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Tour du monde – 7 – Amérique du Sud

Brasil !

30 Juin 2011

Je suis a la douane uruguayenne. C’est ici que j’attends le bus.

Il est 00h45, et le voila enfin. C’est pas trop tot, je vais pouvoir dormir quelques heures.
Je passe la frontiere brésilienne au bout de quelques minutes.

Il est 6h50, l’hotesse me réveille : « café ou thé ? »
Je n’ai pas pu me rendormir jusqu’a 8h, l’heure a laquelle j’entre au terminal des cars de Porto Alegre.

Pas tres réveillé, j’entre dans un cyber pour chercher une auberge de jeunesse. C’est bon, ce sera l’hostel Porto do Sol.
Les taxis rouges de la ville attendent en file sur 3 voies.

Et la, au moment de dire ma direction, le chauffeur me répond quelquechose d’INCOMPREHENSIBLE : du portuguais ! Je n’ai pas saisi un seul mot. Je me rendais au Brésil avec l’espoir qu ca ressemble a l’espagnol ou a l’italien. Raté ! C’est une langue complétement différente ! Meme les mots les plus récurrents, le moindre adverbe, la salutation, le remerciement, rien !!! Retour au point de départ, dans l’incompréhension mutuelle…
Ils ne parlent pas anglais et tres peu l’espagnol.
Durant la course en taxi, je regarde les panneaux : en fait, ils se lisent tres bien ; mais c’est leur prononciation qui pose vraiment probleme…

J’arrive au backpacker. L’hotesse est a la grille.
– « Hola. Hablas espanol o ingles ? » (autant ratisser large)
– « A little »
– « Do you have a room for one night ? »

Elle me dit que c’est complet. Je tente le « sourire de l’invaincu », me laisse finalement entrer pour se diriger vers le téléphone et se renseigner sur les possibilités d’hébergement dans la ville.
Et tout compte fait, elle me dit qu’un lit est disponible ici.
Je retenterais le sourire, ca a l’air de fonctionner ici.

Elle demande a la fille assise derriere moi, sur le canapé si ca ne la dérange pas que je vienne dans sa chambre, pour occuper le second lit. Elle répond « non pas de probleme ».
Je lui dis en souriant :
– « Thank you »
– « Where are you from ? »
– « France »
– « Ah bah moi aussi »

Et c’est ainsi que je rencontre Elise, étudiante en medecine, arrivée au Bresil pour un stage a l’hopital de Porto Alegre.
Je lui offre le café de l’amitié.
2 solutions s’offre a moi : soit je pars directement me coucher (parce que c’est pas la grande forme), soit on prend un second café de l’amitié – et je tiens le coup jusqu’a ce soir –  pour que l’on parte cette apres-midi rejoindre ses collegues de fac devant l’hopital, pour attaquer ensemble une visite de la ville.

Je choisis donc la 2nde option bien entendu. On dormira plus tard.
Je rencontre 2 autres lillois accompagnés de Mauricio, natif de Porto Alegre, qui nous mene dans les endroits sympas de la ville. Il a etudié a Cambridge ce qui améliore franchement la communication.
Ca me permet de lui demnder quelques phrases en portuguais :
– « Comment tu dis je m’appelle, me llamo Alex ??? »
– « Non, me chamo  »
– « Mes chameaux »
L’apprentissage sera long…

Nous faisons un peu de bus, mais l’essentiel a pied :

Le marché couvert de Porto Alegre

A vrai dire, il n’y a pas de rue incontournable et bien preservées. Beaucoup de batiments des années 70 peu esthétiques.

Une des places les plus belles que j'ai pu voir a Porto Alegre
Et un seconde église. Le temps est impeccable aujourd'hui

Centres culturels, musées, ballade le long du lac Guaiba. On a fait un bon petit tour.
Les gens boivent aussi le mate ici. Un peu moins fréquemment qu’en Uruguay quand meme.

La derniere etape sera le centre commercial de Porto Alegre. Je dois faire quelques courses pour ce soir. Tant qu’on a Mauricio sous la main, autant qu’il m’aide pour une chose :
– « Tu peux demander a la dame 4 tranches de jambon et 2 tranches de fromage pour moi ? »

Ca fait vraiment bizarre de revenir au degrés zéro d’une langue. Il n’y a pas un mot que je distingue, ni qui se détache d’un autre mot. Un brouillard compact ! D’ou l’interet d’avoir toujours un brésilien sous la main.

Nous laissons Mauricio devant le centre commercial. Je rentre au backpacker en taxi avec Elise.
Elle me dit qu’elle commence son stage demain, et rendez-vous a l’université seulement la matinée. L’apres-midi, ca nous permettrait de prendre un verre dans le quartiers des bars avec ses autres collegues.

1er Juillet 2011

Comme pour tous les backpackers, je dois partir avant midi.
Il a été convenu avec Elise que je devais l’appeler vers midi pour savoir a quelle heure elle finirait exactement.
Je laisse mon sac dans la chambre, et je traine un peu dans les rues de Porto Alegre. Il y a beaucoup de cabines téléphoniques dans les rues, mais elles fonctionnent toutes par carte.
Je dois donc trouver un bureau de tabac qui en vende. Je met un bon moment pour joindre Elise depuis la cabine pour me dire finalement qu’elle en a pour longtemps a peu pres jusqu’a 20h. Tant pis.

Nous avons visité l’essentiel de la ville hier, je pars reprendre mon sac a dos.
Direction la station des cars.

Je m’étais renseigné auparavant sur les horaires des cars. Pour me rendre a Sao Paulo, il n’y en a qu’un et il est a 21h…
Au guichet, on me dit qu’il est complet. Il me dirige vers une autre agence. Le prochain part dans 5min et il est moins cher. Ca c’est de la veine…

2 Juillet 2011

La raison principale pour laquelle je ne me suis pas vraiment attardéa Porto Alegre, la voici : j’ai gardé contact avec Diego, un brésilien qui faisait parti du groupe des 6 avec qui j’ai traversé le Salar d’Uyuni en Bolivie.
Super sympas, dans son mail, il m’a bien fait comprendre que je pouvais venir a son appartement sans probleme.
C’est tres bien placé m’a-t-il dit.

Il est 9h du matin, apres 18h de route, j’arrive dans la gigantesque métropole de Sao Paulo.
Et bizarrement, il ne faudra que 20 minutes pour rejoindre son appartement en metro. Tout est tres bien desservi, il m’avait tout indiqué jusqu’au numéro d’appartement.
Je retrouve aujourd’hui une douceur de climat que je n’avais pas connu depuis longtemps.

J’arrive a la réception qui donne l’impression d’entrer dans un hotel 3 étoiles.
Je demande l’appartement 111 (en espagnol) ; le concierge téléphone pour prevenir Diego, raccroche, puis doit etre en train de me dire : « Tu peux prendre l’ascenseur ».
Arrivé au palier, un gars m’ouvre et… ce n’est pas Diego.
Il parle un peu anglais et me dis « room mate of Diego ». C’est son collocataire. Je lui demande si il savait que j’arrivais.
Il me répond que non. La, je rigole lorsqu’il me dit : « le concierge m’a dit au telephone Alex, un francais est devant moi et j’ai dit un francais ? qu’il vienne »
Avec les brésiliens, on est jamais abandonné devant le palier, ca fait plaisir !

Diego arrive finalement 15 minutes plus tard. Et je retrouve le meme qu’en Bolivie. Lorsqu’on s’est quitté au Salar d’Uyuni, il est parti au Pérou pour le Machu Picchu avant de rentrer en avion a Sao Paulo, il y a 1 semaine.

Diego est developpeur informatique comme son coloc. Il travaille dans une agence immobiliere. J’arrive en fin de semaine donc il est en week-end.

Il est midi, je lui dis que j’aimerais trouver des bouquins de voyage en anglais. Nous prenons le bus pour le centre-ville, a l’Avenidad Paulista, une grande artere de Sao Paulo. Il tiens a me faire gouter la Feijoada, riz, porc, flageolet… tres lourd comme repas, mais tu es calé pour un moment.

Nous entrons ensuit dans un grande librairie, ou enfin, je trouve mon bonheur en livre de voyage.
Super séquence camescope, je l’ai filmé en train de lire un passage du Bouclier Arverne d’Asterix en portuguais.

Pour la fin de l’apres-midi, nous prenons le vélo en direction d’un parc pas loin. Son vélo est récent. Celui qu’il me donne a plusieurs dizaines d’années d’existence, et je le trouve superbe. Je lui dis : « C’est la 1ere fois que je monte sur un vélo depuis Panama »

Arrivé a un pont, je prends une photo pour immortaliser le superbe vélo de son coloc, style années 50 :

Au fond, le quartier des affaires et un nombre incalculable de gratte-ciel

Sao Paulo : 12500 restaurants, 402 théatres et salles de cinéma, 110 musées et centres culturels, 15000 bars et boites de nuits. Capitale économique, gastronomique et culturelle du Bresil.
Diego aime cette ville. Il me dit : « Quelque soit l’heure, un bar, un resto… il y a toujours quelquechose d’ouvert ».

Le parc est immense. Le faire a vélo a économisé des heures de marche.

De retour a l’appartement, Diego me propose un churrasco, un barbecue organisée par une agence de référencement internet. Entre informaticiens, tout le monde se connait a Sao Paulo.
Pas de probleme pour l’invitation : je le suis. Nous prenons le bus puis le taxi. La ville est gigantesque. Meme les habitants installés depuis plusieurs années sont loin de tout connaitre de cette ville : une métropole de 19 millions d’habitants et la plus vaste de l’hémisphere sud !

Diego ne parle pas bien anglais, du coup, pour avoir une communication plus fluide, on parle espagnol. La, je suis un peu plus a la traine : son espagnol est bien meilleur que le mien. J’ai compris comment marche le passe composé (c’est un italien a la frontiere boliviano-chilienne qui m’a appris comment ca fonctionnait…), mais désormais, je seche sur l’imparfait !
Lors des soirées bruyantes, je préfere que Diego me parle espagnol : lorsqu’il y a beaucoup de bruit, les mots s’entendent mieux en espagnol qu’en anglais…

Nous voici a l’entrée de l’agence. On entend une bonne ambiance de l’autre coté des murs. Avant de sonner, je lui dis en riant :
– « Ce soir je dois parler portuguais alors ? »
– « Non, certains parlent anglais »

Et effectivement, ca se passe plutot bien. Travailler dans le monde des nouvelles technologies permet de rester connecté avec l’anglais. Les invités, entre 20 et 30 ans, me font bien comprendre qu’ils sont heureux de me voir a cette soirée. Je me sens vraiment le bienvenu. En plus, Diego, a chaque rencontre, répete avec un grand engouement les détails de mon voyage. Avec l’intonation de pur brésilien, je l’entend dire : « Mexico… Panama… bicicletta !!! ». Je sais plus ou me mettre…
Les brésiliens sont tellement amicaux, toujours le sourire !

Et puis le Brésil, c’est un superbe métissage : italiens, japonais, européens, noirs-africains et métis pour beaucoup.
J’ai rencontré tout le monde sans probleme. Tous parlent avec une grande aisance, sans timidité, comme si je connaissais la personne depuis longtemps, les brésiliens comme les brésiliennes.

Tiens d’ailleurs…

Un mot sur les brésiliennes :
Je sens bien qu’a mon retour, vous allez m’interroger a ce sujet, donc autant anticiper. Je suis au regret de vous annoncer qu’elles ne sont PAS TOUTES belles… En revanche, le pourcentage de jolies brésiliennes sont VRAIMENT TRES TRES jolies. Et sincérement, j’avais pas vu d’aussi belles filles depuis l’Europe de l’Est.

Donc lorsque Diego, aprés cette magnifique soirée-barbecue, m’annonce :
– « Je pars en boite avec 3 copines, tu viens ? »…

Je vois pas comment j’aurais pu refuser…

3 Juillet 2011

Couché vers 5h30 du matin et réveil sur les coups de midi.
Forcément, c’est pas la grande forme. Mais ca pourrait etre pire.
Diego, lui, n’est pas d’attaque.
Lucas son coloc et sa copine me propose alors de les suivre au MASP (Musée d’Art de Sao Paulo) pour l’exposition de Yann Arthus Bertrand « 6 bilhões de Outros » (6 milliards d´autres).
Cette expo m’a chamboulé. Le principe était de filmer les gens des 4 coins du monde ; chacun devant répondre aux memes questions sur la famille, la liberté, le sens de la vie… J’ai l’impression de les avoir rencontré durant mon voyage car les voir et les entendre me font remonter pleins de souvenirs des pays que j’ai visité, mais aussi des différentes mentalités de chacun : Asie, Moyen-Orient, Europe, Amerique du Nord…
Tout se passe dans une dizaine de yourte mongols converties en salle de projection.
Superbe exposition, je la conseille a tous.

Je rentre a l´appartement de Diego qui me propose d´aller voir de la samba dans le quartier italien avec une de ses copines.
Et c’est reparti ! Diego, c’est l’archétype du Paulistano (habitant de Sao Paulo) : il travaille beaucoup, sort beaucoup, s’amuse beaucoup, dort a peine. Il vit dans la plus grande métropole brésilienne dont l´état d´esprit est celle d’avoir de longues journées de travail. Il y a toujours quelquechose a faire (attraction, manifestation, expo, danse…) chaque soir dans un coin différent de la ville.

Je rencontre Julianna, une fille adorable qui parle tres bien l’anglais et qui nous emmene en voiture jusqu’au bar a samba.
On pense tout de suite aux sambas des carnavals, entrainantes et bruyante. Ce n´est pas ce type de samba que je m’apprete a voir ce soir.
Pour traduire littéralement, c’est une « samba en rond » autour d’une table. Je m’explique : le bar est un bar comme un autre mis a part qu’il dispose d’une petite estrade ou se trouvent une table et des chaises ou se trouvent les musiciens qui improvisent autour d’une biere !
La musique se compose de guitares, de maracas, d’un cuica qui donne un son tres propre a la samba par le grincement d’une seule corde (une sorte de houhouhou), d’un tambourin, le tout accompagné de chants. C’est  joyeux, parfois teintée de quelques accords mineurs mélancoliques. On peut danser la samba seul ou a 2.
Pour info, tous les brésiliens ne savent pas la danser (sortons des clichés !), autant que les argentins sont loin de tous savoir danser le tango…

4 Juillet 2011

La samba finit vers 1h du matin.
Nous partons au resto japonais a 2 pas de l’appartement.
Je suis en plein changement de rythme de sommeil ; j’adopte celui du Paulistano.
Du coup, je ne suis pas en grande forme, mais les sorties sont a chaque fois geniales.

Ce matin ? Il n´y plus de matin en ce moment.
On est lundi, Diego part au boulot. Il apprécie ses horaires : il me dit qu’en général, il fait 11h-21h et sort aprés le boulot jusqu´a 3h du matin.
De mon coté, je voudrais partir cette apres-midi visiter le centre-ville.

Le probleme, c’est que son coloc aussi est parti, et je n’ai pas de clé pour fermer la porte. J´appelle Diego.
Il me dit :
– « Le concierge a une clé de secours, c’est une clé verte, demande-la »
– « Et ca se dit comment en portuguais ?  »
–  » Tu dis juste Diego falov para mim que você tenhia uma chave verde »
– « … hum… chave verde ca suffira… »

Je descends a la réception est sort un mélange espagno-italo-portuguais:
–  » Diego chave verde apartamento 111″

C’est bon il a compris.
Je prends le métro pour le centre-ville, mais tres vite, en me retrouvant seul dans ce dédale de rues, je ne sais pas vraiment quoi faire. Le quartier n´est pas franchement beau. A la limite, je préfererais déambuler dans les rues avec quelqu’un du genre… au hasard… une brésilienne !

J’ai passé a pene 2h dans le cenre avant de rentrer a nouveau.
J’utilise le PC de Diego pour commencer l’écriture du blog sur ces derniers jours au Brésil.
Il est plus de 20h, je n’ai pas le temps de terminer que Diego m’appelle :
– « Tu viens prendre un verre avec une copine ? »
– « Tu passes pas par l’appart´? »
– « Non, rejoins-moi rue Augusta »
– « Je sais plus ou c’est »
– « Prend le métro, ligne verte, arret Convençao, je t’attend devant »

Tout est tellement plus simple dans une ville équipée d´un métro. Impossible de se tromper.

Je rencontre d’autres amis a lui et la Julianna d’hier. On parle, musique, cinéma… Je constate qu´ils connaissent plus de groupes et de films francais que j’en connais du Brésil. Et pourtant des bons films brésiliens, il y en a.
En Bolivie, j’avais dit a Diego que je connaissais uniquement Cidade de Deus (la Cité de Dieu). Il m’a répondu que c’était un bon film, tres connu au Brésil. Il m’avait alors parlé de Tropa do Elite (Troupe d´Elite). Le titre sonne un peu « série B » mais ne vous y trompez pas, il a connu un franc succes au Brésil par son histoire poignante sur la BOPE (le bataillon des opérations spéciales) en charge de combattre la criminalité dans les favelas de Rio. Cette brigade existe belle et bien. Elle porte un autre nom pour celles intervenant dans les favelas de Sao Paulo.

5 Juillet 2011

Il est 1h du matin, apres plusieurs verres de bieres puis le meme resto ou il y a 2 jours, Pedro m´a fait gouté la feijoada, nous rentrons tous pour la séance cinéma « Tropa de Elite », en portuguais sous-titré anglais.
Le film commence par du funk carioca, un rythme né dans les favelas de Rio.
On en reparlera de ces favelas…
Le petit plus, c’est d’avoir vu le film aux cotés de brésiliens : on se sent encore un peu dans le film meme apres qu’il soit fini.
Superbe producion, scénario et vraimen de tres bons acteurs.
Ames sensibles s’abstenir. Pour les autres, regardez-le absolument !

Je dors a nouveau sur le sofa du salon, bien comfortable d’ailleurs.
Diego me réveille vers 11h pour me dire qu´il part au boulot. Je lui avais dit la veille que c’était mon dernier jour a Sao Paulo.
Je le remercie pour toutes ces b0nnes sorties. Il compte venir en France l’an prochain. Je l’accueille avec grand plaisir.

Une douche, je rassemble mes affaires.
Je pars au terminal des cars. Direction Rio de Janeiro, ma derniere etape de ce (court) voyage au Brésil.

Et maintenant je voudrais que chacun ait une pensée pour un vieux compagnon de route qui vient de me quitter. Des années de bons et loyaux services, de nombreux courts-métrages et voyages, l’Angleterre, l’Ecosse, l’Espagne, le Portugal, la Corse, la Sicile, l’Allemagne, la Hollande, La République Tchèque et 28 autres pays durant ce tour du monde : mon camescope vient de rendre l’ame et je m’en apercois dans le car qui m’emmene a Rio.
Au moment de changer la cassette, il a émis quelques sons étranges. Je peux insérer une nouvelle cassette, je peux voir encore ce que je filme, mais je ne peux plus enregistrer. Lorsque j’appuie sur REC, il fait le bruit du camescope-en-phase-terminal. C’en est finit. Je connaissais tous ces petits sons bizarres, ses signes de faiblesses, ses caprices dus aux changements de température ; j’ai essayé de le réanimer durant le trajet, mais c´est clair maintenant, je n’ai pas d’autres choix que de m’en procurer un nouveau. Je ne prive pas de vidéo ces touts derniers mois de voyage !

Il est 20h, apres 6h de trajet, me voici a Rio.
Un taxi me dépose devant l’hostel.
L’une des premieres questions que je pose est : « Ou est-ce que je peux trouver un magasin vendant des camescopes ? »
Le réceptioniste me donne une adresse, c’est au bout de la rue et c’est encore ouvert.
Sur place, un caméscope ! Ils ne vendent qu’un seulmaleureux camescope, et il ne me convient pas du tout.

Je rentre a l’hostel. Ils m’indiquent un autre endroit pour demain matin.
Avant toute visite de la ville, l’achat d’un nouvel appareil devient la priorité !

6 Juillet 2011

Je pars en direction de Lojas Americanas, unebotique a 2 pas de l’hostel.
3 cameras cette fois ! Elles sont toutes en HD, peu maniables, n´acceptent pas les cassettes DV forcemeny et coutent un bras !

Je me rend dans un cyber pour trouver LE magasin high-tech de la ville.
C’est bon, j’ai trouvé. Je prends le taxi pour le centre-ville.
Ca s´appelle PROMOINFO, et c’est un grand magasin constitué de petits magasins vendant de la connectique, des souris, des casques audio, des appareils photos et quelques camescope. Il doit y avoir une cinquantaine de petits magasins mais je me rend vite compte qu’ils vendent tous exactement la meme chose. Les quelques appareils qu’ils ont sont HD et coutent les yeux de la tete. J’interroge a droite a gauche, aucun professionnel n’est capable de me dire ou est-ce que je peux trouver un camescope mini-DV.
Le dernier commercant a qui j’explique mon probleme me dit que les modeles mini-DV ne se font plus. Ca, je le savais, mais j’aurais esperé que dans tous ces magasins, il y aurait des rayons discount ou achat-revente par les particuliers.
Mais non, rien. Ce que je reproche aux HD ? D’etre peu maniables car les fabriquants les font trop petitetaille. J’ai une quinzaine de cassette mini-DV qui ne me serviront plus, mais surtout, la raison principale : c’est hors de prix.

Je désespere…

Je ressors du magasin. Me voila au milieu d’une place ou les gens déambulent. Moi, je suis a l’arret et je cherche une solution.
Il va falloir creuser mieux que ca…

Je me rend dans un autre cyber pour partir a la chasse aux particuliers. Je mets 2h pour trouver le bon camescope, comparer les prix et trouver un particulier qui vende ce que je veux et dans la ville de Rio. J´ai de la chance d’etre dans une ville assez grande pour avoir un peu de choix. Mais je remarque qu´a Sao Paulo, il y avait encore plus d´offres. Pas de bol, a 1 jour pres…

Je trouve quand meme mon bonheur et je décide de tout miser sur ce particulier. Il possede un JVC mini-DV GRD275U : quasiment le frere jumeau de celui que j’ai depuis des années. Je lui envois un mail pour connaitre son adresse et m’y rendre.

Je ressors du cyber n’espérant pas avoir de réponse avant un moment (voire pas de réponse du tout). Je tente de l’appeler d’une cabine. Mais entre l’indicatif de la ville et le code préliminaire avant d’entrer son numéro, je n’y comprends rien.

Je décide de rentrer a l’hostel. La réceptioniste me donne le téléphone. Depuis le fixe, je n’ai simplement qu’a composer son numéro, c’est plus simple que dans une cabine.

Je parviens a joindre la personne. Je lui dis des le départ :
–  » Hola, no falo portugues »

Je suis tres loin de comprendre ce qu’il me dit, mais lorsqu’il me parle, je commence dans mon esprit a savoir détacher les mots les uns des autres. J’avais sous les yeux le nom du site web et la marque du camescope. Je lui dit de m´envoyer un mail avec son adresse a Rio pour que j´aille voir le produit de mes yeux. Pas la peine de compter sur un envoi postal, ca prendrais des jours.

Il me répond 1h plus tard en me disant qu’il peut passer directement a l’hostel vers 9h demain matin.
Parfait, j’espere qu’il aura tous les accessoires, que ma batterie sera compatible, que le NTSC n’aura pas trop d’influence sur l´image finale (l’Europe fonctionnant en PAL), bref… je prendrais le temps qu’il faudra avant de me décider. Mais d’un autre coté, ai-je le temps de trouver un autre particulier ? Pas vraiment…

Rio de Janeiro sans vidéo, mais quelle horreur ce serait !!!

En plus ce soir, je pars dans un grand stade de foot pour voir un match du championnat brésilien : une équipe de Rio contre São Paulo, et je n’ai rien pour filmer… Je n’aurais pas d’autres occasion de voir un match au Brésil et je vais devoir me passer de l´ambiance d’un stade lors du montage final. Et vous aussi d’ailleurs…

Ou alors, une solution : j’utilise la fonction vidéo de mon appareil photo mais c’est vraiment de pietre qualité. Ca fera l’affaire…

Le match ? Une ambiance incroyable, j’ ai entendu un bon nombre de chants différents a la gloire des Flamengo (une des équipes de Rio). Sao Paulo (qui est le nom d’une des équipes de Sao Paulo) sont réduits a un petit carré de supporters. Jamais les 2 clans ne se croisent, que ce soit a l’intérieur, en entrant ou en sortant du stade. La police est a l’intérieur et autour du stade. Pas d’incident ce soir et des tribunes en ébullition : les tambours n’ont pas cessés durant les 90 minutes. Score final : 1-0 pour Rio et j’ai senti les gradins trembler au moment du but.

7 Juillet 2011

Retour a l’auberge de jeunesse vers 1h du matin.

Un type arrive a l’hostel et demande a me voir. Je vais enfin voir le produit qu’il veut me vendre.
Je l’inspecte et le teste avec mes propres cassettes.
Il avait l’air neuf, mais au moment de visualiser les rushs, ca grésille, l’image n’est pas nette. Je lui dis simplement que je n’en veux pas. Un peu décu, je me félicite surtout qu’il ait fait le déplacement pour rien, et pas moi… Donc pas de quoi se prendre trop la tete sinon que… je n’ai toujours pas de camescope…

Ce matin, une polonaise arrive a la réception pendant que je suis devant le poste internet, a relancer les autres vendeurs potentiels en leur écrivant de venir directement a l’hostel. Les heures défilent. Pas de réponse.
Je pars juste a la poste : une lettre a envoyer pour avoir le retour de taxe lorsque j’ai travaillé en Australie. Dehors, il fait un temps excécrable. Il pleut, la brume s’est installée. Pas grand chose d’autre a faire aujourd’hui.

De retour a l’hostel, pas de réponse sur ma boite e-mail.
Je commence alors a discuter avec la polonaise qui attend toujours pour le check-in. Je lui dis au passage, que j’ai rencontré une autre polonaise dans ce meme backpacker. Ca valait la peine de lui dire, c’est un nationalité que j’ai tres rarement croisé durant ce voyage.
Les heures défilent encore et je suis toujours a l’accueil en train de discuter avec elle.

Les 2 polonaises finissent par se rencontrer et, en début d’aprés-midi, elles me proposent d’aller faire un tour malgré le temps pourri ! C’est une aprés-midi a faire du shopping. Meme si je n’ai rien a acheter. A PART UN CAMESCOPE !!!
Toujours pas de réponse de vendeurs potentiels.

Nous partons.
Si un jour on me demande : « Est-ce que tu as déja fais les magasins a Rio avec 2 polonaises », je pourrais dire oui…

Le temps se calme en milieu d’apres-midi, je leur propose de partir a la plage de Botafogo, le quartier ou se trouve l’hostel.
Pas de soleil en vue, c’ est un peu triste, et c’ est pas franchement l’ image qu’on a de Rio :

Au loin, le plus gros rocher, c' est le Pain de Sucre, un des emblemes de la ville

Puis, je leur demande si elle sont partantes pour aller sur la plage de Copacabana. Nous prenons le bus et, histoire de dire que j’y étais, voici :

Copacabana, un jour d'hiver...

Nous partons enfin dans le quartier d’Ipanema, sur une autre plage qui est séparée de Capacabana simplement par un rocher :

Plage d'Ipanema. Au loin, les favelas

On a bien marché. La nuit tombe a meme pas 18h…

Je retourne sur Internet. Un vendeur est d’accord pour passer tot demain matin. Je croise les doigts, c’est ma derniere chance !

Le backpacker organise de tres bons repas communs et des cocktails du genre le Caipirinha. Allez, on essaye de se détendre meme si je suis un peu sous pression avec cette histoire de camescope.

Je passe la soirée avec les 2 polonaises. On a tous la flemme de sortir apres cette longue journée de marche.
Mais l’ambiance de l’hostel est bonne, alors…

8 Juillet 2011

Réveil de bon matin. J’attends a la réception l’arrivee du type en question.
Tres ponctuel il se présente avec le camescope et tous les accessoires.
Bonne qualité d’extérieur, je prends mon temps pour bien l’inspecter. Il n’a pas l’air d’avor beaucoup servi, il brille encore.
J’utilie cette marque de camescope depuis des années donc je vois a peu pres a quels endroits il pourrait y avoir des défauts.

Apres enregistrement, rembobinage , visualisation, capture du son, tout fonctionne bien.
AFFAIRE CONCLUE ! et pour moins de 100 euros, ce qui est tres correct.

Je regle tous les parametres a ma convenance, installe mon microphone sur le nouvel appareil, prépare et range mon sac a dos (c’etait ma derniere nuit ici), puis je sors.

Il est encore tot et fait un temps impeccale dehors. Tout ceux qui sont a l’hostel depuis un moment me disent qu’il fait soleil pour la 1ere fois depuis 1 semaine.

Je ne mets que quelques secondes avan de me décider a partir pour la plage et capturer un maximum d’image de Rio-comme-on-l’aime !
Je saute dans un taxi pour retourner a Copacabana.

Grand soleil et 22 degrés, c’est pas trop mal pour l’hiver.
Copacabana n’a rien avoir avec ce que j’ai vu hier : déserte. Aujourd’hui, tout le monde est dehors. On joue au volley, aux raquettes ou on bronze. Quelques baigneurs et surfeurs sans oublier les vendeurs ambulants qui sillonnent les plages. On a sorti les parasols, on fait du vélo et du roller sur le sentier bitumé qui longe la plage ; bref, lorsqu’il y a du soleil, Copacabana vit !

J’ai meme le temps d’atteindre de retourner a la plage d’Ipanema.
Heureux d’avoir rattrapé le temps perdu en vidéo.
Je n’aurais perdu dans la bataille « que » l’ambiance d’un match de foot. On s’en sort plutot bien.

Je prends un taxi car il et presque midi et j’ai booké pour un tour, et notamment pour la visite d’un lieu célebre a Rio. Vous avez déja trouvé !

Effectivement, impossible de quitter Rio sans avoir vu de pres le Christ Rédempteur.
Surtout qu’aujourd’hui, c’est le bon jour pour une vue panoramique.

L’équipe sera composée d’un guide qui parle bien francais, anglais, espagnol et portuguais ; d’un argentin, d’une grecque, d’un allemand, d’un anglais et d’une américaine.

Aprés quelques minutes d’ascension en minibus nous atteignons les hauteurs du Parc National de la Tijuca, et sa vaste foret : la plus vaste foret urbaine au monde. En effet, la ville de Rio l’a encerclée voire envahie pour un temps, avant qu’on se décide, dans les années 60, a l’élever au rang de Parc National, afin d’entammer sa reforestation.
A l’intérieur de cette vaste foret, de nombreuses especes de singes vivant au milieu des montagnes, des pics et des collines, et notamment la plus celebre d’entre elle : la colline du Corcovado, la ou se dresse la statue d’un gars plutot connu dans le monde :

Le Christ Redempteur

Achevée en 1928 apres 2 ans de travaux, elle commémore les 100 ans de l’Indépendance du Brésil ; projet soutenue financierement par le Vatican (forcément).

Et ce qui est beau une fois arrivé au sommet du Corcovado :

C'est la vue, bien entendu !

Je m’en serais mordu les doigts si je n’avais pas eu de camecope aujourd’hui !

Nous partons ensuite vers le Sambodromo, qui comme son nom l’indique, est l’endroit ou se déroule la parade du traditionnel Carnaval de Rio. On recoit plus d’explication que d’images pour le coup : le Sambodromo est en travaux (au meme titre que le mythique stade Maracana, en restauration, avant d’accueillir la coupe du monde de foot en 2014).

Nous partons ensuite a Santa Teresa, le plus vieux quartier de Rio.
En s’y rendant, nous traversons une ou 2 favelas.
Reparlons-en, et je crois qu’a ce sujet, il faut changer d’opinion : depuis que la police est présente dans chaque favela, on peut désormais s’y rendre avec un guide pour les visiter.
Mieux ! (et signe de changement) : depuis que les autorités ont désarmée une grande partie des trafiquants de drogue (sans pour autant stopper leur commerce), l’endroit est plus sur, ce qui a fait grimper les prix des loyers.
En passant juste a coté de ces favelas, je me rend compte d’une cose : ca me fait tout simplement penser a Valparaiso. Meme type de construction. Sauf qu’a Valparaiso, on emploie plutot le mot « boheme » pour définir les demeures.
Alors si on appelle ce genre d’habitation des favelas, toute la vieille-ville de Valparaiso, ce sont aussi des favelas.

Notre derniere étape est celle de l’ascension du Pain de Sucre :

Il faut prendre le téléphérique pour atteindre son sommet.

C’est une derniere vue sur Rio de Janeiro qui s’offre a moi avant de quitter définitivement la ville, mais aussi le Brésil, l’Amérique latine et tout le continent américain.
Ca fait beaucoup d’un coup, et je suis en train de me remémorer tout ce qui s’est passé depuis mon arrivée en Amérique. Ca remonte un peu déja…
Dans ma tete, ce continent s’est tres distinctement découpé en 3 parties : les USA, mon voyage a vélo depuis le Mexique jusqu’en Amérique centrale, et enfin l’Amérique du Sud.

Et c'est a tout ca que je repense lorsque je regarde ce coucher de soleil sur Rio

Depuis mon arrivée a Los Angeles jusqu’a ce dernier soir a Rio de Janeiro, j’ai passé 146 jours sur le continent américain.
Ca fait bizarre, j’ai l’impression que c’est finit…

MAIS NON ! CE N’EST PAS FINI !

Nous redescendons puis repartons en minibus. Le guide me dépose en 1er a l’hostel car je suis un petit poil en retard pour prendre mon avion. Mais je tenais aller au sommet du Pain de Sucre.
Arrivé au backpaker, on me dit que mon taxi est déja passé. J’ai presque 30 minutes de retard. Il se charge d’en appeler un autre. Tout baigne, c’est l’aéroport domestique, pas besoin de s’y rendre 2h avant le décollage.

Je récupere mon sac a dos, je dis au revoir aux 2 adorables polonaises avant de plonger dans le taxi.

Je pars a Sao Paulo.
Arrivé sur place, changement d’aéroport par un bus qui m’amene de l’aéroport domestique a l’aéroport international, a l’autre bout de la ville.

9 Juillet 2011

Il est plus d’1h du matin et j »attends pour le vol qui me fera définitivement quitter l’Amérique.
Départ imminent…

Ma destination ?

L’AFRIQUE !

 

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !