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Tour du monde – 4 – Océanie

Le choc à l’envers

7 Decembre 2010

Apres une courte nuit passee sur un banc de l’aeroport de Jakarta, je verifie une derniere fois le contenu de mon sac avant la fouille ; ce que je conseille, au passage, a tout le monde de faire avant de franchir chaque frontiere, histoire d’etre sur. Entre 5 minutes de verif’ et une eventuelle perpetuite, le choix est vite fait.
Je prends l’avion.

Mais ou sont donc passes les australiens qui sont censes rentrer chez eux ?
Je n’en vois qu’un, le reste etant des balinais…
Ce que j’ignorais, c’est que nous transitions a Denpasar, la capitale de Bali. Bali, mais c’est bien sur ! Ils sont tous la et l’immense majorite des touristes australiens (et d’ailleurs) qui partent a Bali, restent a Bali durant tout leur sejour. C’est bien dommage, mais c’est ici que je les retrouve au complet. Tu les reperes de loin, une bonne proportion de blonds ; un peu plus que la moyenne…

L’avion decolle pour atterir quelques heures apres a Perth, au Sud-Ouest de l’Australie. L’Australie !

Mais avant ca, passage et fouille tres minutieuse de mon sac. La nourriture exportee est controlee : cafe de Bulgarie, sucre et pates de Turquie. Pas d’aliments « a risque », je peux prendre le bus en direction du Beatty Lodge, une auberge de jeunesse. Je vois Perth a travers la vitre, et tout ce que je peux dire… et ben… c’est que c’est pas l’Indonesie…
Il y a des panneaux d’indications partout (ecrit en vert sur fond blanc), pas un papier qui traine, les routes et les trottoirs sont larges, pas un coup de klaxon, on respecte les feux rouges, on a l’impression que les voitures viennent de sortir de l’usine. Lunettes de soleil, bermuda, tee-shirt ou chemise deboutonnee, tatouages et cheveux longs. Pas tous, mais une chose est sure, on s’habille de maniere beaucoup plus decontractee qu’en Indonesie.
On ne crache pas, on ne se mouche pas avec les doigts, on ne met pas les pieds sur les sieges, on ne fume pas dans les lieux publics, on entend plus le muezzin qui, j’avoue, meme si je respecte les religions, devenait vraiment lourd a entendre 5 fois par jour dans des hauts-parleurs souvent surpuissants ; mais surtout, fini les films a l’eau de rose et les chansons niaises que je me tapais depuis la Turquie.

Tout redevient clair et comprehensible pour s’informer, se deplacer. Les prix sont fixes (vallait-il la peine de le preciser…). Finie la chaleur tropicale.
A Perth, c’est l’equivalent d’une belle fin de printemps en France ou un mois de juin a peine trop chaud. On respire, l’ocean indien n’est pas loin.

Fini, plus personne ne me regarde en riant ;  et avec les cheveux longs, je passe ici pour un veritable australien.
Le bus passe de la musique americaine. Non, pas les Beach Boys, mais avec ce soleil sans nuage et toutes ces tenues decontractees, ca s’y preterait bien n’empeche !

J’ai connu une transition brutale entre la Turquie et l’Inde.
Le choc a l’envers, ca existe ? Oui, ca existe, et c’est prendre le vol Jakarta-Perth ; c’est passer d’un bateau de peche accroupi a manger du poisson avec les doigts et me retrouver dans un bus climatise sur une autoroute a 5 voies entoure de surfeurs ; c’est quitter le monde oriental, ses coutumes, ses traditions vieilles de plusieurs siecles pour trouver un pays jeune avec une culture occitendale, la tienne. Je m’y sens bien, forcement, c’est la culture que j’ai toujours connu… Par endroit, j’ai l’impression d’etre revenu en Europe.

J’ai reserve le Jakarta-Perth le 21 juillet dernier car il etait obligatoire d’avoir un billet de continuation pour obtenir le visa indonesien ; et je n’en reviens pas d’etre ici le 7 decembre 2010, exactement a l’endroit ou je devais etre apres avoir traverse 11 etats. Pas d’avance, pas de retard, je suis pile-poil dans les temps pour ce 12eme pays.

Le bus de l’aeroport me depose non loin du backpacker (auberge de jeunesse). C’est immense a l’interieur. Il y a toutes les nationalites. Je croise un couple de francais. Ils sont en Australie depuis 3 mois. La fille me demande : « et toi ? »
– « Moi, je viens juste d’arriver, je reviens de 35 jours de voyage en Indonesie »
– « Ca se voit a tes yeux »
– « … »
– « T’as l’air fatigué »

Elle a raison. Elle a bien raison la petite francaise, je suis epuise. Le choc des cultures reste difficile a encaisser, et la fatigue te fait perdre la capacite a apprehender rapidemment cette nouvelle facon de vivre : a l’australienne.
Que ce soit le passage vers un pays pauvre ou vers un pays riche, les transitions aussi brutales te font perdre un peu pied.
La meilleure chose a faire pour le moment ? dormir…

8 Decembre 2010

Je me reveille dans le dortoir prevu pour 6 personnes. Australiens, neo-zelandais, allemands. On n’a pas le temps de tous se presenter. On se croise, on s’apercoit ; le backpacker est tellement grand.

Frisson du matin
Voila un commentaire que je voulais laisser depuis un certain temps.
Quand on decide de faire un tour du monde, changer constamment d’endroit nous amene parfois a rechercher un minimum de reperes a chaque etapes, des choses qu’on a toujours connu. Ca n’a rien a voir avec le fait de rester toute une annee au meme endroit dans un pays etranger ou les reperes se trouvent assez rapidemment. Dans mon cas, les gens changent, les villes changent, les cultures changent. En remplissant les feuilles de reservations d’hotel, je mets parfois plusieurs secondes pour me rappeler du nom de la ville d’ou je viens, de celle ou je suis, et de celle ou je compte aller.
Il arrive meme que la nuit, tu reves de l’Inde ou de la Thailande et tu te reveilles le matin en te demandant : « Je suis ou deja ? » « Ah oui c’est vrai ». Tu te demandes : « Comment se fait-il que j’ai mis autant de temps a savoir ou j’etais ? »
C’est ca qui peut etre effrayant, ce sont ces quelques petites secondes ou tu te sens perdu, a la fois partout et nulle part. Tu sais que tu es dans un pays etranger, mais lequel ?
Il n’y a qu’en changeant frequemment d’endroit qu’on peut avoir ce genre de petit « frisson du matin ».
C’est difficile a expliquer. Il faut vraiment le vivre pour le comprendre.

 

Je commence par visiter le quartier autour du backpacker. La ville est calme. Ma « transition culturelle » se fait du coup plus en douceur.

On est bien loin de l'Indonesie...

J’ai beaucoup de choses a faire. Creer un compte bancaire pour eviter de payer des taxes tres lourdes a chaque paiement, reparer mon camescope, rapatrier quelques affaires en France, determiner mon futur trajet dans cet immense pays et acheter du materiel de camping. Et oui, c’est reparti pour le camping. Il y en a enormement en Australie et dans des coins superbes parait-il.

Je rejoins le centre-ville. Tout est grand, tout est propre.

Perth

Beaucoup d’illuminations. Comme en Sulawesi, on chante l’approche de Noel sous le soleil.
J’en profite pour acheter une partie de ce dont j’ai besoin ; notamment un guide de tous les camping d’Australie. C’est de cette facon que je compte essentiellement voyager.

Je devais rester 2 jours a Perth, mais il me faut 2 jours supplementaires pour profiter vraiment de cette ville et de l’Ocean Indien qui est a 2 pas.

9 Decembre 2010

Ce matin, super beau temps et pas un nuage a l’horizon.
Je passe la matinee dans Perth a rechercher les 2 ou 3 choses essentielles avant de partir pour de bon.

Une ruelle de Perth

J’entends encore les 50-60 ans me dire : « En France, dans les annees 60-70, il n’y avait qu’a se baisser pour trouver du travail ». Pour ma generation, c’est inconcevable.
Mais ici, en Australie, je vois partout des offres d’emplois. Tu veux un job ? Tu trouves un job. Il ne te convient pas ? T’en trouves un autre sans aucun probleme. On peut vraiment le dire : il n’y a qu’a se baisser.
J’ai l’impression qu’on construit un nouveau pays et je suis pas loin de la verite. 2 habitants au kilometre carre, tous les secteurs recrutent. Des grues, en veux-tu, en voila. L’Australie n’a pas connu la crise et on vient du monde entier pour travailler.
Plein-emploi et consommation de masse.
Le pays est tout neuf. Gym, body-building et quelques « beaux bebes » : un pourcentage d’obesite assez eleve. C’est les Etats-Unis de l’hemisphere Sud.

Les australiens sont vraiment sympas. Il faut souvent tendre l’oreille parce qu’ils n’articulent pas, mais sans ca, ils sont vraiment cool. Cool, cool… c’est un mot qui revient souvent ici. On peut le placer a peu pres n’importe quand.
On ne dit pas « hello », on dit : « Hi, man ». A la caisse, ils te disent a chaque fois : « How are you today? ».

En gros, pour un francais, tu entres en Australie comme dans un moulin, tu as le soleil, les plages, les blondes (et oui, s’il y a des blonds, il y a aussi des blondes), on t’offre du travail, et tout ca, avec le sourire.
Pour trouver ton chemin, c’est comme a Manhattan, c’est a l’angle entre la rue machin et la rue truc. Tout est trace a la regle… et a l’equerre. Que des routes perpendiculaires avec des bons angles droits.

Je finis de faire mes achats pour ma traversee d’Australie et je repare mon camescope.

10 Decembre 2010

Je passe la fin de matinee dans Perth, je parviens a ouvrir mon compte australien et je file l’apres-midi a Fremantle, la banlieue Ouest de Perth, une ville au bord de l’ocean.

Fremantle - ca fait quand meme penser a Disneyland par endroits

A la plage, pas de surfeurs, mais le coin est sympas.

Plage de Fremantle

Demain, c’est le grand depart pour l’Australie central. Les distances sont immenses… Ca s’annonce long, mais ca promet de bonnes rencontres avec tous ces habitants qui ne vivent pas au bord de la mer. Et oui, il y en a…

On va sortir un peu des cliches en partant dans le coeur de l’Australie.

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

La clé du voyage

11 Decembre 2010

Faux depart. Je suis toujours a Perth et je me reproche de ne pas avoir suffisamment apprehendé les distances : l’Australie est bien moins une ile ou un pays qu’un CONTINENT !
J’ai un billet de train entre les mains – depart prevu pour demain – , et je m’interroge, car ce billet ne m’amenera pas vraiment loin, dans une petite ville et pour un prix assez elevé.
La traversee d’Ouest en Est coute enormement d’argent.
Je dois trouver une autre facon de voyager…

Je decide de rester dans Perth, mais dans un autre backpacker, en centre-ville, la ou les gens sont nombreux et pourront chacun m’eclairer sur la meilleure facon de voyager. C’est ca, ou atterir dans une ville de moindre importance qui offrira beaucoup moins d’opportunites.
J’entends parler de differentes facons de voyager. Certains restent sur place et prennent l’avion pour la cote opposee. Moi, ca ne m’interesse pas, je veux traverser l’Australie sans tricher. On me dit alors de poster des annonces sur Internet et de demander autour de moi, a l’interieur du backpacker, pour partir a plusieurs.
C’est ce que je fais, je publie des annonces, j’affiche un message a l’accueil du backpacker et j’attends.

Aujourd’hui, c’est l’anniversaire d’un resident. On passe une soiree arrosee (voire tres arrosee pour certains) pour l’occasion. Et ca tombe plutot bien apres tous les dilemmes que j’ai a surmonter.

12 Decembre 2010

Etre a l’heure australienne, c’est avoir un permis de travail (pour plus tard), c’est fait ; un compte en banque, c’est fait ; et un numero de portable australien, pour etre joignable. Procedons par etape.
Je retourne a la gare pour me faire rembourser mon billet de train, je passe a la boutique de telephonie pour mon nouveau numero et je retourne au backpacker : pas de reponse affichee au mur. Personne n’a l’air interesse. Je consulte Internet ; pas de reponse non plus. En plus de ca, on est dimanche, c’est un peu mort…
Je traine dans les rues de Perth. L’Apple Store est ouvert et internet y est gratuit.

BINGO !

En consultant les autres annonces, un allemand possedant un van cherche des covoitureurs pour partager les frais. Il est sur Perth et une partie du voyage qu’il a programmé m’interesse. Je peux desormais telephoner avec mon numero local.
Il est d’accord. Ca y est, mon veritable depart est prevu pour demain !

13 Decembre 2010

C’est avec 1 allemand et 1 allemande egalement que je ferais une partie du voyage. Steffen et Karin.
J’ai regle toutes mes affaires en cours et j’avoue que pour ce 6eme jour a Perth, c’est pas trop tot pour partir…

Il est un peu plus de 17h. Je me place a l’angle de Wellington Street (la rue principale) et de William street.
Ils arrivent dans un van que Steffen a amenagé. Steffen a 21 ans et a travaille durant 7 mois dans la region de Perth. Il a pu mettre de cote pour acheter ce van et partir vers l’Est. Karin a 30 ans, et deja 1 an qu’elle est en Australie, enchainant les boulots.
Lorsque les europeens viennent ici, c’est generalement pour y rester 1 annee entiere : voyager puis travailler, puis re-voyager puis re-travailler…

Pour notre 1ere destination, nous partons en direction de Bunbury. Je leur prepare un the (ce que j’ai herite de l’Asie) puis nous nous rendons a la plage. Eux dorment dans le van ; moi je lance ma tente juste a cote, a l’abri du vent.

14 Decembre 2010

Je pense avoir trouve une bonne facon de voyager en Australie.

Bunbury
Avec vue sur l'Ocean Indien

L’entente franco-allemande est bonne pour ce 2eme jour. Pas de prise de tete. Personne ne semble pressé alors on prend notre temps.

Nous partons pour Margaret River plus au Sud. Un long arret s’impose pour nettoyer les vetements et organiser l’interieur du van. Steffen n’a pas eu vraiment le temps d’installer tout son materiel. Voyager a 3 exige un minimum d’organisation.
Nous repartons pour a peine quelques kilometres de plus, au bord de la cote. On trouve une table le soir pour cuisiner et de discuter de tout : de l’Allemagne, de Berlin, de l’Inspecteur Derrick, de Tokio Hotel et du groupe Scorpion ; de Paris, Nice, Cannes, Monte-Carlo, de la Corse et de la raison pour laquelle les francais sont plus nuls que les allemands en anglais. Et on a toujours pas la reponse… Neanmoins, de mon cote, je me rends compte des progres que j’ai realise depuis ma rencontre avec les allemands et les hollandais de Budapest.
Puis vient la nuit, un peu fraiche avec ce vent. Je trouve un bon emplacement sous les arbres juste au bord de la plage. Steffen et Karin restent en haut, sur le parking.

15 Decembre 2010

Encore une belle journee bien ensoleillee. Le seul hic, c’est les mouches. Il y en a vraiment partout, en ville comme a la campagne. C’est comme ca dans toute l’Australie et ca rend fou par moment.

Plage de Margaret River

Karin me dit que ce matin, les flics les ont reveille, leur disant qu’il est interdit de « camper » dans la voiture. 100 dollars d’amende ont ete evité de justesse. En revanche, s’ils m’avaient vus en contrebas, l’amende, on l’aurait eu, c’est certain.

Nous partons pour quelques kilometres en direction d’une plage ou Steffen, qui vient de s’acheter une planche, tient absolument a surfer. Arrive sur place, ils sont stupefait par la hauteur des vagues. Des championnats ont lieu chaque annee a cet endroit.
Ils me demandent si j’ai deja vu des vagues aussi importantes.
En bon francais et sans mentir, je leur reponds qu’on a les memes a Hossegor.

Nous repartons pour Augusta, la pointe Sud-Ouest de l’Australie.

Augusta
La pointe d'Augusta

Nous partons pour une autre destination, Pemberton, a l’Est ; et le Gloucester Tree, l’arbre le plus haut du Parc du Gloucester National Park, mais egalement l’arbre arpentable le plus haut du monde : 73m de haut et 153 barreaux a monter.

Gloucester Tree avec Steffen

A la cime, une superbe foret qu’on appelle le bush.

Karin restee en bas

Plutot que de risquer une autre viste des flics dans un endroit interdit au camping, je propose a Karin et Steffen un camping gratuit vers Walpole, plus a l’Est. Le seul probleme, c’est qu’on ne le trouve pas, que la nuit tombe, qu’on est en plein milieu d’une foret qui n’en finit pas et qu’on a presque plus d’essence.
On tombe finalement sur un camping mais pas le bon. Celui-ci est payant. Pas le choix, c’est ici qu’on passera la nuit.

16 Decembre 2010

Nous partons en direction du Parc National de Walpole, cette fois-ci, de jour.
En fait, l’Australie est tellement jeune qu’elle ne possede pas vraiment d’edifice vraiment interressant. J’entends par la que tout ce qui vaut le detour en terme de patrimoine religieux, militaire, administratif… est forcement recent dans ce pays tout neuf. Le passe n’est pas reellement charge d’histoire.
En Thailande, on visite un temple bouddhiste datant de plusieurs siecles. En Australie, on prend en photo surtout les buildings.
Du coup, les australiens se rattrapent avec leur patrimoine naturel : cotes, plages, forets, animaux…

Le Parc National de Walpole, c’est une foret tout simplement, a laquelle on a rajoute des passerelles metalliques bien moches pour voir les arbres d’un peu plus haut. Rien de bien excitant. L’entree coute 10 dollars, Steffen et Karin decident d’y aller. Moi, je reste a l’entree. C’est trop cher, il n’y a rien a voir et c’est une usine a touristes… L’Inde, la Thailande et le Nepal m’avaient habitue a d’autres formes de visites et sans forcement suivre un parcours pre-etablis.

La suite est tout aussi « drole ». Nous nous rendons au bord d’une plage pour voir soi-disant une pierre en forme d’elephant.

Elephant Cove - C'est celle du milieu...

Ca me fait rire parce que les gens font des kilometres pour s’y rendre. Nous, heureusement que c’est sur la route menant a l’Est car je n’aurais pas fait 500 kms de detour pour m’y rendre.
Bon d’accord, ne soyons pas trop negatif, c’est vraiment sympas pour une balade du dimanche et la cote qui borde les plages est vraiment jolie.

La cote

J’attends quand meme le jour ou ils trouveront le rocher en forme de chien, de chat, d’ours et pourquoi pas, de kangourou !
Bon, c’est vrai, ce sont parfois mes gouts de luxe venant d’Asie qui reprennent parfois le dessus. Allez, j’arrete, mais c’est bien parce qu’aujourd’hui n’est pas un jour comme un autre :

4 mois !

Steffen et Karin me deposent a Denmark, dans un backpacker avec acces a Internet, mais la nuit tombe tres vite. Je leur dis que j’en ai pour un bon moment. Et finalement, je decide de prendre une nuit dans ce backpacker pour rediger tranquillement ces quelques lignes pour qu’eux, puissent trouver un bon emplacement pour dormir tant qu’il fait encore jour. En esperant qu’ils viennent me recuperer demain…

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

Grande vadrouille

17 Decembre 2010

Steffen et Karin me recuperent comme prevu au backpacker de Denmark.
Nous traversons le bush et des champs immenses. A certains endroits, les terres ont brulees.
Plus de 550 kms separent Denmark d’Esperance, plus a l’Est ; et si on regarde une carte d’Australie, ce qu’on a fait n’est pas enorme.
Neanmoins, on s’arrete.

La bonne education
Meme lorsque c’est a mon tour de passer a l’arriere du van, Steffen et Karin font toujours l’effort de parler anglais, au cas ou je m’insere dans la conversation. Ils ne parlent finalement que tres rarement l’allemand. Et pour ca, je les ai remercié.
La preuve, ce soir, on rencontre des francais de notre age qui, eux aussi, voyagent en van. On tente quelques mots d’anglais pour que tout le monde comprenne mais au bout de quelques secondes, ca devient risible et ca finit par quelque chose du genre : « Ah bah yes ! ».
C’est comme ca, on creve d’envie de placer un petit : « c’est pas donné », « ca fait pas un pli », « j’en mettrais pas ma main au feu » ou bien « le fond de l’air est frais » mais on ne sait pas le dire en anglais, ou alors, ca ne se traduit pas, tout simplement. Qu’est-ce que vous voulez, l’anglais est trop fade pour nous, et la langue francaise, trop riche en expression pour se retenir de la parler (COCORICO!!!).
Je m’excuse quand meme aupres de ma communaute germanique qui n’ont evidemment rien compris a la conversation.

J’avais l’opportunite de partir avec les francais mais j’ai refuse car je ne parlerais plus anglais apres ; et ce serait dommage.
Je ne veux pas choisir la facilite. Et puis, question de cohesion franco-allemande : on commence ensemble, on finit ensemble.

18 Decembre 2010

Apres une nuit sur un parking de gravier, non loin de la plage, nous restons le matin a Esperance pour quelques achats.

Esperance

L’apres-midi, nous la passons au Cap Le Grand, 60 kms plus a l’Est.

Parc National du Cap Le Grand
En direction du Cap Le Grand

On y trouve d’etranges varietes de plantes :

Flore locale

C’est surtout un superbe paysage qui s’offre a nous.
Nous nous dirigeons vers Lucky Bay – toujours a l’interieur du parc –  elue plage la plus blanche du Western Australia.

Lucky Bay

Et pour terminer, et la encore c’est encore risible, nous terminons par le Whistle Rock (le rocher qui siffle). C’est finalement un gros caillou qui ne ressemble pas a grand chose et qui ne siffle meme pas malgre la presence du vent.
Ils pourraient s’abstenir de mettre des panneaux d’indication lorsqu’il n’y a absolument rien a voir…

Neanmoins, c’etait une superbe journee, avec au retour, de nombreux kangourous occupant les champs.
Nous laissons Karin dans une auberge de jeunesse (besoin urgent de confort). Je reste avec Steffen sur une table exterieure au bord de la plage. Il ouvre une bouteille de vin blanc. Il fait moins de 15 degres, on trinque dans le van.
On sort ensuite dans un pub-karaoke. Il y a une vingtaine de tele au mur, toute diffusant le meme clip ou alors une partie de cricket. L’ambiance est a la biere, mais les gens se tiennent bien. Les australiens ne sont pas de nature violente.
N’oublions pas que c’est le pays des gens cool !

19 Decembre 2010

Apres un petit dej’ au bord de la mer, nous partons a 2 vers l’Est.
Mais sommes-nous prets a affronter l’immensite de…

 

nullarbor

…Nullarbor Plain
La Plaine de Nullarbor, c’est une immense region calcaire semi-aride de la grande baie australienne, au sud, qui occupe une superficie de 200000 kms carres. Les aborigenes l’ont appeles Oondiri (« sans eau »).

Et on s’apprete a la traverser pendant plus de 2000 kms !

Au supermarche du coin, en posant la question : « De quoi avons-nous besoin pour traverser Nullarbor ? »
Il nous repond en riant : « FUEL ! »

Les stations ne seront pas nombreuses. Chaleur, faible trafic, pas de reseau telephonique, tres peu point d’eau : une panne peut s’averer tres dangereuse dans Nullarbor.

Apres un plein d’essence, 40 l de securite en jerricanes, l’achat de 30 litres d’eau et un au revoir a Karin qui a decide de rester un peu plus longtemps sur Esperance, nous partons vers 14h pour Norseman, 200 kilometres au Nord, point de depart pour cette longue traversee.
Nous passons d’abord le bush, a perte de  vue.

En direction de Nullarbor Plain

Un petit tournant de temps en temps, mais qui laisse tres vite place a de longues lignes droites, tres longues…
De bas coniferes bordent la route sur des centaines de kilometres. La terre est rouge brulante. On frole les 30 degres.

Steffen est le seul a conduire, je n’ai pas fait fait la demarche de prendre mon permis international avant de partir ; mais, ce n’etait pas une condition pour que j’integre ce covoiturage. Pour autant, il va devoir avaler des milliers de kilometres sans relais. Ca n’a pas l’air de le deranger.

Un allemand et un francais ecoutant les Doors, fenetres ouvertes, installes confortablement dans un van, tout en parcourant l’Australie. Tout ne peut qu’aller ! Pour le moment…

Car apres 375 kms de route depuis Esperance, nous arrivons a Balladonia. L’essence coute horriblement chere, meme en la partageant. Mais avons-nous le choix ?

A partir de Balladonia, nous entrons veritablement dans la plaine de Nullarbor. Et la plaine, et bien… c’est plat…
Et pour commencer, une bonne ligne droite de 160 kms, le record du monde !
Vegetation epineuse, nettement plus basse, et hautes herbes jaunatres sur tout le chemin… et a perte de vue.

Au bout de quelques dizaines de kilometres, on s’arrete sur une aire de repos, au milieu de rien. Pas un bruit, pas un nuage. Si il fait une trentaine de degres l’apres-midi, la nuit, ca descend jusqu’a une dizaine de degres seulement.
On se fait des sandwichs, des pates et du cafe pour cette longue route que nous reprenons.
Il fait nuit noire desormais et le van poursuit sa route sur cette ligne droite interminable.

Steffen me conseille d’aller dormir a l’arriere du van au cas ou il souhaite etre relayé durant la nuit.
Pourquoi pas.
Il est 20h30, je ferme les yeux et j’essaye de trouver le sommeil malgre les bosses de la route et les mauvaises suspensions du van.

Et vers 21h15, c’est le choc !

Steffen vient de heurter un kangourou. Le pare-buffle  est bien tordu mais il a sauvé le vehicule.
La regle en Australie est de trouver l’animal pour le deplacer sur le bas-cote.
On laisse le moteur allumé. Steffen tremble un peu. Ca le fait souvent apres un choc. Je lui dis de prendre son temps. Moi, je n’ai rien vu, j’etais a l’arriere.
On s’equipe de lampe-torche et on part a pied quelques metres en arriere.
A part le ronronnement du van, il n’y a pas un bruit et on confond la silhouette du kangourou avec les arbustes.
Pas d’animal, la bete est allee crever dans la plaine.

Nous repartons. Je retourne a l’avant : 4 yeux valent mieux que 2. Mais les kangourous ont la facheuse tendance a se jeter sous les roues, et je ne suis pas sur qu’on soit plus efficace a 2.

Les 160 kms de lignes droites prennent fin a Caiguna. Un second kangourou passe a seulement 1m du vehicule, 200m avant de prendre de l’essence.
Arrive a la station, un australien nous suggere d’utiliser une corde attachee a un tronc d’arbre pour detordre le pare-buffle. On s’en occupera demain.

Nous repartons pour quelques dizaines de kilometres encore. Certes, on a franchit les 160 kms de lignes droites, mais c’est pas pour autant que la suite est tres folichonne…
On a le temps d’ecraser 2 lapins (avec les grosses roues du van, je peux vous assurer qu’ils n’ont pas souffert). Il est impossible de traverser ces routes sans ecraser au moins un animal. Ils sont en tres grand nombres a Nullarbor. Kangourous, lapins et serpents morts sont nombreux a joncher le bord des routes.
Steffen decide de s’arreter definitivement pour la nuit, a Cocklebiddy.
Il est un peu plus de 23h, nous avons roule 640 kms depuis Esperance.

20 Decembre 2010

Reveil a 7h30.

Nullarbor Plain – et toujours cette meme vegetation

Apres un petit dej’ rapide, nous reprenons la route a la recherche d’un gros tronc d’arbre.

Le pare-buffle en a pris un bon coup

Nous attachons une corde autour de l’arbre ainsi qu’autour du pare-buffle.
Machine-arrire toute ! C’est bon, a quelque chose pres, c’est redresse.
Nous repartons. Les carcasses d’animaux sont presents a chaque kilometres, chaudement degustes par les aigles et les corbeaux, au bord de la route.
Il est 10h du matin, il fait a nouveau chaud, mais c’est supportable. On est pas veritablement dans un desert aride. On longe l’ocean (qu’on ne voit pas d’ailleurs), mais a une cinquantaine de kilometres a l’interieur des terres.

On s’arrete vers un point d’eau, en retrait, quelques kilometres avant Mundrabilla.

Derriere, un des rares point d’eau

On refait le plein d’essence.
Tous les arrets que nous avons fait depuis Norseman ne sont pas des villes, ce sont simplement des stations essences. Presque personne ne vit dans Nullarbor.
70 kms plus loin, nous franchissons la frontiere entre le Western Australia et le South Australia.
On change d’heure : 1h30 de plus.
Mais comme toutes les frontieres terrestres, le paysage ne change pas. On est toujours sur la plaine de Nullarbor et ca fait des heures qu’on roule.

La d’ou on vient…

Avec le rythme et la voix lente de Johnny Cash, mais malgre un ciel sans nuage et l’Ocean que nous retrouvons pendant quelques centaines de kilometres, ca devient monotone…

Et pan ! 1000 kms exactement depuis notre depart d’Esperance ! On prend un petit verre de vin blanc pour feter ca. Juste un…
Nous entrons dans le Parc National de Nullarbor. Pas de grand changement de paysage, meme si ca porte le nom de « Parc National »…

La ou nous allons…

Nous franchissons ensuite la Reserve Aborigene de Yalata. Vegetation plus haute.

Le compteur de fuel est au rouge depuis 60 bornes ; et c’est a la station de Nundroo que je vois pour la premiere fois des aborigenes, habilles comme tout le monde, a discuter. Steffen me dit qu’ils sont partout en Australie, aussi bien dans les lointaines contrees que dans les grandes villes telles que Perth. En revanche, tout ceux qui ont decide de vivre comme n’importe quel autre citoyen australien, ont la reputation, me dit-il, d’etre souvent ivre. Je suis pas alle verifie…

Apres 150 kms, nous arrivons dans la ville de Ceduna. La premiere veritable ville depuis Norseman.

FIN DE LA TRAVERSEE DE LA PLAINE DE NULLARBOR.

Le temps de manger un morceau, nous repartons encore pour quelques kilometres jusqu’a ce que Steffen, tombant de sommeil, ne decide de s’arreter definitivement pour la nuit, dans une aire de repos, apres 1040 kms parcourus dans la journee !
Il est un peu plus de minuit, nous sommes quelque part apres Ceduna, au milieu de rien. Va savoir ou…

21 Decembre 2010

Quelque part

Il nous reste plus de 200 kms avant d’atteindre Port Augusta. On y reste quelques heures avant de reprendre la route, cette fois-ci en direction du sud.
Le paysage change un peu.

Lac rouge sur la route

On apercoit enfin quelques collines, puis ca redevient plat jusqu’a Adelaide.
C’est a Adelaide, apres quelques 315 kms parcourus depuis ce matin, que nous decidons de faire une longue pause.

Et c’est la aussi d’ou je vous ecris ces quelques lignes, a propos d’un long periple a travers le Nullarbor Plain.

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

Vers Noël

22 Decembre 2010

Apres avoir passe la nuit dans le van, dans une rue d’Adelaide, nous partons a la recherche de notre nouvelle « travel partner » dans un beau quartier d’Adelaide. Priscilla, francaise, 30 ans, auvergnate vivant a … Aubiere !
36000 communes en France et on tombe sur une fille qui habite la commune la plus proche de mon village natal. Sacree coincidence. En meme temps, il y a plus de chance de rencontre en Australie qu’en terre Bugis dans le Sulawesi…
Par contre, 5 minutes apres l’avoir rencontre, nous posons les conditions des le debut : pas de francais quand on est tous les 3 avec Steffen.
Et on s’y tiens…a quelques choses pres…

En Australie, il faut traverser des distances considerables avant de voir un site interessant.
Du coup, notre programme pour aujourd’hui : rouler et encore rouler, dans le but d’avoir la journee du lendemain plus detendue.
On marque toutefois un arret a Kingston S.E. pour manger.

Kingston S.E

Mais a part un homard geant, le paysage est, par la suite, vraiment monotone !
C’est la raison pour laquelle on a pas forcement envie de s’arreter une seconde foi.
170 kms apres Kingston, nous entrons dans l’etat du Victoria.

Changement d’heure, encore… Avec le passage a l’heure d’hiver d’hier, ca nous fait seulement 30min de plus que dans le Southern Australia.
On a fait que rouler jusqu’a Warrnambool. Il fait frais, le temps se couvre, on roule demain sur la Great Ocean Road. Notre veritable destination.

23 Decembre 2010

Apres 1 nuit passee en tente (derriere des chiottes publiques), il ne nous reste que quelques kilometres avant de rejoindre la Great Ocean Road.
Et la Great Ocean Road, c’est une route assez connue d’Australie, qui longe une partie de la cote meridionale. Incontournable si l’on decide, comme nous, de traverser le pays par le sud :

1er Arret :

Bay of Island

2eme arret, le London Bridge :

London Bridge

3eme arret, « les 12 apotres », les rochers les plus celebres du Victoria, isoles au milieu de l’ocean a cause de l’erosion.
Aujourd’hui, ils ne sont plus que 6 a tenir encore debout :

Les 12 apotres

Nous traversons ensuite des superbes forets peuplees de perroquets et de koalas avant d’arriver a Melbourne, ou Priscilla est attendue par un couchsurfeur, avec qui l’on se rend dans une pizzeria. On en profite pour chercher un backpacker « non complet »… et la… c’est plus dur…
Tout est FULL !!! Fetes de Noel forcement…

Il va peut-etre falloir prendre l’hotel. Neanmoins les prix pratiques sont plus abordables dans le Victoria qu’a Perth. Perth etant la metropole la plus isolee au monde (la plus proche d’elle est Adelaide, a plus de 2500 kms de Perth !).

Ce n’est pas une raison suffisante, je passe finalement une derniere nuit dans le van de Steffen. Ca fera des economies.

24 Decembre 2010

Apres un au revoir a Steffen et une accolade de remerciement pour ces 11 jours passes en sa compagnie, je remets mon sac a dos sur les epaules (ca m’avait manque) et me dirige vers un cafe pour un petit dej’ ou Priscilla me rejoint. On passe l’apres-midi dans les rues de Melbourne, a trainer et a trouver entres autres un endroit ou passer le reveillon de Noel. L’idee de depart etait un resto ou l’on pourrait manger du kangourou : acte symbolique pour tout ces kilometres « avalés »…
Mais au moment ou d’entrer, ils commencent a fermer. Et pourtant, il n’est que 21h… C’est le probleme en Australie, ils ferment tres tot, beaucoup trop tot pour les europeens.
Le second resto etait finalement le bon. Tenus par des asiatiques (pour qui Noel a peut-etre moins de valeur), on passe un super bon moment a deguster des plats excellents, melange de specialites asiatico-franco-mexicain, quelque chose dans le genre… Je suis evidemment bien content de ne pas passer ce Reveillon tout seul et pour Priscilla, c’est reciproque. On a pas eu notre kangourou mais tant pis, sans regrets, c’etait bon et pas cher.

On ressort un peu avant minuit…

25 Dcembre 2010

Et lorsqu’arrive minuit, les illuminations sont toujours la, la ville est tout aussi vivante sans etre euphorique. Il fait doux ce soir. Les conditions sont simplement ideales pour marcher, errer dans cette tres jolie ville sans vraiment savoir ou aller.

Federation Square
Le centre-ville de Melbourne

On reste jusqu’a 3h du matin a marcher dans la ville avant de se decider a rentrer au backpacker, pour quelques heures de sommeil.
Nous passons une bonne partie de l’apres-midi au Royal Botanic Gardens.
Le long de la Yarra River, toutes les nationalites se cotoient, chacun preparant sa specialite sur les « barbecues publics », presents quasiment dans chaque ville d’Australie.
C’est comme ca que les australiens fetent Noel le midi : dehors, etales sur des draps ou des tables pliantes le long du fleuve ou a picnicker dans les parcs.

Royal Botanic Gardens

La fin d’apres-midi, je la reserve pour vous ecrire ces quelques lignes, et vous decrire le decor original dans lequel je suis, un jour de Noel en Australie.

Ah, oui, j’allais oublier.

 

JE VOUS SOUHAITE A TOUS :

 

Un très Joyeux Noël !

 

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

Finding New Year’s Day

25 Decembre 2010 (suite et fin)

Nous retournons chez Max, le couchsurfeur de Priscilla. Il nous amene au Crown, un complexe immense rassemblant boutiques, hotel de luxe, gaming zone et Casino !
Notre repas du 25 decembre se fait justement dans le Casino : machine a sous, table de poker, de black jack, roulette et tout le tralala qui fait rever…

26 Decembre 2010

Toujours a Melbourne, et journee entierement consacree a la recherche du meilleur moyen de partir pour Sydney, de dormir la-bas alors que tout est complet depuis des mois ; de trouver un moyen de quitter Sydney juste apres, et enfin, de trouver, eventuellement un job pour plus tard.
On passe l’apres-midi sur Internet, a chercher un lift (place dans une voiture ou un van pour un covoiturage), a trouver des couchsurfeurs prets a nous heberger, meme dans leur jardin, puisque j’ai toujours ma tente.

L’Australie est finalement nettement plus complique que l’Asie : les distances sont beaucoup plus longues entre elles et toutes les solutions dites « normales » telles que le bus ou le train sont tres cheres. Pour ca, l’Asie permettait quelques detours et meme quelques erreurs de parcours… En Australie, mieux vaut etre sur de son objectif si on veut garder son portefeuille en bonne sante !

Je voulais longer la cote et en meme temps aller dans le coeur du pays, la ou rien ne ressemble aux villes proches de la mer. Et des milliers de kilometres les separent entre elles…

Bon, concentrons-nous sur les objectifs a court terme.

27 Decembre 2010

La matinee semble plus prometteuse que ces 24 dernieres heures.
La reponse vient de tomber : 3 polonais peuvent venir nous chercher a Melbourne. Eux aussi, vont a Sydney pour le Nouvel An.
Je dois prolonger mon sejour au backpacker d’une nuit car nous partons seulement le 29 au matin. Pour ce qui est de dormir a Sydney, on attend toujours les reponses ; mais le but principal est d’y etre pour le 31. On verra les autres details plus tard.
Pour le moment, il n’y a plus qu’a attendre.

Pour l’apres-midi, on se change les idees en louant un velo, direction la plage.

Melbourne, en direction de la plage

Aujourd’hui d’ailleurs, c’est bien moins l’Australie caniculaire que la Normandie. Le temps est mauvais. Melbourne est connu pour etre la ville « des 4 saisons en une seule journee ». Et c’est vrai ! Il y a beaucoup de vent. Il fait a peine plus de 10 degres.
Nous retournons au backpacker. Pas de nouvelles et pas de confirmation pour les polonais.
On passe la soiree chez Max avec son cousin anglais.
Max a beaucoup voyage en Europe de l’Est dont une annee en Allemagne.
Son cousin est un ancien militaire de l’armee britannique, envoye en Bosnie il y a quelques annees. Une autre facon de voyager…
Il tient a rester toute sa vie en Australie car il n’y a pas de travail pour lui en Angleterre.

Pour ca, l’Australie est vraiment la terre promise, pour un bon nombre de jeunes ; et de moins jeunes d’ailleurs. C’est ici qu’on peut veritablement changer de vie. La situation est propice pour travailler, quelque soit le secteur ; avantageux si l’on veut monter sa propre affaire.
Et le cadre de vie est parfait pour les familles avec enfants.
Pour ma part, je trouve les villes du bord de mer presque trop parfaites : pour rejoindre un monument, tout est guidé, des chemins de bois sont construits, chaque parcours est fleché.
L’aventure ne se trouve pas dans les grandes villes, et pourtant la ville est jolie. Jugez plutot :

Melbourne de jour, j’en avais pas encore pris une

Le pays est trop jeune. Ce n’est pas reprochable, mais l’identite de la nation est incertaine et les batiments sont parfois construits en « faux vieux » tels que les batiments administratifs, les colleges, les universites…
A certains endroits, ca ressemble vraiment a Disneyland.

Ceux qui partent d’Europe pour l’Australie voient quelque chose de grandiose. Mon detour en Asie, meme si ca a ete difficile parfois, m’a definitivement fait comprendre que les vieux pays avaient quelque chose de plus a apporter. Les australiens sont vraiment sympas ou que tu ailles, mais ca manque d’histoire au bord des cotes.
Ca y est, j’ai trouve : ca manque d’ame !
J’espere trouver un peu plus d’aventure et d’authenticite dans l’arriere-pays.

28 Decembre 2010

Et finalement, cet apres-midi, au detour d’une rue, on tombe sur le quartier populaire de Melbourne. Aaaah enfin ! J’avais parlé trop vite. Fitzroy, la banlieue, abrite de nombreux petits commerces, aucun building, des bars-cafes, une circulation moins dense et des rues plus etroites. L’ambiance est beaucoup plus tranquille. Sans les quelques batiments construits typiquement dans le style victorien, Fitzroy pourrait ressembler a une petite rue du XVe a Paris.

Fitzroy, la banlieue de Melbourne

N’empeche, si on est en train de chercher un peu de France en Australie, c’est bien qu’il y a un probleme quelque part, non ? J’en avais jamais ressenti le besoin dans les pays precedents…
On passe la soiree dans Chinatown, un autre coin sympas de Melbourne.

29 Decembre 2010

Le matin, je booke mon vol pour… vous le saurez bien assez tot !
J’ai a nouveau toutes mes affaires sur le dos. Tant mieux, je n’en pouvais plus de ce backpacker. Trop bruyant. Trop l’usine.
On tente le coup d’aller au musee l’apres-midi. Et finalement, on y reste qu’une heure car les australiens ferment tot. Certes, ils travaillent consciencieusement, mais pas franchement longtemps.

Il est 21h45, les polonais l’ont dit, les polonais l’ont fait !
Ils arrivent dans une superbe Skoda, la derniere voiture en location de Melbourne, nous disent-ils. Olga, la fille, et Swawek et Michaw, 2 amis de longues dates.
Pour notre 1ere nuit, nous partons en direction de l’Est. On deploie les tentes dans un terrain vague, quelque part ; je sais pas vraiment ou. A l’Est, toujours plus a l’Est en tout cas…

30 Decembre 2010

C’est bon, on est reparti. Hier, nous n’avions fait que quelques kilometres. Suffisamment pour quitter la ville de Melbourne. Et ca fait plaisir de savoir qu’on se rapproche de plus en plus de Sydney. Et oui, le reveillon approche a grand pas et nous n’etions pas convaincu qu’ils arriveraient et qui plus est, dans une voiture aussi flambant neuve.

Nous traversons les Snowy Mountains en debut d’apres-midi.

Une partie des Snowy Mountains. Comme son nom l’indique, ca rend mieux sous la neige

J’en profite pour prendre une petite photo de la voiture :

Swawek et Michaw

On roule beaucoup mais la bagnole est vraiment confortable, meme quand on est 5 a l’interieur.
Le soleil se couche. Nous decidons de faire une halte a Canberra.

En se perdant autour de Canberra

Les environs sont charmants mais la ville en elle-meme est totalement ininterressante.

 

Canberra

Un bout d’histoire sur Canberra
Lors de la creation du Commonwealth d’Australie au tout debut du XXeme siecle, la rivalite entre Sydney et Melbourne imposa la solution de creer une capitale sur un territoire neutre, sortie du bush, a mi-distance entre les 2 villes. La Nouvelle-Galles du Sud ceda plus de 2000 km carrees pour creer Canberra, un nom aborigene signifiant « lieu de reunion ».

Notre seul « lieu de reunion » a Canberra aura ete le Mac Donald, la seule chose d’ouverte a cette heure tardive.

Nous reprenons la route ; et a peine 5 minutes apres etre sorti de la ville, Michaw, on ne sait comment, se prend les 2 roues gauches sur le trottoir d’un rond-point. PAN ! PAN !
Les 2 roues sont eclatees.
Il n’avait bu que du cafe, parole ! Mais ca nous a tous sauté aux yeux ce trottoir qui arrivait a pleine vitesse… sauf a lui !
Comment a-t-il fait pour se le prendre ?

Bon, en France, on se mettrait dans tout nos etats. Ici, pas d’affolement. Ca nous fait plutot marrer.
« Don’t worry, be happy » , nous repete-t-il.
On est a 3kms de Canberra, eton a tout ce qu’il faut pour dormir, une station essence ouverte a 2 pas et des telephones qui peuvent emettre. On est loin du scenario catastrophe.

N’empeche que les roues sont a plat !

Contre toutes attentes, c’est la compagnie d’assurance qui joue sur nos nerfs. Olga et Swawek repartent avec la depanneuse en direction du concessionnaire le plus proche. On reste au bord de la route, en compagnie de Michaw, qui finit par s’excuser. On ne lui en veut pas.
L’aventure, c’est l’aventure !
Il fait bon et heureusement, il ne pleut pas. On est confiant pour le moment.

C’est a leur retour qu’on apprend la nouvelle : pas de vehicules de remplacement, les closes du contrat le stipule.

31 Decembre 2010

Il est minuit passé et pas le choix, on prend un petit bout d’herbe, derriere un quartier commercial pour y lancer les tentes. On reflechira a une solution apres une nuit de sommeil.

Courte la nuit de sommeil… on se reveil vers 7h30.
Bon, quelles sont les solutions pour rejoindre Sydney quand on est a pied et proche d’une station essence ? L’autostop ? D’apres mon experience, les habitacles des camions ne peuvent generalement accueillir qu’une seule personne avec sac a dos. Et nous, on est 2. Les polonais partent de leur cote. C’est effectivement preferable qu’on se separe. Michaw s’excuse une derniere fois. On lui repond : « Don’t worry, be happy ! »

Sydney est a 300kms et Sydney se merite. On va bien finir par trouver la solution.

Nous partons finalement a pied en direction de la station essence, ou nous rencontrons un automobiliste en 4X4. Il se dirige vers l’Est, mais seulement a quelques kilometres. Ils preconise pour notre cas particulier de prendre le bus jusqu’a Sydney depuis la station centrale de Canberra. Reste a savoir si les bus sont complets eux aussi…
Il se propose de nous y emmener. Priscilla et moi acceptons. Je refile le tuyau aux polonais avant de partir : se trouver un automobiliste qui les conduiront a la station des bus de Canberra, et tenter sa chance.

Arrive le moment crucial : reste-t-il des places dans le bus ?

La guichetiere nous repond : « You are lucky! »
Et effectivement, il ne restait que 3 ou 4 places et le bus part dans 10 minutes.
Le miracle du 31 ! Canberra nous aura offert beaucoup plus qu’on l’esperait. Le trajet coute naturellement beaucoup moins cher qu’en partance de Melbourne. Et c’est tant mieux.

Il est 12h45, grand soleil, 32 degres et ca y est, je peux le dire : j’ai enfin traversé l’Australie d’Ouest en Est !

Tenter de frapper a la porte de chaque backpacker pour un dortoir serait vain. On entre neanmoins dans l’un d’entre eux pour y prendre discretement une douche. C’est pour le bien commun !
Mais le gros probleme reste le sac a dos qui pese lourd sur les epaules dans une ville aussi grande. Il m’est impossible de le laisser en consigne puisque ca nous oblige a y retourner le soir-meme ou le lendemain, mais trop tard pour mon prochain vol.
On les garde, et on prend le bus gratuit, direction la bais de Sydney.

Une foule est attendue pour le feu d’artifice.
Sydney est nettement plus imposante que Melbourne.
La ville est tres cosmopolite. Il y a toutes les nationalites. Les gens s’installent deja le long de la berge, assis sur des transats a l’ombre de leurs parasols ou carrement installés comme pour un bivouac. Et il n’est que 16h…
On decide finalement de faire la meme chose. Mieux vaut anticiper l’arrivee de la foule de minuit. On cree notre zone vitale autour de nos sacs a dos puis on attend… tres longtemps…
J’en profite quand meme pour m’eclipser quelques minutes pour trouver un bon angle de vue pour :

Le Pont du port de Sydney

Et de l’autre cote de la berge, l’incontournable :

Opera de Sydney

La nuit tombe doucement et les degres aussi. Les gens sont plutot calme. Forcement, les fouilles sont systematique et l’alcool prohibe sur une bonne partie de la baie.

Je recois un appel. C’est Steffen qui nous rejoint. Il nous trouve et on passe un moment avec lui avant de le perdre definitivement dans la foule. Ca m’a bien fait plaisir de le revoir.
Quelques mini-feu d’artifice eclatent de temps en temps pour mettre en bouche. L’attente devient tres longue. On a eu le temps de dormir a-meme le sol l’apres-midi mais la vue est bonne, a 2 ou 3 palmiers pres.

Il est un peu plus de 23h. La police a bloque depuis longtemps notre cote de la baie ; ce qui a pour avantage de ne pas se sentir etouffe. On a bien fait d’arriver tot.
Il fait doux maintenant, les lumieres de la ville et les bateaux enguirlandes se refletent sur l’eau.
Je me rememore l’annee ecoulee ; dont une bonne partie passee sur les routes du globe jusqu’a ce soir, ici, a Sydney. La encore, c’est exactement l’endroit ou je revais d’etre pour le reveillon avant meme de partir pour un tour du monde.
Et dire que tot ce matin, on faisait coucou a notre voiture de location, embarquee dans une depanneuse a l’Est de Canberra, sans avoir de solution de secours…

On attend le decompte qui apparait soudain sur l’ecran geant du pont.

10…
9…
8…
7…
6…
5…
4…
3…
2…
1…

1er Janvier 2011

BONNE ANNEE !!!

Le feu d’artifice est magnifique, grandiose !!! Ou plutot, les feux d’artifice. Ils eclatent en meme temps au-dessus des buildings, du pont et au-dessus de l’eau. C’est superbe.

Je vous souhaite a tous une tres bonne annee 2011.
Un gros bisous a toute ma famille, a mes amis, a ceux que j’ai rencontré au cours de mon voyage, qui m’ont aidé, quelque soit la maniere, a progresser dans mon aventure ; et a tout ceux qui m’ont rencontré rien qu’en surfant sur Internet.
Merci de me lire et merci a tous pour vos commentaires.
Et permettez-moi ce jeu de mot, j’espere que ce tour complaît !

On continue l’aventure. La meme chose, mais maintenant, en 2011.
Je vous embrasse tres fort.

Je referme par la meme occasion ce 1er chapitre sur l’Australie. Le second sera quelque peu… different.
Apres une nuit passee dans un espace vert, non loin du bord de l’eau, je dis au revoir a Priscilla dont qui a partage ma route depuis Adelaide ; j’envois un petit texto de bonne annee a Steffen, qui a fait l’effort de nous rejoindre ; ainsi qu’un message aux polonais, pour savoir si ils ont reussi a atteindre Sydney a temps, comme nous. A l’heure ou je vous ecris, ils n’ont toujours pas repondu…

Je me dirige vers l’aeroport de Sydney. Je voudrais allier la decouverte d’une terre lointaine et l’obtention d’un job dans ces contrees.
Mon choix s’etait arrete depuis longtemps sur cette ville, perdue au milieu de rien. Et autour de cette ville, un immense territoire qu’on appelle l’outback.

Il est plus de 10h du matin. En ce 1er jour de l’annee 2011.
Je pars pour Alice Springs.

Je vous laisse vous remettre du reveillon, et on attaque ensemble ce second chapitre australien.

Tres bonne annee 2011.
Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

L’Australie, la vraie

1er Janvier 2011 (suite et fin)

A l’aeroport, je trouve 2 journaux avec en 1ere page, le feu d’artifice de la veille.

C'etait vraiment un super beau spectacle

J’atteris a Alice Springs.
Changement d’horaire, 1h30 de moins qu’a Sydney.

Il fait lourd, tres lourd.
Mon arrivee debute par une enorme averse. Je prends le Shuttle Bus de l’aeroport pour me rendre au backpacker que j’ai selectionne. Ambiance tres « friendly ». C’est la plus petite auberge de jeunesse d’Alice Springs, et c’est exactement ce que je voulais apres la cohue de celle de Melbourne, ou finalement, je n’avais rencontre personne.

J’etais intimement convaincu depuis quelques temps qu’Alice Springs m’offrirait quelquechose de nouveau par rapport aux autres villes du bord de mer.

Je viens de trouver l’ame de l’Australie !

J’aurais jamais imagine qu’il puisse exister une ville comme celle-ci en Australie ! Une certaine decadence et un melange ethnique tellement improbable qu’elle en fait une ville australienne authentique.
Je m’explique, et il y en a des choses a dire…
Alice Springs etait a l’origine une simple station de relais telephonique. Elle n’est pas devenue une metropole pour autant : a peine 30000 habitants.
Neanmoins, elle reste une ville de taille assez consequente a l’echelle du Northern Territory, etrangement placee au beau milieu du bush et des deserts.
Et les Aborigenes sont tres nombreux dans cette ville.

Et si on en parlait un peu plus de ces Aborigenes ?
Il est absolument impossible de parler de l’Australie sans evoquer les Aborigenes. C’est indissociable.
Il y a 200 ans, l’homme blanc a commence a revendiquer des territoires immenses de l’Australie. La prise de ces territoires se sont deroules soit dans un bain de sang soit en rachetant les terres aux Aborigenes pour une bouchee de pain.
Le 1er scenario fut de loin, le plus recurrent. La creation d’une nation s’est toujours faite ainsi…
Par la suite, les dirigeants australiens reconnurent les massacres perpetres a l’encontre des Aborigenes. Depuis, les australiens cotisent a une caisse d’indemnisation pour les exactions commises a leur encontre.

Aujourd’hui, et particulierement a Alice Springs, ils sont nombreux, habilles comme tout le monde, trainant en groupe dans les rues, peuplant les grands jardins de la ville et les bords de la Todd River, et vivant sous le ponts ; non pas par pauvrete mais par culture.
Ce ne sont pas des mendiants que l’on voit, ce sont des gens qui vivent dehors, au milieu des bois clairsemes d’Alice Springs. Ils cotoient les australiens blancs.
Leur metier ? L’immense majorite des aborigenes ne travaillent pas. Ils percoivent leurs indemnites et les depensent notamment dans l’alcool.
Je me souviens lorsque Steffen me disait qu’il etaient mals vus puisqu’on les retrouvaient souvent saoul sur les trottoirs. Et c’est vrai ! L’abus d’alcool est un vrai fleau pour ce peuple.
L’ambulance et la police ont souvent affaire a eux pour des cas de troubles a l’ordre public, degradation ou violence. Ils parlent et crient le plus souvent dans leur langue, passent la journee assis devant les vitrines des magasins, des fast-food, consomment les memes choses que les blancs, mais vivent toutefois plutot exclus de la societe australienne.
Et les australiens ont souvent le sentiment de travailler uniquement pour payer de l’alcool aux aborigenes.
Comme quoi, l’argent ne regle pas tout…

Et c’est sur un petit velo prete gracieusement par le backpacker que je sillonne les rues, que je vois l’Australie telle qu’elle est veritablement : le resultat d’une terre conquise sur un peuple aux croyances ancestrales qui se sont effacees ; une terre volee ou les aborigenes profitent toutefois de la modernite apportee par les blancs (voiture, laverie automatique, fast-food, magasins de vetements, portables…).

C'est ca l'Australie d'aujourd'hui

Que penser de tout ca, 200 ans plus tard, a l’heure ou tout le monde peut profiter de ces nouvelles technologies ?
Fin du debat, ca prendrait des heures…
Ils ne sont pas mechant pour autant. Il est toutefois deconseille de trainer la nuit dans les rues, surtout quand ils ont un coup dans le nez. Sans ca, durant la journee, blancs et aborigenes se cotoient sans trop se parler. Certains vendent dans la rue quelques peintures « folkloriques » provenant d’on ne sait ou. Les peuples aborigenes ayant veritablement conserves toute leur tradition demeurent rares en Australie. Il y en a. Il faut les chercher longtemps, en evitant ceux qui le sont pour des raisons purement touristiques (posez-vous des questions si vous en voyez un porter un tee-shirt Nike…).

Je tiens a rester a Alice Springs pendant un certain temps. J’ai trouve ce que je cherchais en ce 1er jour de l’annee : la verite sur l’Australie !

La terre est rouge, la vegetation seche, les oiseaux sont des perroquets de toutes les couleurs, les serpents bruns sont tres venimeux et rodent dans les environs, les araignees a dos rouge (redback spider) sont elles aussi dangereuses et un nombre pas croyable d’insectes et de sauterelles se balladent dans et hors du backpacker. Le vent souffle rarement et le soleil ne brille pas ici, il brule !

Bienvenue dans l’Outback, bienvenue dans le Red Center

2 Janvier 2011

Apres avoir traduit mon CV en anglais (et oui, je suis ici pour bosser ne l’oublions pas), je prospecte avec mon velo dans tout Alice Springs.
Alice Springs est belle parce qu’on y trouve la population la plus authentique : je croise et j’interroge des gens au visage vraiment particulier : barbe, piercings, tatouages, cheveux longs, chapeaux de pailles incurves ou en peau de crocodile ; les traits marques, toujours sympas ; et toujours prets a t’expliquer en detail comment te reperer, comment trouver du boulot.
Le probleme, c’est qu’on est dimanche.

Les jours feries vus par les australiens
A vrai dire, ca fait un certain temps que j’ai l’impression d’etre dimanche tous les jours. En fait, Noel est tombe un dimanche cette annee. Et forcement, 7 jours plus tard, le Nouvel An aussi.
Si en France, on se dit « tant pis », en Australie, les jours feries qui tombent le week-end sont systematiquement reportes au lundi suivant.

3 Janvier 2011

Du coup, j’ai passe toute la journee d’hier a chercher les commerces d’ouvert, et aujourd’hui, lundi, Public Holiday, meme topo…
Je fais quelques demarches par mail et telephone. Mais cet accent, cet accent !… C’est un reel handicap. Meme en pretant l’oreille, c’est difficile a decrypter quelquechose par telephone.
« Plus fort, moins vite et articule » : voila ce que je voudrais leur dire. Mais je peux pas, ils sont beaucoup trop gentils pour que je leur dise quoique ce soit.
Je me presente dans les agences specialistes en excursion autour d’Alice Springs. Certains recherchent de la main-d’oeuvre.
Je relance par telephone une autre agence similaire qui reouvrira seulement demain.
Pareil pour la principale agence pour l’emploi de la ville.

Voila tout ce que je peux faire aujourd’hui.

Bon…
Et maintenant…
Que vais-je faire…
De tout ce temps…

Ah ! ca y est, j’ai trouve une occupation pour l’apres-midi. Vous souhaitez certainement voir a quoi ressemble Alice Springs.
Je reprends mon velo pour une seance de photos :

Les jardins publics d'Alice Springs
La Todd River, generalement assechee
Todd Mall - Un coin "bar et shopping" ombrage tres sympa
Toujours Todd Mall - Oui je sais, c'est mort aujourd'hui...
Un quartier residentiel d'Alice Springs
A droite, le Alice's Secret, mon backpacker. Au fond, toujours ces memes collines rocheuses - aux couleurs particulieres et a lavegetation epineuse - qui entourent la ville

4 Janvier 2011

C’est bon, tout est reouvert. Les fetes de fin d’annee sont belles et bien terminees.
Je constate une nouvelle annonce collee sur le mur du tableau d’info du backpacker.
Je telephone, on me dit de rappeler dans 10 min, j’en profite pour leur envoyant un petit texto d’accroche, puis je rappelle comme convenu, 10 minutes plus tard. Ils recherchent un cuisto pour une excursion de plusieurs jours dans le Red Center.
2 jours plus tot, un patissier norvegien (et pourquoi pas !) m’avait dit de postuler dans Alice Springs pour des job de cuisinier. Je lui dis que je suis loin d’etre un Grand Chef Cuisinier. Il me repond :
– « Dis-leur que t’es francais, ca suffira »
C’est un tres beau compliment pour la Cuisine Francaise mais je suis loin d’en etre l’ambassadeur. Et aujourd’hui, Clara, une francaise du backpacker, me confirme que les australiens ne cuisinent pas comme nous, et qu’ils n’attendent absolument pas quelque chose d’aussi fin et grandiose que la cuisine de l’Hexagone.

Et pan ! J’ai un rendez-vous. C’est une fille de mon age qui arrive directement au backpacker pour me rencontrer. Je me presente : 25 ans, francais, diplomé de tourisme et cuisinier basique.
Ca lui va, je suis pris :

– « Tu es francais ? je l’ai deja dis a mon patron, ca ne peux qu’aller. Tu peux commencer des demain. On demarre a 5h du matin pour un tour de 4 jours dans l’outback avec une douzaine de touristes europeens. »
-« !!!… Waouuu…ok… et ben… let’s go ! »

Elle me donne tous les documents et tout ce que je dois savoir avant de partir. Et c’est tres bien payé en plus de ca.
Je file d’abord sur Internet pour vous ecrire ces quelques lignes avant de passer le reste de l’apres-midi a potasser le planning du tour.

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

Terre Rouge (1ere partie)

5 Janvier 2011

Je me leve a 3h ce matin. Dur…
Je prends le taxi jusqu’a l’autre bout de la ville en direction de l’agence « Adventure Tours ».
Je rencontre le personnel et tres vite je suis mis dans le bain. Pour l’instant, ce sont des « Training Days » (jours d’entrainement) juste pour voir si t’as pas 2 mains gauche (ca fonctionne cette expression lorsqu’on est gaucher ?)…
Je serais en binome avec une allemande de mon age. Pour elle aussi, premier jour.
On prepare le mini-bus et tout ce qu’il faut pour 4 jours d’autonomie dans l’outback. On fait la tournee des hotels pour recuperer les 12 touristes.
Et c’est parti pour 4 jours.
La 1ere destination est assez particuliere. J’en avais entendu parler mais il faut quand meme le voir pour le croire :

Outback Camel Farm

Et oui, les australiens ont importes le chameau sur leur terre depuis plusieurs decennies. 38 degres aujourd’hui, tu m’etonnes que les chameaux se sentent bien…
Et l’arret suivant, il n’est pas pour nous : on aprecois de loin Ayers Rock avant d’arriver a Yulara, un complexe de tentes assez confortables, a quelques kilometres du site.
On nous depose pour preparer le repas de midi dans une grande tente faisant office de cuisine-salle a manger.
Et effectivement, il n’y a pas besoin d’etre un Grand Chef pour preparer ce genre de plat : salade composee, poulet au barbecue…a gaz !

Yulara

En fin d’apres-midi, ils partent en direction d’Ayers Rock, pour admirer le coucher de soleil sur Ayers Rock. Snif…

On a tout le temps pour nettoyer, faire la vaisselle et preparer pour le soir : salade, boeuf, kangourou et chameau !
Du coup, ca y est, j’ai enfin goute le kangourou. Un gout bizarre…
Par contre, le chameau est excellent.
Il a fait une chaleur etouffante sous cette tente. Et durant l’apres-midi ou les touristes sont en excursion, on a plusieurs heures ou rien ne se passe.

Ils reviennent comblé d’Ayers Rock.
1er jour pas aussi difficile que je l’imaginais. Et pour le moment, aucune indigestion a declarer.

6 Janvier 2011

Toujours a Yulara. On se leve a 3h15. Re-dur…
Ca me rappelle le temps ou j’etais animateur de colo : levé avant les enfants, couché apres eux. On fait les lits, on balaye.
Et pour les touristes, lever de soleil a Ayers Rock.
Nous sommes finalement « assigné a residence » a Yulara pour accueillir un autre groupe de la meme agence. Pour eux, c’est leur 1er jour de tour.
Donc on refait la meme chose que la veille et le temps commence a etre long a Yulara.
D’un autre cote, ca fera un jour de salaire supplementaire. Je suis ici pour bosser de toute facon, et ce boulot et pas mal puisqu’il m’economise des nuits au backpacker et des allers-retours au supermarche.

Mais quelle frustration de savoir que je ne suis qu’a quelques kilometres d’Ayers Rock, sans pouvoir m’y rendre.

Il fait entre 35 et 37 degres encore aujourd’hui. Je me souviens avoir demandé a un australien rencontré dans un train en Inde :
– « Il fait chaud dans le Red Centre en Janvier ?  »
Il m’avait repondu « Fuck Yeah ! ». Ce qu’on peut traduire par… euh… pour rester poli… « Oh bah oui ca chauffe drolement ! »

Et puis finalement, MIRACLE ! Apres le repas du soir terminé, nous partons avec les touristes, quelques dizaines de minutes avant le coucher de soleil.

Il pleut, mais ca rend le site encore plus magique :

Ayers Rock

C’est superbe. L’eau degringole du rocher par de multiples cascades.

 

uluru

Uluru
Uluru, c’est le nom aborigene d’Ayers Rock. D’ailleurs, depuis une recente politique de double denomination, on devrait dire « Uluru-Ayers Rock ». Bref, c’etait un lieu de culte pour les Aborigenes depuis deja plusieurs millenaires. C’est un rocher qui s’eleve a plus de 300m d’altitude. Il est tellement sacré, que les Aborigenes eux-memes ne l’escaladent pas, a l’inverse de milliers de touristes chaque annee. Les lois ancestrales des Aborigenes sont d’ailleurs si severes, qu’en cas de profanations ou d’accidents, ils en arrivent a se punir eux-memes (automutilations, scarifications…). Il est donc conseille de ne pas l’escalader afin de respecter leur culture.
L’agence pour laquelle je travaille propose d’en faire simplement le tour. Et c’est tant mieux.

A quelques kilometres en retrait, on sort les tables, le champagne et quelques accompagnements.

Et qui c’est qui se fait payer pour admirer le symbole de l’Australie ?

C’est bibi !

Nous retournons e a Yulara pour une derniere nuit.

7 Janvier 2011

Reveil a 3h30. Re-re dur…
Apres un dejeuner oeufs et bacon au barbecue (et oui, c’est un pays anglo-saxon), un lever de soleil pour les touristes a Ayers Rock (une vaisselle pour moi dans la cuisine), nous quittons enfin Yulara pour King’s Canyon.
Aurais-je l’opportunite de voir ce site egalement ?

King’s Canyon – Seulement de loin…

Tant pis. Logiquement, j’ai la possibilite de voir la meme chose qu’eux uniquement lorsqu’on fait des arrets pour rejoindre le prochain campement, ou soit le soir, apres le repas. C’est deja pas mal…

Les distances sont longues entre les sites et c’est deja la fin de la journee.
Le campement ou nous arrivons est approximativement le meme qu’a Yulara : meme style de tente, meme « refectoire » et situé a quelques kilometre du site principal pour la visite du lendemain.

En terre rouge… Le campement est jute derriere

Grosse averse pendant plus d’une heure. Le groupe patiente pendant une heure autour de plusieurs verres de vin avant de rejoindre les tentes.
La regle est stricte pour les employes : Alcool interdit.
Et quand un suisse te dis : « Il est vraiment bon votre vin rouge, frais et vraiment fruitté en plus de ca. Vous l’avez goutté ? »… je me dis que ces « Training Days » sont de reelles mises a l’epreuve…

8 Janvier 2011

Apres le petit dej’, les touristes partent en direction de King’s Canyon.
Nous, on balaye, on nettoie, on patiente, puis vient le « rush » de midi avant de tout remballer. Apres plusieurs arrets, nous arrivons le soir au Glen Helen Gorge.

Glen Helen Gorge

7 touristes au depart, 5 au 3eme jour, il ne reste plus que 2 touristes ce soir. Non, ce n’est pas a cause de nos repas ! Simplement, 2 personnes seulement ont choisi le tour de 4 jours.

Glen Helen Gorge. Et ca se couvre…

Ca se couvre tellement qu’une enorme averse eclate sur le secteur durant la nuit, pendant plusieurs heures.

9 Janvier 2011

Il etait prevu pour ce dernier jour de partir en direction de Palm Valley. Mais la pluie en a decide tout autrement. Le site est fermé. Nous sommes contraints de rentrer a Alice Springs.

Avec quelques detours pour le retour. Plusieurs routes sont inondees…

Ca n’a pas l’air, mais nous avons parcouru quelques 1500 kilometres en 4 jours.

Mes « Training Days » ont l’air d’avoir ete approuve puisque je repars pour la meme excursion mardi. C’etait finalement bien sympas et les touristes etaient ravis.

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

Terre Rouge (2eme partie)

10 Janvier 2011
 
Tres bonne grasse mat’ pour mon day-off (jour de repos).
Lavage des vetements, rasage et un petit tour en ville.
 
Violence moderee sur Alice Springs
Statistiquement, Alice Springs est la ville la plus violente d’Australie. Dans les journaux, on peut lire que la vitre du Rock Bar (la ou travaille Clara) a ete brisee, et que les individus en ont profite pour voler des bouteilles d’alcool. Ce genre de choses arrive souvent ici.
Tout le monde sait qui sont les fautifs, mais jamais le mot « aborigene » n’est stipule sur le papier. On parle toujours « d’individus facilement reconnaissables » ou bien « sont alles se refugier dans le parc d’en face » (la ou ils dorment la plupart du temps). Ce soir, j’interroge Julien, un francais du backpacker qui travaille comme agent d’entretien dans un centre commercial d’Alice Springs :
– « Est-ce que les problemes viennent essentiellement des aborigenes ? »
– « Franchement oui ; je ne voulais pas l’accepter au depart, mais tous les vols et les degradations sont commis par les aborigenes »
Il ajoute :
– « Le pire, c’est qu’aucun agent du centre commercial n’a le droit d’intervenir ; lorsque la police arrive, le mal est deja fait ».
Il en faut beaucoup pour que le coupable soit place en garde-a-vue.
Generalement, la police ecrit un rapport, et c’est tout…
La vitre du Rock Bar a ete remplace et des le lendemain, il etait a nouveau ouvert, comme si de rien n’etait.
Le fatalisme se lit sur les visages des gens. Un peu de flegme anglais doit subsister dans le sang de chaque australiens blancs.
11 Janvier 2011

Levé a 3h30. J’embarque avec Bob, le guide et un groupe de 14 personnes que l’on doit recuperer dans 2 hotels differents d’Alice Springs.
On charge les provisions pour 3 jours. Le soleil se leve doucement.
 
Non, sans facon
A l’office d’Adventure Tours, juste avant de partir, une note nous ait donné a chacun, disant : Adventure Tours d’Alice Springs a ete specifiquement mentionnee a la derniere conference sur le Tourisme en Australie Centrale comme etant une compagnie responsable, professionnelle et tres presentable. Ceci est du en partie a notre nouvelle reputation : « la compagnie qui ne boit pas pendant le tour ».
C’etait pas des bobards. Si je suis surpris a boire une seule goutte de vin avec les touristes, je suis viré…
 
Allez, cette fois-ci, finis les Training Days ; maintenant c’est tout seul comme un grand. Le travail n’est pas forcement plus complique, mais il est beaucoup plus long.
Le midi, c’est le grand rush puisque tu debarques a Yulara en meme temps que les touristes.
L’apres-midi, ils partent en excursion, ce qui me laisse du temps pour bien preparer les choses. Et pour une 1ere en solo, je dirais que mon boeuf, mon kangourou et mon chameau etAit a point ; mes salades composees appreciees, mes pommes-de-terre-frites, mon pain a l’ail-beurre-herbe suffisamment toasté et mon crumble-creme anglaise juste craquant comme il faut. Et j’ai eu quelques felicitations.
Une dame m’a demande si j’ai fait une ecole de cuisine : la consecration !
J’ai detourne la chose pour ne pas avoir a dire : « j;ai appris ca il y 3 jours, exactement au meme endroit… »
 
12 Janvier 2011
La, c’etait complique.
Levé a 3h du matin pour les oeufs-bacon au barbecue, laver les plats, balayer l’interieur de la piece commune et du coin barbecue, changer les draps des 14 lits, nettoyer les tentes, prendre une douche, remettre la table et enfin, preparer le repas de midi.
Mais j’ai oublie un truc important : remettre tout dans les glacieres pour etre pret a decoller juste apres manger. Ca fait perdre un peu de temps puisqu’on ajoute a cela : debarasser, laver les couverts, gratter le barbecue et nettoyer le frigo vide. Tout doit etre impeccable.
Puis, nous repartons direction King’s Creek.

Le Mont Conner, situe non loin d'Uluru/Ayers Rock et que les touristes confondent souvent avec ce dernier

L’avantage de bosser pour une grande compagnie, c’est que chaque arret dans une station essence te donne le privilege de choisir ce que tu veux parmi les sandwichs et les milk-shakes (bah oui, on leur amene un paquet de touristes tous les jours dans leur station…).
 
Cette apres-midi, nous sommes soi-disant en avance. 3h avant le repas, Bob depose les touristes dans une station, maisj’insiste pour qu’il m’amene seul directement au campement. Il me dit qu’1h avant suffirait largement pour tout preparer. Et moi, je suis persuadé que non. Finalement, j’avais raison, il m’a fallu 2h30 pour tout faire. Et tout s’est bien passe, sans se presser.
Mon poulet-petit pois-poivron-oignons a eu du succes.
 
13 Janvier 2011
Dernier jour. Levé a 4h15. Pas de levée de soleil pour les touristes, c’est pas prevu a King’s Canyon ; ca me donne droit a 1h de sommeil en plus.
Je dois faire la meme chose que la veille au matin, mais dans un delai encore plus court. Autant s’en occuper au maximum pendant qu’il fait encore nuit ; ensuite, la chaleur arrive.
C’est quand meme etrange de se retrouver tout seul au campement, en plein milieu du bush, pendant que les touristes sont en excursion. On entend les insectes, qui grouillent autour du campement, et c’est tout !
Le soleil se leve tres vite, et entre changer les coussins, les draps, preparer pour midi, tu ne vois pas le temps passer.
Les touristes reviennent et c’est le rush de midi. C’est dommage, mais j’ai a peine le temps de discuter avec les gens. Trop de boulot… Je suis meme oblige de manger debout, c’est dire.
Mais j’ai des compliments sur le repas pour rattraper.
Le rush de midi fait place au rush du retour a Alice Springs.
Il faut faire la vaisselle, tout nettoyer. Et pas question de prendre son temps car les touristes chargent leur bagage dans le bus, et ca prend beaucoup moins de temps que ta masse de boulot a toi. Ca me rappelle l’armee : faire vite et faire bien.
Je suis autant trempé que la serpillere qu’il faut passer dans la piece avant de rentrer.
Mais ca annonce une chose : la fin du boulot !
Tu te fais reconduire dans le bus par le guide et TU DORS DURANT TOUT LE TRAJET !
 
Retour a Alice Springs. Bob est sympa, il me depose a mon backpacker apres que les touristes aient rejoint leur hotel.
Il y a les habitués et quelques nouvelles tetes, comme toujours.
14 Janvier 2011
1er jour de day-off. Au backpacker, detente et seance photos. Je compte rester encore un certain temps, donc autant que vous sachiez dans quel decor original et « friendly » j’atteris a la fin de chaque excursion :

Le coin piscine

 

Le coin barbecue

 

Le jardin

 

La cuisine (avec Clara et Julien)

 

Et la salle tele, indispensable a ma survie si je reste dans un endroit durant plusieurs semaines

 

Ca fait bien plaisir a chaque fois de retrouver les residents de longues dates. Tout le monde travaille : vendeur, serveuse, agent d’entretien, prof de francais… On se croise souvent mais on trouve le temps d’apprendre a se connaitre.
Julien et Clara, des habitues, font l’entretien du backpacker 2h par jour en echange de l’hebergement gratuit. C’est une bonne pratique souvent utilisee par les gerants, ou tout le monde y trouve son compte.
 
En France, Julien etait pigiste pour un journal du groupe La Montagne. Ca ne l’empeche pas de rediger quelques lignes de temps en temps ici, en Australie ; et ce soir, Julien a quelque chose a me proposer :
– « Je voudrais faire un article sur toi et melanger l’histoire de ton voyage et ta passion pour le cinema. Je te laisse reflechir un peu quand meme… »
– « C’est tout reflechi, c’est oui et ca me fait super plaisir »
– « Ca pourrait faire un bon article. Il faudra que tu m’en dises un peu plus »
– « Houla… ca risque d’etre long… »
– « C’est mon boulot d’ecouter »
– « Bah… je suis parti du sommet du Puy-de-Dome et je compte revenir exactement au meme endroit 1 an plus tard. J’aime bien quand la symbolique »
– « C’est bon, c’est deja publié, c’est sur !  »
 
On aura tout le temps par la suite de faire une interview. On verra ca plus tard. Pour le moment, on sort avec Rossco, le gerant, pour boire une biere au rock-bar.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que les gens ont le sang chaud dans le Red Centre (et l’alcool mauvais aussi). Une bagarre eclate juste devant le pub. Au bar suivant, c’est l’agent de securite d’origine maori (un sacre bebe) qui derouille un « individu-en-etat-d’ebriete-insistant-pour-entrer ». Il est a terre.
 
Mais que fait la police ?
Inexistante encore une fois, comme dans les centres commerciaux, et comme partout dans Alice Springs d’ailleurs.
Jamais presente, si bien qu’il y a quelques annees, c’est carrement l’armee australienne qui arrive en renfort a Alice Springs pour des arrestations massives. Une petition a meme ete signee pour voir les flics devant chaque bar d’Alice Springs. Et il n’y a que 4 bars…
 
15 Janvier 2011
 
Il est minuit passé. Rien a declarer au « Saloon », la seule boite d’Alice Springs, ou blancs, afro-australiens et aborigenes respectables se cotoient.
 
N’empeche, cette nuit, ce sont les australiens blancs qui etaient impliques a chaque fois.
En rentrant, Rossco me dit que c’est tous les soirs comme ca. La journee, il ne se passe jamais rien. Je lui dis qu’a Paris ou Marseille, c’est bien pire que ca… Alice Springs, la ville la plus violente d’Australie… mmmouai… c’est quand meme pas si terrible que ca si on compare a certaines villes d’Europe… et c’est dire comme l’Australie est calme…
 
2eme et dernier jour de day-off. Grand retour de l’hopital de Sebastien, un allemand que je n’avais encore jamais rencontré. Il a connu l’une des pires chose qu’on puisse avoir lorsqu’on est loin de son pays. C’est simple, en Australie (ou ailleurs), il y a 2 choses qui puissent gacher ton voyage : probleme d’argent ou probleme de sante. Le probleme d’argent, ce sont par exemple les polonais qui devaient nous amener a Sydney pour le Nouvel An, vous vous souvenez ? Et bien a cause de l’accident de voiture le 30 decembre au soir, les 3000 dollars de caution ont ete retiré et conservé par l’agence. Ils n’ont plus qu’a travailler ou a rentrer.
 
Pour Sebastien, ce sont les 2 scenarios en meme temps : lors d’un trek, il tombe et se fracture la jambe a plusieurs endroits. Et, oh! folie de sa part, il n’a pris aucune assurance. Du coup, multiples operations a l’hopital d’Alice Springs. Il y reste plusieurs semaines. De retour au backpacker, il est sur des bequilles et doit trouver un avion pour rentrer en Allemagne, et en 1ere classe pour pouvoir etendre sa jambe. Et meme en 1ere classe, l’avion sera un cout derisoire par rapport au 30000 dollars que les frais d’hopitaux ont couté ! Je voudrais pas etre a sa place…

Un conseil ou que vous partiez : prenez une assurance !

Je profite des dernieres heures qui me reste pour vous ecrire ces quelques lignes avant de repartir au boulot.

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

Terre Rouge (3eme partie)

16 Janvier 2011

Pour ce 3eme tour, j’embarque cette fois-ci avec Jason, le guide. Cool, toujours le sourire et des dreadlocks jusqu’aux epaules. Il n’y a que 6 personnes au depart d’Alice Springs. Les autres nous rejoindrons a Yulara apres manger. Et ca, ca veut dire 6 personnes pour le repas de midi : un demi-rush. Tant mieux. Apres les avoir recupere aux 4 coins d’Alice Springs, nous partons en direction de Yulara, avec les arrets habituels : station essence (mon sandwich gratuit…), la ferme des chameaux. Et entre chaque arret, pendant qu’on roule, je m’endors systematiquement.
Je rattrape a peu pres mes heures de sommeil manquants au moment d’arriver a Yulara. Le reste du groupe nous rejoint comme prevu.
J’ai quand meme un peu de boulot apres le repas. Je dois tout nettoyer et tout ranger comme d’habitude.
Ils repartent pour l’apres-midi.

Je suis seul. Il fait 40 degres. En sueur, dans ce silence soudain et les mains dans l’evier a laver les plats, je m’arrete et reflechis…
Hum… si j’attends trop longtemps, je n’aurais peut-etre plus l’occasion de… et si les touristes reviennent, ce sera carrement fichu pour aujourd’hui… surtout qu’aujourd’hui, je suis pas tres loin de…

Allez, c’est parti ! Je laisse tout en plan, je m’essuie les mains, je pars mettre de la creme solaire, ma casquette, mes lunettes de soleil ; je prends 1 litre d’eau et je quitte le campement, pour un bon emplacement, a plus d’un kilometre. Il est 15h et une chaleur torride s’abat en ce moment dans le Red Centre.
On ne la voit pas depuis le campement. Mais au bout d’un moment, on l’apercoit.
Je sors des sentiers battus pour grimper une petite colline. Les traces laissees par les serpents rampants sur le sable sont partout dans cette vegetation aride.
Je tape du pied a chaque pas. J’ai deja vide plus de la moitie de ma gourde et je n’ai plus beaucoup de temps ; il me faudra songer a un retour rapide.
Pour le moment, je continue ma lente ascension pour enfin arriver au sommet de la colline.

La terre rouge me brule les jambes : je suis a genou et elle est juste en face de moi : la montagne Uluru ! Non, je ne suis pas en trsain de la venerer ! Quoique…
Mais qu’est-ce que je peux bien faire a genou, au milieu du bush sous 40 degres ? La reponse :

5 mois !

Meme les bougies se tordent sous cette chaleur. J’aurais regrette de ne pas l’avoir fait alors que la montagne n’etait qu’a quelques kilometres seulement du campement.
Je dois quand meme vous avouer quelque chose…
Quand j’etais encore a Perth, vous vous souvenez, je tenais un billet de train entre les mains. Il devait me conduire a l’Est, pas bien loin d’ailleurs ; mais je devais etre a Uluru/Ayers Rock le mois dernier avant d’atteindre Sydney pour le Nouvel An.
Finalement, si j’avais pris cette option, je suis persuade que je n’aurais jamais rejoint Sydney a temps…
Il y avait une chance sur combien pour que je trouve un job qui m’offre Uluru/Ayers Rock sur un plateau le mois suivant, et un 16 du mois ? Un jour de moins, j’etais encore a Alice Springs. Un jour de plus, j’aurais ete a King’s Canyon…
Toutes ces bonnes augures me donne de l’entrain pour le chemin du retour.
Arrive au campement, ma bouteille d’eau est vide, toute la vaisselle est en plan, et je n’ai toujours pas attaque le repas du soir.

Je m’active, je m’active, et tout compte fait, je termine plus d’une heure avant le retour des touristes. Le metier qui rentre…

Il est 23h, je suis creve par cette journee. Personne ne saura a propos de mon echapee dans le bush. Je ferme la porte de la piece commune, et soudain, un serpent passe a moins d’1m de mes pieds pour repartir dans les profondeurs du bush australien !
Bonne augure, bonne augure… il faudra tout de meme rester vigilant ; comme pour me dire : « on t’as laisse tranquille au milieu du bush cet apres-midi, mais n’oublie pas qu’on est jamais tres loin… »

17 Janvier 2011

Je me leve a 3h15 dans la nuit noire et pas si fraiche que ca…
Lampe torche a la main, histoire de savoir ou je marche (et sur quoi…), je prepare les oeufs-bacon avant que les touristes n’aillent voir le leve du soleil sur Uluru.
Il reviennent pour midi.
Nettoyage des plats, on astique la piece commune et c’est parti pour King’s Canyon.
Pour certain, c’est deja le dernier soir. L’ambiance est meilleure que le tour precedent. Comme quoi, ca ne depend pas de mes repas qui sont les meme a chaque tour ; mais les gens sont plutot bavards entre eux et rient plus ouvertement. Va savoir pourquoi….

Ceux qui marchent, ceux qui volent et ceux qui rampent
A vrai dire, je ne suis pas vraiment tout seul durant la journee.
Certains reptiles de tailles imposantes, de mouches, de sauterelles, de volatiles et de scarabees s’invitent parfois dans la piece commune. Dans les toilettes, on peut trouver des gecko : de petits lezards inoffensifs, il y en avait partout en Asie. A cela, on peut ajouter les colonies de fourmis, si malencontreusement, on oublie de refermer un pot de confiture. Et si la nourriture n’est pas placee dans un container metallique durant la nuit, les souris rongent l’emballage.
Au lendemain matin, les pains de mie risquent d’avoir l’air de vrais gruyeres…
Promis, je ne presente jamais ca aux clients…

18 Janvier 2011

J’ouvre les portes de la piece commune a 4h30. Je les entends, toutes ces bestioles, cachees derriere le micro-onde, le frigo. J’entends les reptiles sur pattes escaladant les murs, ou faisant un vacarme sur le toit en tole.
Les touristes partent en rando, et je m’affaire aux taches matinales que sont le changement des draps et la preparation du repas de midi. Dernier coup de serpillere en debut d’apres-midi et c’est officiellement la fin de mon boulot.
Nous partons pour Glen Helen Gorge. L’effectif sera tellement reduit pour le 4eme jour que la compagnie m’emploie pour 3 jours seulement. Le 4eme jour, c’est le guide qui prendra ma place.

Un jolie vue sur l'outback

Nous roulons desormais sur une route non-goudronnee, defoncee par les intemperies.

Le bus et les touristes

Sur cette route, nous rencontrons un couple qui viennent de passer les dernieres 24h dans leur berlines avec 2 pneus eclates.
C’est ecrit partout : la route n’est pratiquable qu’en 4X4 et ou en gros bus a suspension comme le notre.
Ils ont pousse la voiture sous un arbre mais nous sommes les 1ers a les avoir trouve. On est au milieu de rien. Avoir un probleme avec un vehicule peut s’averer tres dangereux dans le Red Centre. Comme dans le Nullarbour Plain, pas de point d’eau a des kilometres et pas de reception telephonique. Ils avaient des reserves d’eau, mais pas de quoi tenir eternellement.
Partir a pied ? Du suicide…
Jason utilise le telephone satellite de secours. Les Rangers arriveront dans quelques heures…

Nous poursuivons notre route.

Vue sur le West MacDonnell Range

Nous arrivons a Glen Helen Gorge, juste le temps de prendre un bus en compagnie des touristes ayant choisi le 3 day tour.

De retour a Alice Springs, il fait nuit et je recupere mon sac dans la cabane du jardin du backpacker. J’ai bien fait d’allumer ma lampe torche car devant moi se tient une araignee red-back, tissant tranquillement sa toile, juste a l’entree. Elle ne mesure que 2 ou 3 centimetres, mais c’est l’espece d’araignee la plus dangereuse d’Australie. Son venin est neurotoxique et sa morsure, tres douloureuse entrainent vomissement, abdomen rigide, probleme respiratoire et perte des reflexes (rien que ca…). Dans ces cas-la, ne jouez pas « l’ami des betes »…
Celle-ci finira ecrasee sous ma belle grosse chaussure de randonnee pointure 47.

19 Janvier 2011

1er jour de day-off. Repos et parcours de la ville a velo. Il fait environ 40 degres. Comme hier…

Se loger a Alice Springs
Alice Springs, c’est aussi une ville ou il est difficile de se loger. Depuis une recente politique de retrocession des terres aux aborigenes, ces derniers font louer leur terrain ou decident de les conserver sans y toucher. Pour exemple, juste en face du backpacker, impossible de construire quoique ce soit : propriete des aborigenes. Ils se sont d’ailleurs installes dans des tentes au milieu du champ… Peut-on leur reprocher de vouloir garder leurs terres ancestrales en l’etat ? Alors on s’observe, de temps en temps ; on passe devant eux a chaque fois qu’on sort ou qu’on rentre. C’est ca Alice Springs : une etrange cohabitation.

20 Janvier 2011

Cette cohabitation, je la retrouve aujourd’hui en me rendant a la bibliotheque d’Alice Springs. C’est d’ailleurs un des rares endroits ou les aborigenes ne crient pas. On les voit regarder un film a plusieurs, lire des magazines, jouer a de petits jeux simplifies sur Internet et meme faire du coloriage d’enfants, le casque audio sans fil sur les oreilles. Cette ville m’etonnera toujours !
Il faudra que je m’interesse par la suite a l’art aborigene ; autre que les coloriages…

21 Janvier 2011

Interessons-nous aujourd’hui, si vous le voulez bien, et pour mon 3eme et dernier jour de day-off, aux reptiles ; et si possible, a ceux qui m’entoure quotidiennement lorsque je travaille.
Je me rend au Reptile Centre d’Alice Springs.
Je tiens a savoir quel serpent j’ai vu passer pres de moi a Yulara ; et pourquoi pas, avoir plus d’infos sur les gentils (pas nombreux) et les mechants serpents (en surnombre).

Reptile Centre - Rien a craindre, ils sont sous vitrine
A part un : un Spencer's Goanna, totalement inoffensif, la replique exacte de ceux qui trainent autour du campement de Yulara et qui rentrent parfois dans la piece commune
Calmes et inderangeables
Le Blue Tongue Skink

Les varans d’Australie sont communement appeles les « goannas ». Je retrouve les memes autour de mon barbecue ou rampant sur les murs et le toit. Ils ne sont pas dangereux, ils s’approchent de toi timidement. Le moindre geste brusque les font detaler de quelques metres. Puis ils reviennent quelques secondes apres. Courageux mais pas temeraire.

Le Perentie - Imposant mais pas mechant

Passons maintenant aux serpents. J’apprends que les pythons d’Australie ne sont pas venimeux et que la majorite sont sans defense face a l’homme. Ils attaquent les crapeaux, les lezards, les petits mammiferes, et toujours de la meme facon : par constriction.

Le Stimson's Python - Relativement petit pour un python

Central Carpet Python

J’en suis certain, ce n’est pas un python que j’ai croise a Yulara…
J’interroge une responsable et je decris son signalement. Je ne tiens pas a ecrire n’importe quoi sur ce blog. Meme si ca doit prendre du temps, je veux connaitre l’espece exacte :

– « Je travaille a Yulara, lui dis-je. Un soir, j’ai croise un serpent long, clair, plutot fin et de couleur unie »

Nous faisons quelques recherches sur les especes presentes dans le centre en fonction de leur lieu de vie habituel. Meme si les pythons sont quelquefois de couleur unie, ils sont trop gros ou bien trop fin par rapport a celui que j’ai vu.
Ce n’est pas :

Le Mulga Snake ou King Brown, present partout en Australie. Il est trop large

Ce n’est pas non plus le Taipan, le plus venimeux au monde: il vit dans la region de Darwin ou au Nord-Est, dans le Queensland (au passage, il baigne en ce moment entre les maisons du Queensland, englouties par les eaux, en compagnie des crocodiles).

J’approche du but. Ca y est, il est la :

C'etait un Brown Snake, le 2eme plus dangereux au monde apres le Taipan !

Mais j’apprends qu’il mord rarement, ou seulement lorsqu’il est provoque.
J’ai neanmoins entendu parler d’attaques sans raisons, et d’une histoire ou la personne mordue n’a pas eu le temps d’atteindre l’hopital, meme en courant… surtout en courant devrait-on dire… Et oui, lorsqu’on court, le venin circule plus vite dans le sang.
La solution ? Se faire porter ou transporter en voiture. Ca s’est deja produit par le passe, et la personne a pu etre sauvee.
En revanche, au milieu du bush, si vous n’etes pas un medecin transportant un kit anti-venin, peu de solutions s’offre a vous…

Ne cedons pas non plus a la parano, mais (conseils du jour) n’oubliez pas une lampe-torche lors de vos deplacements et virees nocturnes dans l’outback ; secouez votre sac de couchage avant de dormir a la belle etoile et enfin, TAPEZ DU PIED !!!

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

Terre Rouge (4eme partie)

22 Janvier 2011

Clara, dans un dernier elan de courage et avec une toute petite voix, me souhaite bon courage avant de ressombrer dans un profond sommeil : il est 3h25 du matin et je m’apprete a quitter le backpacker pour 3 jours de tour dans le Red Centre.
Ce matin, c’est encore un chauffeur de taxi d’origine indienne qui passe me recuperer. La fois d’avant, c’etait meme un sick (souvenirs, souvenirs…)
J’embarque encore une fois avec Jason.
Pour la 1ere fois, parmi les 13 touristes, il y a des francais dans le groupe.
Mon tour est plutot haut de gamme puisque la clientele n’a plus qu’a mettre les pieds sous la table au moment du repas ; ils dorment dans des lits confortables au lieu des petites tentes traditionnelles et des sacs de couchage, a la belle etoile.
Les francais ayant un pouvoir d’achat quelque peu moins elevé par rapport a certains pays d’Europe, j’ai plutot affaire generalement a des suisses, des scandinaves, des allemands mais aussi a des coreens et des japonais.

J’adore les francais !
Apres les allemands, les francais sont ceux qui viennent les plus nombreux en Australie pour voyager ou pour travailler. La plupart parle un anglais tres approximatif comparés a ceux des allemands, souvent bilingues ou de passage en Australie pour perfectionner leur anglais ; nous, c’est plutot pour apprendre l’anglais, depuis la base…
Et c’est ca que je trouve beau : remplis de courage et prets a affronter la terrible langue anglaise, nous arrivons de plus en plus nombreux en terre australienne. Meme pas peur…

Et voici l’une des premieres phrases que me disent les francais originaires de Martigues, avec un accent du midi des plus resonnants : « Nous, on parle pas anglais, mais on s’en fout, on voyage quand meme ! »
Ca, c’est dit !
Bon, il ne faut pas categoriser non plus car la plupart des quincagenaires des autres pays d’europe que je rencontre ont egalement un niveau tres moyen en anglais. L’ecart le plus visible entre europeens se ressent surtout chez les moins de 30 ans.
Il fait 42 degres aujourd’hui a Yulara. C’est un chaleur seche et meme si on transpire, il ne fait pas lourd ; bizarrement, ca reste plus supportable que l’Inde et sa chaleur moite.
Je finis de preparer le repas 2h avant que les touristes ne reviennent, ce qui me laisse tout le temps pour prendre quelques photos de l’endroit ou j’atteris et ou on me laisse seul, a chaque debut de tour. Quelques photos-souvenirs de mon 1er job remunere hors de France :

L’interieur de la piece commune
Le barbecue de competition !
Le campement
Les lits

Les prix s’envolent : 800 dollars pour 3 jours (600 euros) ; plus de 1000 dollars pour 4 jours (plus de 700 euros).
23 Janvier 2011

Il est 5h30. Lever du soleil. Dans le bush, on entend les dingos pousser des cris de loups.
Il va faire chaud aujourd’hui ; autant faire les taches habituelles le plus tot possible. A partir de 8h, ca cogne dur !
L’apres-midi, c’est parti pour King’s Canyon. Les arrets sont courts, on ne peut rester tres longtemps au soleil.
Nous arrivons a Canyon Creek, au Bush Camp, le second campement de ce tour.
Jason me fait savoir qu’un serpent se cache generalement sous le micro-onde, dans la piece commune :
– « Et quel genre de serpent ? »
– « Python »
C’est bon, c’est un gentil…
24 Janvier 2011

Au cours de ce tour, je trouve plusieurs techniques pour etre plus productif. Ce matin encore, je termine largement plus tot que d’habitude.
Fatigué, mais desormais, plus debordé.
Il est midi. Fin de mon boulot.
Encore 1500 kms d’avalé en 3 jours. L’equivalent d’Alice Springs-Adelaide ; ou si vous preferez, Clermont-Ferrand-Budapest a chaque tour !
25 Janvier 2011

1 jour de repos. 1 seul petit jour de repos avant de repartir pour un tour.
J’en profite pour faire une chose importante avant d’oublier : filmer la ville.
C’est souvent le lieu dans lequel on reside le plus longtemps qu’on oublie de garder des images.
Je prends un velo pour capturer les « preuves » de cette ville improbable.
Le soir venu, Rossco m’amene bien sympathiquement jusqu’en haut de l’Anzac Hill, qui surplombe Alice Springs :

Anzac Hill – Anzac signifiant Australian and New Zeland Army Corps

C’est en fait un monument commemoratif de tous les combats menés par les australiens et les neo-zelandais depuis la 1ere Guerre Mondiale : Turquie, Coree, Papouasie… mais aussi la Bataille de la Somme, en France.

Sommet de l’Anzac Hill

Demain, c’est l’Australia Day, un evenement plus important que Noel aux yeux des australiens.

 

australia

L’Australia Day
Cette fete commémore la création de la première colonie britannique sur le sol australien en 1788. A l’epoque, elle a reuni 11 bateaux charges de vivres, d’armes et de materiels de construction ; 250 soldats avec leur femme ainsi que 751 convicts (forcats). Un seul but : construire l’Australie (vaste chantier…).
Et 1ere fondation : le bagne construit dans une crique qui deviendra la baie de Sydney…
La « Premiere Flotte »
Cette Premiere Flotte connu les pires conditions une fois debarquee sur le continent australien : le blé apporté d’Angleterre avait moisi durant le trajet, le betail etait mort ou alors perdu dans l’outback. La plupart des forcats sortaient des taudis londoniens et ne connaissaient rien a la peche ni au travail de la terre. Ce n’etaient en fait pour la plupart que de petits delinquants. Apres 8 mois passes en mer, les convicts aspiraient a la liberté. Il n’en fut rien car les conditions de vie furent encore plus deplorables une fois debarqués : chatiments corporels, durete des travaux ; les forcats allaient parfois jusqu’a commettre un meurtre pour etre executes, et enfin etre delivres de leur calvaire. S’enfuir ? Pour aller ou ? Ceux qui l’ont tentés sont morts d’insolation, de faim ou tomberent sous les lances des aborigenes.
Apres avoir purgés leur peine, leur seule issue etaient de s’acheter une ferme ou un petit commerce ; ce qui etait dans l’interet du gouvernement britannique qui preferait montrer l’Australie aux yeux du monde comme une terre de libre-entreprise et non pas seulement une immense contrée penitentiaire.
Neanmoins, a l’exception de l’Australie-Meridionale, tous les Etats Australiens se sont construits sur le travail des convicts.

Autrefois une honte, descendre d’un membre de la Premiere Flotte – simple soldat ou meme forcat – est aujourd’hui une veritable fierté pour un australien.

Alice Springs vue depuis l’Anzac Hill

Il fait quasiment nuit. Rossco souhaite se rendre a l’ancien poste telegraphique d’Alice Springs : 3 maisonnettes perdues dans la pampa, tenue a l’origine, par un certain Charles Todd (d’ou le nom de la Todd Street et de la Todd River) et sa femme, une certaine Alice…
Effectivement, Charles Todd nomma ce lieu en hommage a sa femme. Autrefois simple station de relais telegraphique, la ville grandit et parvint a se developper grace a la presence d’un trou d’eau.

Et « Springs », ca vient d’ou ?
« Springs » signifie « jaillir », « s’elancer » et c’est justement la raison pour laquelle cette ville, situee en plein milieu du Red Centre, existe : l’eau provenant de son sous-sol.
26 Janvier 2011

Je prends le taxi, et encore une fois, c’est un indien qui m’amene a Adventure Tours sur Power Street, a l’autre bout de la ville. C’est la ou les rickshaws manquent pour  ce genre de petits trajets : ici, il faut compter environ 17 dollars de taxi (12 euros) !
26 Janvier… 223 ans jour pour jour depuis l’arrivee de la premiere flotte australienne. Et il s’en est passé des choses en 223 ans lorsque tu vois Luke, le guide : barbe de 8 jours, grassouillet, piercings au nez et aux 2 oreilles. En chemin, pour aller recuperer les 1ers touristes a l’hotel, il teste le micro du bus en criant : « Mother f***** » et le soleil se leve sur une musique ragga qu’il vient de mettre « plein pot » dans le vehicule. Sans ca, il est sympas. Un « Aussie » pur et dur (surnom des australiens).

Les drapeaux australiens flottent sur tous les bus de la compagnie. La plupart des employes sont deguisés et tatoués de decalcomanies pour l’occasion.

Mais pendant que certains s’amusent peut-etre a Alice Springs, je suis a Yulara, comme d’habitude, seul, a preparer les quelques plats avec le son de la radio et le bruit des ventilateurs de la piece commune.
Journee des plus normales dans le Red Centre : une quarantaine de degres encore…

27 Janvier 2011

En ce qui concerne les touristes, la bonne ou la mauvaise ambiance ne tient a rien : il suffit d’un seul extraverti et ca change toute l’humeur d’un groupe ; ils prennent alors plaisir a marcher ensemble sous 40 degres dans l’outback ; en revanche, et pour exactement la meme virée, ca devient un calvaire lorsque l’entente n’est pas au rendez-vous…
Pour la penibilite du travail, c’est a peu pres pareil. Ca depend vraiment des mentalites et des touts premiers gestes de depart. Si ils prennent l’habitude de laisser la moitie des choses sur la table, ils le feront pendant les 3 jours.
Pour ce tour, non seulement il n’y a que 10 personnes (plus simple pour tout) mais en plus, ils ramenent absolument tout jusqu’a l’evier ; et se proposent meme d’essuyer les plats et les couverts avec toi. C’est moins laborieux et j’ai toujours autant de compliment, ca fait plaisir.

Nous partons en direction de Canyon Creek.

Je m’endors comme d’habitude durant tout le trajet. 5eme fois que je passe devant mais pour la 1ere fois, et meme si je suis »dans le paté » comme d’habitude, je prends le courage de faire une petite photo du :

Lake Amadeus – Un grand lac salé du Red Centre

Nous arrivons a Canyon Creek, au Bush Camp :

Le Bush Camp – Meme principe qu’a Yulara

Il a fait 43 degres aujourd’hui…

28 Janvier 2011

Il est 3h50 du matin, j’ouvre a nouveau la porte de la piece commune pour faire le petit dejeuner, que je referme immediatement pour ne pas faire entrer d’autres insectes attirés par la lumiere.
Les souris, deja presentes, s’enfuient.
Les sauterelles, elles, restent et s’amusent a se coller a toi.
Suicide collectif des fourmis dans l’urne d’eau chaude destinée au café. Toujours un torchon a la main, je repousse les libellules et les autres insectes volants qui se mettent sur les plats empilés et les couverts du buffet.
Je prepare les oeufs brouillés.
Nouvelle colonie de fourmis. Repérage du foyer de resistance et pulverisation au liquide vaisselle (j’ai trouvé que ca).
Le petit dejeuner commence. Je continue de repousser les insectes sur le buffet. Moins les touristes en voient, mieux c’est…
Ils partent ensuite pour King’s Canyon.
Je reste, comme d’habitude au Bush Camp pour changer les draps.
Il fait encore nuit. Pour le moment, c’est par terre qu’il faut regarder.
Puis, le jour se leve.
Un pied hors des tentes et c’est le debut des combats contre les mouches (combat perdu d’avance, va sans dire…).
Dans les tentes, je balaye les sauterelles, les araignees et les papillons de nuit ecrasés par les touristes durant la nuit. Le reste se fait a coup de balai ou de chaussures.
C’est fini, je mets la table pour midi et je prepare le repas.
Les fourmis rejaillissent d’un peu partout.
Re-pulverisation.
C’est au tour du gros lezard. Il rampe sur une poutre horizontale avec une envie tres pressante : « l’excédent » tombe a un metre de mes pieds (et du repas de midi surtout).
Nettoyage du sol souillé.
Le seul animal abonné absent de la journee a ete le python sous le micro-onde…

Voila ce que c’est d’etre en plein milieu du bush australien…
Tu ne vis pas dans la nature, tu vis avec elle !

Fin de mes 3 jours de mission. Suite a un probleme de transmission, la voiture devant ramener quelques passagers et moi-meme a Alice Springs a 3h de retard.
Elle finit par arriver.
Nous sommes maintenant a quelques dizaines de kilometres encore d’Alice Springs, et il fait nuit.

Soudain, nous apercevons un feu de bush de chaque cote de la route !

Brulage dirigé
Le chauffeur d’Adventure Tours nous explique qu’une fois par an, les autorités declenchent des feux a plusieurs endroits du bush.
C’est une technique – devenue une priorite pour l’Australie – permettant la préservation de la biodiversité et une meilleure régénération du sol. Elle vise aussi à réduire l’accumulation d’amas combustibles dans le bush et donc, d’éviter les incendies de plus grande ampleur.

Ce n’est pas une grande fournaise puisque la vegetation est basse, mais ca reste impressionnant.

Retour au backpacker. Julien me fait savoir que je n’ai absolument rien raté pour l’Australia Day.
Tant mieux.
Les feux d’artifice et les grands shows se deroulent dans les metropoles, pas dans la « toute tranquille » Alice Springs.

29 Janvier 2011

Je passe l’apres-midi au backpacker a me décrasser de ces 3 derniers jours brulants passés dans le Red Centre, a vous ecrire ces quelques lignes a propos de petites, de grosses bebetes,de fete nationale, de chaleur et de bushfire

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !