4 – Et le retour ?

Vous êtes dans le menu « Se préparer ». Se préparer au départ, oui. Et se préparer au retour ?

Le retour
En 1 an de voyage, on a le temps de changer !

 

Je pourrais très bien vous dire de profiter de chaque instant jusqu’au jour de votre retour, mais ici nous parlons bien de savoir comment se remettre rapidement et plus facilement d’un long voyage.

Pour ma part, obligé de prendre la voiture et d’aller n’importe où. Obligé de marcher et de faire des balades autour de chez moi. Ça a duré quelques jours… et puis ça s’est calmé.
Il m’a fallu environ 3 mois avant de vraiment reprendre un mode de vie « normal », sans la pulsion quotidienne de vouloir m’extirper de la routine, et de repartir.

Comme vous vous êtes fixé une date de départ, fixez-vous une date de retour. Au mois près. Et lorsque vous serez proche du retour, fixez-vous une date au jour près.

L’importance du but précis
Allons même jusqu’à parler de quête !
Fixez-vous un point de départ, et le même au retour. Que ce soit chez vous ou un endroit plus symbolique, de sorte que vous puissiez vous dire : « c’est fini, il n’y a plus aucune distance à parcourir ». C’est un peu triste de dire ça, mais dîtes-le vous plusieurs jours avant même de rentrer : « c’est fini… ». Mettez-vous dans le crâne qu’en arrivant sur le sol européen, vous êtes déjà rentré, particulièrement si vous décidez de vous arrêter dans des grandes villes ou des capitales européennes car il est préférable, pour un retour sans trop de dommages moraux, d’être au plus proche de « l’occidentalité » les derniers jours, et cela passe par les grandes villes.

Redevenez touriste les quelques jours qui précèdent le retour
Redevenez touriste les quelques jours qui précèdent le retour

« C’est fini », « c’est fini », « c’est fini »… Répétez-vous cela, au point que le vrai retour – le tout dernier jour – ne soit qu’une simple formalité dans votre esprit.
Oui je sais, les mots « simples formalités » sont terriblement réducteurs. Il ne dissimulera pas la joie que vous aurez de retrouver vos amis et votre famille. L’un des plus beaux jours de votre vie ! Mais on ne s’en rend pas compte sur le coup ! Vous aurez l’impression de les avoir quitté la veille tandis que de leur côté, le temps s’est écoulé beaucoup plus lentement.
Leur joie sera largement plus intense que la votre, ce qui est tout à fait normal : tous vos sens ont été tourné vers le voyage, la découverte de l’inconnu et, au fil des mois, vous avez accordé à ceux qui vous attendaient au pays une part moins importante dans vos pensées.
C’est la raison pour laquelle certains voyageurs partent pour finalement ne plus revenir. Ou bien ils reviennent, et repartent aussitôt.
En premier lieu, ayez un but, une quête, un projet quel qu’il soit, qui doit passer par un retour au point de départ, pour que ce voyage soit considéré comme totalement achevé.
Pour ma part, j’avais décidé de faire un long-métrage, avec l’idée de partir du sommet du Puy-de-Dôme pour revenir au même endroit, un an plus tard (la vidéo ici).

Donc pour terminer ce film, il fallait bien rentrer !
Et pour terminer ce film, il fallait bien rentrer !

Alors comment combattre la déprime du retour de voyage et comment se re-familiariser avec son environnement initial ?
D’abord, en se débrouillant pour revenir durant les beaux jours, c’est tellement mieux pour le moral !
Recréez des souvenirs, des soirées. Remettez-vous vite au travail ! Occupez votre esprit, bougez, sortez, soyez actifs ! Toutes les occasions sont bonnes. Soyez accompagnés. Forcez les rencontres, ce qui ne sera pas trop difficile dans votre cas étant donné les milliers de connaissances que vous avez fait durant votre périple…Une bonne idée est celle de proposer votre canapé en couchsurfing. Pour parler de votre voyage, il n’y a pas mieux. Oui, parce ce que vous allez finir par vite soûler vos amis proches avec vos vieilles anecdotes de nomade ! En covoiturage, c’est un sujet de conversation sans fin !
Rappelez vos connaissances perdues de vue (autrement dit, environ 99% de vos amis facebook…).

Retenez bien 3 choses, l’une avant le départ, l’autre durant le voyage et la dernière un peu avant le retour :

1) Partez quand tout va bien
Partir quand tout va bien est la meilleure raison pour avoir le courage de rentrer. Parce qu’il en faut du courage pour rentrer. La découverte de l’inconnu était devenu votre façon de vivre, le retour à la vie normale devient votre plus grande crainte. Une crainte qui grandit jour après jour. Mais elle s’estompera plus vite, si au départ vous n’avez rien fuit.

2) Des projets plein la tête
Durant toutes ces heures d’avion, de train ou de bus, prenez le temps de réfléchir à ce que vous comptez faire en rentrant ; à des projets personnels ou professionnels ; à ce que vous aimeriez changer en vous ou dans vos anciennes habitudes de sédentaire.

3) Le retour en douceur
Commencez à vous déplacer moins vite. Réduisez la vitesse de croisière et prenez le temps de vous « re-occidentaliser » les derniers jours de voyage.
Il aurait été bien différent de faire une année complète dans un seul et unique pays lointain, et devoir prendre l’avion pour atterrir brutalement à Roissy, sans aucune transition. La notion de tour du monde prend tout son sens lorsqu’on rentre par des moyens de locomotions locaux, en restant sur le plancher des vaches, en voyant défiler les paysages et en s’arrêtant quelques temps dans plusieurs villes d’Europe. Faîtes-le jusqu’au bout si vous le pouvez.
La « ré-occidentalisation ». Voilà le maître-mot.
Pour ma part, j’ai gardé un peu de temps pour rentrer tranquillement en passant par /les Balkans jusqu’en Italie. Ce sont toujours des endroits dépaysants, mais en passant par les grandes villes, ils permettent de vous mettre progressivement dans l’idée que c’est fini.

L’avantage d’un tour du monde, c’est de traverser des dizaines de pays différents.
Au final, une fois rentré, ce n’est pas vraiment un pays en particulier qui vous manque. Vous les avez finalement tous aimé, sans trop avoir de nostalgie pour l’un ou pour l’autre. C’est d’ailleurs un gros atout pour vous remettre plus rapidement d’un tel périple !
Ce qui vous manquera le plus, ce sont les gens que vous avez rencontrés, mais c’est surtout l’idée du Voyage, la façon de vivre au jour le jour, qui a été votre style de vie durant des mois. C’est ce mode vie qui va vous manquer durant un temps.

Si vous ne pouvez pas être partout en même temps et revoir tous les gens que vous avez rencontrés durant votre voyage, vous pouvez au moins recréer des choses avec ceux qui ont attendu votre retour durant des mois. Les vrais ! Et pas besoin d’aller très loin, pour vous sentir à nouveau dans le contexte du voyage. Un week-end prolongé dans une autre ville de France ou dans un pays limitrophe fera très bien l’affaire.

Même si votre Grand Voyage sera toujours numéro 1 sur le podium, ces petites excursions mises bout à bout prendront le dessus petit à petit, et vous permettront de moins sacraliser la Grande Épopée.
Vous pouvez aussi prolonger le voyage en faisant un album photo, un film, un diaporama, un livre… Et n’hésitez pas à relire vos carnets de notes ou votre blog, histoire que vous vous souveniez autant des bons que des mauvais moments. Ça aide !

Et bonne nouvelle : plus vous voyagez par la suite, moins la déprime du retour de voyage se fait ressentir.

Vous avez fait quelque chose que l’immense majorité de votre entourage n’a jamais fait. Vous avez raté des évènements au pays oui, mais votre entourage aussi a raté des choses en ne voyageant pas !
Après votre retour, la vie de tous les jours aura un goût définitivement différent, c’est sûr. Mais au final, tellement plus de saveur !

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Théories de voyage… et beaucoup de pratique !