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Tour du monde – 5 – Amérique du Nord

Le jour le plus long

13 Fevrier 2011

Je me leve a 6h50 ce matin dans le dortoir de 10 lits de la chambre 8 du Blue Parrot.
Je prends le Airport Shuttle Bus depuis le quartier sympa de King’s Cross jusqu’a l’aeroport international.

Le ciel est gris a Sydney, mais cette ville reste un bon « reconditionnement » avant d’affronter des temperatures plus fraiche encore.

Je prends le vol Sydney-Los Angeles.
Etats-Unis, nous voici !

C’est parti pour plus de 13h de vol. Et bizarrement, c’est passe plutot vite. Pourtant, je n’ai pas dormi. La seule chose qui m’ait maintenue en eveil, ce sont les films : l’avion est equipe de lecteur DVD sur chaque siege. Voyant toute cette richesse cinematographique, j’ai regardé 6 films a la suite, histoire de faire honneur au pays et surtout a la ville ou je m’apprete a atterir.

Sydney-Los Angeles : le meme vol que dans la serie Lost ou ils se crachent sur une ile deserte et que…Bon, pour moi, la traversee du Pacifique s’est faite sans encombre. C’est mon 13eme pays, le voyage a dure environ 13h et on est le 13 du mois !… Mais vu qu’on n’est pas un vendredi, l’avion s’est delicatement posé sur le tarmac de l’aeroport de Los Angeles. Retour dans l’hemisphere Nord.

Je suis parti de Sydney a 11h25 ce matin ; j’arrive a Los Angeles a 6h du matin… le meme jour ! Et meme 50 minutes avant l’heure a laquelle je me suis levé a Sydney. Si c’est pas productif tout ca !
Le jour se leve… encore…

En revanche, je ressens les heures de sommeil manquantes. Si je me couche, je suis parti pour dormir jusque dans l’apres-midi. Et ca, c’est tres mauvais pour se remettre d’un decalage horaire.
Pas le choix, si je veux profiter pleinement de Los Angeles, je dois lutter jusqu’a ce soir.

Poste de douane :
–  » Tu as traversé tous les pays que tu as ecrit sur le papier avant d’arriver ici ?  »
–  » Tu viens ici pour quoi ?  »
–  » Combien de temps tu restes a Los Angeles ? et aux USA ?  »
–  » Combien de temps tu es resté en Australie ?  »
–  » Tu es arrivé quand la-bas ?  »
–  » Tu faisais quoi ? tu as travaillé ou ? et pendant combien de temps ?  »
–  » Mets les quatres derniers doigts de ta main droite sur l’ecran. Puis le pouce de la main droite  »
–  » Mets les quatre derniers doigts de la main gauche. Puis le pouce de la main gauche  »
–  » Regarde la camera  »
–  » C’est bon  »

Pffffiouuuu… interminable !

Un agent de securite m’indique ou prendre le Airport Shuttle Bus pour rejoindre l’hostel que j’avais booké pour 3 nuits.
Avant ca, je retire mes premiers dollars americains d’un distributeur de billet, puis j’effectue mes premiers pas a l’exterieur.
Il fait frais, une petite dizaine de degres. Il faudra s’y faire, je connaitrais pire que ca.

A premiere vue, je ne suis pas franchement depaysé par rapport a l’Australie. Pas d’enormes differences d’aspects exterieures entre l’Australie et les USA : urbanisme, architecture, agencement des villes… la ressemblance est frappante.

Les quelques differences que je constate toutefois :
On roule a droite (je n’avais pas vu le volant a gauche depuis la Turquie), les portes des voitures émettent des « bip » répétés lorsqu’elles sont ouvertes, les billets sont verts, je comprends mieux l’accent americain et pour l’instant, c’est tout ce que j’observe comme difference…

La ville est gigantesque. L’utilisation des transports en commun s’avere indispensable. Surtout que mon pied est (encore) en convalescence.
But du jeu : ne pas dormir jusqu’a ce soir.
J’arrive vers 8h dans l’hostel, assez petit et plutot chaleureux. J’arrive trop tot avant de pouvoir installer mes affaires sur le lit du dortoir. Ceux qui doivent partir dorment encore. Le gerant me dit de patienter sur le canape…
Si je m’affale sur ces canapés plus que comfortable, s’en est fini.
Je decide de sortir faire un tour. Les distances sont immenses, mais j’apercois au loin, House of Breackfast . C’est exactement ce qu’il me faut.
C’est ce genre de petit snack que l’on voit souvent dans les films. Quelques tables contre le mur et un comptoir, ou chaque fois que tu finis ta tasse, le proprio arrive et te ravitaille a nouveau avec sa bonne cafetiere ronde, sans qu’il t’en coute davantage.
Meme dans les films, j’attendais le jour ou je pouvais me faire, dans ce genre d’endroit, un petit dejeuner aux oeufs et 5 ou 6 cafes serrés, avec a ma gauche, un americain, et a ma droite, un autre americain.
Et bien c’est fait !

Je pars ensuite en ville ou deux francais m’indique la direction du metro. Je le retiens. J’irais demain. Pour le moment, j’essaie d’articuler lorsque je parle aux gens, mais je suis a la traine et un peu lent a la detente : la fatigue reprends le dessus.
J’apprends que mon portable australien ne capte plus. Il faudra que j’aille le faire debloquer pour que je puisse emettre par la suite, dans n’importe quel autre pays.
D’habitude, je ne prends jamais ce genre de boisson, mais la, il me faut un petit remontant. Je prends de la Monster, une boisson a forte teneur en taurine et cafeine. Ca me donne un leger coup de punch pendant 2h ou 3h, puis ca retombe…

De retour a l’hostel, je rencontre un anglais qui doit se diriger dans la meme direction que moi, dans quelques jours. Et il s’apprete a louer un van. Si je pouvais fonctionner comme j’ai pu le faire en Australie, ne serait-ce qu’une fois ou deux, ce serait deja un bon debut. Le covoiturage reste, aux USA comme ailleurs, l’assurance d’un voyage plutot rapide, peu onereux et generateur de bonnes rencontres.
Pour le moment, stand by… On se concentre sur Los Angeles.

J’ai pris le soin de booker pour demain quelque chose qui me tient a coeur depuis tres longtemps…

Je vous ecris ces quelques lignes, et mes yeux se ferment tout seul. Je n’ai pas dormi depuis environ 32h.
Je rends l’antenne.

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

L.A Confidential

 

14 Fevrier 2011

Je me reveille vers 9h30 apres 14h de sommeil ! Il me fallait au moins ca.
Je quitte Koreatown, le quartier ou se trouve l’hotel, pour prendre le metro en direction des Studios Universal.

Sur le chemin, et meme hier, pendant que je marchais, j’ai quand meme constaté une difference entre l’Australie et les Etats-Unis.
En fait , je trouvais que l’Australie manquait d’ame par endroit et qu’il fallait marcher longtemps pour trouver un peu de charme dans les grandes villes.
A Los Angeles, il n’y a pas vraiment de place principale. Du coup, chaque quartier s’est developpé plus ou moins vite. L’inegalité entre les niveaux de vie se font beaucoup plus ressentir aux Etats-Unis, ce qui a fait naitre autant de belles villas que des habitations bien plus modestes.
C’est une impression generale mais on sent beaucoup plus d’authenticite ici qu’a Melbourne, Perth ou Sydney. Le pays est un peu plus vieux. Il a vecu et on s’en rend compte que peu de temps apres avoir debarqué. On connait meme ce pays avant d’y poser les pieds : lorsque j’ai vu des flics en voiture de patrouille ou lorsque j’ai croisé un de ces fameux camion de pompiers, je n’ai pas vraiment sursauté. C’est un peu comme si j’etais deja venu.
Los Angeles accentue la chose car de nombreux films et series s’y deroulent.

En parlant de films (quelle transition !), et apres avoir pris le metro, j’arrive sur place :

Universal Studios

C’est autant un parc d’attraction qu’un musee. A peine 30 secondes apres etre entré, une personne m’interroge avec un questionnaire. En cadeau, il m’offre un ticket pour le Studio Tour, sans faire la queue. C’est toujours sympas a recevoir.
Durant ce tour, j’ai le temps de filmer mais le cortege va trop vite pour prendre des photos. J’evolue entre les differents decors de cinema : ambiance mexicaine, europeenne, americaine des annees 50, mais aussi des endroits plus connus comme la scene de la catastrophe aerienne dans  » la Guerre des Mondes », la rue des « Desperate Housewives », je passe devant les voitures de Magnum, des Marx Brothers…

Ce qui ne m’empeche pas de vivre quelques experiences 3D en cinema dynamique : King Kong, Shrek 2 et de faire aussi quelques vraies attractions :

C'etait mon film prefere quand j'etais gamin, je pouvais quand meme pas le louper...

…agrémenté sur le chemin par quelques accessoires de films ayant fait la renommée des studios :

Apollo 13 - Un succes des Studios parmi tant d'autres

J’assiste aussi a une demonstration d’effets speciaux : animation image par image, capture de mouvement, 3D…
Toutes ces reussites et toutes ces prouesses techniques sont tenues dans le plus grand secret…

 

...a l'interieur des locaux Universal Studios

Il fait nuit beaucoup plus tot a cette epoque de l’annee (non, tu crois ?) et le froid s’installe. Je retourne a l’hostel.

15 Fevrier 2011

Je me leve a 7h ce matin histoire d’avoir une vraie journee complete devant moi.
Je pars sur le chemin de la station de metro.

 

Une rue de Los Angeles

 

 

Une grosse artere

 

Dans le metro, je suis assez surpris d’une chose : la voix enregistree pour tout ce qui est « ouverture des portes », « prochaine station », etc… Et bien elle est en anglais puis en espagnol ! ce n’est pas tout, toujours dans le metro, les publicites sont moitie-anglaises, moitie-espagnoles. Parfois meme uniquement en espagnol. A Los Angeles, la communauté hispanique est tres importante ; et meme plus importante que la communaute blanche.
Et effectivement, dans la rue, dans le metro, ou meme dans la musique venue des maisons alentours, j’entends l’espagnol. Mais la population hispanique est loin d’etre la seule : j’ai rarement vu une ville aussi cosmopolite.

On aura bien le temps d’en reparler. Pour le moment, je retourne aux Studios Universal. Mon ticket etait valable pour 2 jours. Et puisque je n’ai pas envie de frustrer mes lecteurs, je repars pour un tour guide des Studios. Hier, j’ai tout filmé, aujourd’hui, je sais ou me placer et quand prendre les photos. Je regle mon appareil en prenant compte de la vitesse du convoi. Ca y est…

 

Pret pour la seance ?

 

C’est parti !

 

 

Les studios - Rien de bien passionnant vu de l'exterieur

 

 

Les villas du personnel

 

 

Et certains ont de l'humour

 

 

Sur fond de quartier des affaires...

 

 

Un vieux quartier americain

 

 

L'envers du decor

 

 

Pont utilise dans plusieurs vieux films et plus recemment, dans un episode de "Code Quantum" (ca commence a remonter un peu aussi...)

 

 

La bagnole dans "La Momie"

 

 

Celle des Marx Brothers

 

 

Et ma preferee, la DeLorean de "Retour vers le futur" - Je rappelle que le convoi roulait constamment alors je m'excuse aupres des fans pour le cadrage...

 

 

Un des camions appartenant au film "Le Monde Perdu"

 

 

Le meme film...

 

En ce qui concerne ces decors, ca n’a absolument rien a voir avec des decors du style « Disneyland ». C’est vraiment realistes, meme quand on les voit de plus pres. Le processus de vieillissment et de degradation acceleré est appliqué sur chaque centimetre carré du batiment : rouillures, eraflure, murs décrépis, infiltration, torsion du bois, des metaux, deboitemment des trottoirs… la liste est longue.

Regardez plutot la suite :

 

Un decor du Vieux Mexique

 

 

La pluie est ensuite envoyee...

 

 

... jusqu'au declenchement d'un enorme torrent

 

Un autre decor hispanique

 

 

Un certain Clint Eastwood a joue au bord des marches de cette eglise alors qu'il n'etait encore qu'un jeune acteur "aux-roles-de-cowboy"

 

 

Celui-ci, c'est pour les passionnes !

 

Un indice : j’ai vu les Hoverboard, la veille, sous vitrine… 😉

 

 

Ici, j'insiste sur le travail de torsion et de degradation du portail

 

Un autre "grand decor" - Oui, car au cinema, ca rend toujours beaucoup plus grand

 

 

Dans un style un peu plus europeen

 

Toujours dans le style hispanique

 

 

Le Far West - Dire que tout ca est faux...

 

Vous aurez reconnu la pancarte d'Amity Island du film "Les dents de la mer"

 

 

Et son petit port tranquille avant l'arrivee du grand requin... mecanique - Qu'importe, l'illusion etait parfaite

 

 

Et c'etait pas plus grand que ca !

 

 

La scene de la catastrophe aerienne dans "La guerre des mondes"

 

 

L'avion est vrai - C'est assez impressionnant

 

 

Derriere ce decor apocalyptique, on peut apercevoir au fond le manoir du film "Psycho" d'Alfred Hitchcock - 44 ans separent ces 2 long-metrages...

 

 

Un tout petit bout de decor du film "La Momie"

 

Et voila pour la matinee. J’espere que vous avez passe une bonne visite guidée des Studios Universal.
L’apres-midi, je prends un bus en direction des studios Warner Bros :

 

Warner Bros Studios

Je n’ai pas vraiment d’image a vous offrir puisque l’essentiel s’est passé dans les locaux. C’etait tout aussi interessant, mais interdiction formelle de prendre une seule photo.
Je passe devant le decor en construction du dernier film de Clint Eastwood ; j’assiste au tournage d’une scene de la serie « The Mentalist » ; aux coulisses du sitcom « Mon Oncle Charlie » ; je vois la Jaguar d’Austin Powers, la chere et tendre Gran Torino de Clint Eastwood, son costume dans « Dirty Harry » et dans « Impitoyable », la Batmobile, les costumes de Neo, Trinity, Morpheus et j’en passe… les studios sont les plus vastes de Los Angeles et chaque jour, 10000 employes y travaillent. Alors forcement, on ne peut pas passer a cote d’un tournage au coin d’une rue… Oui, car chaque rue porte un nom, et les employes circule en voiture, a velo, il y a 6 restaurants et meme une station-essence
Et ca y est, il commence deja a faire nuit. Je rentre en bus, puis a metro jusqu’a l’hostel.

J’en garde encore pour demain.

16 Fevrier 2011

Levé tot, je pars en direction de… bon… si on est le 16 et si je suis a Los Angeles, a votre avis ou est-ce que je me dirige ?
Hollywood Sign, voici comment on appelle ces grandes lettres blanches, visibles d’un peu partout. Par contre, pour s’en approcher, c’est le parcours du combattant.
Le mieux, c’est d’etre aisé et de posseder une villa en haut d’une colline, avec vue splendide. Ce n’est pas mon cas, et en plus de ca, je suis a pied ; mes pouvoirs sont donc limités et chaque colline est bien gardée.

Pour le moment, je suis en contrebas, sur Hollywood Boulevard, il est environ 9h, il pleut et je ne vois meme pas Hollywood Sign a cause du brouillard epais qui ne veut pas se dissiper.
Je me dirige a l’instinct (et niveau orientation, je n’en ai pas beaucoup). Je marche pendant 1h en remontant Hollywood Highland, une tres longue avenue.
Je sais a present que je ne suis pas tres loin mais il y a toujours un batiment pour me gener ; et derriere ce batiment, de toute facon, c’est toujours le brouillard.
Finalement, j’atteris dans un café. Mieux vaut attendre encore un peu, plutot que de se demoraliser dehors, sous la pluie, sans aucune visibilité.
J’interroge une demoiselle mexicaine de la table d’a coté. J’apprends que je suis allé un poil trop loin. Qu’importe, pour le moment, je reste au café. Croissant, chocolat chaud, je prends des forces.
On va relever ce défi, c’est sur, mais je ne sais toujours pas comment.
Miracle, au bout d’une demi-heure, le brouillard se dissipe. J’apercois le « H ». Je m’habille rapidemment pour sortir en vitesse car le temps reste tres instable.

En face de moi, une colline tres pentue ; et seulement derriere, Hollywood Sign, perché sur une colline encore plus haute. C’est cette 1ere colline qu’il faut escalader.
Je n’ai aucune carte detaillée et pas vraiment de plan precis pour la gravir.
Comment l’attaquer ?
Le flan ouest me parait etre une bonne solution.
Un trottoir longe la voie express jusqu’a un parking. Ce parking donne sur un autre parking, un peu plus haut. C’est un bon point de depart pour escalader. Manque de bol, une voiture de flic surveille ce flan, a l’endroit ideal ou l’on pourrait grimper. Impossible donc de monter de ce coté…

Je reviens sur mes pas. Je viens de marcher 1h pour rien.
Il se remet a pleuvoir…

Il y a une autre colline parsemée d’habitations, mais la encore, impossible d’y acceder, a moins de traverser l’autoroute !
Il y a forcement un moyen d’y aller, mais mieux vaut rester concentré sur celle que je connais.

Allez, je tente le coup, je l’attaque de front !

Je passe dans plusieurs rues pentues, aux maisons pleines de charme (pour les veritales villas blanches, vastes et luxueuses, il faut aller plus a l’ouest, a Beverly Hills). Celle-ci sont vraiment jolies, perchée sur la colline…mais pas du coté que je voudrais…

En montant, la pluie s’arrete a nouveau, mais je me dis : « Faut quand meme pas rever, Alex. Tu crois franchement qu’il y a un petit sentier tout mignon qui te conduira tranquillement jusqu’a la cime ? »
Je croise une patrouille specialement employée pour la surveillance de ce pathé de maison. Je continue de monter, jusqu’a voir ecrit  » Hollywood Reservoir « . Suivons-le, les reservoirs sont toujours a la cime d’une colline. Mais etant persuadé qu’ils sont fermés a double-tour, je prends ensuite une rue qui les contourne.
Soudain, j’arrive sur un terrain plat, au pied de la colline tres encaissée.
L’infiltration commence ici. Un regard a gauche, un autre a droite, je cours pour l’escalader.
Raté : arrivé 20m plus haut, je m’apercois qu’il est impossible de grimper plus loin. Je redescends.
Un regard sur la rue. Personne. Je m’elance a nouveau, mais cette fois, sur l’autre face.

L’herbe est mouillée et le sol boueux. Je trébuche plusieurs fois mais je me releve vite pour continuer ; je suis encore a vue.
J’arrive vers un 1er arbre ou je me réfugie en dessous pour reprendre mon souffle. 2 helicos patrouillent en permanence au-dessus de Los Angeles. Si ils peuvent reperer quelquechose dans une rue de la ville, ils ne mettront pas longtemps a me voir non plus : al’altitude ou je suis, ils ne passent pas bien haut.
Montée d’adrenaline.

On se croirait dans « Rencontres du 3eme type », la scene ou ils escaladent la montagne pour rejoindre la base secrete sans se faire reperer par la lumiere des helicos. On est dans la capitale du cinema, il faut bien rendre hommage un peu…

L’adrenaline est exactement ce dont j’ai besoin pour continuer en courant, dos courbé a travers la vegetation tantot haute, tantot basse.
Barriere de cactus, je dois légerement contourner. Ce qui ne m’empeche pas, au passage, de me prendre 1 ou 2 epines dans les jambes.
Je longe maintenant la cime jusqu’a atteindre, enfin, les reservoirs. Du coté d’ou je viens, rien n’est cloturé. Je tiens a preciser que je n’ai franchi aucune propriete privée. C’etait juste une zone inconstructible… non ouverte au public… on a qu’a dire ca…

C’est bon, je suis arrivé en haut. Je scrute au loin, pas de Hollywood Sign…
Si ! A droite, derriere les reservoirs !

Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, parents, amis, connaissances, voici ce que je vous offre, et ce que je m’offre par la meme occasion, pour ce tour du monde a moitié realisé, gateaux moelleux et bougies fierement dressées :

6 mois !

Je suis encore un peu loin, mais c’est le mieux que j’ai pu faire.

Ca valait quand meme la peine d’etre monté jusque la, admirez un peu la vue :

Hollywood Sign est juste a droite

Et de l’autre coté :

 

Los Angeles

 

Je vérifie quand meme : oui, j’avais raison, l’entrée aux reservoirs etait bien cloturée. L’exfiltration se fera exactement dans le sens inverse.
Je redescends tout boueux mais heureux d’avoir cloturé ces 6 mois de voyage par l’effigie d’Hollywood !

Je passe l’apres-midi dans un autre haut lieu touristique de Los Angeles : Hollywood Boulevard, ou j’etais ce matin.
Ma mission terminée, je peux a présent prendre mon temps en me baladant sur le Walk of Fame :

Hollywood Boulevard

 

Walk of Fame - Une etoile par star, etendue aux 2 trottoirs et sur plusieurs centaines de metres

Voila pour ces derniers jours a Los Angeles.
Je ne vais pas dresser un bilan « a mi-mandat » sur ces 6 derniers mois passés sur les routes du globe. Il me reste encore 6 autres bons mois de traversée, donc je réserve ce bilan pour la fin, lorsque j’aurais plus de recul. Et il en faudra du recul…
Simplement, merci de me lire et de me voir evoluer dans chaque pays que j’ai la chance de traverser ; et merci de continuer a m’envoyer vos commentaires a propos de ces chemins, parsemés de belles rencontres, de galeres et d’embuches…surtout lorsqu’on quitte la route !

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

 

Cote Ouest

17 Fevrier 2011

L’anglais que j’avais rencontré a l’hostel il y a 4 jours a tenu parole. Il vient de louer un camping-car et nous nous appretons a quitter Los Angeles ce matin. C’est Ryan, un americain rencontré sur place qui  nous amene au supermarche pour quelques achats, puis jusqu’au concessionnaire en debut d’apres-midi.
Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le camping-car est massif. Vraiment imposant avec absolument tout le confort.

Mark vient de Birmingham. C’est un gars sympas et son accent n’est pas trop compliqué. Quand on a affronté l’accent australien, on peut tout entendre… On a quelques points en commun comme ceux d’avoir traverser la Thailande, la Malaisie et d’avoir travaillé en Working Holyday Visa en Australie. Il a une semaine d’avance par rapport a moi sur le sol americain, mais n’a connu que Los Angeles. Nous partons donc a la decouverte de la cote ouest et il m’avoue une chose ; la seule chose qui l’effraie pour ce voyage : rouler a droite. Je lui fais part de mes 1ers kilometres en voiture lorsque j’ai roulé en Angleterre, il y a quelques annees, et effectivement, c’etait pas forcement evident.

Nous quittons Los Angeles en direction du nord. Au depart, il faisait plutot beau, maintenant le temps se gate. Nous traversons quelques « hauts lieux » devenus mondialement celebres : Malibu et… Santa Barbara. Mais il faut bien se rendre a l’evidence qu’au mois de fevrier, c’est assez different de ce qu’on imagine.

On a pas roulé forcement beaucoup aujourd’hui, mais sortir de Los Angeles ne fut pas chose aisée, la nuit nous tombe dessus assez vite, et conduire sous la pluie dans un aussi gros vehicule ne rassure pas Mark. Et puis surtout, on a reussi a se perdre plusieurs fois… Mes 6 mois d’apprentissage de la patience et le flegme anglais nous font neamoins progresser dans la bonne humeur.

Arrivé aux alentours de Montana de Oro et apres avoir repris Mark sur les quelques fois ou il roulait a gauche, nous nous arretons definitivement dans une aire de repos, quelques centaines de miles au nord (oui, on compte en miles aux USA ; et les litres, c’est des gallons). C’est ici que nous passerons la nuit, fraiche…

18 Fevrier 2011

Oui, fraiche, tres fraiche la nuit. On a tout le confort, mais pas de chauffage durant la nuit.
Nous rallumons le moteur du camping-car au petit matin et il fait a nouveau chaud. Et admirez plutot l’engin :

Une bonne facon de voyager aux Etats-Unis

 

Pas de quoi se plaindre...

 

Nous reprenons la Route 1, celle qui longe le Pacifique :

"Le long des cotes Pacifique..."

 

Le site de Piedras Blancas est la demeure d'une importante colonie d'elephants de mer. On dirait pas, mais ils sont bien en vie

Collines verdoyantes viennent se jeter dans la mer : 

Vous n'imaginiez pas la Californie comme ca, pas vrai ? Et bien moi non plus

 

Nous arrivons dans la banlieue de San Francisco. Les bretelles d’autoroute a 6 voies s’entrecroisent parfois sur 3 niveaux. Ce qui n’empeche pas quelques ralentissements. Et il fait deja nuit et la pluie ne s’arrete pas :

Entree dans San Francisco...

Nous partons a nouveau a la recherche d’un coin tranquille pour garer le vehicule. A vrai dire, n’importe ou fera l’affaire.
Finalement, nous trouvons un simple emplacement dans les hauteurs de San Leandro, un des nombreux quartiers de San Francisco, loin des habitations.
Preparation du repas, film sur le PC portable : comme a la maison. Une vraie traversee « a l’americaine ».

19 Fevrier 2011

Nuit froide a nouveau, meme avec plusieurs epaisseurs de vetements. Qu’importe, on rebranche le moteur de « la bete » et c’est reparti. Direction le concessionnaire. Le voyage aura été de courte duree.
Mark a booké pour 2 nuits dans un hostel en plein coeur de la ville. N’ayant rien reservé, je decide de le suivre. Un taxi puis un train (les distances sont longues aussi a San Francisco), et nous voila dans le downtown (centre-ville).

Je pose mon sac dans la chambre puis je repars a pied : ne serait-ce que le trajet depuis la station de train jusqu’a l’hostel, j’ai vu vraiment de beaux batiments. Et je ne me trompe pas, le downtown est tout simplement magnifique. Des grandes places créees par le croisement diagonal (pour une fois) de certaines avenues ; des batiments d’ou ressortent les escaliers de secours exterieures ; et puis, c’est aussi ses nombreuses collines – ou circule notamment les fameux « cable cars » – qui fait le charme de cette ville :

Au centre, un des nombreux "cable car" qui fait, en partie, l'identite de San Francisco

 

On dirait pas, mais ca monte vraiment. C'est sur ce genre de cotes que sont generalement tournees les "scenes de poursuites" dans les series ou les films. Mais si, ca doit vous dire forcement quelque chose !

 

En montant l'une des nombreuses collines de la ville

 

Escaliers exterieures de secours. Ca fait son petit charme, surtout dans les grandes rues

Courants alternatifs
Depuis les annees 50, nombreuses évolutions ou « révolutions » ont contribuées a rendre San Francisco si « différente ».
La « Renaissance de San Francisco » a vu defilé bon nombres de poete avant-gardiste devenue plus tard ce qu’on appelera  la « Beat Generation » qui s’etendit a l’art, la culture, et qui finit par ebranler les grandes certitudes americaines ; d’ou decoula le « Summer of Love » (l’été de l’Amour) toujours a San Francisco, et la decouverte au public de la liberation sexuelle et de la contre-culture hippie. San Francisco a souvent été LE point de depart ; et encore aujourd’hui, elle reste la ville « Gay/Les/Bi/Trans » des Etats-Unis.

Je marche sous une pluie battante. Je prends quelques heures pour chercher une boutique pas chere et me racheter un blouson et des gants. C’est bon, je peux a nouveau affronter les intemperies.

Je tombe dans le quartier chinois, sur Grant Avenue :

Grand rassemblement aujourd'hui

Effectivement, l’une des plus grandes compagnies aeriennes des Etats-Unis organise aujourd’hui sa grande parade annuelle du Nouvel An chinois. Les stands s’etalent sur toute l’avenue et ce soir, c’est l’heure de la parade.

De l'autre coté de l'avenue, toujours le quartier chinois

Pendant plus d’une heure et demi, je patiente, debout, en attendant la parade. Et pendant tout ce temps, je « prends la temperature » de cette ville que je trouve vraiment superbe. Les gens que je croise, quelque soit leur origine, ont plutot le sourire aux levres, malgré la pluie. Mexicains, blancs, asiatiques, afros, tous viennent en famille, petits et grands, assister au depart de la parade. C’est veritablement dans cette ville que pour la 1ere fois, j’ai l’impression que les Etats-Unis, c’est toi, c’est moi, c’est tout le monde.
La parade commence. Les photos ne rendront pas grand chose. La video, oui.

Je retourne a l’hostel pour une douche régénératrice et pour vous ecrire mes premieres impressions sur San Francisco.
Et elles sont tres bonnes !

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

Rock

20 Fevrier 2011

Je quitte le dortoir en laissant dormir mes 3 autres compagnons de chambre, pour sortir a pied en direction du Golden Gate…
Je viens de passer la porte…Mmmouai… en fait, je ne sais pas du tout comment y aller. J’entre a nouveau dans l’hostel et je demande a la reception.
Avec toutes les collines que possedent le Nord de San Francisco, il ne peut y avoir de metro.
Pour autant, la ville est tres bien desservie au niveau des bus, ce qui me parait etre la meilleure solution.
Et c’est dans ce 1er bus que je rencontre une francaise qui me demande a quel station changer pour rejoindre le Golden Gate.
Il n’en faudra pas plus pour que l’on passe une bonne partie de la journee ensemble.

Et le voila, le Golden Gate, 2331m de cables.

Golden Gate Bridge

Il fait plutot beau aujourd’hui. Profitons en pour voir le maximum de choses qu’il y a a visiter a l’exterieur. Nous arpentons le Golden Gate jusqu’a la moitié.

Le pont relie la pointe nord de la peninsule de San Francisco a la ville de Sausalito, encore plus au nord

Superbe vue sur toute la baie de San Francisco. Nous partons ensuite jusqu’au port. Je n’aurais pas cru, mais tous les touristes sont amassés autour des docks. C’est une longue rue couverte de commerces et de magasins de souvenirs. A fuir immediatement !
Ca ne vaut meme pas la peine de prendre une photo.

Nous partons enfin vers Russian Hill et son lot de rues pentues. La pire fait 32 pour cent de denivelé. En photo, on ne verra pas grand chose. Par contre, je ne peux m’empecher de photographier ces bas immeubles qui font tant le charme de cette ville :

Sur Leavenworth street

De retour dans notre quartier d’hostel, on finit la soiree dans un snack comme on les fait ici, ou Julie, apres m’avoir indiqué quelques bons sites a visiter pour la journee de demain, me fait part de ces precedents voyages dans les autres villes des USA.
Elle est une mine d’infos et d’anecdotes sur les villes americaines.

Mon trajet pour demain est pret. Nous nous donnons rendez-vous demain matin pour un brunch.

21 Fevrier 2011

Oui, un brunch, incontournable. Julie m’amene au Lori’s Diner pour prendre un vrai dejeuner/repas a l’americaine : pancake, oeufs, bacon, saucisse, confiture et litres…pardon… gallons de cafes !
Et apres ca, tu n’as plus faim pendant un bon moment.
C’est ici que nos chemins se separent. Je trouve Mark pied-nus a la reception, a peine reveillé. Il me demande ce que je fais cet apres-midi et decide de me suivre dans mes excursions.

Le 1er arret sera Little France. Et, en verité, c’est assez ridicule. C’est juste une rue avec 2 brasseries au nom francais, le reste etant des restos japonais ou italiens.
La seconde etape, c’est le quartier GLBT (gay/les/bi/trans) de la ville qui, parait-il, vaut le detour. Je n’imagine pas un arrondissement de Paris aussi coloré, surtout avec l’immense drapeau arc-en-ciel qui flotte au-dessus.
Parait-il que la nuit est nettement plus animée. Bon… j’irais pas verifier….

The Castro District

 

Le quartier est ainsi coloré toute l’annee

 

milk

Harvey Milk
Si vous n’avez pas vu le film, Harvey Milk, comme de nombreux homosexuels au debut des annees 1970, encore méconnu, demenage pour San Francisco. Il montera un magasin de photo dans le quartier de Castro Street. Se distinguant de plus en plus comme meneur pour la cause homosexuelle, il tenta a 2 reprises de se presenter aux elections municipales, sans succes.
Vers la fin des annees 70, les superviseurs (equivalent francais de conseiller municipal) ne sont plus elus au niveau municipal mais au niveau des districts. Obtenant un soutien de plus en plus large de la communauté gay, il se fait élire superviseur du 5eme district, incluant le quartier de Castro.
Harvey Milk devient le 1er homosexuel ouvertement declaré a etre elu dans une grande ville des Etats-Unis.
Pour « incompatibilité d’humeur », il fut froidement assassiné par l’ancien superviseur du district, peu de temps apres.
Le tueur fut condamné pour homicide involontaire…
Harvey Milk sera desormais toujours consideré comme un martyr de la communaute gay.

Et en arpentant les rues du quartier de Castro, je vois plusieurs photos et dessins representant Harvey Milk, resté le symbole du militantisme pour les droits civiques des homosexuels.

Nous partons en direction des Twin Peaks qui surplombent la ville.

La superbe ville de San Francisco

 

De l’autre cote. Toujours ce meme style d’immeubles a 2 ou 3 etages

Je comprends pourquoi on ne voit jamais d’obeses a San Francisco. Ca monte tout le temps ! Et contrairement a Los Angeles, la voiture n’est pas du tout la reine ici, notamment a cause des bouchons (c’est la 2eme agglomeration la plus densement peuplée apres New York), et aussi parce que le prix des parkings sont chers.
Du coup, les San-Franciscains marchent et prennent les transports en communs.

Nous nous rendons ensuite au quartier Haight-Ashbury, un quartier populaire resté a l’epoque des sixties :

Le quartier du Haight-Ashbury

 

La rue principale du Haight-Ashbury

 

Encore la meme rue

 

Toujours la meme rue

 

L’atmosphere est cool dans ce quartier

 

On y reste volontiers pour admirer l’art urbain et visiter quelques magasins « decalés »

 

Un autre exemple d’art urbain

 

En plein travail…

L’atmosphere du quartier me rappelle Berlin, avec ce meme genre « d’exploitation de l’espace urbain ». On colore les rues et c’est loin d’etre de simples tags !

Et enfin, nous traversons le Golden Gate Park, la ou tout a commencé, la ou la contre-culture hippie a vu le jour. Et c’est sans doute pour ca que le quartier du Haight-Ashbury est en bordure du parc. Bien que gigantesque, c’est aujourd’hui un parc comme un autre, avec des enfants qui jouent, des jeunes qui s’essayent a la musique, et parfois, on respire quelques senteurs d’herbes… et pas forcement celle qui pousse d’habitude dans les jardins…

A force de marcher, nous trouvons l’ocean Pacifique. Fin de la journee et retour a l’hostel.

22 Fevrier 2011

Et voila la derniere chose que je voulais faire a San Francisco. Mark a booké pour le meme depart, et c’etait impensable de quitter San Francisco sans l’avoir fait : l’ile d’Alcatraz . On ne peut y echapper :

L’ile d’Alcatraz

The Rock
« Si on baffoue les regles, on va en prison. Si on baffoue les regles de la prison, on va a Alcatraz », c’est ce que j’ai pu lire sur un panneau de l’ile. Cela resume bien les 30 annees d’existence de la prison la plus securisée des Etats-Unis.
Autrefois un fort, elle devient prison d’état au debut des annees 30. Elle accueillit des prisonniers celebres tels que Mickey Cohen (gangster renommé de Los Angeles affilie a la Yiddish Connection),  Georges « Machine Gun » Kelly (dangereux criminel reputé pour l’utilisation quelque peu « excessive » de la mitraillette) et Al Capone, qu’on ne presente plus.

La visite fait froid dans le dos :

Les couloirs de la prison

 

Un exemple de cellule. Grande comme une boite a chaussure, et plusieurs annees pour la contempler…

 

Cellules plus larges et mieux exposé au soleil, le Bloc D etait pourtant le pire bloc de la prison. Les prisonniers restaient 24h/24 dans leur cellule. On peut voir en bas au centre les cellules d’isolement

 

Les cellules d’isolement plongeaient les detenus les plus agressifs dans un noir total pendant une periode ne depassant jamais 19 jours. Ils y entraient lorsqu’ils commetaient des violences voire des crimes durant leur periode de detention.

 

alcatraz

L’evadé d’Alcatraz
Mais si… le film avec Clint Eastwood dans le 1er role ! Et ce qu’il contient (et qui est en grande partie vraie), retrace l’histoire de l’evasion de 3 detenus. Juste en face de moi, les cellules de ces 3 prisonniers. C’est certainement l’une des evasions les plus perfectionnées de l’histoire des Etats-Unis. Apres avoir elargies les bouches d’aeration de leur cellule, les 3 fuyards escalader les conduits ou circulent les canalisations pour ainsi atteindre le toit de la prison, tout en ayant pris le soin de sculpter 3 fausses tetes qu’ils placerent dans leur lits afin de duper les gardiens. On a jamais su si les 3 detenus purent rejoindre San Francisco a la nage.

La visite s’est faite au moyen d’un casque audio (en francais), et on imagine tres bien, avec l’aide des bruitages et temoignages, l’ambiance qui regnait entre ces murs. Les anecdotes croustillantes sont nombreuses. Impossible de tout raconter…

Certains batiments ont brulé durant un incendie, quelques annees apres la fermeture de la prison

 

L’ile etait suffisamment grande pour que certaines familles de guardiens decident d’y vivre durant plusieurs annees. En contrebas, des batiments furent amenagés pour ces familles qui, disait-on, vivaient comme dans n’importe quel autre quartier de San Francisco, juste « avec un mauvais voisinnage ». Plus tard, les enfants de ce quartier declareront qu’ils n’eurent jamais vraiment le sentiment d’habiter a coté des prisonniers ; et rares furent les familles qui laisserent fermer a double-tour la porte de leur maison durant la nuit.

Nous restons plus de 3h sur l’ile d’Alcatraz avant de rentrer a San Francisco. Un petit passage au In-and-Out Burger (MacDonald’s est loin d’avoir le monopole aux USA) et la nuit tombe doucement. Nous rentrons a l’hostel en cable-car, tantot en montée, tantot en descente ; toujours avec une superbe vue et sous les lumieres de la ville.

Je dois booker mes prochaines destinations ce soir. Ainsi s’acheve pour moi la visite de la belle San Francisco. Une ville dont on a du mal a se separer…

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

Leaving Las Vegas

23 Fevrier 2011

Nuit courte a l’hostel. Je me leve vers 4h pour preparer mon sac a dos avant d’affronter a pied le froid matinal. Il fait encore bien nuit et j’observe sur le chemin le silence qui regne dans les rues de San Francisco.
1 ou 2 voitures, quelques personnes dans les fast-foods ouverts 24h/24 ; les employes communaux nettoient les trottoirs, les SDF dorment au pied des buildings, caddies a proximité d’eux.

J’ai pris le Discovery Pass de la compagnie de bus Greyhound. C’est une carte qui me permet de prendre n’importe quel trajet, autant de fois que je veux, et sur tout le territoire americain. Les gars comme moi l’amortissent vite…
Il est 6h du matin, je prends le bus en direction du Nevada.

Quelques arrets garnissent ce voyage de 14h. Et c’est dans l’arriere-pays californien, dans ces villes eloignées des cotes, que je trouve une population plus « typique ». Moins de retenue et plus de « surcharges ponderales », envelopées dans des robes ou des survetements unis flottants.

Le paysage passe des vertes collines, a de vastes plaines aux couleurs brunes, parsemées de touffes d’herbes au teintes vertes pales. On entre progressivement dans le desert.

Une lumiere au loin. Il est 20h, il fait nuit depuis longtemps et nous franchissons la frontiere du Nevada.

Une demi-heure plus tard, encore de la lumiere, plus puissante, etendue sur une surface bien plus vaste. La lumiere grandit, et grandit encore jusqu’a en etre completement envahis.
Nous sommes dans Las Vegas. Les hotels defilent trop vite sur l’autoroute et toutes ces heures de route m’ont fatigué. Le bus nous depose a la station.

Ce n’est pas fini, je dois trouver l’hostel que j’ai booke. Au guichet de la compagnie, je demande la direction :
– « Vous voulez prendre le bus ou un taxi ? »
– « Le bus »
Un type au guichet, juste a cote de moi :
-« Vous prenez le bus ? »
-« Oui »
– « Prenez ma carte »
-« Ah, vous quittez la ville ? »
-« Oui, la carte est valable 30 jours pour tous les bus de la ville »

Ca, c’est sympa de sa part. Je marche jusqu’a la station centrale avant de prendre le bus qui me depose au 1236 South Las Vegas Boulevard.
L’hostel se situe entre une White Wedding Chapel, un Adult Shop et une boutique de tatouage. Bienvenue a Las Vegas…

24 Fevrier 2011

Fin de matinee. Je pars a la decouverte du « Strip », la longue rue principale. Il fait ni trop chaud, ni trop froid ; un temps impeccable pour visiter la ville.
Voici Las Vegas. Le jour, c’est assez different mais on constate neanmoins tous les exces et la demesure de la ville : parcs d’attractions, saut a l’elastique depuis le haut de certaines tours, essaie d’armes a feu, shows sexy a chaque coin de rue, immenses spectacles dansants, plongee au milieu des requins et surtout…vastes casinos. Et parmi les plus connus, citons :

Le Circus Circus
Le Riviera
Le Encore et le Wynn
Le Treasure Island
Le Venetian
Le Mirage
Le Caesar Palace
Le Paris-Las Vegas
Le Bellagio
Le Monte Carlo
L’Excalibur
Le MGM Grand
Le New-York, New-York
Le Luxor

Et le panneau pour la fin, tout au bout du Strip :

Oups… mauvais coté !

Nous y voila :

Welcome to fabulous Las Vegas

Ayant les trajets illimités grace au Pass, je m’amuse par la suite a prendre le bus, n’importe lequel… Il m’amene dans les quartiers residentiels de Las Vegas ; il y a meme un Chinatown. Et a 2 pas de ces quartiers, le desert.

Il commence a faire nuit, je pars cette fois-ci dans une direction voulue : le downtown, et notamment au Fremont Street.
Les ampoules et les neons s’allument, c’est un festival de lumiere. Fremont Street est connu pour son plafond entierement pavé d’ecrans numeriques.
C’est de la folie, partout des incitations a venir jouer : photos des gagnants au mur, filles sexy, affichage des dollars accumulés dans les machines a sous, histoire de faire saliver. Du bruit, de la musique, des shops en tout genre. Batman croise Spiderman qui croise Dark Vador qui croise des French Cancan. Il est possible de se faire prendre en photo avec eux. Costumes plus ou moins réussis…

La plupart des choses a Las Vegas ne coute pas tres cher du moment qu’elles dependent d’un hotel-casino : boisson, nourriture, logement, ticket de spectacle sont peu onéreux. En contrepartie,  les hotels-casinos esperent que les clients viendront depenser leur dollar dans les machines a sous, par la meme occasion.

Je retourne au Strip pour filmer la « folie electrique » de cette ville. Limousines circulent dans le boulevard.
Une chose est immanquable la nuit, c’est la fontaine du Bellagio d’ou jaillit les eaux sur une musique classique peu a peu entrainante. Apres 1h ou 2 de marche, c’est neanmoins sur cette bonne note – la fontaine du Bellagio – que j’acheve mon parcours dans Las Vegas.

Je rentre a l’hostel. Mark a pris le meme que moi et je le retrouve dans la piece commune. Il compte reserver pour la visite du Grand Canyon depuis Las Veags dans les jours qui suivent.
Pour moi, c’est deja booké, et c’est demain.

25 Fevrier 2011

Un mini-bus passe me chercher pour me deposer vers un car un peu plus consequent. J’ai ete obligé de booker pour un tour en groupe. Je n’ai pas franchement d’autres moyens de m’y rendre.
Il faut plusieurs heures de routes pour s’y rendre depuis Las Vegas.

La premiere etape est celle du Hoover Dam :

Hoover Dam

Ce barrage marque la separation (avec le fleuve Colorado) entre le Nevada et l’Etat de l’Arizona.
C’est lui qui alimente – en partie –  la ville de Las Vegas en electricité. L’ouvrage est consequent : plus de 220m de hauteur et 200m d’epaisseur de béton a sa base.

L’Arizona se presente a mes yeux comme une vaste contrée desertique et rocailleuse :

L’Arizona

Le bus empreinte une partie de la mythique Route 66. Un peu de neige persiste sur les bas-cotés.

 

route66

The Mother Road
La Route 66, depuis la fin des annes 20 au milieu des annees 80, fut la premiere route transcontinentale goudronnée des USA. Elle traverse 3 fuseaux horaires et 8 etats, en partant de Chicago dans l’Illinois, puis en traversant le Missouri, le Kansas, l’Oklahoma, le Texas, le Nouveau-Mexique, l’Arizona pour finir en Californie, a Santa Monica. Meme si cette route n’a plus d’existence officielle aujourd’hui, elle reste la plus connue des routes americaines, et perdure, depuis les annees 90, grace a plusieurs mouvements de preservation.

Nous arrivons au Grand Canyon. Classé au Patrimoine Mondiale de l’Humanité par l’UNESCO, son existence remonte a plusieurs milliards d’annees. C’est sous la neige que j’admire ses 1500m (en moyenne) de profondeur. Pendant 3h, c’est quartier libre pour le groupe, et je longe la falaise jusqu’au point culminant :

Le Grand Canyon – Et ce n’est qu’une petite partie…

Il est un peu plus de 3h, je dois rejoindre le car, de l’autre cote de la falaise. Je n’ai pas vu beaucoup de gens de mon groupe faire de marche. Il faut noter qu’une bonne partie ont un certain embonpoint… Je voulais pas le voir au depart, mais c’est quand meme flagrant !

Retour a Las Vegas pour quelques heures seulement, le temps de vous ecrire, de rassembler mes affaires pour repartir en direction de l’Est.

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

Far and Away

26 Fevrier 2011

Il est deja minuit, je dois me rendre a la gare routiere Greyhound. Un rapide au revoir a Mark, j’en profite pour lui filer mon pass-bus de Las Vegas.
Je m’en vais, loin, tres loin, cette fois.

Il a beaucoup neigé. Chaque arret est rythmé par une station ou il est possible d’acheter tout type d’aliments… gras, le plus souvent : poulet fris, barres chocolatées, ou bien biscuits aperos et soda. Pour trouver des fruits, c’est plus difficile.

Je traverse de nombreuses villes sans pour autant suivre un chemin lineaire.
De temps a autres, je croise quelques indiens.

 

natif

Les natifs americains
Leur histoire est a peu pres similaire a celle des Aborigenes d’Australie ; a part que les massacres ont ete largement plus important du coté américain, au point que les Indiens ne representent aujourd’hui plus que 1,5 pour cent de la population americaine. Ceux qui vivent encore dans les quelques réserves créees par l’Etat vivent, comme les Aborigenes, essentiellement du tourisme en vendant leur artisanat. Et comme les Aborigenes d’Australie, ou meme les natifs d’Alaska, on constate un taux d’alcoolisme, d’homicide et de suicide totalement disproportionnés par rapport au reste de la population americaine. Ceux que j’ai pu croiser sont parfaitement integrés, habillés comme tout le monde (il va sans dire) et parlent un anglais impeccable. Cheerokee, Sioux, Chippewa… tous parlent l’anglais, pour la grande majorité, depuis la fin du XIXeme siecle, ou une politique visant a « integrer » les Indiens dans la societe, les forcerent a abandonner leur langage et leur culture.
Les Navajo demeurent toutefois une exception, avec 2/3 d’entre eux parlant quotidiennement leur propre langage.

Les villes de l’Est m’interesse particulierement, mais je voudrais aussi voir l’arriere-pays au maximum. C’est ce que je fais en partant d’abord au Nord.
Je franchis une toute petite partie de l’Arizona, avant de me retrouver dans l’Utah (changement d’heure), puis a Denver, dans le Colorado. La nuit tombe.

27 Fevrier 2011

Je monte encore plus dans le Nord, dans le Wyoming jusqu’a Buffalo, en longeant les Rocheuses.
Le soleil se leve a nouveau. A present, beaucoup de plaine, et souvent de la neige.
Vous avez vu le film « Fargo » ? Imaginez alors un tableau, tracez une ligne horizontale en son centre, laisser la partie basse en blanc et coloriez la partie haute en bleu : voila ce que je vois pendant plusieurs heures, depuis que j’ai quitté les Rocheuses : du blanc, encore et toujours du blanc, a perte de vue. Mais un ciel sans nuage.
Arrivés dans le South Dakota. Nous sommes dans les grandes plaines centrales. A cette epoque de l’annee, c’est definitivement la visite des grandes villes – ou la temperature remonte – qui priment sur la decouverte de l’espace naturel… immaculé. Surtout dans le Nord du pays. On sent franchement la difference de temperature qu’il y avait avec Las Vegas.
Des plaines de neige encore a perte de vue.

Il est environ 15h, j’arrive a Sioux Falls, toujours dans le South Dakota. Le car a eu un probleme de contact, ce qui a fait manquer toutes les connections. D’autres cars prennent la releve mais les numeros des vehicules ont changés, les horaires et les arrets aussi. Par contre, le transfert des bagages se fait automatiquement. J’ai quand meme un leger doute, comme une apprehension…
J’attends le car de remplacement dans le hall d’accueil, toujours a Sioux Falls. Les passagers de la Porte 1 montent a bord. Moi, c’est la Porte 2, du moins, c’est ce que j’ai compris.
La fille qui encaisse la monnaie de mon sandwich gere egalement l’accueil de la compagnie de car, et passe d’un comptoir a l’autre. En achetant mon repas, je lui montre quand meme mon billet. C’etait la Porte 1 ! En direction de Chicago ! J’ai juste le temps de monter dans le car. Si elle ne tenait pas la caisse du snack, je loupais la connection. Coup de bol numero 1 ! J’y suis vraiment pour rien, tout est deréglé…

Dans le car, je m’installe, sandwich en main. Nouvelle apprehension…Il s’apprete a partir. Je jette un regard sur l’exterieur. Un autre car, juste a coté, est lui aussi, a l’arret. Je m’approche un peu mieux de la vitre et je regarde un peu mieux les bagages dans la soute.
Soudain, j’apercois mon sac a dos, et il est dans le mauvais car ! Je redescends pour avertir le chauffeur puis je fais MOI-meme le transfert de MON bagage pour etre certain qu’il reste avec MOI !
Transfert automatique, j’t’en fou***** !!!
Si les soutes a bagages du car d’en face avaient été fermées, ca aurait été le debut d’une enorme galere ; et rien a voir avec ce que j’ai pu connaitre ses 6 derniers mois… N’empeche, coup de bol numero 2 !

Avec le recul, je me dis que c’etait peut-etre autant de la vigilance que de la chance : je me souviens qu’au depart de Las Vegas, apres avoir posé mon sac sur un chariot, alors que le chauffeur me disait « montez dans le car », j’attendais de voir de mes yeux le porteur placer mon bagage dans la soute ; sans ca, pour moi, il n’y etait pas.

Manque de confiance, mefiance, vigilance… tout ce que j’ai pu acquerir de l’Asie se retrouve. Pays developpés ou non, ayons l’oeil… jusqu’a la fin de ce voyage…

Le car s’arrete quelques heures plus tard au MacDonald. Si c’est pas une station essence avec snack integré, c’est un fast-food… En commandant une salade de pommes/fromage blanc (histoire de ne pas finir obese avant d’avoir rejoindre la cote Est), je constate que meme le fromage est ultra sucré.

La clé d’un ventre rond
En fait, aux Etats-Unis, l’eau et les fruits sont presque aussi chers que les burgers ou le soda. Et lorsque tu commandes du soda, il te donne un gobelet vide que tu peux remplir a volonté, a la fontaine. Et c’est comme ca dans tous les fast-food.
Et comme les australiens, les americains mangent a n’importe quelle heure de la journee.

J’en parle beaucoup, forcement, quand je vois autant de « laisser-aller au metre carré » ca m’afflige ; surtout lorsqu’ils prennent un siege et demi sur 2, et que tu en es reduit a la petite moitié restante. Bon, ca ne m’est arrivé qu’une seule fois, mais ca rend le voyage tout de suite beaucoup moins agréable.

Il fait nuit. J’arrive a Omaha, dans le Nebraska. En descendant du vehicule, je vois la soute a bagage vide :
– « Vous cherchez votre sac ? »
– « Oui !!! »
– « Je l’ai deja mis dans ce bus qui partira a Chicago »

Bon, ca ira… Faites gaffe, je mors desormais.
2h d’attente dans le hall avant de changer de car. Finalement, a peine 1h plus tard, nous repartons (un jour peut-etre, je comprendrais comment ils fonctionnent…).
Je m’endors jusqu’a la ville de Des Moines, dans l’Iowa. Il est 21h30.
Toutes ces heures de trajets me rappelle l’Indonesie : je n’aurais jamais fait autant de kilometres la-bas qu’ici ; avec toutes ces routes defoncees et ces mini-bus petits et inconfortables. Ici, il n’y a pas de soucis pour voyager. Il y a tout le confort. Le bus est chauffé et generalement, il y a de la place pour mes grandes jambes. Il n’y a plus qu’a profiter du voyage.

Nous n’etions que 3 passagers au depart d’Omaha ; le car est quasiment plein au depart de Des Moines. Autant j’ai pu croiser quelques indiens natifs, autant pour la 1ere fois, je vois un couple Amish s’installer au fond du car.

 

witness

Witness
Witness, c’est le nom d’un film, certainement le film qui parle le plus de cette communauté restée, pour l’immense majorité, a l’écart de la modernité.
Anabaptiste ayant fuit les persecussions religieuses de la Suisse au XVIIeme siecle, ils parlent un dialecte allemand et appliquent plus ou moins a la lettre le Nouveau Testament selon les communautés.
D’une maniere generale, les Amish se vetent de couleurs foncées, ont une longue barbe et un chapeau large. Pour les femmes, elle ont une robe unie et une coiffe blanche.
Leur regle d’or : rester modeste.
Les communautés ouvertes possedent l’electricité et des automobiles ; mais pour l’immense majorité, ce sont de strictes communautés croyantes qui vivent de la culture et de l’elevage, se deplacant a cheval, n’utilisant pas l’electricité, le telephone ou d’engins motorisés. Ils n’achetent aucun objets issus du monde moderne, ne payent pas d’impots, pas d’assurance, ils n’ont pas de securité sociale, ne cotisent pas pour la retraite et ne participent pas non plus au service militaire.

Certaines compagnies organisent des tours, et en font des « betes de foires » ; pour ma part, j’ai plutot de la chance d’en croiser, car il est rare qu’ils se rendent a la ville.

28 Fevrier 2011

Il est 5h30 du matin, j’arrive a Chicago, dans l’Illinois (re-changement d’heure). Sortir en pleine nuit et dans le froid pour rejoindre mon hostel ne m’attire pas tant que ca. Surtout que les métros risquent d’etre encore fermés a cette heure-ci.
Allez, je finis ma nuit sur un siege du hall. Il est 7h, un peu frileux, je prends le métro jusqu’au HI-Chicago, certainement dans le TOP 3 des meilleurs hostels que j’ai pu faire jusque la.

Douche, rasage, je me rends en ce debut d’apres-midi a la bibliotheque juste en face – ou Internet est gratuit – pour vous parler de… euh…voyons… et j’enleve 2 heures de decalage horaire… ah ouai… quasiment pile-poil… de ces 50h de voyage a travers les Etats-Unis !

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

Chicago

28 Fevrier 2011 (suite et fin)

Mes bonnes impressions sur cet hostel se ternissent a cause d’une fouille non consentie de mon sac a dos, par un individu X.
Il cherchait certainement de l’argent parce qu’apres de minutieuses verifications, X ne m’a rien volé.
J’en averti quand meme la reception, en esperant que ce soit la derniere fois.
Bon, ce n’est pas cet hostel en particulier ; c’est le risque dans tous les backpackers. Ma camera, mon camescope, ma monnaie, mon passeport : tout est toujours sur moi.
Ca n’empeche mon attachement sentimental pour ce sac et ce qu’il y contient. On a vecu tellement d’histoire…

Petite balade avant que le soleil ne se couche. J’apercois de beaux buildings. On se les garde sous le coude jusqu’a demain.

1er Mars 2011

Vous avez aimé San Francisco, vous allez adorer Chicago !
Du peu que j’ai vu hier, je peux deja le dire : cette ville vaut le detour.
Il fait 36 degres ce matin. Oui, c’est possible qu’il fasse 36 degres a Chicago le 1er jour du mois de mars, surtout quand les degres sont des Farenheit ; ce qui correspond a environ 2 degres Celsius…
Mais la journee est ensoleillée. Pas un nuage a l’horizon. Enfin, a l’horizon… du moins au-dessus des grattes-ciels, car la ville en compte un certain nombre. C’est d’ailleurs ici, a Chicago, qu’a reellement debuté la folie des grattes-ciels americains.

Je pars ce matin en direction de Union Station :

Le Great Hall de la classique Union Station
Ami cinephile, ca ne vous dit rien ? Regardez de plus pres...

 

C'est ici que fut tournée la scene de l'arrestation du comptable d'Al Capone dans le film "Les Incorruptibles" de Brian de Palma. Une scene qui fait elle-meme reference a la sequence des grands escaliers dans "Le Cuirassé Potemkine"

 

Je pars ensuite au Skydeck. la Willis Tower, anciennement appellee « Sears Tower ».

Le Skydeck, qui reste encore le plus haut gratte-ciel des Etats-Unis

Je me trouve maintenant dans le quartier des finances. Les edifices sont vraiment imposants :

En face, le Chicago Board of Trade

Lorsqu’il fait beau, les villes sont vraiment sympas a visiter l’hiver, et surtout le matin. Il y a moins de circulation, moins de touristes et les photos donnent de meilleures couleurs.

The Rookery, toujours dans le quartier des finances

Je fais un leger detour dans mon parcours pour prouver ce que j’ai ecris il y a quelques jours :

Chicago est le point de depart de l'historique Route 66

Et Capone dans tout ca ? et les annees sombres ? la prohibition ? les gangsters ?
Chicago ne nie pas son passé et cette mauvaise image qui lui colle a la peau. Mais il faut bien le dire, c’est de l’histoire ancienne. Il est bien possible de prendre une photo de la demeure de Capone, de prendre un verre dans son bar-jazz favori, de se rendre sur l’endroit ou furent arretés quelques gangsters connus ; mais franchement, ce n’est plus du tout cette image mafieuse que donne la ville aujourd’hui.

Chicago, depuis longtemps, a pris les devants lorsqu’elle a decidé d’etre un haut-lieu d’architecture et de culture.
Elle a osé, et le Millenium Park ou je me trouve maintenant en est la preuve :

Le Cloud Gate que les citadins surnomment "The Bean" (le haricot)ou se refletent les grattes-ciels. Elle se trouve en plein coeur de la ville

Pour cloturer ma visite de la journee, je prends la Michigan Avenue, en direction de 2 superbes tours :

Le Wrigley Building et la Tribune Tower (du journal "Chicago Tribune") d'aspect gothique

2 Mars 2011

J’ai toujours mon infection au pied. Ca a beaucoup degonflé depuis Alice Springs mais ca dure depuis 1 mois, et meme si je ne sens plus rien, ce n’est pas normal que ca persiste aussi longtemps. Je me rends a la clinique, a quelques pas de l’hostel, histoire d’etre sur.
Quelques cachets a prendre pendant 10 jours et des bains de pieds, 2 a 3 fois par jour !!! Je veux bien, mais j’ai rarement vu des baignoires dans les hostels…

Je pars en direction du Lac Michigan :

Quelques beaux buildings pris depuis la Chicago River
Et la Chicago River
Qui donne elle-meme sur le lac Michigan

Un petit coucou de loin, mais alors vraiment de loin a nos amis canadiens ; qui me repondent en m’envoyant leur vent froid : il fait 29 degres Farenheit (environ – 2 degres Celsius). Je me refugie dans un bar pour un café avant d’aller a la bibliotheque vous ecrire mes fraiches journees a Chicago.

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

Les Infiltrés

3 Mars 2011

Je quitte Chicago et l’Illinois en car, pour le Nord-Est.
Changement d’heure.
Je traverse l’Indiana, l’Ohio, une partie de la Pennsylvanie jusqu’a Buffalo, dans l’Etat du New York.
Ici, je croise beaucoup d’Amish : 2 familles entieres font le trajet. Les « gens de la plaine » comme on les appelle peuplent, pour beaucoup l’Ohio et la Pennsylvanie.
Je suis donc a Buffalo, dans le hall, en attendant mon changement de car. 2h30 d’attente.

Je suis assis a cote d’un Amish d’une quinzaine d’annees. Je me dis que c’est veritablement en prenant les memes transports que la classe moyenne americaine qu’on trouve le plus de vie : les afros qui parlent entre eux, les latinos aussi, les douaniers qui verifient les passeports et les cartes d’identités de chacun, quelques natifs que l’on croise de temps a autres ; des jeunes d’une vingtaine d’annees, assis par terre non loin d’une prise electrique murale pour alimenter leur PC portable, juste a cote des Amish, eux, habillés dans les tenues les plus strictes et les valises les plus sobres.

Etrange cocktail que sont ces USA.

4 Mars 2011

Et pan ! Ca y est, comme pour l’Australie, je viens de traverser les Etats-Unis d’Ouest en Est, en cette fin de matinée : j’arrive a Boston, dans le Massachussets.
La journee s’annonce belle, je dormirais plus tard. Je pose toutes mes affaires dans l’hostel. Un café, une douche, puis je prends le metro en direction du centre-ville.

Pour tout ceux qui veulent retrouver un peu du vieux continent aux Etats-Unis, Boston est faite pour vous. Les rues sont etroites, non-rectilignes, donc pas d’angles droits ; quelques grattes-ciels, mais bien moins imposants que dans d’autres villes. Les habitations sont generalement sur 3 niveaux, pas plus.
L’influence europeenne est tres presente, et c’est notamment du a l’immigration massive des irlandais. Partout l’on trouve des pubs, le drapeau irlandais flottant a cote de celui des USA.

Pour la visite, rien de plus simple, il suffit de suivre les briques rouges :

 

Le Freedom Trail qui commence au Boston Common : le plus vieux parc des Etats-Unis

Et des briques rouges, il n’y en a pas que par terre. Les maisons individuelles autant que les immeubles en sont recouvertes.

En fait, beaucoup d’americains ont un attachement particulier a la ville de Boston. Elle a ete le berceau du 1er soulevement americain contre les anglais ; et donc le berceau de la Revolution Americaine.

Old South Meeting House : un des hauts lieux du 1er rassemblement contestataire americain
Old State House : Le plus vieux batiment de Boston
Au 1er plan, le vieux Boston

Apres la grande vague d’immigration irlandaise, ce fut au tour des italiens, un siecle plus tard.

Hanover Street : la "Little Italy" de Boston

Partout, je vois ecris : gelateria, caffe, ristorante, trattoria
J’entre d’ailleurs au caffe dello sport pour marquer une petite pause.
quasiment tous italiens, ils regardent un match de football : Rome contre Lecce sur une chaine du pays. L’interieur est entierement decoré aux couleurs de l’Italie. Et quand les gens parlent, c’est pas de l’americain…
Au passage, n’allez pas chercher ailleurs : si vous voulez du vrai café, c’est dans ce genre de bar, et pas dans les Starbucks ou j’ai bu les cafés les plus infames.

Je traverse le North Square :

North Square. Toujours des briques rouges

Je franchis ensuite la Charles River avant de constater que la nuit tombe, et qu’il commence franchement a faire froid. 28 degres Farenheit cet apres-midi (environ 2 degres Celsius) mais a partir de 18h, les temperatures s’effondrent.
Je rentre.

Boston a vraiment quelque chose de particulier. Elle donne l’impression d’etre une ville a taille humaine. C’est l’une des plus vieilles villes des Etats-Unis mais aussi l’une des plus jeunes avec son Universite connue du monde entier…

5 Mars 2011

Allez, direction Harvard.
45 prix Nobel viennent d’Harvard depuis sa creation. Elle a accueilli bon nombre de futurs grands entrepreneurs, de presidents americains (8 au total, dont Barack Obama) et de chefs d’Etats etrangers.

Mais Harvard est la plus vieille universite des Etats-Unis, et on s’y rend surtout pour la beauté de ces batiments datant pour beaucoup, du debut et milieu du XVIIeme siecle.

Harvard Yard : une toute petite partie de l'Universite
Etudes, logements... l'annee universitaire coute environ 50000 dollars. Mais l'admission ne tient pas compte du revenu. Elle est basee sur les resultats, et des bourses sont offertes pour tous les etudiants admis

L’Universite est immense. Comme pour toutes les grandes universites du pays, on circule a velo et il y a meme des rues et des avenues accessibles uniquement en voiture.

Je peux desormais le dire : « j’ai fait Harvard »… et « je n’est pas fait Harvard »…

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

Il était une fois en Amérique

6 Mars 2011

C’est parti pour une longue, tres longue descente du continent americain. Et ca commence ici, a Boston. Mon car decolle a 8h30 ce matin et la pluie s’installe durant le trajet. Je longe l’Atlantique durant quelques dizaines de minutes.

L’Atlantique ! Un ocean que je n’avais pas encore vu durant ce tour du monde.

Il est 13h, j’arrive a New-York, et il pleut encore. Ca s’etait calmé depuis San Francisco. Dommage…

Quelques problemes surviennent : j’ai dechiré par mégarde l’adresse de mon hostel (erreur de debutant), le bureau des informations du hall central est fermé (on est dimanche), il y a le wifi partout mais je n’est pas de PC portable et il pleut toujours…

Je demande aux commercants ou est-ce que je peux trouver un Internet Café :

– « Je crois qu’il y en a un sur la 43eme rue »
– « Et je suis ou ? »
– « Sur la 37eme »
– « … »
– « Ou alors peut-etre le Dunkin’ Donuts juste a l’angle »

Je m’y rends. Aucun PC ne fonctionnent. Il va falloir forcer la chance aujourd’hui. Bon, c’est pas trop la galere. A Sydney, il pleuvait, mais en plus, je n’avais pas de toit. Ici, j’ai un toit, mais je ne sais pas ou il est.

Je demande a un couple si je peux leur emprunter leur PC, juste pour consulter mon mail de confirmation de booking.

C’est ca, le Wanderers Inn West sur la 113eme rue. C’est a Harlem. Il faut prendre le metro.

Je vous imagine faire les grands yeux lorsque j’ecris « Harlem ». Mais ca a bien changé. Quartier historique des afros- americains, depuis plusieurs dizaines d’annees, il n’est plus le ghetto d’autrefois. Il se renove petit a petit, et l’on croise toutes les nationalités dans les rues.

C’est un coin sympas, si on arrive pas un jour de pluie…

L’hostel est situé a l’interieur d’un immeuble traditionnel avec son perron typique de quelques marches, a l’entree.

Je ressors quelques temps pour me balader dans les rues de Harlem. A vrai dire, pas longtemps parce qu’il pleut beaucoup.

Il faut quand meme immortaliser ce 1er jour a New-York. Allez, une photo juste avant de rentrer :

113e rue, a Harlem ; L’hostel est sur la gauche

7 Mars 2011

Je prends le 1er metro. Il va en direction de Manhattan, au Sud.

Pour vous reperer, Manhattan est au sud jusqu’a la pointe ; Harlem est au Nord, le Bronx est encore plus au Nord ; le Brooklyn et le Queens sont au sud-ouest, sur l’ile de Long Island. A l’Ouest, c’est l’Etat du New Jersey, et au sud de Manhattan, il y a quelques iles dont Liberty Island, Ellis Island, Staten Island…

Pour le moment, le metro m’amene en direction de Manhattan, mais je n’ai pas verifié ou est-ce qu’il fallait changer. Ca m’amene inevitablement dans un endroit non souhaité, mais qu’importe, ca faisait partie de mon programme pour ces quelques jours a New-York :

J’arrive dans Brooklyn, sur Long Island en passant par le pont de Manhattan.

J’apercois le pont de Brooklyn au loin. Il fait beau aujourd’hui, mais un vent froid me glace le sang durant la traversee du pont pour rejoindre Manhattan. J’atteinds l’autre rive, puis je pars en direction des docks, au sud-est de Manhattan, la ou le vent souffle moins :

Au 1er plan, le Brooklyn Bridge ; derriere, le pont de Manhattan ; a droite, le quartier du Brooklyn

Je continue ma route le long des docks jusqu’a atteindre le guichet pour Liberty Island et Ellis Island.

Le vent souffle beaucoup au bord de l’eau, mais ces etapes que sont les visites de la Statue de la Liberté et d’Ellis Island sont incontournables.

 

statue

Lady Liberty
Cette statue represente beaucoup pour les New-Yorkais. Elle a pris beaucoup de significations a travers les ages. C’est un francais qui l’a concu, et c’etait notamment pour contester les promesses non tenue de la Revolution Francaise : A la fin du XIXeme siecle, c’est toujours un monarque qui gouverne la France (Napoleon III). De ce point de vue, Bartholdi voyait les Etats-Unis comme une terre de liberté et d’opportunité que la France n’avait toujours pas pleinement obtenue.

C’est dans ce contexte qu’il decida d’offrir aux Etats-Unis « La Liberté eclairant le monde » (c’est son nom complet).

Au debut du XXeme siecle, c’est le symbole d’un nouvel espoir et d’une seconde vie pour tous les immigrés arrivant sur le sol americain. La statue est d’ailleurs tournée vers le Vieux Continent.

Les guerres successives menées par les Etats-Unis donnent de nouvelles significations a cette statue, aux yeux des americains : le combat pour accéder et maintenir la liberté dans le monde.

Lors des grands incendies et des attentats du 11 Septembre 2001 notamment, elle a symbolisé la longue convalescence et la guerison de New-York et des Etats-Unis. Elle est restée debout par tout temps, et c’est ce qui en fait sa grandeur.

D’autres enfin, y voient egalement l’amitié qui lie eternellement les Etats- Unis et la France.

Lady Liberty

Et quand on la voit de pres, elle est vraiment impressionnante. C’est la 1ere chose que voyait un immigré depuis le bateau. Mais d’abord, il fallait passer l’epreuve de l’Office d’immigration d’Ellis Island. Contrairement a ce qu’on peut penser, rares furent les gens refoulés du sol americain. Si une maladie mineure survenait durant le trajet, l’individu etait soigné sur Ellis Island d’entrer sur le sol américain. Seuls etaient renvoyés les maladies incurables et les criminels soupconnés de voyager sous une fausse identité.
Ce qui peut etre assez emouvant pour certaines personnes, c’est qu’il est possible de retrouver le registre de ses ancetres ayant franchis les portes d’Ellis Island et des Etats-Unis.

Par contre, une ombre au tableau : durant ma visite j’apprends qu’a la fin de la construction du site, seuls les hommes avaient été autorisés a assister a l’inauguration de la statue. Donc, non seulement cette oeuvre represente tout le contraire de cette discrimination ; et en plus, Lady Liberty, c’est une femme ! Il faudrait pas l’oublier quand meme !!!

Alors que j’etais sur ces iles, au sud de Manhattan, j’ai pris cette photo, depuis Liberty Island, et ca fait bizarre de regarder ce New-York, ou j’arrive l’annee des 10 ans depuis les attaques du 11 Septembre :

Comme si elle avait été amputé des 2 bras…

8 Mars 2011

11 septembre 2001, que les americains appellent 9/11 parce que les jours et les mois sont inversés. 911, c’est aussi le numero national des Urgences. Et pure coincidence, je regarde ma montre avant de partir ce matin : 9h11…
C’est aujourd’hui que je decide de me rendre a Ground Zero, l’emplacement des tours du World Trade Center.

Je n’ai jamais vu un metro aussi compliqué que celui de New-York. Normalement, ils sont d’une grande simplicité, mais la, c’est vraiment tiré par les cheveux : il y a la meme couleur pour plusieurs lignes differentes ; le metro passe par des arrets qui ne sont meme pas ecrits. Il y a des lignes portant des chiffres, d’autres, des lettres ; et lorsque tu prends l’autre coté du quai, ce n’est pas forcement le chemin inverse, ce peut etre une ligne completement differente.
Du coup, je me retrouve a nouveau ce matin dans Brooklyn, et en voulant m’en sortir, j’entre encore plus dans Brooklyn.

Apres m’etre battu contre la logique du metro, me voici enfin arrivé a Ground Zero, ou des dizaines et des dizaines d’employés reconstruisent le site : 4 immeubles au total seront batis, dont le plus haut, la Freedom Tower ; ainsi que 2 fontaines carrées, construites a l’emplacement exact des 2 anciennes tours.

Ground Zero

Ca fait a peine 10 ans et c’est encore tout frais dans nos tetes. L’audio-guide parle des evenements, mais effleure le sujet. Je suis consterné par le manque d’informations. Je ne sais pas vraiment ce que j’imaginais en me rendant a Ground Zero, mais je n’en sais pas plus en France qu’ici, au coeur de Manhattan. Trop d’incertitudes, trop d’interrogations : aucune boite noire retrouvée, les passeports des terroristes retrouvés dans les decombres comme par magie, les importantes transactions financieres effectuées au World Trade Center avant meme le detournement du 1er avion (comme si certains savaient deja ce qui allait se passer).
J’invite tout ceux qui me lisent a regarder le documentaire « Loose Change » qui fait beaucoup reflechir a ce sujet…

Je considere que la verité n’a toujours pas été établie sur ce qui s’est reellement passé ce jour-la.

Je me change les idées en partant du coté de Wall Street.
Ici, c’est autre chose qui s’est effondré, et pas qu’une fois !

Wall Street et le New-York Stock Exchange a droite

Les buildings sont aussi imposants que le quartier des Finances a Chicago. Si puissant d’exterieur, si faible a l’interieur…

Je passe la fin d’apres-midi dans les parcs de Manhattan, pour etre un peu au calme. D’abord Riverside Park :

Riverside Park qui longe la Hudson River, a l’ouest

Puis je traverse une partie de Central Park au coucher du soleil.
Mais il y a toujours un endroit qui te rappelle, meme au coeur de Central Park, lorsque tu regardes au loin, que…

…les 2 tours ne sont plus la, et je sais pas ce que j’aurais donné pour les voir encore debout

9 Mars 2011

Dernier jour a New York. Je pars en direction de Little Italy. Contrairement a ce que j’ai pu voir a Boston, la Little Italy de New-York est plus qu’une rue. C’est tout un quartier, qui malgré le rachat de certaines boutiques par les chinois de Chinatown, reste tres atypique et animée :

Little Italy. Au loin, l’Empire State Building

Je pars ensuite en direction de quelques monuments celebres :

Le Flatiron Building qui, contrairement a ce qu’on a pu dire, n’etait pas le plus haut gratte-ciel de son epoque, au tout debut du XXeme siecle, mais seulement l’un des plus haut. C’est son architecture qui le rendit celebre

Je passe ensuite vers l’Empire State Building – que j’avais vu depuis Little Italy – , redevenu le plus haut gratte-ciel de New-York depuis les attaques du 11 Septembre.

L’Empire State Building

En fin d’apres-midi, je traverse le Time Square illuminé, qui me rapelle Picadilly Circus a Londres, mais en plus imposant.

Time Square. Des neons, des ampoules et… de la pub !

En esperant que cela restera un concept purement anglo-saxon et que ce style de deco ne finira pas un jour sur les Champs-Elysees.

C’est la fin de mon passage a New-York. 3 jours a marcher…
Je ne sais pas comment etait New-York avant le 11 Septembre 2001. Mais a ce que j’ai pu apprendre et ressentir durant ces 3 jours, c’est que les New-Yorkais ne sont pas desagreables du tout. A peine ils t’effleurent, tu entendras toujours un « pardon » ou un « excusez-moi ».
Et d’une maniere generale, j’ai de bonnes impressions sur les americains quelque soit la ville ou je me trouvais.

10 Mars 2011

Je viens de quitter le brouillard matinal de New-York en car.
Apres seulement 4h et demi de voyage, la traversee du New Jersey, d’une partie du Delaware, du Maryland et en ajoutant a cela 1km a pied sous la pluie, je vous ecris ces quelques lignes depuis l’hostel, dans une ville – dont je n’ai encore rien vu – comprenant des buildings, des voitures… et une grande maison blanche !

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

Les hommes du président

10 Mars 2011 (suite et fin)

Apres avoir quitté Harlem et mon dortoir comprenant une francaise, une quebesoise, un espagnol, une indienne, une bresilienne, un australien et un coreen, j’occupe a Washington un nouveau dortoir avec un argentin. L’Argentine et le Bresil sont les seuls nationalités d’Amerique Latine que j’ai rencontré jusqu’ici. Il est (administrativement) beaucoup plus difficile pour les autres pays d’Amerique du sud ou meme d’Amerique centrale d’entrer dans le pays.

Il pleut sur Washington et la journee est deja bien entammée.
Allez, une petite photo – sans trop se mouiller – de mon 1er jour a Washington :

Une rue de Washington depuis le 6eme etage de mon hostel, un jour de pluie...

Rien d’autre a faire que d’attendre, en esperant que demain soit un jour sans pluie. Je ne reste pas longtemps.

11 Mars 2011

Miracle, il ne pleuvra pas de la journee ! J’ai booké pour une petit visite guidée gratuite offerte par l’hostel.
Nous prenons le bus, avant de commencer la visite a pied.
Washingto D.C (pour District of Columbia; – et Columbia pour Christophe Colomb) est considéré comme une zone neutre car elle n’est pas un Etat et n’est pas representée au Senat.
Ici, pour des raisons de preservations historiques, vous ne verrez aucun gratte-ciel, et ca change toute une ville.
Seulement 600000 habitants la nuit et le double le jour : la plupart viennent des Etats limitrophes que sont le Maryland et la Virginie.

Nous traversons d’abord :

Union station, la gare centrale de Washington

Puis nous parourons quelques centaines de metres en direction du Capitole :

 

Le Capitole. L'aile Nord, a gauche, est le siege du Senat. L'aile sud, le siege de la Chambre des representants

Le Capitole, c’est surtout la ou chaque presidents ont preté serment, face a des milliers de gens…

 

... installés sur le parc du National Mall. Au loin, le Washington Monument dedié a Georges Washington, 1er president des Etats-Unis

 

La Bibliotheque du Congres, que les habitants considerent comme le plus beau batiment de Washington D.C
La Court Supreme

La visite s’acheve apres la visite de l’interieur de la Court Supreme.
Pour ma part, je continue tout seul en direction du National Mall, derriere le Washington Monument.

En chemin, je tombe sur le National Air and Space Museum. Tous les musees sont gratuit a Washington, profitons-en.
Sont exposés entre autres : Le Spirit of Saint Louis de Charles Lindbergh, la capsule Apollo 11, l’avion des Freres Wright, le Breitling Orbiter de Bertrand Piccard… En fait, ce musee possede la plus grande collection d’avions et de vehicules spatiaux du monde.

Il faut marcher presque 2km pour se rendre au Lincoln Memorial, en traversant le parc dans toute sa longueur.

Le Lincoln Memorial en l'honneur d'Abraham Lincoln, 16eme president des Etats-Unis, associé a la Guerre de Secession et a l'abolition de l'esclavage

Et pour conclure ma visite, il manque le plus connu, mais du coté ou je suis, tout est bloqué pour je ne sais quelle raison. Je dois prendre la photo de tres loin :

La Maison Blanche. Non, j'ai verifié en zoomant au camescope : Mr Obama n'y est pas.

Je ne veux pas trop m’avancer, mais d’apres des recherches, il me semble que l’interview se deroulant en face de moi est le porte-parole de la Maison-Blanche repondant aux journalistes sur la question libyenne.

 

De ce coté, on voit plus clair :

The Black and White House

C’est un vent nouveau qui souffle sur Washington D.C et les USA depuis deja quelques temps, et je suis assez fier de me rendre dans cette ville durant le mandat de Barack Obama.
Les attaques du 11 septembre, la crise financiere et l’election d’Obama sont les choses qui, quoiqu’on dise, ont definitivement rendus un visage plus humain aux Etats-Unis. Si vous vous rendez aux USA, vous sentirez que ce pays a changé, et aux yeux meme des americains.
Au passage, partez sans apprehension et oubliez les discordances : les americains aiment les francais. Et lorsque je dis : « je suis francais », j’entends souvent par la suite cette meme interjection (« Aaaah ») de l’americain passionné.

Oui, le francais est nul en anglais, mais il reste romantique aux yeux du monde entier. Et ca, je l’ai entendu dans tous les pays !

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !