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Tour du monde – 4 – Océanie

Terre Rouge (5eme partie)

30 Janvier 2011

Journee detente et piscine avec les habitues du backpacker.
Le manque de sommeil et les douleurs et courbatures dues au boulot commencaient a s’accumuler.
Je decide quand meme de prendre le velo pour faire un petit tour en ville.
Sur le chemin du retour, je m’arrete devant cette pancarte ; je passais devant elle sans vraiment m’y attarder : Ankerre Ankerre. C’est le nom du terrain vague en face du backpacker, propriete et lieu sacre pour les aborigenes. Je m’interroge. Je me dis qu’il est impensable de quitter Alice Springs et l’Australie sans avoir tous les tenants et aboutissants sur la question aborigene.

C’est décidé, demain, je pars en savoir plus.

31 Janvier 2011

Je me rends au Araluen Cultural Precinct pour decouvrir la culture Arrernte (le peuple aborigene d’Alice Springs et des ses alentours) et l’histoire de Mparntwe (le nom aborigene d’Alice Springs).

 

aborigene

Generation(s) volée(s)
A l’arrivee de la Premiere Flotte, 300000 aborigenes vivaient sur le sol australien.
A l’epoque, les soldats anglais etaient loin d’avoir le dessus tellement l’endroit etait inhospitalier : insolation, faim, les forcats reconvertis en colons etaient demoralises par l’exil.
Les aborigenes, quant a eux, connaissaient leur ile sur le bout des doigts. Plusieurs tribus locales s’associerent meme pour faire face a l’envahisseur durant une bonne dizaine d’annees.
Mais les tribus s’etendaient sur tout le territoire, et leur multitude de langages differents les empecherent de former un front uni contre les anglais.
Des fusils contre des lances, les lois de la guerre sont indiscutables : victoire finalement ecrasante des colons.
Certains aborigenes survecurent grace aux missions locales. D’autres furent embauches dans les fermes et devinrent, contre toute attente, d’excellents cavaliers et gardiens de betail, habilles comme les anglais et coiffes de l’Akubra – le chapeau typique, qu’on appelle vulgairement « chapeau de cow-boy » – .
Les aborigenes permirent aussi aux pionniers de traverser, a dos de chameaux, les immenses deserts, en devenant des guides hors pair.
Manque de main-d’oeuvre, inhospitalite du territoire, les aborigenes devinrent indispensables au developpement et a la prosperite economique de l’ile.
Pour autant, le chemin fut long avant que le mot « egalite » soit sur toutes les levres.
Durant 30 ans jusque dans les annees 60, une politique consista a enlever les bebes a leur mere pour le placer dans des familles blanches ; en esperant que la generation suivante ait tout oublié de ses origines. C’est ce qu’on a appelé la « generation volée ».
Mais depuis plus de 40 ans, les lois s’accumulent en leur faveur : retrocession des terres revendiquees, nationalite australienne pleine et entiere, creation d’un drapeau aborigene : les australiens ne nient plus leur passé et finissent par accepter le fait que les terres, a leur arrivee, n’etaient pas vierges.
C’est ainsi que depuis 1998, le National Sorry Day (Journee Nationale du pardon) fut institué pour faire connaitre la Generation Volée ainsi que les mauvais traitements infligés aux aborigenes durant 200 ans.

Dans ce musee, je ne constate pas forcement une culture propre a l’Arrernte.
Par le passé, et encore aujourd’hui, des australiens blancs ont oeuvrés pour que la culture et l’art aborigene ne s’eteignent pas : traditions, cultes, peinture, quelque soit la region geographique.
La peinture aborigene est facilement reconnaissable : c’est essentiellement du dot-painting (peinture par points).

Dot-painting

Il s’agissait aussi de mettre au gout du jour d’autres formes de peintures : le wood-painting (peinture sur bois) ; sand-painting (peinture sur sable) ; body-painting (peinture sur le corps) a l’occasion de fetes et rituels sacrés.

Certains « non-natifs » s’amusent aussi a utiliser cette technique de dot-painting : subtile melange entre art contemporain et art tribal.

Et l’habitat ?
En toute honneteté, je n’ai trouvé aucune information la-dessus dans ce musee, ni ailleurs.
D’apres mes propres recherches, il est tres precaire ; parfois en pierre, mais tres souvent en bois. Il n’en subsiste plus grand chose. Ils vivaient essentiellement comme des semi-nomades dans leurs propres terres ; et meme si aujourd’hui, la grande majorite des indigenes se sont sedentarisés, ils reproduisent plus ou moins cette facon de vivre en habitant dehors ou sous les ponts, comme a Alice Springs.
Je precise tout de meme que les aborigenes reellement integres dans la societe (a Alice Springs comme dans les grandes villes) possedent une villa comme n’importe quel autre australien.

Je rentre au backpacker.

1er Fevrier 2011

Mon billet pour le musee est valable 2 jours. J’en profite.

Je reprends le velo pour m’y rendre a nouveau. Sur le chemin, je vois un nombre impressionnant d’aborigenes regroupés autour du centre d’indemnités. C’est le 1er jour du mois et les aborigenes touchent leurs allocations mensuelles (les « dommages et interets » versés par les non-natifs). La somme est plutot importante, mais la boisson alcoolisée reste la source principale de dépense…

L’Australie d’aujourd’hui
Le fait que l’Australie ait ouvert ses portes aux autres nationalités (asiatiques, africains…) a-t-elle favorisé l’integration des aborigenes en tant que minorités ?
Pas vraiment. Il y aura toujours une difference entre natifs et non-natifs. La population blanche se sent tantot redevable et compatissante ; tantot elle se prend a les detester au plus haut point, en sachant notamment que les taxes prelevées servent a payer leur alcool (consequence des vols et des degradations dans la ville), veritable fléau.

On peut aussi percevoir de la rancoeur de la part des aborigenes envers les non-natifs.
Julien, qui travaille au centre commercial, m’explique qu’un aborigene s’est fait arreté par un agent de la securité apres avoir volé un produit. Pour se justifier, l’aborigene ne cessait de repeter : « Tu n’as rien a me dire, tu es sur ma terre ».

Les initiatives d’integration se multiplient, la cohabitation reste la seule et unique alternative.

A gauche, le drapeau australien ; au mileu, le drapeau du Northern Territory ; a droite, le drapeau aborigene (le rouge pour la terre ; le noir pour le peuple aborigene ; le disque jaune, le soleil, source de vie)

L’Araluen Cultural Precinct se compose egalement d’un musee dedie a l’Aviation.
Le Central Australian Museum met en lumiere les pionniers de l’outback et la creation du 1er aeroport d’Alice Springs.
Des 1921, a Alice Springs, 2 contrats sont signés : le 1er est un contrat de service postal :

Connellan Airways – La 1ere compagnie d’aviation du Northern Territory
Un des tout premiers avions postaux

Le 2eme contrat fut signes avec le Royal Flying Doctor Service :

Un des 1ers avions du Royal Flying Doctor Service

Ce qui me donne une idee pour une partie de l’apres-midi de demain.

Nous passons la soiree a la pizzeria. Tous les aborigenes qu’on croise sur la route sentent l’alcool. On les entend crier

2 Fevrier 2011

Il a legerement plu hier mais aujourd’hui, des trombes d’eau se sont abattues sur la region d’Alice Springs. Le ciel est gris, on entre dans la flood season (la saison des inondations).
Fevrier est toujours le pire des mois dans le Red Centre. Entre 2 averses, je prends le velo pour me rendre au Royal Flying Doctor Service.

L’idee est venue d’un reverend, John Flynn : pouvoir apporter un secours medical n’importe ou dans l’outback dans un rayon de plusieurs centaines de kilometres. La meilleure facon de couvrir autant de distance : l’avion.

Aujourd’hui, et pour la majorite des gens isolés, le Royal Flying Doctor Service est devenu leur medecin de famille. Les consultations sont faites dans l’avion, au sol.

« Lorsque vous demarrez une idee, rien ne peut l’arreter » – A qui le dis-tu…

3 Fevrier 2011

1 jour. 1 musee.
Je me rends aujourd’hui au Alice Springs School of the Air : l’Ecole de l’Air d’Alice Springs.
L’isolement dans l’outback a genere un autre besoin : l’education.
C’est un organisme d’enseignement specialement cree pour les enfants de l’outback.
Au depart, c’etait la radio qui assurait les cours. Desormais, avec le developpement d’Internet et de la webcam peu de temps apres, les enfants assistent aux cours crees a Alice Springs et retransmis en direct dans une bonne partie de l’outback ; couvrant une superficie de 1300000 kilometres carres ( 2 fois 1/2 la superfie de la France).
Le seul critere pour integrer l’Ecole est d’habiter a plus de 50 kilometres d’une ecole municipale. Je vois la carte du territoire australien : ce qu’ils aiment appeler « la plus grande salle de classe au monde » regroupent 140 eleves ages de 4 ans 1/2 a 14 ans. Fermes isolées (il n’est pas rare qu’un fermier soit proprietaire d’une terre aussi vaste qu’un petit pays d’Europe), installations touristiques, communautés aborigenes, parcs nationaux… les enfants sont eparpillés dans tout l’outback.
Le plus eloignée est une fillette habitant a 1225 kilometres d’Alice Springs !
L’ecole fournit tout le materiel : satellite, informatique, programme scolaire. Tout doit etre restitué en fin d’etude, au moment ou l’enfant est en age de partir du foyer pour un internat, dans une grande ville.

Toutes mes visites dans ces differents endroits de la ville mettent en avant une chose :  la determination des australiens a vouloir vivre (ou survivre) dans l’outback, loin de tout ; et ils y sont parvenus.

De retour au backpacker, le ciel se couvre, puis se decouvre, puis se couvre a nouveau.
Les restes de l’ouragan Yasi, ayant touché le Nord du Queensland avant-hier approche du Red Centre. Tempete Force 1 prevue pour bientot.

Ciel menacant sur Alice Springs

4 Fevrier 2011

Je me leve a 3h50. 6 day-off et aujourd’hui, c’est parti pour un nouveau tour. La pluie entraine inevitablement un declin de l’activite touristique et ca ne m’est plus vraiment rentable de continuer a travailler durant ce mois pluvieux de fevrier. Qu’importe, je quitte l’Australie dans quelques jours, quoiqu’il arrive.

J’embarque avec Sheldon. Blond, les cheveux longs attachés en queue de cheval, quelque peu excentrique : il crie souvent sans raison. Sympas quand meme. Par contre, c’est le pire accent que j’ai rencontre jusque la : INCOMPREHENSIBLE !!! Un veritable « aussie » (argot pour definir les australiens) !

La journee est plutot chaude : 39 degres sur Yulara.
Je suis dans une autre salle commune. Sur le mur est affiché une carte de repartition des tribus aborigenes en Australie.
Je prends la peine de la photographier pour que vous jugiez par vous-memes :

Une couleur par tribus. Plus de 250 peuples et 400 dialectes differents…

On comprend a present pourquoi les aborigenes ne sont pas parvenus a s’unir pour repousser l’envahisseur.

 

reve

Le Temps du Reve
Pour les Aborigenes, ce sont leurs ancetres qui creerent le monde et toute forme de vie sur Terre : hommes, animaux, montagnes, vallees…
Puis les ancetres retomberent dans le sommeil, ne subsistant que leur esprit telle une force eternelle, influencant les phenomenes naturels, les naissances…
A leurs yeux, chaque personne, animal ou plante possede 2 ames ; l’une immortelle, l’autre mortelle. Cette derniere tombe dans l’oubli pour laisser place a l’ame immortelle, qui retourne au site sacré.
Chaque aborigene a le devoir de proteger son site – et donc ses ancetres – en suivant des rituels tels que la musique, le chant, la danse et la peinture.
Voila pourquoi les aborigenes responsables du site d’Uluru (pour n’en citer qu’un), en viennent a se faire du mal envers eux-memes lorsque survient un incident ou une degradation causée par les touristes osant encore (pour certains) gravir ce rocher : leur rituel n’ont pas ete suffisamment entendu pour eviter l’incident et leur devoir de protection n’a pas ete accompli.

Sur Yulara, le ciel continue a se couvrir, puis se decouvrir a nouveau. Ca reste tres instable. J’apprends par la radio qu’Alice Springs est sous la pluie en cette fin d’apres-midi.
Je suis a 500 kms au sud-ouest. C’est pour cette nuit…

5 Fevrier 2011

Finalement, une pluie pas si abondante que ca ; mais neanmoins, un gros coup de vent, suffisamment important pour m’improviser paysagiste et balayer toutes les feuilles accumulees autour des tentes.

Les touristes sont au nombre de 10 et pour la 1ere fois, les enfants sont de la partie. 2 petits danois bien elevés, et ca change toute l’atmosphere d’un groupe.

Pour autant, une fois arrivé a Kings Canyon, quelque chose s’installe, une chose qui s’immisce dans tous les boulots, en France comme en Australie. Ou qu’on aille, finalement, on la trouve ; c’est vicieux parce que ca s’approche de vous lentement puis ca s’agrippe pour s’installer durablement. J’ai nommé : la routine !
Effectivement, meme si je fais de l’itinerant durant ces 3 jours, j’ai deja acquis en 1 mois tous les automatismes. On s’arrete aux memes endroits, et je fais exactement la meme chose. Ce n’est plus possible. Avant que ca n’agisse sur mon comportement, je dois mettre un terme a ce travail. Officiellement, parce que ce n’est plus rentable de travailler avec autant de jours de repos entre 2 tours ; officieusement, parce que le mauvais temps s’installe dans le Red Centre, que mon vol est booké depuis longtemps, que les comptes sont au vert, et surtout, parce que je dois poursuivre mon voyage, evidemment ! Je verrais pour une « demission a l’amiable ».

La pluie reprend de plus belle sur Kings Canyon.

6 Fevrier 2011

Il continue de pleuvoir.
Je me leve vers 4h50 pour le petit dejeuner. Je trouve un petit scorpion dans l’evier.
Je crois que c’est le dernier animal qu’il manquait dans ma collection. Il partira pour un long voyage dans les canalisations…

Les touristes partent en excursion, finalement ecourtée de plusieurs heures.
On est passé de 33 degres hier, a 24 degres aujourd’hui. Je n’avais encore jamais rencontré une temperature aussi basse dans le Red Centre.

Les touristes apprennent que le 4eme jour de tour est annulé a cause de la pluie, deja bien installée.
Dans tous les cas, aujourd’hui etait mon dernier jour de tour et mon dernier jour de travail chez Adventure Tours. Je rends bientot mon tablier. C’est le cas de le dire.

Je rentre au backpacker. Il pleut encore des cordes.

7 Fevrier 2011

Pluie. Accalmie. Pluie. Accalmie.
Je passe cette fin de matinee et une bonne partie de l’apres-midi a vous ecrire ces quelques lignes.

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

Terre Rouge (6eme partie)

8 Fevrier 2011

« Salut c’est Alex,
Travailler pour votre compagnie ce dernier mois etait tres interessant mais pour des raisons financieres, je dois arreter de travailler pour vous.
Depuis 2 semaines, j’ai beaucoup trop de jours de repos et ce n’est financierement pas sufissant pour continuer mon voyage.
J’espere que vous pouvez comprendre ma situation.
Merci« 
Lettre de demission de Adventure Tours Australia envoyee par la poste aujourd’hui. En anglais, ca rend mieux quand meme…
C’est pas de la belle prose, mais au moins, je ne pars pas sans prevenir.
Le probleme, c’est que pour avoir un job, il faut souvent mentir sur le temps que l’on compte rester sur place. Si j’avais dit que je restais seulement 1 mois et demi, je n’aurais pas eu ce travail. C’est bien triste mais tout le monde fait comme ca, et il n’y a pas franchement d’autres solutions. Par contre, certains partent en courant du jour au lendemain, sans laisser de trace.
La journee n’est pas tres excitante sinon qu’il fait a nouveau beau et que les pluies successives ont bien rafraichit l’air.
Il faudra attendre le soir pour qu’on trouve un peu d’amusement en tuant une araignee red-back a coup de serviette, que j’acheve a coup de shampoing-douche (j’avais que ca sous la main).
9 Fevrier 2011
Je poursuis mes preparatifs de depart. Je file a la banque en fin de matinee pour un virement de la quasi-totalite de mes deniers dument gagnés dans le Red Centre jusqu’a mon compte francais.
Le soucis de la journee (qui, en soi, n’est pas une affaire d’etat), le voici :
Voila ce que donne 5 mois de voyage…
NON, je ne le jetterai pas ! Avant ce tour du monde, il a fait le tour de la Corse en 2008 et la Sicile en 2009. Il a meme monté l’Etna. Impossible de m’en separer… Il est sacré comme Uluru peut l’etre pour les Aborigenes. C’est dire…
Une seule solution : le rafistoler. Je pars au centre commercial acheter une bobine de ficelle. Clara me donne tous les accessoires de couture.
J’ai trouvé il y a quelque jours un jean oublié par quelqu’un. Je m’en sers pour rafistoler mon bermuda. Il me faudra pas moins de 3 films dans la salle tele (environ 7h), pour parvenir a quelquechose de convenable :
Vous en pensez quoi ?
10 Fevrier 2011
Lettre de demission, virement, rafistolage, cloture de mon compte DVD aujourd’hui. Il y a comme un petit air de depart…
J’ai encore quelque temps pour faire le tour de la ville. Une ville dont on a neamoins du mal a se separer.
Australian Dream
Autant j’ai pu parler du passé de l’Australie, autant je ne me suis pas vraiment attardé sur les Australiens d’aujourd’hui.
On a vu la maniere dont ils sont parvenus a « apprivoiser » cet immense territoire.
Mais maintenant, dans la vie de tous les jours, ca donne quoi ?
Meme si l’Australie conserve ses liens administratifs avec la Grande-Bretagne, les liens politiques avec les USA se font ressentir, et par dela, des similarités dans le mode de vie, la culture, les valeurs. Et du fait de leur isolement geographique, ils se refugient d’autant plus dans ces valeurs sures que sont le travail, la famille, les amis…
Un Australien travaille en moyenne 41h par semaine, mais lorsqu’arrive 17h, on les retrouve tous en tenue de travail, entre amis, autour d’une biere, sur les terrasses des bars. Tout couple australien a generalement 2 enfants, et possede une grande maison de plain-pied avec garage sur un terrain d’environ 1000m2. Ils vouent d’ailleurs un culte particulier a la decoration interieure de leur maison, ainsi qu’a l’entretien de leur jardin.
En ce qui concerne la religion, ils ne l’affichent pas vraiment et la considerent comme une affaire personnelle. Le catholiscisme arrive en 1er, suivi par l’anglicanisme, presente principalement dans les anciennes colonies britanniques.
Eglise anglicane d’Alice Springs
En revanche, ce qui rassemble tous les australiens (a tres peu d’exceptions pres), c’est le sport.
Plutot du genre a regarder a la tele qu’a le pratiquer, l »Australian Rules Football ou Footy, est le sport australien par excellence. C’est une forme de rugby qui se joue sur un terrain oval, avec dans chaque equipe… 18 joueurs !
Le cricket et le tennis occupent aussi une place importante dans le coeur des australiens.
Et n’oublions pas bien sur le rugby. Alice Springs a egalement son equipe.
Le terrain de rugby d’Alice Springs – En plein coeur de la ville
Cinéma, shopping, sorties culturelles, la consommation va bon train en Australie : salle de restauration et de souvenirs dans chaque musee ; la videotheque vendent toutes sortes de boissons, barres chocolatees et pop-corn avant de partir visionner ton film ; distributeur de billets a l’interieur meme de petits commerces et superette… Les meilleures techniques de marketing sont presentes et c’est notamment grace a cela que l’economie tourne bien en Australie. Le pays consomme.
Ce soir, j’achete un pack de biere. Pour des raisons de disponibilite de chacun, on fete mon depart un jour plus tot. Barbecue dans le jardin.
Depuis 1 semaine, je supplie Rossco, le gerant kiwi (surnom des néo-zelandais) de me faire le Haka. Mais si, vous savez, c’est la danse traditionnelle que font notamment les All Blacks au rugby avant de debuter un match.
Il nous dit qu’il y a une forte symbolique dans cette danse et qu’il ne peut pas la faire sur commande. Ce que je comprends tout a fait.

La soiree se passe jusque tard dans la nuit.

 

11 Fevrier 2011
Nous nous retrouvons tous les 4 : Clara, Julien, Rossco et moi. On va dans l’arriere-cours, un peu en retrait par rapport aux chambres, et on continue la soiree en « petit commité » autour de bieres et de vins australiens.
Rossco s’en va quelques secondes. On se remet a parler francais un court instant avant qu’il ne surgisse a nouveau, torse nu, l’air fier. Il fait d’abord quelques pas avant d’adopter une position d’attaque : mouvement brusque des bras, jambes legerement pliées, froncant les sourcils, serrant les dents, nous regardant fixement tel un combattant pret a bondir. On a l’impression qu’il entre en transe : Le Haka vient de commencer…
Son chant resonne. Inderangeable, il reste concentre sur ses cris et ses gestes : une danse melee d’un chant guerrier profond, qui nous donne la chaire de poule a tous.
Ca ne dure pas longtemps, peut-etre un peu plus d’une minute. Puis il repars comme il est arrive. On mettra plusieurs secondes avant de comprendre que la danse et terminée et on finit par applaudir.
Il revient ensuite tout normalement. Une longue accolade s’en suit pour le remercier de ce cadeau. Et c’etait bien mieux de l’avoir recu dans cette arriere-cours plutot que devant tout le monde.
Je me retrouve avec Julien, qui, finalement, m’aura interviewé un peu tous les jours. Une petite question par-ci, une autre par-la. Sans vraiment que je m’en rende compte, il m’a soutiré pas mal d’infos.
Il est temps de dormir.
Mon dernier jour. Dernier jour entier dans le Red Centre.
Je passe ma journee aux quelques preparatifs d’avant-depart. Envoie d’un colis en France, nettoyage des vetements, Clara, telle une infirmiere soigne depuis 2 jours une infection que j’ai au pied.
Je recouds mon sac a dos, je recharge mon portable. Et je distribue toute la journee les bieres restantes a travers le backpacker – membres permanents autant que les gens de passage – : ecossais, anglais, allemande, autrichienne, hong-kongaise et Julien, qui continue, le soir, a me poser quelques questions sur mon voyage.
Je profite de ces derniers moments jusque dans la nuit. Ca sera dur demain, je le sais.
1 mois et demi passé au meme endroit. Je ne referais jamais ca durant ce voyage.
12 Fevrier 2011
Jusqu’a l’aeroport, j’ai le chant du Haka qui resonne dans ma tete et les vaines imitations des cris aborigenes que l’on s’amusait a reproduire pour se saluer dans le backpacker. C’etait vraiment une super ambiance. J’ai quitté mon boulot, cette petite « maison-backpacker » et les gens qui y residaient… Ca fait beaucoup d’un seul coup. Et je quitte en meme temps cette terre rouge. On s’attache vraiment a Alice Springs.
J’en avais presque oublié la maniere dont je voyageais : seul.
J’ai pas franchement le sourire jusqu’a l’atterissage de l’avion a Sydney.
Il pleut. On ne peut pas dire que la ville soit extremement bruyante, mais la transition est rude entre la chaleur du Red Centre et ici.
Je prends le train de Sydney qui m’amene jusqu’en centre-ville.
Au 1er backpacker que je trouve pour vouloir y dormir seulement une nuit, il me dit que c’est complet, ainsi que tous les autres backpackers qu’il a telephoné dans le quartier.
Je lui demande pourquoi. Il me repond qu’il y a un festival musical important ce week-end a Sydney et que tous les backpackers ont ete pris d’assaut.
Croyez-moi ou pas, c’est une fois sorti bredouille de ce backpacker, a nouveau sous la pluie, que je retrouve le sourire : j’ai retrouve « la galere » !
La bonne vieille galere, celle dont il sera encore une fois difficile de s’en extraire.
Effectivement, trouver une chambre releve du defi aujourd’hui. Et c’est deja la fin d’apres-midi ; dormir dans l’aeroport pour mon prochain vol est impossible car ils le ferment durant la nuit et dormir dans un espace vert non plus puisqu’il pleut des cordes. Que faire ?
On me dit de tenter ma chance a King’s Cross, un quartier de Sydney. Je reprends le train. Arrivé sur place, les 4 ou 5 premiers backpackers affichent complet.
En me rendant dans le suivant, il m’explique qu’il faut y rester au minimum 3 nuits. Je repars encore sous la pluie. Au bout d’un moment, je ne trouve plus rien du tout.
Pas le choix, je retourne au dernier backpacker. Je lui demande 3 nuits, pour n’y rester qu’une seule.
Il me dit que finalement, il en a une de libre pour seulement une nuit. Les australiens sont honnetes. Dans certains pays que j’ai traversé auparavant, ils ne m’auraient pas fait un si beau cadeau.
Je loge ce soir au Blue Parrots, ou je pose mes affaires rapidemment avant de filer dans une salle Internet pour vous raconter mes jours et – ce soir – mes dernieres heures en Australie.
Des bises a tous. On se retrouve au sommet !