est un chercheur qui les numérota. Il s’apercu qu’en plus d’etre la 45eme dune de ses recherches, elle est située a 45km de Sossusvlei.
Bref, le soleil se leve, non pas au-dessus des dunes mais dans le large couloir asseché, destiné a la circulation. La photo ne rendra rien, croyez-moi ; en revanche, les couleurs matinales sont superbes lorsqu’on tourne son regard a sa droite ou derriere soi…

Mesdames et messieurs, je vous présente :

Le désert !
 
L’un des plus vieux, sinon le plus vieux désert au monde. Il s’étend jusqu’a l’Océan Atlantique.
 
Les arbres morts créent aussi l'identité naturelle de cet immense espace. On va en reparler
 
Ce qui n'empeche pas la presence d'arbres bien vivants
 
 
Pour la suite, il faudra rouler a peu pres 1h, pour atteindre les plus hautes dunes.
Et c’est parti pour une petite marche de 5kms dans le désert. Il doit faire 25 degres, plus de quoi se plaindre. On a enlevé les couches de vetements au fur et a mesure, pour finir en T-shirt.
 
En chemin...
 
 
Le guide nous explique comment les animaux (renards, autruches, zebres…) parviennent a survivre dans ce milieu aride. C’est notamment grace aux plantes gorgées d’eau, qui jonchent le sol. Au passage, un petit scorpion passe entre nos pieds. Le meme type de scorpion que j’ai envoyé a l’intérieur des canalisations de l’évier de la cuisine de King’s Canyon, en Australie.
 
Du désert, encore du désert...
 
Nous nous dirigeons a présent vers la plus haute dune du parc, qui est aussi l’une des plus hautes au monde. Les namibiens la surnomme :
 
Big Daddy, au fond. Elle atteint 380 metres de haut
 
Big Daddy est situé pres d’un site appelé Deadsvlei ou l’atmosphere est pour le moins…
 
étrange... et presque aussi surréaliste que le Salar d'Uyuni bolivien
 
Le vent déplace les dunes au fil du temps, ce qui réduit parfois le débit de la riviere ou détourne sa trajectoire. Ainsi, l’eau coulait a cet endroit il y a environ 600 a 800 ans : ce qui correspond a l’age de ces arbres…morts…
 
Un peu moins photogénique mais meme principe de l'autre coté de Deadsvlei
 
Je croyais ne voir que tres peu d’animaux dans ce désert. Pourtant, une large faune s’y trouve, lorsqu’on scrute un peu les alentours. Parmi ceux que nous avons rencontré : antilope, scorpion, oryx (une sorte d’antilope en un peu plus dodue), kudu (meme genre d’antilope que les oryx), autruche, baboon et enfin un beau zebre qui courrait a coté du camion ( juste le temps d’empoigner le camescope).
Parmi les animaux qui se sont bien cachés aujourd’hui : serpents (tant mieux) et renards (tant pis).
 
Dernier arret…
 
...vers ce qui reste du lac formé par le maigre cours d'eau qui traverse une partie du parc
 
Nous rentrons au campement. Une partie de l’apres-midi sera destiné au repos. Chacun vaque a ses occupations.
J’en profite pour prendre quelques photos et vous montrer a quoi ressemble Sossusvlei :
 
La, ce sont les tentes. D'ailleurs, ca ne vous rappelle rien ?
 
Vraiment rien ?
 
Moi ca m’évoque beaucoup Yulara en Australie – le point de chute pour Ayers Rock – , avec ces habitations semi-dures ; quasiment la meme terre, un campement qui s’étend sur plusieurs hectares, de plain-pied, et qui ne gache donc pas le paysage.
 
J’en profite pour faire une sieste de seulement 10 minutes. Pas plus, car a l’interieur de la tente, c’est un four !
 
Il est 16h30, nous partons visiter un canyon, a quelques kilometres de Sossusvlei. Ce n’est pas le Grand Ganyon américain, ni le site de Cappadoce en Turquie, mais il a quand meme son petit charme en cette fin d’apres-midi, ou l’air devient plus frais :
 
Sesriem Canyon
 
On peut s'y balader
 
Retour a Sossusvlei, pour une derniere nuit au campement.
 
21 Juillet 2011
 
Dernier jour de tour. Levés a 6h du matin. La journée sera consacrée au retour au bercail, jusqu’a Windhoek, mais en empreintant une route différente de celle de l’aller. On appelle ca une « scenic drive » dans le langage anglophone, qui offre un paysage plus sympathique. La brousse… des kilometres et des kilometres de brousse. Le camion passe des cours d’eau et franchit des plateaux.
 
Arret dans une station-essence…
 
Qui me rapelle le 69 Bar Station en Autriche...
 
Vous vous souvenez ? Je sais, ca remonte a longtemps... Ici, c'est un peu le Bagdad Café namibien
 
Histoire de prendre quelque chose en photo dans cette immensité, ils ont posé ce panneau :
 
Ca illustre au pasage les propos du guide sur le fait qu'il y a une ressemblance entre l'Outback australien et cette partie de la Namibie : meme latitude
 
Retour au backpacker.
 
Mais ce retour a l’hostel annonce aussi le retour de la galere (aucun répit !)
Je n’arrive pas a booker mon prochain vol sur Internet.
Il y a 3 jours, j’ai du régler en cash parce que ma carte ne fonctionnait pas. La réceptionniste m’a fait savoir que de nombreuses personnes avaient le meme probleme lorsqu’ils débarquaient en Namibie : le pays pratique une politique anti-fraude qui bloque tout paiement des la 2nde transaction. Rien que ca !…
Il faut alors avertir sa banque (ce que j’ai essayé de faire il y a 3 jours) afin de signaler que c’est bien MOI qui effectue MES PAIEMENTS sur le sol namibien.
La situation semble s’etre debloquée mais ca ne fonctionne toujours pas pour les paiements via le net.
 
Je n’ai pas le choix, je dois me rendre directement a l’aéroport et régler sur place. Je demande alors a la réceptionniste de l’hostel de m’appeler un taxi. De toute facon, on est jeudi et j’entends que la plupart des auberges de jeunesse affichent complet car c’est le jour des retours de tour.
Sinon, elle m’avait proposé il y a 3 jours de planter ma tente dans leur espace prévu une fois rentré du tour.
Or, mon vol est a 7h demain matin, j’ai pas franchement envie de dormir dans leur espace pour quelques heures de sommeil. Je réfléchis surtout au temps qu’il faudra pour tout remballer dans la nuit froide de 5h du matin…
Autant économiser une nuit justement et dormir a l’aéroport. En plus de ca, je crains que mon vol soit complet et surtout plus cher si je me pointe seulement demain, a la derniere minute.
La réceptionniste me répond :
– « Nous voulez le taxi pour quand ? »
– « Pour maintenant »
– « A quel heure est votre vol ? »
– « Demain matin a 7h, mais je dors a l’aéroport »
– « Vous ne pouvez pas, ils le ferment durant la nuit »
– « … »
– « Vous avez reservé votre vol déja ? »
– « Non, ma carte ne marche pas sur Internet »
– « Alors vous devez prendre un taxi pour l’aller et le retour jusqu’ici, ca vous fera 500 dollars » (un peu plus de 50 euros !)
– « Non, je veux juste un aller, je réfléchirais sur place »
Traduction de ma derniere phrase : je lancerais ma tente la ou je trouverais un brin d’herbe.
 
Il fait nuit a présent, il est 18h et le taxi m’amene loin, tres loin. L’aéroport international se trouve a 40kms de la capitale ! Je comprends pourquoi la course est aussi chere, on pourrait créer un Parc National entre cet aéroport et Windhoek… Au moins, il n’y aura pas de probleme pour trouver un endroit pour dormir aux alentours.
 
J’entre dans l’aéroport. Petit, mais flambant neuf. Je demande a l’hotesse un billet pour ma prochaine destination. Vol a 7h10 comme prévu avec changement a Johannesbourg.
Elle me dit :
– « Si vous payez votre 1er vol ici et le second directement a Johannesbourg, ca vous fera moins cher »
Impeccable !
 
Puis vient le moment fatidique : est-ce que ma carte bleue refonctionne…OUI ! Merci la banque.
J’échangerais mes dollars namibiens a Johannesbourg.
 
Je pose une derniere question a l’hotesse, on ne sait jamais :
– « Vous fermez l’aéroport durant la nuit ? »
– « Non… vous compter rester la ? »
– « Oui… c’est possible ? »
Pas de probleme en apprence. L’hotesse semble juste étonnée qu’on puisse dormir dans un aéroport en attendant un avion qui n’arrivera que demain. De mon coté, ce n’est pas la 1ere fois…
 
La réceptionniste de l’hostel m’a vraiment dit n’importe quoi et j’ai bien fait d’avoir décidé d’improviser une fois sur place, sans payer un aller-retour en taxi.
 
Dans le hall, quelques personnes attendent l’arrivée du dernier avion de la journée, a 19h.
Plusieurs chauffeurs de taxi me proposent leur service. Je décline les offres tour a tour. Chaque passagers du dernier avion retrouvent alors leur famille ou un chauffeur de taxi, jusqu’a ce qu’au final… il n’y est plus personne dans l’aéroport.
Les quelques commerces et agences ferment autour de moi.
Il y a un hote au guichet d’information qui rigole au téléphone, 2 vigiles et… et c’est tout.
 
Allez, une photo-souvenir de ce qui sera, je pense, l’aéroport le plus calme de ce tour du monde :
 
Sieges 3 places sans accoudoirs au milieu. Parfait pour s'étaler dans toute la longueur
 
N’empeche, ca se rafraichit…
 
22 Juillet 2011
 
Nuit tres froide. J’ai mis toutes les couches de vetements possibles et j’en tremble encore. Il est 4h30 du matin, les gens commencent a investir a nouveau le terminal. Ce sera tout pour ma nuit.
Les commerces, dont le café ouvrent a nouveau. Je m’y precipite pour trouver un peu de chaleur au fond d’un chocolat chaud, en attendant mon vol.
 
Je passe le couloir d’embarquement chauffé et j’entre dans l’avion tout chaud aussi.
Il est 7h10, je m’envole pour Johannesbourg.
Le trajet était tres court. Avec le petit dejeuner servi dans l’avion, je n’ai pas eu le temps de roupiller.
 
Retour en Afrique du Sud, a l’état de zombie.
Me voici dans l’aéroport, et je suis face a un début de dilemme (pour changer…) : soit je prends la porte « Transit », soit je repasse par la douane.
Je ne suis pas officiellement en transit puisque je n’ai pas encore acheté mon 2nd billet, et je n’ai pas réellement besoin de passer a la douane pour le coup de tampon puisque je ne sors pas de l’aéroport.
 
J’opte pour la carte « Transit » en me rendant au guichet pour expliquer mon probleme ; car c’en est un : je n’ai pas récupéré mon sac a dos.
Je lui demande si je dois quand meme passer a la douane meme si je ne quitte pas le batiment. Elle téléphone alors a un service chargé de récupérer mon sac, et de le restituer a ce guichet. Elle me dit alors de patienter 10 minutes.
 
Au bout d’une demi-heure, je lui demande ou on en est…Elle me dit qu’il vaut mieux aller le chercher directement, et de passer par la douane.
Je lui réponds :
– « Mais c’est la 1ere question que je vous ai posé en arrivant ! est-ce que je dois passer par la douane… »
– « Oui, allez-y directement »
– « … »
Inspiration…expiration… on garde son calme et on part a la douane.
C’est ce que j’aurais du faire des le depart. Ce n’est qu’un coup de tampon et il n’y a pas de visa a payer. Encore heureux de ne pas en payer un pour quelques heures de transit !
12h de transit quand meme…
 
Je cours a droite a gauche pour trouver mon sac. Je dois passer par le stand British Airways qui s’occupe des bagages perdus. Finalement, j’y parviens. Ils me disent que mon bagage a été directement transféré vers ma seconde destination. Je leur explique :
– « Je n’ai pas encore acheté de second billet »
– « Presentez-vous au guichet avec le numéro qui correspond au sac »
– « Mais vous etes sur que mon cas a été transféré ? »
– « Oui oui »
– « Sur sur sur sur sur sur ? »
– « Oui ne vous en faites pas, il n’y a aucun probleme »
 
Bon, je leur fais confiance, mais pardon de me méfier des transferts automatiques, surtout lorsque je n’ai pas encore acheté le billet qui correspond…. Je pars au guichet South African Airways. Apres maintes et maintes explications, j’obtiens mon billet d’avion. Elle me dit de patienter jusqu’a 18h pour le check-in.
 
Je n’ai plus qu’a errer dans les commerces et surtout, finir ma courte nuit sur 3 chaises avec une bouteille d’eau vide en guise de coussin.
 
C’est l’heure du check-in. Je me présente devant le guichet :
– « Vous etes en transit ? »
– « Oui et non »
– « Comment ca ? »
– « Moi non, mon sac oui »
 
C’est bon, c’est verifié, mon sac et moi embarquons sur le meme vol.
J’anticipe le risque de ne pouvoir changer ma monnaie une fois arrivé a destination en me rendant au bureau de change. Je donne tous mes dollars namibins contre des dollars américains. Au moins je suis sur qu’ils seront acceptés la ou je vais.
 
Je passe les fouilles et j’entre dans les salles d’embarquement.
Il est plus de 19h, encore presque 2h a attendre…
 
Sur le coup, je n’ai pas eu de « frisson du matin » (ou du soir) mais plutot un « frisson d’aéroport » : les aéroports finissent par se ressembler les uns les autres : commerces, duty-free shop… Perdu dans mes pensées a me souvenir de l’aéroport de Jakarta tout en marchant sur ce carrelage reluisant ou toutes les nationalités déambulent aussi, je reviens a la réalitée : « je suis dans quel pays deja ? » Il se passe plus de 5 secondes avant de me souvenir que… « Afrique du Sud… », c’est bon…
Ouahou… plus de 5 secondes perdu dans le monde ! C’est toujours une sensation aussi bizarre.
C’est peut-etre aussi a cause de la fatigue ; a moins que ce ne soit le fait que, pour la 1ere fois, je reviens dans un pays que j’ai déja traversé. A ce niveau, je n’ai pas vraiment le choix : il n’existe pas de vol entre la Namibie et l’Angola, ou entre l’Ouganda et le Togo par exemple. Pour passer d’un pays africain a un autre, tout transite par l’Afrique du Sud ou bien alors, il faut passer par un pays de l’Europe de l’Ouest !…
 
Il est 21h45, je quitte enfin Johannesbourg et l’Afrique du Sud pour le Nord du continent. L’Afrique australe, c’est déja fini, mais bien content d’avoir vu autant d’animaux, de paysages aussi variés et un magnifique désert de sable.
 
Des bises a tous. On se retrouve au sommet !