Archives de catégorie : Tour du monde – 5 – Amérique du Nord

Tour du monde – 5 – Amérique du Nord

Jazz

11 Mars 2011 (suite et fin)

J’ai pu rester a l’hostel jusqu’a 22h sans payer une autre nuit, avant de parir pour la gare routiere.
1km a pied, sans pluie cette fois. Mon car part a 11h30.

12 Mars 2011

Il s’arrete a Richmond, en Virginie, durant plusieurs heures, et meme plus qu’il n’etait prévu, car je decolle finalement a 7h30 du matin apres une courte nuit passee sur les bancs metalliques du hall d’accueil.
Les horaires sur mon ticket ne sont plus a jour desormais. Ca va etre drole…

Apres Richmond, je sais que j’ai traversé plusieurs villes. Ells sont ecrites sur mon ticket mais j’en ai plus le moindre souvenir jusqu’a Charlotte en Caroline du Nord. J’ai dormi tout le temps.
Le temps s’adoucit : je sais au moins que je descends vers le sud. Je continue de rattraper mes heures de sommeil, jusqu’a la nuit.

Arrivé a Atlanta en Georgie. 2eme changement. Il fait encore plus doux. Plus besoin du manteau de San Francisco.
Depart d’Atlanta vers 21h30.

13 Mars 2011

J’ai traversé pendant la nuit la frontiere entre la Georgie et l’Alabama. Changement d’heure.
Arrive vers 4h du matin a Mobile en Alabama. Dernier changement de car, normalement… car c’est ici que le cafouillage commence. Cafouillage qui m’amene d’abord a Jackson dans le Mississipi, trop au Nord, puis a Baton Rouge, trop a l’Ouest pour enfin arriver a la Nouvelle-Orleans vers 21h.

J’avais tenté depuis Washington de trouver un hostel, mais rien de libre. Ce n’est plus vraiment ca qui m’arrete desormais, et j’avais decide, quoiqu’il arrive, d’aviser une fois sur place, et comme d’habitude, compter sur la chance.

Dans le hall d’accueil de la gare routiere, je m’approche du telephone dedié a la recherche d’hotel. Un peruvien tente la meme chose. On a tente d’appeler tous les backpackers, mais rien de libre.
Je lui propose en dernier recours de partager une chambre dans un veritable hotel, plus cher, mais ou l’on est sur de trouver une chambre double. Il accepte.

Donc me voici en compagnie de Diego, originaire du sud du Perou, qui vient de passer 3 mois a Alexandria, en Louisiane a travailler dans un Burger King, avant de repartir en avion demain matin  pour Arequipa, la 2eme plus grande ville du Perou. Je lui demande si ce n’est pas trop difficile pour les peruviens d’entrer aux USA. Il me repond qu’il avait tous les papiers, et que c’etait pour travailler, pas pour voyager. Dans ces cas-la, les demarches sont plus simples.

Nous partons a pied en direction du Holiday Inn, un hotel proche de la gare routiere.
Arrive a la reception, nous demandons une chambre double. J’en profite pour demander :
– « Ou est-ce que je peux trouver du jazz ce soir ? »
– « French Quarter » (le quartier francais)
– « C’est pas trop tard ? »
– « C’est jamais trop tard pour le jazz »

Diego me dit que demain, c’est son anniversaire. Raison de plus pour sortir. Son anglais est approximatif, et ca le fait autant marrer que moi lorsqu’il me dit qu’il voudrait , lui aussi, voir le French Toast… Sur le chemin, je lui explique que Napoleon avait vendu la Louisiane aux Etats-Unis pour 15 millions de dollars. Il replique :
– « Ah oui, Napoleon et la bataille de Water pool… » (rires a nouveau).

Et la, j’ai vu la plus belle chose de tout mon voyage aux USA : le French Quarter, coloré, decoré, de la musique, du bruit partout, des gens qui font la fete au son du rock, electro, blues, jazz… dans les bars, comme a l’exterieur. Bourbon Street est la plus animée. On est dimanche, et j’ai l’impression qu’aujourd’hui est un jour particulier. Et ce quartier, c’est le plus beau que j’ai jamais vu aux USA. On danse partout, verres et cigare a la main.

14 Mars 2011

Je regarde ma montre alors que nous sommes dans un bar a jazz. Minuit. Je souhaite a Diego un bon anniversaire en lui offrant une biere, au son d’un jazz entrainant, magnifique a entendre. L’ambiance, l’atmosphere, les couleurs, la douceur du climat de la Louisiane a cette epoque, je respire ! Plus besoin d’etre emmitouflé dans un gros manteau encombrant, je n’est pas ete en tenue decontractée depuis plus d’un mois, et j’ai l’impression d’etre passé de l’hiver au printemps en 1 jour et demi. Et lorsqu’on arrive la nuit au coeur du French Quarter avec autant d’aisance dans ses mouvements, sans ressentir le froid, de la musique plein les oreilles dans un lieu aussi magique, c’est un choc : on adore cet endroit dans la 1/2 seconde ! C’est difficile a decrire, mais ce lieu a quelque chose. On est aux Etats-Unis et pourtant, on l’oublierait presque.

Le jazz se termine. Nous rentrons a l’hotel.
A la reception, j’en profite pour demander :
– « Il y avait quelque chose de particulier aujourd’hui ? »
Elle me repond en riant :
– « Non, peut-etre parce que c’etait pour preparer mardi, et les gens pensent encore que ce mardi, c’est mardi gras… »

Et oui, Mardi Gras a la Nouvelle-Orleans, c’est sacré ; mais ca fait une semaine que c’est terminé…
En gros, pas d’evenement particulier aujourd’hui si ce n’est l’envie de faire la fete tout le temps !

Apres une courte nuit de sommeil, je dis au revoir a Diego. La veille, il parlait via Internet a ses parents restés au Perou. Il avait tourne le PC dans ma direction pour que je leur parle. Et bien meme si je ne parle pas l’espagnol, j’ai compris ce qu’ils me disaient sans traduction : que j’etais le bienvenue chez eux lorsque je viendrais au Perou.
On s’echange nos adresses avant de se quitter. Je laisse mon sac a dos en consigne a l’hotel et je retourne au French Quarter, voir a quoi il ressemble, de jour…

Juste avant, je pars a la Poste pour envoyer un colis et me decharger un peu avant d’attaquer un nouveau pays (tiens, tiens…). J’en profite pour prendre en photo l’hotel, en guise d’avant-gout :

Clarinette en trompe-l'oeil, un des symboles de la Nouvelle-Orleans

 

La Nouvelle-Orleans est surnomee « The Big Easy ». Effectivement, tout est tranquille, je trouve une douceur de vivre incroyable a l’interieur du French Quarter.
On flane, on traine, on entend toujours un joueur de jazz ou tout un groupe entier, parfois en plein milieu de la rue. Des rues pleines de caractere.

Orleans Avenue menant a la Cathedrale Saint Louis

 

La Nouvelle-Orleans est la ville qui organise le plus de festivals au monde. Pres de 500 manifestations de tout type dans differents quartiers !
L’architecture francaise a presque disparu depuis qu’un grand incendie s’est declaré dans le French Quarter a la fin du XVIIIeme siecle. Ce sont principalement les espagnols, durant une courte periode, qui imposerent leur style, avant que la Nouvelle-Orleans soit retrocédée a la France… puis vendu par Napoleon pour financer la guerre contre les anglais. Ironie de l’histoire, c’est une banque anglaise qui avanca les fonds pour que les USA puisse racheter la Louisiane…

Maison typique du French Quarter decorée aux couleurs du Carnaval (Mardi Gras)

 

Ici, la fete ne se termine jamais veritablement.

Une rue du French Quarter
A gauche, le presbytere, pris depuis le Jackson Square

 

On se sent incroyablement bien dans cette ville. Il fait 25 degres, un temps impeccable pour errer dans ces ruelles etroites qui rappelle la douceur de vivre a l’europeenne. Les commerces vendent toute l’annee des masques, des colliers de perles, tout pour le Carnaval. La musique, c’est le coeur et le poumon de la ville. Les gens vivent pour ca. Meme un lundi, l’ambiance n’est pas au travail, elle est a la fete.
Les cajuns y sont pour beaucoup dans cette ambiance tellement particuliere.

Les quoi ?
Les Cajuns ou cadiens sont les descendants de francophones europeens, du sud-ouest de la Louisiane, du Quebec, d’Haiti avec les Creoles, ou directement de la France, durant le regime francais.
La population Creole est arrivee la plus en masse dans l’histoire de la Louisiane du sud.
Le francais reste present, malgré le processus d’acculturation mene par les Etats-Unis depuis des annees.
Ce qui n’empeche pas de voir quelques signes d’attachement au passé francais tels que le rythme des festivités et bien sur, son atmosphere.

Le second drapeau en partant de la gauche : celui de la Nouvelle- Orleans (qui reprend les couleurs du drapeau francais avec 3 fleurs de lys d'or, symbole de la royauté)

 

Le Mississipi, au loin, on peut voir encore un de ces quelques bateaux avec roue a aube, encore en etat de marche

 

J’aurais tellement voulu reste plus longtemps ici, mais au moment ou je vous ecris, je suis encore a verifier s’il n’y a pas un hostel de libre. Tout est pris d’assaut.
J’y retournerais un jour. Promis.

Finir les Etats-Unis par la Nouvelle-Orleans, c’etait vraiment finir en beauté !

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

Le vélo de Mexico

14 Mars 2011 (suite et fin)

Je quitte le French Quarter de la Nouvelle-Orleans a pied jusqua l’hotel pour recuperer mon sac a dos. Direction la gare routiere.
On s’attache tres vite a cette ville et sincerement, elle est tres difficile a quitter.

Retour a Baton Rouge, puis depart a nouveau pour Lafayette. Baton Rouge, Lafayette, les francais sont passés par la…
Je pars en direction du Texas.

15 mars 2011

En plein milieu de la nuit, j’arrive a Houston, puis je prends un car quasiment remplis de mexicains, en direction du sud. Je vois le decor sud-texan evoluer et tourner lentement vers une architecture et un caractere nettement plus hispanique, bien avant la frontiere.
A Los Angeles, je me souviens avoir dit que les inscriptions dans les services publics etaient traduits systematiquement en espagnol. En fait, j’ai vu ca partout aux USA.

J’arrive a Mc Allen, encore bien loin de la frontiere ; et deja, partout dans le hall de la gare routiere, on parle espagnol, et je peine a trouver un anglophone pour savoir ou et quand sera mon prochain car.
La fille me dit que les horaires sur mon ticket sont faux.
Je paye 3 dollars pour le prochain car qui m’amenera a la frontiere.

J’arrive a Reynosa, la frontiere americano-mexicaine. Des immenses grillages ont été dressés de part et d’autre du fleuve Rio Grande. Le car s’arrete a la douane pour une fouille des bagages. Fouille pas tres approfondie pour les mexicains ; pour moi, encore moins, ils me laissent passer sans rien regarder, et sans meme un coup de tampon sur mon passeport.

La car roule toute l’apres-midi et toute la nuit.

16 Mars 2011

Perdu dans un sommeil profond, le chauffeur me secoue, il n’y a plus personne dans le car : on est arrivé a Mexico. Il est 4h30 du matin et il fait froid la nuit : 11 degres. Je dois remettre le polaire et le manteau. On m’indique on sont les taxis qi me permetront de rejoindre l’hostel que j’ai booké.

Itagnol
Italien, 2eme langue vivante au lycée… voila pour resumer mon niveau en espagnol.
Pour autant, si la personne ne parle pas trop vite, j’arrive a peu pres a comprendre. Les verbes sont plus ou moins les memes, et les chiffres quasiment similaires.
Par contre, la frustration, c’est de ne pouvoir repondre correctement a mon interlocuteur, ou alors dans une langue que je viens de creer, que j’ai baptisé « Itagnol », saupoudré dánglais.
La priorité lorsquón est dans un pays dont on ne parle pas la langue, ce n’est pas d’apprendre : « quel heure est-il ? », « je veux aller a… », « ou sont les mexicaines »… c’est tout d’abord la politesse : mots de courtoisie et sourire, c’est le sésame pour tous les pays du monde. Donc en premier lieu : « ola », « buenas dias », « buenas tardes », « gracias », « muchias gracias, « perdon », « disculpe », « con permiso »… d’autant plus que les mexicains sont plutot a cheval sur la politesse.

Le trajet en taxi me rapelle la 1ere nuit ou je suis arrivé a Delhi. C’etait a la meme heure, je voyais flou, et le chauffeur traversait les avenues a tout vitesse, comme maintenant.
Il faut toujours avoir un peu de monnaie pour un pourboire lorsqu’un assistant place ton sac dans la soute, ou lorsque le chauffeur de taxi le sort du coffre pour te le mettre sur le dos. Une petite piece, pas plus.

J’arrive devant l’hostel. Il est fermé. Je frappe a la porte. Pas de reponse.
Bon, c’est vrai qu’il est tot, mais generalement, c’est ouvert 24h/24. J’ai reperé une epicerie qui vient juste d’ouvrir dans cette nuit noire. Donuts et café. J’en profite pour demander, dans un itagnol impeccable, a quelle heure ouvre l’hostel. 8h… et il est 5h.
Il n’y a plus qu’a se poser sur un banc avec mon café, mes donuts et mon bouquin sur « comment-maitriser-parfaitement-l’espagnol-entre-5h-et-8h-du-matin-sur-un-banc-public » : « je cherche », « je veux », « je voudrais », « je ne comprends pas », « je suis francais » (gorgée de café), « combien », « quand », « pourquoi », « ou est-ce que je peux trouver », (j’attaque mon 2eme donuts), « haut », « bas », « gauche », « droite », « celui-ci », « celui-la », « ici », « la-bas », « rue », « avenue » (il me faut un 3eme donuts), « aller », « regarder », « pouvoir », quelques adverbes et surtout, le meilleur : « je suis perdu »… Pour le passé composé, on verra plus tard.
La place de la cathedrale etait calme, on se serait presque endormi si il ne faisait pas aussi froid.

La porte s’ouvre enfin. Je vois sur le comptoir qu’un tour guidé (et anglophone) en petit groupe est proposé.
Depart a 9h. Bon, je dormirais plus tard. C’est une bonne maniere de tater le terrain plutot que de rester 3 jours dans le meme quartier. Je vous dirais bientot pourquoi.

Le mini-bus part en direction de Tlatelolco, une cité antique minuscule située en plein coeur de Mexico.
Mexico, une des plus vieilles ville du monde, et la 3eme en population.
Fondée en 1325 par les Azteques, elle fut d’abord entourée par un lac que les Conquistadores espagnols assecherent au fil des siecles. Ils construisirent parallelement leur batiment en prenant soin de detruire chaque temple azteque pour y placer, au meme endroit, une eglise dans le style hispanique.
D’ailleurs, beaucoup d’azteques furent convertis de force.

Aujourd’hui, la ville de Mexico fait environ 1500 km2. En gros, on peut rouler d’un bout a l’autre durant une quarantaine de kilometres.

Nous partons ensuite dans un « complexe » d’eglises plus ou moins recentes vraiment remarquables.
Preuve a l’appui, en video…

Mais la ou nous passons le plus de temps est a 1h de Mexico, avec les temples de Teotihuacan. Et la chaleur arrive : plus de 30 degres.
Avant cela, nous mangeons dans une « cuisine mexicaine » quelques plats traditionnels pour un prix derisoire. Ca fait vraiment plaisir d’avoir des fruits et des legumes comme repas, je faisais une overdose des burgers americains.

Nous partons a pied pour le site historique.
C’est apres l’ascension du Temple de la Lune que je decide de m’ecarter du groupe pour quelque chose qui arrive tous les 16 du mois :

7 mois !

Bah oui, j’allais quand meme pas oublier. Celui que l’on voit au loin, c’est le Temple de la Lune. Le 2eme plus gros apres, apres ? apres ?

Le Temple du Soleil bien sur...

Dommage (et non), la partie haute etait en renovation…

Ainsi que la plupart des autres temples

L’origine de la fondation de Teotihuacan est assez mysterieuse car on retrouve des zones de construction successives d’aspect tolteques, mayas, zapoteque et mixteques… (rien a voir avec les bretons).
Ce qu’il faut surtout retenir, c’est qu’elle a été durant des siecles, la plus grande ville de toute l’Amerique pré-colombienne (avant la decouverte de l’Amerique par les europeens) avec 200000 habitants, étendue sur 30km2.

Une autre photo du Temple de la Lune

Une longue allée centrale, qu’on appelle « l’Allée des morts », bordés par ces petits temples, separe les 2 grands. Je n’ai pas de photos d’ensemble, mais le site est immense. 68 temples n’ont pas encore été debrouissaillé. Teotihuacan est classé au Patrimoine de l’Unesco, et ca vaut vraiment le detour.

Par contre, alimentation nouvelle, chaleur, manque de sommeil et c’est parti pour une bonne tourista, qui m’amene directement dans les chiottes, a l’autre bout du site. Il n’y a pas vraiment de facon d’eviter ce genre de désagrement. Il faut toujours un temps pour s’acclimater.

De retour sur le site, je ne trouve plus mon groupe. Je rejoins alors l’une des 5 portes par laquelle nous etions entré. Pas de mini-bus.
Je trouve une flic a l’entrée. C’est le moment de restituer ce que j’ai appris : « Estoy perdido » (je suis perdu), puis j’ajoute quelques mots d’italiens. C’est bon, l’essentiel est compris. Elle empoigne son talkie-walkie. Le mini-bus viendra me chercher 15 min plus tard.

Retour a Mexico. Je longe a nouveau ces kilometres de quartiers pauvres. Les maisons sont faites de parpaings grisatres. Arrivé dans le coeur de la ville, il fait presque nuit et l’ambiance me rappelle un peu Palerme, avec la meme agitation. Aujourd’hui, c’etait la journee culturelle. Les 2 prochains jours seront consacrés a la realisation d’un vieux projet.

17 Mars 2011

Je l’avais en tete depuis des mois : rejoindre Panama depuis Mexico a vélo. J’ai passé beaucoup de temps aux USA dans les cars. Je voudrais, pour un temps, changer de mode de transport et adopter un autre style de voyage,.
Hier soir, le guide m’avait conseillé d’aller faire un tour a San Pablo, le meilleur endroit, dit-il, pour trouver un vélo. Il m’a par ailleurs mis en garde en me disant de ne pas y aller seul, et de s’y rendre avec un ami mexicain, car le quartier n’est pas sur… J’ai pas franchement d’ami mexicain, donc on va y aller tout seul comme un grand.
Je prends une sorte de tuk-tuk ou de rickshaw mexicain pour me rendre a l’Avenidad San Pablo.

En fait, il n’y a pas vraiment de quoi avoir peur, c’est simplement le quartier des prostituées. Elles ne mordent pas que je sache… (a part si on en fait la demande).
Beaucoup de gens et surtout un nombre pas croyable de commerces en tout genre ; et spécialement des boutiques de vélos. Agreablement surpris, je n’imaginais pas que les mexicains etaient autant « branchés » 2-roues-non-motorisées. Ca va de la simple bicyclette au VTT tuning. Une foule d’accessoires en prime a des prix imbattables.
Ce que je cherche (a part un vélo bien sur), c’est une remorque capable d’accueillir mon gros sac a dos.

Et c’est bien la le probleme, personne n’en vend. Je reflechis en meme temps que j’erre dans cette longue avenue. Comment transporter mon sac sans remorque. Il est toujours possible de confectionner un plateau a l’arriere en ajoutant quelques sandoves pour maintenir le tout ; mais je suis quelque peu dubitatif sur la viabilité de cette idée. Trop compliqué a faire et j’ai peur qu’au final, le sac ne bascule a la moindre bosse.

Ou alors, une cagette en plastique… Non… pas assez large sur les cotés.

Finalement, je trouve. A force d’en voir, l’idée me traverse l’esprit doucement. J’en rie, au début. Puis je me dis : « Et pourquoi pas, c’est concu pour etre a l’arriere d’un vélo, ca aura simplement une autre fonction… ».
C’est ca qu’il me faut : un siege-bébé !
Le dossier est suffisamment élevé pour que mon sac se maintienne en hauteur, et suffisamment incurvé pour qu’il ne bascule pas sur les cotés. En plus, ca s’adapte sur quasiment tous les vélos.
Mon sac a dos, je le connais par coeur. Meme sans l’avoir pris avec moi, je connais ses dimensions. Et en voyant ce siege-bébé juste en face de moi, il ne me faudra pas longtemps pour me dire : « c’est celui-ci qu’il me faut pour mon gros bébé de 24 kgs ».
198 pesos. A peine 11 euros, pourquoi s’en priver.

Plans du Mexique et de Mexico, gants de vélo, butagaz, poncho imperméable, briquet, boussole, sandoves, guide de traduction… Aux Etats-Unis, j’aurais mis un temps pas croyable pour trouver tous ces articles. A Mexico, c’est simple, on trouve tout, pour pas cher et jamais tres loin de chez soi.

Le centre de Mexico est un quartier plutot bien entretenu. Pas de manque d’education, tout le monde jette ses dechets a la poubelle, on s’affaire a nettoyer les sols et les vitrines de sa boutique, d’effacer les tags sur ses murs, de bien présenter son magasin. Pas de négociations possible et c’est tant mieux.
Cette multitude de petits magasins donne l’impression que chacun possede son commerce, ce qui a pour avantage de faire fortement baisser les prix, meme en plein centre.
La police est omniprésente devant les bijouteries, les banques. Armés de fusils a pompe, d’uzi et meme de fusils d’assaut. La ville est bruyante mais les klaxons sont beaucoup plus discrets que dans certains pays d’Asie. A peu pres comme en Italie, ca reste vivable de marcher dans la rue.

Il me manque encore quelques articles (et le principal) mais c’est tout pour aujourd’hui.
Je retourne a l’hostel, articles et siege-bébé en main.

La place principale coté droit
Et coté gauche. La grande place se situe derriere la cathedrale

18 Mars 2011

Et c’est reparti pour une journee complete a denicher les quelques articles manquants. Le mieux, c’est de trouver tous les accesoires qu’il me faut avant d’acheter un velo (que je devrais trainer par la suite dans chaque commerces).
Je prends le taxi, siege-bébé en main. Le chauffeur parle vite. C’est dur a suivre.

Accessoires de reparation, roues de secours, cadenas, je crois avoir presque tout.
C’est le moment d’acheter un vélo. Et j’en trouve un. Il est possible de fixer le siege-bébé a l’arriere du vélo mais j’ai oublié un accessoire a l’hostel. Pas le choix, je dois rentrer juste pour une piece metallique indispensable, qu’aucun commerce ne possedait. Petit passage dans une boutique de sport pour essayer un short rembouré special VTT, puis j’achete aussi un petit sac a dos d’appoint avant de retourner a San Pablo.
Tous ces allers-retours me font perdre du temps, mais ca y est, il est 16h, je suis de nouveau a San Pablo, le siege-bébé est fixé, et j’ai officiellement tout ce qu’il me faut pour quiter Mexico. Je retourne a l’hostel a vélo tout en testant mon nouvel achat.
Un dernier passage a l’épicerie du coin pour pouvoir faire cuire quelques aliments le 1er soir. Si il y a quelque chose qui remonte le moral lorsqu’on est seul au milieu de nulle part, c’est bien de savoir qu’un bon repas, au fond de ton sac, n’attend plus que d’etre cuisiné. C’est un tres bon reconfort, je le sais d’experience.

Il me faut encore une chose, mais c’est une surprise, je tiens a prendre en photo mon vélo uniquement lorsqu’il sera entierement terminé.

Voila, tout est pret. Mon vélo dort tranquillement dans le compartiment a bagage fermé de l’hostel pendant que je vous ecris tout ce qui s’est passé depuis mon depart de la Nouvelle-Orleans.
Nouveau pays, nouveau défi.
Vous connaissez pour une fois ma prochaine destination, mais il va se passer quelques semaines avant de l’atteindre.
A partir de demain, on va vivre au jour le jour durant quelques temps, et je l’espere, jusqu’a Panama city, ma ville d’arrivée. On verra bien jusqu’ou j’irais.

Mélange d’impatience et d’anxiété : ca me rappelle le jour de mon depart…

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

Mexico-Panama (1ere partie)

19 Mars 2011

Hier encore, je me demandais si j’allais vraiment partir ce matin a vélo, pour ce long périple.
Il est environ 1h du matin et je n’ai pas vraiment trouvé de solution a mon probleme : j’ai trop d’accessoires sur moi. Un petit panier a l’avant du vélo aurait fait l’affaire mais c’est impossible a fixer sur ce type de guidon.
C’est la raison pour laquelle j’ai acheté un sac a dos, mais il est finalement trop petit.
Tous ces preparatifs, courir a droite, a gauche, m’ont fatigué et je me suis levé trop tot ce matin pour tester et preparer mon vélo.
Autre probleme, je ne peux plus retirer d’argent. Avant-hier, pas de probleme ; hier, plus compliqué ; aujourd’hui, plus du tout. C’est le genre de chose qui « t’assigne a residence ». Sans argent, les moteurs sont coupés, on est a l’arret. En fait, j’ai dépassé le seuil de retrait d’argent pour 7 jours a cause de l’achat de mon vélo.

Je decide de rester un jour de plus a Mexico. J’ai encore trop de choses a regler. La carte de credit, c’est un gros probleme a resoudre.
Je parviens finalement  a me démener avec l’hostel pour que la reception me donne du cash en echange d’un « paiement fictif » sur leur machine. 421 pesos, c’est pas enorme. Si j’ajoute ce que j’ai, ca fait eviron 560 pesos environ. On fera avec.

Il faut que je change mon sac a dos, et pour ca, il faut deja que je retrouve le meme commercant en vue d’un echange. Apres quelques fausses routes dans ce dédales de rues, je le retrouve. Il accepte l’echange, majoré de 100 pesos.

A partir de maintenant, je dois privilegier les commerces qui acceptent la carte bleue. Et ils ne sont pas nombreux. Mais je suis plus detendue, je peux profiter de l’ambiance de la rue. Il fait nuit, et le quartier historique de Mexico est un coin vraiment sympas pour se balader : tout est pavé, il fait frais, on entend partout de la musique, des automates humains et autres stands d’attractions garnissent chaque coin de rue, les mexicains tiennent la main de leurs enfants, de leur femme. Ca me rappelle la Turquie et leur sens tres tactile. Toujours une main sur l’epaule, fille ou garcon.

C’etait ma derniere nuit a Mexico, plus rien ne m’empeche de partir maintenant.

20 Mars 2011
Mexico-Panama : 1er jour

Il est 7h45, je pars a vélo de l’hostel en direction du sud. On est dimanche, le trafic est un peu plus faible. Mais ca reste etouffant au fur et a mesure que les heures passent. Je me donne largement la matinée pour quitter Mexico, une des villes les plus vastes au monde.
Mon sac est bien attaché par des sandoves, mais je dois m’arreter constamment pour regarder le plan.
Me voila a San Pablo… C’est bon signe, c’est au sud.

Je rencontre plusieurs problemes. Le siege-bébé est en plastique et je n’ai pa vraiment fait attention a sa rigidité : le sac bascule d’un coté. Il faut le fixer plus… intelligemment.
Les heures defilent. Sur une longue avenue, mon frein avant me lache et toutes les pieces tombent sur la route. Une passante me dit qu’un stand de reparation de vélo est a un pathé de maison d’ici. Impossible, je ne peux pas depenser autant d’argent liquide pour ca. Il va falloir le reparer tout seul. Et d’abord, aller chercher les pieces tombées le long du trottoir. Il doit m’en manquer une, mais ca fera l’affaire pour un temps. Heureusement, j’ai acheté un jeu de clé mais je passe un bon moment a apprendre « La Grande Histoire du Frein de Vélo ».
Je repars enfin. Ca tiens plus ou moins.

Je suis toujours dans Mexico, a longer le trottoir. Les voitures et camions affluent. Je ne sais pas si mon debut de mal de gorge est du au petit vent frais persistant ou a la pollution. Dans tous les cas, on a du mal a respirer. Mexico est dans une cuvette.

J’arrive vers 14h dans le quartier de Xochilmico, le dernier avant de sortir definitivement de Mexico. J’entre dans les ruelles des quartiers plus modestes. C’est jour de fete, des attractions sont dressées en plein milieu de la rue. Je freine : une fanfare passe devant moi.
Je vois souvent des confettis par terre et des boutiques vendant des articles de fete, des masques, du crépon, de la decoration. Les mexicains ont toujours ce gout pour la fete.

La pente augmente.

16h, je suis a bout de souffle. La pollution me fait tousser. Je m’arrete chez le dernier commercant avant de sortir de la ville. Je dois reprendre des forces en mangeant quelquechose de sucré. Devant moi, une grande pente. Je laisse passer les minutes en attendant que la motivation revienne.

Je repars, mais tres vite, je pose le pied a terre. Je ne peux pas l’attaquer « en danseuse », mon gros sac a l’arriere m’en empeche. Il faudra que je trouve une autre solution pour ce sac.

Il est 17h, je passe derriere le panneau « Bienvenidos a Ciudad de Mexico ». Je suis sorti de la ville mais les vehicules defilent encore beaucoup et la pente continue.

Il est presque 18h, le soleil commence a se coucher, il faut que je trouve un endroit pour dormir. Des champs de cactus partout et des chiens pour garder ces domaines.
1er essai. J’entre dans un sentier et tres vite, je les apercois, au loin. Demi-tour sans faire de bruit. Je poursuis ma route. Mes jambes ne suivent plus.
2nd essai. Un autre sentier. Encore un chien.
Le 3eme essai sera finalement le bon : la solution sera finalement de rester a quelques metres du bord de la route, entre 2 domaines, dans un bout de terrain minuscule n’appartenant a personne.

Le 1er jour est toujours le plus difficile, je le sais. Pour ne pas perdre le moral et dormir tranquillement, je dois trouver une solution pour mon sac.
Il est 19h, je peux enfin reflechir avec lucidité : et si j’inversais mon petit et mon gros sac… Je prendrais le gros sur les epaules et je viderais une partie de son contenu dans le petit a l’arriere. Ca devrait fonctionner.
Maintenant , je deploie la tente et je me fais cuire un bon repas. Les joies du camping, ca faisait longtemps.

Il est 20h30, je m’effondre.

21 mars 2011
Mexico-Panama : 2eme jour

Les voitures ont circulé toute la nuit mais les boules quies ont sauvé ma nuit.
Il est 8h15, deja bien tard, car il faut compter le temps pour tout remballer. Mais d’abord, une petite photo :

En souvenir de ma 1ere nuit

 Ne negligeons pas le café-lait-biscuit du matin. Vaisselle, brossage des dents, rangement ; il est 9h45, un ciel sans nuage et un petit vent frais qui, mine de rien, ameliore considerablement mes conditions de voyage.
Je mets en pratique ce que j’avais décidé la veille, a savoir, inverser les sacs.
Je n’ai desormais plus de probleme d’equilibre, mais la pente continue sur des kilometres.

J’avance tres peu, je m’arrete souvent. Je reste trop chargé a l’arriere : mon gros sac, meme déchargé d’une bonne partie de son poids, frotte contre mon petit sac ; ca appuie sur mes bras, ce qui me fait forcer, meme dans les quelques rares descentes.

J’avais 6L d’eau hier avant de trouver mon emplacement ; arrivé a la 1ere gargote sur le bord de la Nationale, il m’en reste a peine 50cl. Je refais le plein. La pente continue encore et encore.

J’arrive dans une autre gargote, tout en haut d’une colline, il est deja 14h et j’ai fait a peine une dizaine de kilometres. Il est temps de manger un bout, et pour ca, l’alimentation mexicaine remonte le moral. Je ne peux pas vraiment vous dire ce que je mange parce que c’est nouveau (et que je retiens difficilement les mots espagnols), mais c’est bon ; les sauces piquantes sont toujours placées a part. Merci…

Je demande a combien de kilometres est Oaxtepec. Elle me dit 25 kms, mais c’est que de la descente.
Effectivement, ca y est, enfin. Je vois un panneau ecrit…37 kms… mais ca restera quand meme quasiment 37 kms de descente.

Il est 19h, j’arrive a Oaxtepac. Je dois regler le probleme de ces sacs (encore), me procurer une carte avec relief, laver mes vetements, racheter de la creme solaire, bref, j’ai besoin de 2 nuits d’hotel et sincerement, c’est pas de refus.

L’hotel 3 etoiles (qui en vaudrait 2 en France) accepte la carte de credit. Accueil anglophone timide : la fille prefere m’ecrire plutot que de me parler en anglais. Je m’efforce de parler espagnol, come je peux.
Enfin dans la chambre. Pate, thon, sauce tomate cuisinée au butagaz dans la chambre, pour des questions d’economies. Quand on a pas le choix…

22 Mars 2011
Mexico-Panama : 3eme jour.

Petit dejeuner dans une boulangerie. Ils prennent la carte de credit, mais elle ne fonctionne pas chez eux ; et bien sur, on ne le sait qu’apres consommation. Je dois payer en cash et je viens d’exploser mon budget de la journée.

Je tente a nouveau le coup dans un distributeur. Miracle ! De l’argent sort. Je respire. Il me restait 10 euros a peine en cash.

Aujourd’hui, je regle tout et je repars du bon pied.
Deja, regler les freins. Ils m’ont quasiment lachés dans les 37 kms de descente la veille. Je trouve un reparateur qui, en 2 coups de molettes, remet mes freins en etat de marche.
J’ai aussi besoin de m’alleger encore plus. Je pars a la Poste en leur demandant combien couterait l’envoi de mon gros sac a Panama. Je file ensuite sur Internet pour trouver un hostel a Panama. Je previens cet hotel de mon futur envoi.
Je pars a la laverie deposer mes affaires sales.
Je m’arrete ensuite dans un resto. Ma carte bleue ne passe pas non plus. Il me faudra du cash tout le temps sur moi. Question de securité.
Je retourne sur Internet. L’hostel m’a repondu et sont d’accord pour recevoir mon colis.
Je passe dans une sorte d’office de tourisme. En fait, c’est plutot une famille qui a décidé de faire d’accueillir le peu d’etrangers qui viennent dans cette ville pas vraiment touristique. Ce que je cherche, c’est une carte plus detaillée du Mexique. C’est leur jeune fils qui m’accompagne a pied, dans les rues de Oaxtepec, a la reherche de l’objet rare. Mais meme en demandant aux comercants, personne ne sait. Tant pis. Je le remercie quand meme.
Je passe recuperer mes vetements a la laverie et j’imprime sur Internet mes prochains itineraires. C’est la seule solution pour le moment, mais on trouve Internet assez facilement en ville.

23 Mars 2011
Mexico-Panama : 4eme jour

Je n’ai pas encore été décu par l’alimentation mexicaine. Tot le matin, tu peux trouver en bord de route (ou de ruelle) des petits stands ou ils pressent les oranges devant toi, et te preparent des salades de fruits.

La Poste fermait tot hier, apres un ananas-miel-cereales, je pars envoyer mon sac.
Je me suis dit 2 choses pour ce voyage a vélo :
– Ne pas m’attacher aux choses materielles
– Ne pas trop se focaliser sur Panama

Pour la 1ere « regle », je decide desormais de prendre le strict minimum. Pas d’affaires chaudes, la moitié de mes vetements, pas de quoi dormir a l’exterieur, c’est-a-dire pas de tente, pas de sac de couchage… Ca m’aura bien depanné le 1er soir mais il faut se rendre a l’evidence, je ne peux pas allier vélo et equipement de camping. En tout cas, pas mon equipement a moi (il doit surement en exister des moins emconbrant pour les voyages a velo, mais c’est compliqué a trouver). Maintenant, il faudra que je trouve a chaque fois un hotel pour la nuit. C’est faisable en anticipant un peu.
Je me separe donc de mon sac a dos. J’ai quand meme l’impression de perdre un vieux pote.

Pour la seconde regle, je ne dois pas penser excessivement a Panama, qui est un but trop lointain. Je dois me fixer des objectifs plus reduits, et aller a mon rythme. Le but du jeu dans ce voyage a vélo, c’est comme pour ce tour du monde : tenir dans la durée.

Je decolle. Je suis desormais beaucoup plus leger et je peux desormais monter les cotes « en danseuse ».
Tout va pour le mieux et a present, je peux vous montrer mon vélo dans son etat final :

Mexico-Panama "Expedition Auvergne 2011"

Le siege-bébé est moins rempli ; au niveau des pieds, il y a meme la place pour 2 gourdes. Les gourdes viennent de Washington, offertes par l’hostel (j’avais prevu le coup), mon chapeau vient d’Alice Springs, le reste est mexicain.

La journee s’annonce belle. La 1ere moitié du trajet n’est pas trop ardue.

En montant vers Tetelan del Volcan

La seconde moitié, c’etait plus dur car j’ai décidé de rejoindre Tetela del Volcan avant la nuit pour avoir plus de descente en repartant le lendemain.
Il est 18h, me voici enfin arrivé. C’est un village proche du volcan Popocatepetl que j’aurais l’occasion (sans pour autant l’arpenter) de voir plus distinctement demain. Pour le moment, je trouve un hotel pas cher pour la nuit et je vous ecris ces quelques lignes a propos de ces quelques jours difficiles. Mais les solutions ont été trouvé.

On y va doucement, sans trop forcer, surtout dans ces montagnes, la ou je suis encore pour quelques temps.

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

Mexico-Panama (2eme partie)

24 Mars 2011
Mexico-Panama : 5eme jour

Je quitte Tetelan del Volcan au matin. Autant le trafic etait important hier, autant aujourd’hui c’est calme, car j’empreinte des chemins communaux, et pas toujours goudronnés.

De la montagne... C'est beau mais j'avance doucement. Au fond, le village de Tetelan del Volcan que j'ai quitté

J’aimerais bien une petite descente douce jusqu’a l’arrivée, mais non : ce sont des descentes a pic et des bonnes grosses montées en moulinette (quand je ne la finit pas a pied).
Je pensais voir le Popocatepetl de plus pres, finalement, je m’en eloigne. Ce n’est pas du tout ma route.

On l'apercoit tres mal, derriere les 2 collines. Il faut zoomer pour voir que le volcan fume (en permanence depuis 2005)

C’est la 2eme plus haute montagne du pays. Bien qu’etant unvolcan peu explosif, il menace plusieurs millions d’habitants vivant a proximité ; jusqu’a Mexico a l’Ouest et jusqu’a Puebla a l’Est.

Je passe dans de tout petits villages. On ne me reprochera pas de ne pas faire tourner l’economie rurale. Il y a toujours des petits commerces ou tu peux trouver de l’eau, des sodas et des biscuits (heureusement meilleurs qu’en Indonesie) ; un bon reconfort pour le creux de 10h. Je discute avec les commercants, je prends mon temps.

Les gens paraissent toujours froid au 1er abord mais des que tu leur dis bonjour avec le sourire, le leur apparait aussitot et repondent a ton bonjour. Ce sont certainement les plus honnetes gens que j’ai pu rencontrer : ils n’arrondissent jamais au-dessus, il n’y a aucune difference entre un etranger et un mexicain au niveau des prix. Pas de tentative d’arnaque. Ca change de l’Asie.

Je continue d’arpenter les petits villages perchés. A chaque coin de rue, je dois redemander ma route parce qu’il n’y a aucun panneau. Mais il n’y a pas non plus de trafic, et c’est agreable.

Par contre, j’ai toujours du mal a me remettre de mes 2 premiers jours de velo. Mes jambes ne suivent plus vraiment. J’ai trop forcé.

Tochimilco, un village parmi d’autres ; mais celui-ci annonce le debut d’une douce descente. J’ai encore ce probleme de frein, il faut vraiment forcer et finir avec les pieds pour pouvoir s’arreter. Je ne comprends pas pourquoi il y a encore un probleme ace niveau.

J’arrive a Axocapan, le dernier village avant Atlixco, ma ville d’arrivee.

La, je trouve un stand de reparation familial. Il fait chaud, mais un tout petit vent frais m’accompagne depuis que j’ai quitté Mexico. On est sur la rue principale, quelques voitures passent, sans plus.
J’explique mon probleme en 2 mots et 3 gestes. Il s’active tout de suite pour me changer les freins : il part dans l’atelier chercher les accessoires necessaires.
Durant la reparation, un marchand de glace arrive a pied poussant un petit chariot a glaces. Une musique au piano sort du haut-parleur placé sur le cortege, entre 2 parfums. Tout le monde se salue, le vendeur coupe la musique.
Les 2 fils du reparateur se pressent pour acheter leur cornet.
Le papa, assis sur un minuscule tabouret, devisse, revisse, graisse et teste  mes nouveaux freins tout en sifflotant, les mains pleines de cambouis. Il a le coup de main. Moi, je tiens le velo, debout. Il me montre l’etat des anciens freins. C’etait dans un etat lamentable.
Les enfants ont leur glace et retournent dans l’atelier. Le vendeur remet la musique et s’en va, en poussant son chariot.
Le pere se leve du tabouret avec le sourire.
Mon velo est réparé.

Je fais 2 ou 3 kilometres avant de me retrouver a Atlixco vers 16h. Le trajet etait moins difficile aujourd’hui que les jours precedents. Tant mieux, je dois menager mes forces.

J’arrive dans un café-internet pour imprimer les cartes de mes futurs trajets avant que la fille ne m’indique l’hotel le plus proche.

25 Mars 2011
Mexico-Panama : 6eme jour

Ce matin, je prends la Federale (la Nationale). C’est une bonne montée qui m’amenera jusqu’a Puebla.

Les vehicules mexicains ne sont pas tous delabrés, loin de la. Ils adorent les couleurs et les formes ; rondes en particulier, comme les fameux van wolsvagen ou les coccinelle en grand nombre sur les routes. Toutes 2 utilisées comme taxi, minibus (comme les dolmus en Turquie) ou appartenant a un particulier.
Et ils les bichonnent leur voiture. Je les vois les laver, les frotter. Il faut que ca brille.
Par contre, on va eviter de parler de leur maniere de conduire. Ca reste toutefois « raisonnable » si on les compare aux pratiques de certains pays d’Asie.

Je ne passe pas par le coeur de Puebla, seulement sa peripherie ; une zone industrielle sur des kilometres ; et des industries dans ce genre :

J'ai pas pu m'empecher...

Du bruit, des feux rouges, quelques coups de klaxons, rien de bien folichon meme jusqu’a Amozoc, située a 10kms de Puebla: c’etait 10kms de plus en zone industrielle…

26 Mars 2011
Mexico-Panama : 7eme jour

L´hotel ou je suis a l’avantage d’etre situé juste au croisement entre la sortie d’Amozoc et la route qui m’amenera vers ma prochaine destination.. Parfait pour repartir sans se perdre. Je prends l’autoroute. Hier encore, un restaurateur m’avait dit qu’il n’y avait pas de probleme a velo sur l’autoroute ; et avant-hier, c’est la dame du café-internet qui m’affirmait que l’autoroute etait moins dangereuse que la federale.
Tout deux n’avaient pas tort, car les bas-cotés sont beaucoup plus larges que ceux des Federales.

En chemin, je trouve mon jus d’orange matinal. Ou que tu ailles, tu trouveras toujours une gargote improvisée, meme sur l’autoroute, ou les oranges sont pressées a la main.

Aujourd’hui, j’ai décidé de « rouler pour rouler », et me donner l’impression d’avancer. Pour le bruit des vehicules, j’ai trouvé la solution : mes boules Quies ! Ne vous inquietez pas, je les entends toujours arriver.

Au bout de quelques heures, je quitte l’autoroute pourla federale. C’est a ce moment que je me rend compte de la perte de ma gourde bleue, que j’attache d’habitude autour de la taille. Mais pour des raisons d’aisance, je l’avait « fixé » a l’arriere… Ca n’a pas tenu. Tant pis, je ne fait pas demi-tour pour ca.

Plus tard, crevaison ! J’ai de la chance, c’etait a l’entrée de Tlacotepec, une des nombreuses petites villes que je traverse. Je finis a pied sur quelques centaines de metres avant de trouver un stand de reparation.
Ils sont 4 a l’interieur, et… pas vraiment surmenés : 2 sur des mini tabourets, 1 sur un petit divan et le dernier couché sur un hamac. Le premier s’active. Je lui donne ma chambre a air de rechange. Mais au moment de remonter la roue, ils doivent se mettre a 3 pour la visser et refixer le siege-bébé, plutot encombrant.
Ne me demandez pas si j’aurais réussi a changer cette roue tout seul en rase campagne…

Je quitte Tlacotepec. A peine 1h apres ma 1ere crevaison… 2nde crevaison ! La roue avant cette fois-ci.
Je suis, encore une fois, a l’entrée d’unvillage, meme pas sur la carte. En face de cette entrée, au bord de la Federale, un stand de reparation. Re-coup de bol.
Je tombe encore une fois sur une scene de la vie quotidienne ou le pere repare le velo, tandis que la mere et la fille vident un seau de graines de mais dans une machine pour en faire une pate appelée tortilla qui, apres cuisson, servira a faire les tacos.

Je repare. Encore 1h plus tard, la route defoncée me fait perdre mon sac jaune, pourtant solidement attaché. Et je ne l’ai pas entendu tomber. Plus de trousse de santé, plus d’affaires de toilettes, plus de chargeur de pile, de chargeur de camescope, de pastille pour purifier l’eau…
La, je perds beaucoup, beaucoup trop pour pouvoir continuer. Je dois faire demi-tour.
La zone de recherche s’etend sur 1km environ, depuis que la route commencait a etre en mauvais etat. J’avance doucement, je desespere assez vite en verité. Si ca se trouve, je l’ai perdu bien avant. Je n’ai pas verifié si il etait bien derriere moi depuis des kilometres.

Je m’arrete…
A quoi ca sert… Il y a beaucoup de gens a gauche et a droite. On est en ville, et j’ai roulé sur les larges bas-cotés tantot sur la gauche, tantot sur la droite… Je ne sais plus vraiment ou j’ai roulé et si quelqu’un l’a ramassé, mes recherches sont d’autant plus vaines.
Puis, je vois quelque chose de jaune par terre. Je m’approche. Fausse joie, c’est un carton…
Je m’arrete a nouveau. Je suis depité.
Je continue a pied, defaitiste, trainant le velo tres lentement. Je vois encore quelque chose de jaune… non… c’est… si… non encore un cart… c’est pas vrai… personne ne l’a pris, je viens de retrouver mon sac. HEUREUX ! L’aventure continue.

La gourde bleue aura été la seule perte aujourd’hui. Et j’espere la derniere…

2 crevaisons, une gourbe perdue, la recherche de mon sac jaune et pourtant, aujourd’hui j’ai parcouru le double d’habitude : 123 kms.
Il n’y a pas vraiment de secret : sur du plat et de la pente douce, on avance plus vite.

J’entre dans Tehuacan au debut de la nuit. Et ce soir, dans une boutique de telephonie, j’ai la reponse a propos de mon portable australien : il est trop basique pour le debloquer. Traduction : il n’est utilisable qu’en Australie… Donc bon pour le recyclage.

Je prends une nuit d’hotel dans le quartier historique de Tehuacan.

27 Mars 2011
Mexico-Panama : 8eme jour

L’homme a tout-faire de l’hotel m’accompagne aimablement pour trouver un café-internet ouvert le dimanche.
Une fois trouvée, j’imprime mon futur parcours. Ca va monter ces prochains jours…

Je quitte Tehuacan vers 11h et je perds une gourde blanche en chemin.
Marre…

Il faut repenser la fixation. Les gourdes, je m’en fiche, mais je ne veux pas perdre a nouveau mon sac jaune.

Roulons pour oublier…

Pour l'instant, c'est encore du plat...
...et de la descente

L’Etat de Puebla est une belle region et je trouve rarement le temps de prendre des photos. Il faut s’arreter et sortir l’appareil photo du sac a dos a chaque fois. Je ferais l’effort tant que je pourrais.

J’entre dans la Reserva Biosfera Tehuacan-Cuicatlan caraterisée par un relief accidenté…

...et un bon nombre de varietés differentes de cactus au bord de la route comme au sommet des montagnes
Encore aujourd’hui, j’ai un probleme avec le passage des vitesses. Je crois que ca viens de la chaine.
Je ne ferais aujourd´hui que 40kms parce que ca commence a monter, et parce que qu’on est dimanche et qu’il n’y a pas de stand de reparation d’ouvert.
Je m’arrete a Coaxcatlan dans un super hotel refait a neuf. Le vent frais de la journee m’a abandonné, je retrouve la forte chaleur que j’avais laissée en Australie.

28 Mars 2011
Mexico-Panama : 9eme jour

La télé s’allume toute seule a 5h40. J’en profite pour partir tot. Je dois rejoindre Teotitlan, a 20kms, pour faire reparer mon velo.

Bleu-blanc-rouge : je partais pourtant sous de bonnes augures...

…mais en pleine descente, le 2nd socle du pied du siege bébé se démembre, et fait tomber ma gourde. C’est de cette maniere que j’ai perdu la 1ere.
C’etait pratique car je pouvais les attraper tout en roulant. Je remonte la chercher. Il ne me reste plus que celle-ci et une poche de 3L a l’arriere. Pour le socle, je le mets dans mon sac en attendant la prochaine poubelle.

Il commence deja a faire chaud vers 9h et c’est la que mon probleme de passage des vitesses empire, jusqu’au point ou tout le mecanisme arriere se brise. Plus possible d’avancer a velo.
Je suis a 5kms de Teotitlan, et ce sera 5kms a pied… avec quelques rares descentes a velo.
Je me demandais la veille si j’allais vraiment pouvoir rejoindre la montagne aujourd’hui. A present, la reponse est non. La reparation du velo prendra du temps et sincerement, je n’ai plus la force physique et encore moins mentale, pour progresser aujourd’hui.
J’arrive a Teotitlan.

L'ampleur des dégats...

On m’indique un hotel, la ou je pose toutes mes affaires. J’ai parcouru a peine une vingtaine de kilometres, mais je n’ai pas le choix, mon velo doit etre en parfait etat pour les 3 prochains jours dans les montagnes, et si possible jusqu’a Panama (si c’est pas trop demander…).

J’entre dans un stand de reparation. N’imaginez pas que je depense des sommes colossales pour reparer mon velo a chaque fois. La derniere fois, le remplacement de mes 4 freins, a peine plus de 2 euros, main-d’oeuvre comprise.

Le reparateur me confirme que la chaine n’allait pas. Tout le mecanisme arriere est a changer aussi, naturellement.
Je lui demande aussi de resserer mes freins, de couper les pieds du siege-bébé parce que desormais, ils ne me sont plus utiles, et pour des raisons de poids et d’aerodynamisme, j’y gagne.
Je lui demande aussi de me trouver des liens pour fixer mon compteur a velo que je n’ai toujours pas installé, de me donner une vis pour reparer le microphone de mon camescope et enfin, de me donner 2 nouvelles chambres a air. Ici, ca m’aura couté moins de 10 euros tout compris.

VOILA ! Je suis desoprmais on ne peut plus operationnel. Le velo est reparé, il tourne bien, je suis desormais un peu plus leger et je viens d’installer mon compteur pour savoir ou j’en suis dans mes parcours quotidiens. Psychologiquement, ca ira mieux.

Allez, cette fois je suis paré.
Je disais que le 1er jour etait toujours difficile.
En fait, je viens de vivre 9 « premier jour » …

Demain, on attaque les montagnes.

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

Mexico-Panama (3eme partie)

29 Mars 2011
Mexico-Panama : 11eme jour

Teotitlan. J’ai dormi toute la nuit les fenetres ouvertes. Grosse chaleur. C’est une bonne raison pour partir tot. Il est 6h30, je decolle. Je dois atteindre les hauteurs avant que le soleil ne cogne trop fort.

Tentation
Souvent, les gens en pick-up me propose de monter avec eux, en mettant le velo a l’arriere. Je serais pas bien ?! Assis a l’arriere d’une chevrolet en admirant le paysage montagneux sans le moindre effort… NON!!! Ce sera a velo du debut a la fin. Sauf en cas d’extreme urgence. Pour l’instant, rien declarer de ce coté.

Ca monte, ca monte... Teotitlan est en contrebas

L’ascension se poursuit tres doucement. Teotitlan etait dans l’Etat d’Oaxaca, mais les meandres des montagnes me font retourner quelques temps dans l’Etat de Puebla.

C’est dans ces montagnes que l’ont trouve beaucoup de descendants mazateques, peuple d’indigenes installés au Nord de l’Etat d’Oaxaca et au sud de l’Etat de Veracruz. La plupart des gens parlent 2 langues : le mazateque – dialecte qui varie de village en village – et l’espagnol.

Il est 10h30, c’est le moment de faire une pause. En pleine montée, je trouve une gargote vendant uniquement des chips et des sodas. Le vent se rafraichit. Il fait suffisamment bon pour ne pas souffrir en roulant. Ca n’arrete pas de monter. A peine 10km et il est plus de midi…

Il est maintenant 13h, me voila arrivé en haut…

...et c'est un paysage magnifique qui s'offre a moi

Je m’arrete quelques minutes ici :

Le genre de baraque qu'on peut trouver sur son chemin. On vend un peu de tout et souvent, on te propose 1 ou 2 menus pas plus

C’est dans ce genre d’endroits que j’aime m’arreter pour un casse-croute. La cuisine est toujours bonne.

Photo assez representative des habitations sud-mexicaines. Les murs sont rarement crépis et le second niveau jamais achevé

La vie rurale, ce sont des champs cultivés, des poules, des vaches…

... des chevaux...

 

...et des cochons qu'on trouve souvent au bord des routes (celui-ci a du entendre une bonne blague)

La suite, c’est une superbe descente jusqu’a 9km avant d’arriver. Et 9km, c’est pas grand chose comparés aux 64kms parcourus aujourd’hui.
Il est 16h30 (j’etais poutant sur d’arriver en pleine nuit) et je prends une nuit dans le 1er hotel de la ville de Huautla.

On est au milieu d'une foret dense...

 

...et on est au frais

30 Mars 2011
Mexico-Panama : 12eme jour

Je quitte Huautla ce matin et je demande a la 1ere personne mon chemin pour la ville de Jalapa. Les mexicains ont le sens de l’orientation mais ont assez peu la notion des distances : soit ils te disent un nombre de kilometres enorme pour rejoindre ta destination (alors qu’il y en a a peine la moitié), soit, comme maintenant, le villageois me dit qu’en 1h30, je serais a Jalapa. Donc je pars a 7h et si j’ai bien compris, d’apres son affirmation, j’arriverais a 8h30. Je sais pas s’il est au courant qu’il y a 60kms de distance entre les 2 villes.

Et ca commence par une petite descente et une bonne grosse montée ; le tout me prend l’heure et demi. Il reste 50kms a faire…
Subitement, toute cette foret et surtout ce climat me rappelle ma journee de VTT en Thailande, vers Chiang Mai : en fait, je commence petit a petit a ne plus sentir la fraicheur des montagnes. C’est un climat que j’avais oublié depuis l’Indonesie ; cette moiteur qui te fais transpirer de l’interieur, de l’exterieur, de partout.

Puis vient LA descente, l’immense descente sur des kilometres et des kilometres. Je dois ralentir tellement que j’en use mes freins. Je comprends maintenant pourquoi le villageois me disait que je serais a Jalapa en 1h30. Effectivement, ca ira plutot vite aujourd’hui.
Je passe de la « haute montagne » (quand on revient du Nepal, tout est relatif) a la moyenne montagne :

Moyenne montagne. Retour definitif de la chaleur...

Je me suis arreté plusieurs fois pour tenter de resserer les freins. A chaque fois, les villageois te demande s’il y a un probleme. Je suis quasiment l’attraction de l’année a voir le peu d’etranger qui traversent leur region de cette maniere. Tu reponds 3 mots, et quoiqu’il arrive, ils restent a coté de toi a te regarder, sans rien dire. Simplement par curiosité.
Destabilisant ? Plus maintenant. Avec l’Asie, j’ai l’habitude d’etre le centre d’interet, tous les yeux constamment rivés sur moi. Ce ne sont pas les memes « codes » qu’en Europe, tu n’es pas obligé de leur parler. Pendant que tu répares, tu peux les ignorer totalement jusqu’au « au revoir » final. Eux ne disent rien et n’attendent aucun dialogue. Ils te regardent, c’est tout.

Les reparations et les pauses, il m’aura fallut tout de meme plus de 8h pour atteindre Jalapa.
Jalapa, c’est un assez grand village de moyenne montagne. Suffisamment grand pour avoir 2 petits hotels.

Je fais changer mes freins dans un stand et reparer la roue arriere, gondolée a cause du poids excessif des 2 premiers jours. Du moins, je crois que c’est a cause de ca…
Quelques gouttes de pluie ce soir. Les premieres depuis Washington.
Il fait lourd.

31 Mars 2011
Mexico-Panama : 13eme jour

Il a fait chaud cette nuit. Le ventilateur dans une chambre d’hotel aussi haut-de-plafond n’a pas suffit.
Aujourd’hui, je quitte definitivement les montagnes pour la plaine.

Voila ce que je quitte...

 

C'etait vraiment eprouvant mais c'etait beau

 

Le decor evolue au fil des heures :

Les vaches, la moiteur, le paysage... des airs de Rajasthan

 

Je tiens a preciser que, pour le moment, je n’ai pas vu encore un seul cliché du mexicain coiffé du typique sombrero, la longue armé d’un pistolet a canon long. Et sincerement, je ne crois pas que j’en verrais.
Tous les mexicains que je croise possedent ce genre de chapeau :

Certains paysans arpentent encore leur domaine a cheval

 

Quant aux armes, les seules que je vois dans leur main sont des machettes utilisées pour le travail des champs.

Sur le chemin, dans un tout petit village, je fais reparer le frein de ma roue avant.
Le papa bricole, la maman, un peu en retrait, assise sur une chaise, fait de la couture tandis que leurs 2 petites filles me regardent fixement avec leurs grands yeux noires. Il repare tout.
Souvent, les mexicains font allusion a Dieu et a la religion. J’entends parfois quelque chose du genre : « Que Dieu te protege dans ton voyage ». Je dis merci pour etre poli.
Aujourd’hui, le pere me demande : « Lorsque tu pries Dieu, qu’est-ce qu’il te dit ? »
Bonne question…

Bref, ce qui m’interesse surtout sur le moment, c’est de lui demander (au reparateur pas a Dieu…) si il a 2 nouveaux pneus de 26 pour moi. Et bingo, il les a en stock. 100 pesos, et me voila reparti.

Il fait toujours aussi chaud et le trafic augmente a mesure que je me rapproche de Tuxtepec, ma ville d’arrivée.
Je demande ou est le centre ville. Un habitant me repond : « ici ». Non, Tuxtepec n’a aucun interet particulier, et pourtant elle a beaucoup de valeur a mes yeux :

1 – C’est ici que je decide de prendre 24h de repos
2 – C’est la fin de la partie « montagne » en ce qui concerne le Mexique
3 – Je peux desormais tourner la page de ma carte routiere et ne plus voir la ville de Mexico. Et croyez-moi, au bout de 13 jours, ca fait plaisir !

Je prends l’hotel le plus proche.

1er Avril 2011
Mexico-Panama : 14eme jour

Une journee toute entiere a ne rien faire ; tres rare dans ce tour du monde.
Je regarde la télé, je dors une bonne partie de l’apres-midi, je vais au resto situé a…5 metres de l’hotel, je regarde a nouveau la télé…
J’ai obligation de faire le minimum de choses aujourd’hui dans l’interet des jours qui suivent ; et je l’ai fais tres bien…

2 Avril 2011
Mexico-Panama : 15eme jour

Je quitte Tuxtepec. Bien remis, en forme.
Je peux faire plus de kilometres aujourd’hui, et c’est le matin que je suis le plus performant : il fait frais et il y a peu de trafic.

Par prevention, on brule des zones entieres de verdure au bord de la route

 

Vers 9h, c’est les 1eres gouttes de sueur a cause de la chaleur. Quelques nuages arrivent parfois au bon moment. Ca reste rare.
Le mieux dans ces cas-la, c’est de ralentir la cadence durant les heures chaudes. Entre 12h et 14h, je trouve des coins d’ombre pour des pauses prolongées ou bien je m’attarde dans une gargote durant le repas de midi. Mais ou que tu sois, meme a l’ombre, tu transpires quand meme. Le climat tropical est bien la…

Durant une quarantaine de kilometres, je passe dans l’Etat du Veracruz avant de revenir a nouveau dans l’Etat d’Oaxaca.
En plein milieu d’apres-midi, c’est la panne d’eau. Effectivement, j’ai mal calculé : j’ai decidé de faire plus de route aujourd’hui sans penser au ravitaillement. Mais c’est aussi et surtout a cause de l’espacement de plusieurs kilometres qu’il y avait entre les 2 points d’eau et d’une chaleur etouffante sur des chemins qui ressemblent, par endroits, a un Paris-Roubaix mexicain.
C’est au bout de 3kms que je trouve un point ravitaillement ; et heureusement, car je n’ai pas croisé grand monde sur la route.

Ce n’etait pas aussi plat que je l’imaginais. Certes, on est sur la plaine, mais c’est une suite de petites descentes et de petites montees qui m’obligent a changer frequemment de vitesse.
J’ai vu gros, trop gros aujourd’hui, pensant que c’etait du plat…

La nuit approche et je ne suis toujours pas arrivé a destination. M’arreter avant ? Pour dormir ou ? Il n’y a rien sur des kilometres.
Il est 18h30, je commence a voir de moins en moins bien. Une demi-heure plus tard, c’est la nuit noire.
Je n’ai pas acheté d’equipement pour la nuit tout simplement parce que j’avais prévu de ne pas rouler la nuit.
La seule raison pour laquelle j’ai conservé mon portable, c’est qu’il me servait de reveil le matin. Cette nuit, je lui ai trouvé une nouvelle utilité. Il fait lampe torche. Il eclaire tres faiblement mais suffisamment pour me prevenir des « nids de poules ».
Les vehicules roulent moins vite durant la nuit et eclairent ma route de temps a autre. Mais juste apres leur passage, je replonge dans la nuit noire… Lorsqu’on a aucune visibilité, le temps passe tres lentement.

Il est 20h, je vois finalement de la lumiere : Maria Lombardo de Caso. Je suis arrivé, et c’est pas trop tot. Je prends le 1er hotel et je peine a marcher, a articuler et avec la puissante lumiere de la reception de l’hotel, j’ai la tete qui tourne. Je m’en remets 5min apres m’etre affalé sur le lit de ma chambre.

J’ai parcouru 119kms sous un soleil de plomb. C’etait trop. Environ 20 kms de trop. Demain, je prendrais mieux en compte le relief. On va revoir un peu a la baisse.

3 Avril 2011
Mexico-Panama : 16eme jour

Changement d’heure. Pas a cause des fuseaux, c’est le passage a l’heure d’été.
Je quitte la tant convoitée Maria Lombardo de Caso.

Une riviere, au petit matin. N'imagine pas la petite fraicheur matinale : IL N'Y A PAS DE FRAICHEUR !

Le vent est sec et le climat tropical me tombe dessus tres tot le matin.
Je multiplie les pauses dans des coins d’ombre, sous les palmiers. Je suis constamment en sueur.
Mais avec mon compteur a velo, j’attends parfois de depasser la « barre psychologique » des chiffres ronds avant de faire une pause. Toute la journee, je fais des calculs.

Il est midi. Le dimanche, presque tout est fermé mais j’arrive a trouver un petit chalet tenue par une dame qui me propose omelette-saucisse-lentille-fromage frais-tortilla. PARFAIT ! Par contre, c’est lourd.
Je fais quelques metres a velo juste apres le repas pour trouver de l’ombre et dormir un peu. J’ai bien prévu le coup aujourd’hui, il n’y aura pas de route de nuit.

Et il n’y en a pas eu. J’arrive a Palomares, au croisement de la federale Ouest-Est et Nord-Sud en plein jour.
La route Nord-Sud, elle, est pour demain.

4 Avril 2011
Mexico-Panama : 17eme jour

Aujourd’hui, c’est jour de grand vent, va savoir pourquoi. Ca a l’avantage de ne pas me faire transpirer, mais j’ai l’inconvenient de l’avoir de pleine face.
Meme dans les descentes, je dois pedaler. Trop de vent pour parcourir de longues distances. Ca tombe bien, je n’avais pas l’intention de rouler beaucoup aujourd’hui. J’ai quelques achats a faire : creme solaire et pommade anti-moustique (les revoila…).

Je parcours seulement 36kms avant d’atteindre la ville de Matias Romero, de trouver un hotel pas trop loin de la federale, de faire mes emplettes et de vous ecrire ces quelques lignes, a environ 700kms au sud-est de Mexico.
Mon voyage avance mais je dois prendre le soin desormais de mieux apprehender les distances.

En tout cas, pas de douleur persistante, tout se repare durant la nuit. Pourvu que ca dure.

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

Mexico-Panama (4eme partie)

5 Avril 2011
Mexico-Panama : 18eme jour

Je pars a 7h de Matias Romero. Avec le changement d’heure, il fait encore nuit.
L’avantage que j’ai trouvé a partir tot le matin, c’est qu’il y a beaucoup moins de vent. Et j’ai la peche ce matin. Presque 40kms et il est 9h30 (si, pour moi c’est beaucoup !). Je suis a l’intersection entre la federale et l’autoroute Ouest-Est qui longe le Golfe de Tehuantepec.

Une ville un peu plus au sud se nomme La Ventosa (la ventouse) et je viens de comprendre pourquoi : le vent t’aspire vers le large. D’ailleurs, le vent d’hier pour rejoindre Matias Romero n’etait rien comparé a ce qui m’attend desormais sur l’autoroute. Celui-ci vient du Nord et me ramene contre le bas-coté de la voie.

Et on l'exploite ce vent

Je suis obligé de rouler un peu en diagonal mais la poussiere me donne une bonne gifle a chaque rafale de vent. J’avance tres peu. A chaque fois qu’un camion passe, il me coupe du vent brusquemment et me destabilise aussi. La temperature grimpe, le vent me donne soif. Tous les 2 ou 3 kms, je dois faire une pause derriere un arbre, a l’abri. Toute la vegetation a poussé courbée. A chaque fois que je referme la bouche pendant le trajet, j’ai l’impression de croquer un biscuit : la poussiere s’engouffre partout ; jusque dans les rouages du velo. Peu de consequences, sinon que ca grince.

Meme si je ne transpire pas, le soleil de midi cogne. La terre jaune, le silence parfois, et l’aridité du climat m’evoque les sequences mexicaines du film Traffic : la meme « teinte ».

Je decide de parcourir les 12 derniers kilometres d’un seul trait, sans m’arreter. Le vent diminue d’intensité.
Apres 35kms de calvaire, j’arrive a Niltepec, un village en bord d’autoroute, suffisamment en retrait pour ne rien entendre de la route.
Tout est calme. Juste un leger vent maintenant. Le village est a l’arret. Les gens dorment sur des hamacs. J’arrive a l’heure de la sieste. On m’indique un hotel plus loin.
J’entre dans l’accueil, et je trouve le receptionniste… dans son hamac. Je jette un coup d’oeil a l’arriere-cour (ca a l’air joli) avant de lui demander une chambre, et de lui poser une question : est-ce qu’il y aura moins de vent pour la suite ?
Il m’a dit que les kilometres precedents etaient tres venteux (je l’ai bien senti…) ; qu’ici, a Niltepec, il y en a un peu moins ; et qu’apres, il n’y en a plus du tout.
Je fais confiance aux locaux.

J’ai l’apres-midi pour flaner, prendre en photo la cour interieure de l’hotel :

Cour interieure
La tranquilité du lieu

… et pour trainer en ville.

Une ville... a l'arret
Vraiment a l'arret...

6 Avril 2011
Mexico-Panama : 19eme jour

Depart vers 6h30.
Je continue de longer le Golfe de Tehuantepec par l’autoroute. Au sud, la mer ; au nord, les montagnes que je contourne.
L’autoroute est rectiligne et plate sur des kilometres. Je vois ecris : Arriaga a 90kms.
20 kms plus tard, je vois marqué : Arriaga a 50kms…
Ca fait quand meme une marge d’erreur de 20 bornes, c’est pas rien !

Vers 10h, j’ai deja bien roulé. J’ai traversé des villages…

...et des lieux-dits...

Vers 11h, je m’arrete manger un morceau. Quelques metres plus tard, je trouve un arbre et je m’endors pendant plus d’une heure. Il fait trop chaud pour continuer.

Je me reveille en sueur et je trouve plus loin, une petite cabane proposant des tacitos (petits tacos). En fait, je devrais dire comedor ou cocina economica : c’est comme ca qu’on appelle ces petites gargotes familiales.
Je ne suis pas encore vraiment reveillé. Je demande a la dame une tasse d’eau chaude. Dans ce genre de resto traditionnel, le café soluble et le sucre sont deja posés sur chaque table. A toi de doser.

Je reste dans la cucina tres longtemps. Il est 13h, et il fait encore trop chaud pour progresser. Je discute avec la cuisiniere. C’est toujours des bons moments et on arrive toujours a se faire comprendre, surtout quand ce sont les memes questions qui reviennent : en general, les hommes me demandent : ou vas-tu ? depuis combien de jours es-tu parti ? combien as-tu acheté ton velo ? quelles villes as-tu traversé ? ; pour les femmes, c’est plutot : tu as quel age ? tu es marié ? a quel age se marie-t-on en France ? tu voyages tout seul ?

Allez, je repars. Mais ca cogne toujours autant.
Maintenant, je vois ecris : Arriaga a 45 kms. 1 km plus tard, un autre panneau : Arriaga a 46 kms. Tres drole…
Il vont finir par se mettre d’accord…

Comme hier, l’autoroute est tracée droite. Il n’y a pas un nuage et le paysage est toujours aussi sec.
Au loin, je vois une grande etendue d’eau : mirage…

Je prends le soin de m’arreter de temps en temps lorsque je trouve un coin d’ombre mais chaque fois que je bois une gorgée dans ma gourde, c’est comme prendre une tasse de thé… sans thé…

Lorsqu’il n’y a pas un bruit, je les entends. Je ne les vois pas mais je les entends tres bien. Quand on a vu Le Bon, La Brute et Le Truand, c’est un son tres familier qui correspond aux premieres notes de la musique du film : le coyote et son hurlement…

Il est presque 17h j’entre dans l’Etat du Chiapas. Et 17kms plus tard, je retrouve la civilisation : Arriaga.
Je trouve un hotel, juste a l’entree de la ville.

7 Avril 2011
Mexico-Panama : 20eme jour

Hier, j’hesitais. Soit je faisais plus de 125 kms pour rejoindre ma prochaine destination, soit je parcours une vingtaine de bornes aujourd’hui pour rejoindre Tonala, et le reste le lendemain pour Pijijiapan. Parce qu’entre Tonala et Pijijiapan, il n’y a rien. Il y a peut-etre des auto-hotels (hotels generalement en bord d’autoroute) mais rien n’est sur.
Je ne me sens pas de faire beaucoup de kilometres aujourd’hui, je suis dans un hotel excentré d’Arriaga et je n’ai pas de quoi dejeuner. Bon, j’attends 8h que le resto de l’hotel ouvre et je partirais apres pour Tonala.
On va faire cool aujourd’hui.

C’est en attendant ma commande vers 8h15 que je sens une legere vibration. Au depart, je pensais que c’etait le passage d’un gros camion. Puis ca s’amplifie jusqu’a faire vibrer – mais sans bruit – les murs, les vitres, les tables : c’est un tremblement de terre.
Je vois 2 personnes de l’hotel courir a l’exterieur. A peine je me leve de ma chaise que tout s’arrete progressivement. Ca aura duré une vingtaine de secondes.

La télé du resto est sur la chaine des infos nationales. Il faudra a peine 10 minutes pour apprendre que l’epicentre du seisme se situe a Veracruz, bien plus au Nord, et que la secousse a été ressenti jusque dans le Chiapas. Je confirme !
Les cuisinieres occupées, accourent dans le salon et me demandent si ils en ont parlé a la télé. Je leur dis :  » Sismo a Veracruz. 6.5 Richter. No material. No muerto. Nada ». C’est tout sauf une phrase, mais l’essentiel est compris. Effectivement, a priori, pas de degat, meme a Veracruz. C’est quand meme une drole d’impression. C’est comme sentir passer un metro lancé a toute allure 30 cm sous tes pieds, mais sans entendre aucun bruit.

Je repars a velo et je vois les gens discuter de la secousse.

Aujourd’hui, je l’ai dit, pas d’affolement, je parcours les 24kms qui me font arriver sous la chaleur de midi, a Tonala.

Je pars a la cocina d’a coté. Il y a rarement des images sur les menus et je ne pense pas systematiquement a prendre mon dico. Et meme si je demande ce que c’est, je ne suis pas sur de comprendre la reponse.
Allez, je choisis au hasard. De toute facon, je n’ai jamais été déçu.
Le cuisinier m’apporte un plat de crevettes. Genial, ca fait une eternité…
Donc pour ceux, comme moi, qui ne le savaient pas, crevettes se dit camarones.

Je suis maintenant dans une salle Internet et j’apprends que mon sac a dos n’est toujours pas arrivé a Panama. D’apres La Poste mexicaine, ca ne devrait plus tarder…

8 Avril 2011
Mexico-Panama : 21eme jour

Il est 6h30, c’est encore la nuit, je pars pour Pijijiapan, 70kms au sud.

Je m’arrete a un check-point gardé par l’armée. Un militaire me demande ce que je transporte, puis fouille un peu dans mon sac avant de me laisser passer. Il me dit qu’ils recherchent armes, drogues et explosifs. Dans l’Etat du Chiapas, j’ai deja traversé plusieurs check-points de ce genre, et des camions militaires me doublent de plus en plus au fur et a mesure qu’on se rapproche de la frontiere.
Autour des check-points, je les vois ratisser le sol, au cas ou un individu se serait debarassé d’une marchandise trop encombrante…
Ils ont aussi beaucoup de problemes avec l’immigration clandestines, et les camions sont souvent fouillés.

Au bout de 10kms, je m’arrete, seulement pour prendre une photo. Je suis sur un pont de pierre et une voiture s’arrete. Les gens croient souvent que je suis americain. Un pere de famille avec ses 2 filles me demandent ou je vais. Je leur reponds :
– « A Pijijiapan »
– « C’est pas la bonne direction »
– « Si c’est par la » (j’en suis certain)
– « Non, c’est de l’autre coté ; la, tu vas a la mer… »

Je leur dis au revoir, dubitatif.
Je suis sur que c’est la bonne direction. Sur le pont, un jeune me confirme que je suis dans la mauvaise direction. J’ai parcouru 10kms pour rien et je dois refaire 10kms dans le sens inverse.
Il fait beau, tout le monde a le sourire, je suis dans un coin tranquille, on fait pas le Tour de France, je prends tout ca avec philosophie.

J’ai le temps de discuter avec les pecheurs en contrebas.
Non, en fait, je n’ai pas vraiment le temps, j’ai surtout la flemme de faire le chemin inverse et de trop reflechir au fait que je me suis levé a 5h30 du matin pour faire 20kms inutiles.

Donc, pour l’instant, je prefere plaisanter avec les pecheurs :

Ils prennent la pose

Et je reste un bon moment avec eux avant de me decider a repartir. Il est presque 10h30 et je suis maintenant a environ… 3kms de Tonala.
Je remets mon compteur a 0. Par contre, mes jambes, elles, ne sont pas a 0.
Je n’en reviens pas, j’ai traversé ce 1er pont au dessu de la route, a l’entree de Tonala, alors qu’il faisait a peine jour. Je ne suis pas allé verifié si j’ai vraiment loupé un panneau indiquant Pijijiapan. De mon coté, c’est bien marqué et de toute facon, le mal est fait. Allons-y gaiement.

Un rancho traditionnel. J'en vois beaucoup au bord des routes. Derriere, un feu controlé. Du moins, j'espere...

Ca y est, le soleil cogne et je peine a avancer. Le pire c’est que je rajoute 20kms dans ma tete a chaque fois que je regarde le compteur.
Je devrais toutefois arriver avant la nuit, mais moralement, je commence a faiblir.
Puis, au bout de 40kms je vois un panneau ecris : « Hotel a 10kms ».
Bon, calculons. Je devais aller a Pijijiapan pour rester 24h car je voulais faire une pause. Cet hotel, lui, est en plein milieu de l’autoroute. Il n’y a rien autour et ca ne m’enchante guere de rester plus d’une nuit ici.
Puisque je n’ai pas rempli mon objectif du jour, je decale les autres destinations, je gagne un jour et je ferais mes 24h de pause dans 3 jours, a la frontiere.
Allez, on fait comme ca.

Je suis maintenant dans cet hotel-de-bord-d’autoroute, et de l’autre coté, une cocina. J’avale mon plat a toute vitesse parce que je me fais bouffer par les moustiques. Il a fait chaud cet apres-midi : environ 36 degres.
En fait, c’est a peu pres la meme temperature tous les jours.

9 Avril 2011
Mexico-Panama : 22eme jour

Je reprends l’autoroute. Cette fois, impossible de se perdre. Je me suis levé a 5h30 du matin, et ce n’est pas pour rien.

Quelques gouttes de pluie. Precipitations pas tres abondantes, mais suffisantes pour enfiler le K-WAY et recouvrir mes affaires du siege-bébé avec un pancho. Aux 1eres lueurs du jour, plus un seul nuage, mais il ne faudra pas oublier que le facteur-pluie peut entrer en jeu a tout moment car le mois d’Avril est, pour la quasi-totalité des pays d’Amerique Centrale – et du Sud du Mexique – le dernier mois de la saison seche. Souvent, les gens me disent qu’en Avril c’est le mois incertain : beau temps ou pluie.

Je poursuis ma route.
J’apprecis les gens lorsqu’ils me disent bonjour, meme en criant. En pleine montée, je n’ai pas la force de leur repondre ; sur le plat et la descente, pas de probleme. La seule chose que je trouve insupportable c’est que, parfois, ils te sifflent. Je trouvais ca vraiment impoli mais j’ai remarqué que c’etait non seulement pour attirer ton attention ou t’appeler – meme lorsque la personne est a quelques metres de toi – mais aussi pour te saluer.
Dans les 2 cas, j’ai vraiment du mal avec ce « code », surtout lorsqu’ils sont de l’autre coté de la route ou meme assis a la table d’en face. Qu’ils n’esperent pas un sourire de ma part a ce moment, desolé.

Il est midi, j’ai parcouru plus de 50kms. Coup de fatigue.
Je dors a l’ombre d’un arbre durant plus de 2h. Tant pis pour les serpents, les lezards et les tarentules que je vois souvent trainer au bord de la route.

Ça se couvre

Au bout de 75kms, je m’arrete dans la toute petite ville de Sesecapa. Elle est un peu en contrebas et je me demande pourquoi elle apparait sur ma carte routiere. Je tente le coup pour un hotel, mais une fois arrivé en bas, on me confirme qu’il n’y en a pas ici.

Je dois faire 20kms de plus, puis encore 3 ou 4 kms en retrait de l’autoroute pour rejoindre Escuintla.
Bingo ! Avant meme d’entrer dans la ville, je vois un panneau publicitaire indiquant un hotel dans cette ville.
Je peux prendre une photo sans m’inquieter de la nuit qui tombe :

On est a 5kms d'Escuintla, pas de route de nuit pour aujourd'hui

L’hotel est en plein centre-ville. Apres avoir posé tout mon packtage dans la chambre, le comedor du coin me sert des tacos viande-radis !

Il est maintenant 22h30, je tombe de sommeil.

10 Avril 2011
Mexico-Panama : 23eme jour

Puisque j’ai fait 20kms de plus la veille, j’en ferais moins aujourd’hui ; et ca tombe plutot bien car mon vélo necessite une reparation : ma roue arriere est encore gondolée car quelques rayons sont cassés.

Je quitte Escuintla vers 8h du matin pour faire 33kms jusqu’a Huixtla, une ville de 30000 habitants.
On m’indique un stand de reparation tenu par une bande de jeunes, ou plutot, un seul jeune entouré de ses potes qui n’ont pas grand chose a faire le dimanche.
Il est midi, j’ai tout mon temps. Un des jeunes me demande si on change les rayons pour 30 pesos.
Je lui dis :
– « 30 pesos par rayon ? »
– « Non, pour tous »

A ce prix la, allons-y, autant avoir du tout neuf avant d’attaquer un nouveau pays.

Je trouve l’hotel Don Quijote.
Au moment de sortir manger vers 15h, c’est l’averse. Et c’est vraiment la 1ere fois qu’il pleut vraiment a plein torrent.
J’ai de la chance, cette apres-midi, je ne roule pas.

Huixtla, apres la pluie

Mais j’ai peine a croire que j’eviterais la pluie sur la route jusqu’a la fin de l’expedition…

11 Avril 2011
Mexico-Panama : 24eme jour

Cette fois, c’est sur, c’est mon dernier jour de velo avant de prendre 24h de repos.
Depuis 7 jours que je longe le Golfe de Tehuantepec, l’air est un peu plus frais le matin.
L’océan est encore trop loin pour que je puisse sentir l’air marin. C’est prevu, je m’arreterais voir la mer en temps voulu, mais pas au Mexique.

Surtout que le Mexique touche a sa fin. Je pars au levé du soleil pour atteindre, 40kms plus tard, la ville de Tapachula. Je la traverse assez rapidemment pour prendre une toute derniere autoroute, celle-ci en tres bon etat, qui me conduit jusqu’a Ciudad Hidalgo : la derniere ville avant de passer la frontiere.
Cette frontiere, je la garde pour apres-demain. Je n’ai pas fait de grande pause depuis 10 jours et je sens quelques courbatures bien persistantes.

L’hotel que je choisis est moyen, mais contrairement a celui d’Escuintla, je n’ai pas encore ecrasé un seul cafard.

En prevision pour apres-demain, j’interroge le receptionniste car les panneaux sont rares. Litteralement, ca fait :
– « C’est quelle direction Guatemala ? »
– « La ville ? »
– « Non, le pays… »

12 Avril 2011
Mexico-Panama : 25eme jour

Journée a ne rien faire. Du moins la matinée.

A l’hotel, il y a tres souvent les chaines satellites ou tu peux voir des bons films en VO (sous-titrés espagnol). Par contre dans les comedor, les mamas ne te laissent pas le choix. C’est LEUR programme et le grand retour (depuis l’Indonesie) des series niaises ou Maria vient de quitter Pedro pour José…

En ce debut d’apres-midi, je me rends sur Internet pour vous ecrire la 4eme partie de cette expedition.

Mais avant de quitter le Mexique, je tiens a dire une chose sur ce pays : Venez !

Je sais que le Mexique a mauvaise reputation particulierement a cause de la lutte armée contre les narco-trafiquants dans le Nord du pays ; mais le Mexique a bien des atouts.
Il n’est d’ailleurs pas loin de devenir, un jour, un grand pays, j’en suis sur. Il y a plusieurs choses qui me font croire cela : l’education est la (et croyez-moi, ca se ressens lorsqu’il n’y en a pas), les prix sont fixes, les infra-structures ne sont pas trop mauvaises, l’hygiene est presente (oubliez le cafard d’Escuintla, c’est le seul que j’ai vu !), les sites touristiques sont nombreux, notamment a Mexico et dans le Yucatan. Et sa population, l’une des plus aimable que j’ai pu rencontrer.

Alors venez sans crainte, le pays a besoin de tourisme.
C’est ce que je retiens de ses 28 jours passés au Mexique.

Demain, direction le Guatemala.

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !