Un jour à Sarajevo

17 Aout 2011

Reveil sous la tente, il est 6h30.
Je prends le temps de savourer ce matin le gateau-des-1 an, en évitant quand meme de bouffer la cire…

Je pars en bus depuis la station de Budva, en direction de la frontiere bosniaque.
Superbe paysage de montagne. Beaucoup de virages sur une route pas entiérement goudronnée, mais beau paysage quand meme.
Le petit poste se trouve la, perdu dans la montagne, une riviere tres en contrebas faisant office de frontiere.

Changement brutal de décor ? Non, toujours pas. Nous sommes toujours a traverser cette belle chaine des Balkans d’Ouest en Est.
Quelques arrets rythment le parcours (et heureusement). J’ai le temps de sympathiser avec un couple d’italiens.
Il est presque 16h, nous arrivons a Sarajevo, au milieu de la chaine balkanique.

Sarajevo… Un nom qu’on a tellement entendu dans les années 90. Aujourd’hui, on en a toujours une image plutot désastreuse.
Si au Chili par exemple, les enfants de ma génération n’ont pas connu la dictature, on ne peut pas en dire autant de la jeunesse bosniaque pour ce qui est de la guerre en ex-Yougoslavie.
Le passé ressurgit des qu’on leve les yeux sur les batiments, notamment certains grands immeubles – excentrés de la vieille-ville – bordant les alentours de la station : des impacts de balles et d’obus, partout sur les facades. Lorsqu’une partie du mur a vraiment subi de gros dégats, on a empilé des parpaings pour qu’une fenetre ou une porte-fenetre puisse a nouveau trouver sa place. Pour les obus qui n’ont pas percé les murs, on a laissé tel quel. Et c’est presque toujours le cas. La plupart des vitrages formant le pourtour des balcons est couvert d’impacts de balles et n’ont jamais été remplacés. On étend son linge dessus, on plante ses fleurs dans des pots juste a coté. Meme les habitations plus basses sont encore criblées de balles. On a rebouche les trous avec le ciment de couleur différente bien entendu ; ceux qui ont les moyens ont totalement recrépis leurs murs. Mais ca reste une minorité de proprietaires, meme 16 ans apres la fin de la guerre.

Il fait beau et chaud. On est dans l’arriere-pays méditerrannéen. Je suis persuadé que l’humeur était différente avant la guerre. Ca devrait crier, siffloter, chantonner. Des sourires, oui beaucoup. Mais surtout de la retenue et de l’humilité dans les gestes et les comportements. Ca se ressent.

Avec les 2 italiens, nous avons pris le temps de marcher un peu, pensant que la station de train ne serait pas loin. Finalement, nous partageons un taxi apres qu’un habitant nous ait dit que la station était a plusieurs kilometres encore. Eux comme moi devons booker pour notre prochaine destination avant de se rendre en centre-ville. Le chauffeur de taxi accepte les euros. Arrivés a la gare, j’en profite pour retirer des Konvertibilna marka, des mark quoi…
Une fois le ticket de train en poche, nous prenons un vieux tramway (celui-ci est vieux, mais j’en ai apercu des plus récents), jusqu’au centre de Sarajevo.

Mon regard est alors différent. Le centre-ville a été en grande partie rénovée. Les rues piétonnes sont sympas a sillonner.
Sarajevo n’est pas une grande ville ; on voit alors souvent les montagnes puisque les immeubles sont peu nombreux. Et tout autour de la ville justement, de belles maisons de campagnes. Certains batiments du centre sont encore couverts de balles et d’éclats d’obus mais la politique de la ville c’est la rénovation ; et pour ca, ils aiment les couleurs vives. Ca n’a rien a voir avec les vieux immeubles des quartiers de la gare.

J’entre dans un hostel tout neuf et pas cher, en plein coeur du centre-ville. Il fait presque nuit.

Fatigué du trajet de la journée pour se rendre jusqu’ici, je décide de ne commencer ma visite que demain. Je fais juste un détour par la superette du coin. Je réalise en fait que la ville de Berlin, lors d’un précédent voyage, avait gardé des traces de bombardements intensifs par les troupes alliées. Et ca fait presque 70 ans de cela !

Je suis dans une rue de bars, et j’entends la musique. Beaucoup d’autres ruelles sortent les enceintes le soir. C’est vivant. La jeunesse est partout.

18 Aout 2011

Je pars ce matin en direction des hauteurs de la ville. 3 ou 4 cimetieres de taille moyenne entourent la ville. J’en longe un. Ils sont faits de pierres tombales blanches ou l’on peut, meme de loin, distinguer les années de deces sur ces dernieres : 92-92-94-93-93-93-92-93-93-93-93-94-93… Les 3/4 ont une date finissant par une année comprise entre 1992 et 1994. Les populations civiles ont payéees un lourd tribut, tant du coté bosnien et croate que du coté serbe.

Me voici en haut d’une colline, et a partir de maintenant – et je prends ca comme un devoir – , je voudrais faire en sorte de changer l’image qu’on a de cette jolie cité, qu’on a trop longtemps assimilé a une ville ou regne le chaos. Certes, beaucoup d’immeubles conservent les traces du passé, mais en 16 ans, bien de choses ont tout de meme changé.  Alors commencons par la belle campagne toute proche. On s’y rend tres facilement a pied :

Sarajevo, un bel apres-midi d'été

 

J’ai un jour pour faire changer les esprits. Alors ensemble, on modifie l’image qu’on a de cette ville agréable :

Une rue piétonne, avec souvent ce genre de maisons basses aux tuiles rouges. Les petits commerces sont partout

 

Une autre rue commercante. Les collines ne sont jamais tres loin

 

Oui, des costumes-cravates a Sarajevo

 

On continue, on continue, on continue de modifier l’image qu’on a de cette ville, on ne lache rien :

 

Beaucoup de parcs, d'espaces verts et la riviere Miljacka qui traverse la ville

 

Eglise catholique et autres batiments rénovés

 

Il y a aussi plusieurs mosquées…

... et minarets

 

En gros, la population est moitié catholique romaine-serbe orthodoxe, moitié musulmane. Comme en Albanie, le taux de pratique religieuse est faible.

Bon, continuez a faire un travail intérieur. Sarajevo est une ville tres sympas. Pas forcément grande mais jolie :

Et je ne suis pas le seul a le penser...

 

Loin de la...

 

Tres loin de la...

 

Sur le coup, je n’ai pas trouvé de plaque italienne, mais il y en a aussi beaucoup, autant que les francais.

 

BIH pour BosnIe -Herzegovine. Tout est pret, il ne manque plus que le petit drapeau bleu a 12 étoiles...

 

Et une petite derniere : une place qu'on pourrait appeler "Place des pigeons". Les familles se baladent, les enfants s'amusent a se prendre en photo avec les volatiles

 

Bon alors, c’est si terrible que ca Sarajevo ?
Bien sur, c’est encore tout frais dans les esprits de chacun, on apercoit toujours quelques impacts de balles a la sortie d’une rue. Ca saute aux yeux pour ceux qui débarquent fraichement a Sarajevo comme moi. Mais a force d’en voir, ca commence a faire parti du décor. C’est la, c’est tout. Les jeunes de mon age voient cela comme un tres mauvais souvenir d’enfance. Les adolescents, comme des événements faisant partie de l’Histoire.

Proche des plages croates et sur la route pour se rendre en Grece, je ne peux que trop vous conseiller de vous rendre pour le week-end a Sarajevo. Elle est tellement calme et tranquille aujourd’hui ; et c’est avec la meme tranquilité que vous devez arpenter ses ruelles.
De mon coté, 1 jour… je n’avais qu’un seul jour a consacrer a cette ville. Mais j’espere en tout cas avoir accompli « mon devoir de voyageur » durant ce laps de temps.

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

 

2 réflexions au sujet de « Un jour à Sarajevo »

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