Lima, Nazca, Incas et Titicaca

3 Juin 2011

Me voici donc a Lima, la capitale.
Je traine un peu sur Internet le matin et me rends sur le site Couchsurfing.
Le Couchsurfing, c’est loin d’etre simplement un réseau d’hébergement chez l’habitant : lorsqu’un membre se connecte, on est directement repéré par les locaux, membres du réseau. Un liménien (habitant de Lima) m’envoie un message en fin de matinée. Il s’appelle Jhony (prononcez-le a la francaise si ca vous fait tellement plaisir…), il est diplomé de tourisme et travaille dans un autre backpacker, dans le quartier de Miraflores, le meme quartier que le mien.
Lima est immense : pas moins de 42 districts ; et Miraflores est un quartier récent, proche de la mer.

En attendant qu’il me réponde, je pars cette apres-midi en direction de la mer. Je traverse les quartiers commerciaux aux enseignes connues. Bon… rien de bien foufou ; et du bruit : les taxis te klanonnent pour t’avertir qu’ils passent devant toi, au cas ou. C’est presque systématique et assez agressif a la longue.

J’arrive au bord de l’Océan Pacifique que j’avais laissé a Panama. Et bien… j’aurais le laisser a Panama… jugez par vous meme…

Vous trouvez ca joli ?

Du béton, beaucoup de béton. Les batiments n’ont rien d’attrayants. Peut-etre que les autres plages de Lima ont plus d’atouts. Pour ma part, j’aurais du prendre un hostel dans le quartier historique comme d’habitude. Mais l’appel de l’océan a pris le dessus et je le regrette finalement.

Je rentre a l’hostel. Je souhaiterais me rendre a Nazca demain, au sud. J’interroge la receptionniste sur la meilleure facon de s’y rendre, lorsque le téléphone de l’accueil se met a sonner.
Elle me dit : « C’est pour vous ».
Tiens, tiens…
C’est Jhony. Il me donne rendez-vous a l’entrée du centre commercial, a 2 pas de l’hostel.

Liménien de naissance, il parle tres bien l’anglais et souhaite me faire visiter le quartier. Je lui dis que je n’ai que quelques heures (demain je repars) et que je dois d’abord acheter mon billet pour Nazca.
Ensemble, nous partons d’abord pour régler ca. Il m’indique une agence.  C’est bon, départ demain matin. Jhony me demande si je suis allé visiter le quartier historique. Je réponds non, un peu honteux.
Il me dit :
– « Tu pars demain et tu n’as pas vu le centre historique ? »
– « En fait j’attendais que tu répondes a mon message pour qu’on y aille ensemble »

C’est vrai, je ne me sentais pas de faire des kilometres tout seul. Si je peux etre accompagné d’un local, j’aime tout autant la visite.
Il connait bien sa ville.

Nous prenons le Metropolitano qui est un bus rapide avec une voie lui étant entiérement réservé. Il fait nuit a présent et nous voici arrivé au centre historique de Lima. J’ai bien fait d’y aller, c’est superbe de nuit.
Batiments coloniaux, cathédrale, hotel de ville, fontaines. Il m’explique meme la signification de chacune des statues representées sur la fontaine principale. J’aurais bien pris des photos, mais mon appareil n’apprecie pas vraiment la nuit.

De Juin a Octobre, une bruine tres fine – qu’on appelle garua – venant de la mer rend le ciel de Lima vraiment tristounet. Il paraitrait d’ailleurs qu’au XVIeme siecle, lorsque Pizarro cherchait le meilleur endroit pour batir la capitale, les Incas lui indiqua cet endroit brumeux pour se venger des exactions commises par les conquistadores sur le peuple indigene. Ca n’a pas empeché Pizarro d’élever de superbes monuments autour de la Plaza de Arma et de la Plaza Mayor.
Malheureusement, quelques monuments n’ont pas subsisté au tremblement de terre de 2007. L’épicentre, situé 200kms plus au sud, détruisit la moitié de la ville de Pisco, et la secousse fut ressentie a Lima durant 1min30 !
Jhony s’en souvient bien. Je lui parle du tremblement de terre que j’avais ressenti lorsque j’etais dans le Chiapas, au Mexique. Ca n’avait duré que 15 secondes ; mais ici, a Lima, 1min30, ca a du vraiment paraitre long.

Dans le plus vieux bar de la ville, je goutte l’Inka Cola. Les péruviens en sont fiers car la boisson est plus consommée que le vrai Coca-Cola. La multi-nationale a tout de meme fini par la racheter…
Ce bar est en effet chargé d’histoire, et continue de l’etre, car bien placé, tout pret de la mairie et de la maison presidentielle, c’est ici que les politiques se retrouvent, me dit Jhony.

Dimanche ce sont d’ailleurs les élections. Impossible d’y echapper ; partout j’ai vu des banderoles, des affiches, des drapeaux et meme des maisons peintes entiérement aux couleures d’un des 2 camps. La ferveur est immense puisque le Pérou n’a pas de Président depuis 5 ans, l’ancien president Fujimori étant incarcéré pour corruption.
C’est un coude-a-coude entre Ollanta et Keiko Fujimori, « la fille du prisonnier ». Jhony me dit qu’il n’apprécie pas Keiko car il pense qu’elle a certainement trempé dans les affaires de son pere… Si elle est élue, elle serait alors la 1ere femme presidente de l’histoire du Perou.
Voter, c’est une obligation au Pérou. Dans le bar ou nous nous trouvons, il est interdit de servir de l’alcool pendant toute cette periode. Je demande a Jhony la raison. Il me répond que c’est pour éviter les violences lors de débats houleux sous l’effet de l’alcool.
Pas d’alcool, pas de client ou tres peu ; c’est plutot calme, a part les klaxons, toujours présents.

Jhony me propose alors un spectacle dans le parc des fontaines. Il n’y a que ca a faire ce soir. C’est une projection cinématographique de différentes danses sur les eaux qui jaillissent de la fontaine principale, le tout en musique. C’est vraiment sympas. Les parents et les enfants s’y retrouvent.

Pour le retour, nous le faisons en mini-bus collectivo. C’est assez folklorique : les avenues de la capitale sont longues et pour 20 centimes d’euros, tu peux traverser la meme avenue sans la quitter. Ca économise des dizaines de minutes de marches a pied. Il y a un chauffeur et un rabatteur a l’arriere qui n’arrete pas de crier a chaque feu rouge et chaque intersection pour faire venir un maximum de clients dans ce « dolmus » péruvien. Vous n’avez pas oublié ce mot j’espere : « dolmus ». Mais si, les mini-bus en Turquie…

Nous revoila a Miraflores. Jhony prend son boulot dans quelques minutes. Il fait 22h-7h au backpacker. Je l’accompagne pour jeter un coup d’oeil a cet hostel. J’aurais du prendre celui-ci pour résider a Lima quitte a etre dans le quartier de Miraflores… Mon hostel n’est pas mal non plus ; il n’y a que des américains, des canadiens et des australiens qui s’y sont refugiés la parce que l’accueil est anglophone. Je critiquais l’immense majorité de la population francaise qui ne parlait pas un mot d’anglais, mais il y a pire : les anglophones parlent rarement une autre langue que la leur… Pour le coup, les francais sont bien meilleurs en espagnol que n’importe quel autre pays anglophone.

Jhony ne travaille dans ce backpacker que depuis 2 jours. Il s’occupe de l’entretien et du bar. Il me propose un Pisco : un boisson alcoolisée qui se boit en cocktail : 1/2 blanc d’oeuf, du jus de citron, du sucre de canne, un peu de glace pilee et… du Pisco qui se rapproche de la Grappa italienne ; le tout passé au mixeur.

Ainsi s’acheve cette soirée sympathique passée dans le quartier historique de Lima (autant oublier l’apres-midi a Miraflores, ca n’en valait pas la peine).

Retour a l’hostel pour une courte nuit de sommeil.

4 Juin 2011

Levé a 5h30. Nazca m’attend a plus de 450kms au sud de Lima, et 55 kms a l’Est du Pacifique, dans les terres sombres et désertiques. C’est dans cette pampa – la Pampa San José – qu’on a découvert au début du XXeme siecle d’étranges motifs au sol datant de l’époque dite de la « Civilisation de Nazca », entre 300 et 900 apres JC – peuple ayant vécu bien avant les Incas – .

Le bus arrive a Nazca vers 14h. Je prends directement un taxi qui m’amene en dehors de la ville, a l’aérodrome. Toutes ces figures géométriques ont été découvertes par avion et c’est – de loin – par ce moyen de transport qu’on peut les observer le plus distinctement.

J’embarque dans un CESSNA avec 1 pilote, 1 co-pilote et 3 américaines. Ce paysage apocalyptique s’étend a perte de vue jusqu’a buter contre de superbes montagnes aux teintes rouge-oranges.
Dans cette terre aride se trouve des motifs tels que des animaux (18 au total), un visage, des mains, un arbre, une fleur… Ce sont souvent des formes de plusieurs dizaines de metres. La plus longue est « L’oiseau-serpent » qui mesure 300m.

Ces motifs aussi rectilignes laissent toutefois planer le doute. Et si c’était l’oeuvre des extra-terrestres. Une poignée de gens le pense… Comment les Nazca sont-ils parvenu a obtenir autant de précision dans la création de ces motifs ? Les figures franchissent parfois les ravins, sont perchés a flanc de colline, mais restent d’une étonnante régularité dans leur tracé. Le mystere demeure…

En tout cas, du haut de l’avion a survoler ce paysage lunaire ou les figures apparaissent parfaitement sous nos yeux, c’est un tres bon moment et une rencontre aussi étrange que celle des curieuses statues de San Augustin en Colombie.
Les américaines, armées de leur appareil photo ont du mal a cadrer : l’avion secoue beaucoup. De mon coté, j’ai opté pour une méthode plus sure : le « 25-images-par-seconde ». Mon camescope quoi…

J’atteris sur le plancher des vaches apres 35min passé au dessus de la pampa.

Le chauffeur de taxi me fait une offre : il m’amene au musée Maria Reiche – que je souhaitais visiter – pour 50 soles, et me ramene ensuite.
Je lui répond :
– « OK pour 40 soles, pas plus »
– « 45 soles et au retour, on s’arrete au mirador »

Allez, ca marche. Le chauffeur est un type sympas. Il m’explique durant le trajet les différentes théories des lignes Nazca, et me parle un peu plus de…

 

…la folle du désert
Il me raconte que Maria Reiche, une mathématicienne d’origine allemande, était tres connue ici ; que sans relache, elle faisait des allers-retours depuis sa maisonnette (devenu le musée) jusqu’a la pampa. Les locaux la surnomma la loca del desierto (la folle du désert) : elle a passée sa vie sur ce site.
La théorie la plus plausible reste celle d’un calendrier astronomique géant, et si c’est le cas, ce serait le plus vaste au monde. Les détracteurs, apres des recherches par ordinateurs, affirment qu’il y a 1000 ans, il n’y avait aucune correspondance entre les motifs et la configuration du ciel de l’époque (d’ou les théories sur E.T l’extra-terrestre en tournée dans le secteur…).
Peu importe pour Maria Reiche, elle conserva son esprit carthésien jusqu’au bout.
Elle n’avait pas de reperes et éprouvait d’énormes difficultés dans ses investigations a cause du climat tantot aride tantot frigorifique de la pampa San José.
50 ans… 50 ans a prendre des mesures et a élaborer des théories axées autour de la physique, des mathématiques et de l’astronomie. Au volant de sa cocinnelle puis de son Volkswagen, debout sur son escabeau et nettoyant chacune de ces lignes au balai, elle travailla consciencieusement durant toutes ces annéees, aidée par le service aérographique de l’armée. Elle a survolé ces lignes des centaines de fois.
Elle aimait le Pérou et son visage fut meme gravé de son vivant sur un timbre du pays. Elle obtint la nationalité péruvienne a la fin de sa vie. Le jour de sa mort fut un jour de deuil national.

Le chauffeur me dit qu’il la voyait de temps en temps lorsqu’elle se rendait a Nazca. Son nom reste définitivement rattaché au site.

J’apprends 2 ou 3 choses supplémentaires au musée.
Le principe pour les Nazca de l’époque, était de retirer les pierres, de creuser 20 a 50cm de profondeur et d’y ajouter du sable a l’endroit du tracé.

J’aurais bien opté pour la théorie des extra-terrestres (ca ajoute un peu de piment). Les poteries retrouvées sur place montre qu’un culte était voué autour de ces figures. Donc, culte autour du calendrier astronomique ou autour de ces formes créees par les bonhommes verts ?
Mais il faut bien reconnaitre plusieurs choses : la société Nazca, comme les autres société du vieux monde connaissait bien le rythme des saisons et controlait le temps. De plus, pour chaque motifs, chaque formes, chaque dessins, il y a un acces pour que l’homme puisse y entrer, sans piétiner une seule ligne. Ce sont les raisons pour lesquelles on penche désormais bien plus vers un travail fait par des humains.

Au retour, le chauffeur m’amene comme prévu au mirador. De la, on ne voit que 2 figures, mais ca vous donne une impression de l’ambiance du site :


Les Mains
L’Arbre

L’anecdote des 9 doigts
Lorsque vous voyez « les Mains » sur la pampa ou « le Singe » (pas sur la photo), les 2 ont une main a 4 doigts, l’autre a 5 doigts. Personne ne sait pourquoi. Le chauffeur m’a fait la visite du musée et a évoqué une chose assez surprenante : il m’explique que Maria Reiche, avant d’arriver a Nazca et de commencer toute recherche sur le site, s’est piqué le doigt sur un cactus. La plaie s’est infectée et elle a du se faire amputer d’un doigt. Plus que 9 doigts, comme plusieurs signes de Nazca… Non, ne cherchez pas un théorie extra-terrestre pour le coup, c’est une pure coincidence ! J’aurais jamais fais attention meme en voyant des photos de la mathématicienne au musée. Il n’y a qu’un local pour connaitre ce genre de détail !

La pampa San José
La panaméricaine passe juste a coté
Ressentez l’ambiance
Et les montagnes dont je vous parlais prennent une superbe couleur en fin d’aprés-midi

Le taxi me ramene au centre-ville de Nazca. J’ai fais tout ce que j’avais a faire a Nazca, bien plus vite que prévu, et pourtant j ‘ai pris mon temps. Il ne fais meme pas encore nuit. Quitte a dormir ce soir, autant que ce soit dans un car, tout en avancant. Mais le prochain est dans longtemps. J’ai 5h devant moi. Je patiente bien gentillement dans le resto puis dans une salle Internet avant de revenir a la station.

5 Juin 2011

Il est un peu plus de minuit, je pars pour Cuzco, au Nord-Est.
Le soleil s’est levé depuis longtemps.

Et j’admire le superbe paysage des Andes durant le trajet
Sur cette photo, on voit un peu mieux les hautes montagnes enneigés

14h aprés mon départ de Nazca, j’arrive a la station des cars de la ville de Cuzco. Plutot que de prendre un taxi, je décide de parcourir la ville a pied jusqu’a l’albergue (hostel, backpacker, c’est pareil).
La ville n’est pas grande et possede un centre historique superbe. Cuzco se trouve en plein dans la Cordillere des Andes, on est a 3400m d’altitude et je commence a bien le ressentir meme en marche lente, car l’albergue se trouve dans une rue en pente qui surplombe toute la ville.

Cuzco

Ca me rappelle un peu Veliko Turnovo en Bulgarie : la ville est a taille humaine, les toits sont de couleur uniforme et l’auberge de jeunesse se situe dans la vieille-ville, perchée dans les hauteurs.

Il est 19h et j’entends les klaxons et des gens crier dehors : Ollanta vient de remporter les élections presidentielles. Je sors pour filmer la manifestation de joie des votants sur la Plaza de Arma (la place principale, celle qu’on voit sur la photo précédente).
Ce sont plusieurs petits groupes qui défilent. On agite les banderoles, sifflets au bec et voitures klaxonnantes (encore plus que d’habitude…).

Il fait nuit et il fait froid. En bermuda, c’est un peu limite. Pour demain au petit matin, il va falloir prévoir plus chaud.

6 Juin 2011

Levé a 5h. Je ressors le polaire et le manteau acheté a San Francisco (aux USA, pas au Pérou…), bien caché au fond du sac depuis des mois.

Hier, j’ai booké pour la visite de l’un des monuments précolombiens les plus splendide d’Amérique du Sud. C’est déja un bon indice…
Je vous épargne tout ce qu’il faut endurer avant d’y parvenir : bus, train, re-bus, flot de touristes, marchands de souvenirs, vendeurs ambulants omniprésents, prix d’entrée exhorbitant… Mais c’est un site sublime et incontournable ; et lorsqu’on accede a ce paradis de montagne, on ne regrette rien, absolument rien !
Il est midi, on est a 65kms au Nord-Ouest de Cuzco, et me voici enfin…

…au Machu Picchu

Il fait un temps impeccable.

Entouré par de superbes montagnes, on pourrait croire que le Machu Picchu est a une altitude élevée; pourtant on est ici 900m en contrebas par rapport a la ville de Cuzco

Le site est tellement grand que les touristes sont finalement bien éparpillés. On peut avoir sa tranquillité durant la visite (en Juillet et Aout, c’est loin d’etre le cas !) de ce site Inca.

Tiens d’ailleurs, petite mise au point :
Pour les civilisations les plus connues : les Azteques se sont sédentarisés autour de la vallée de Mexico ; les Mayas occuperent les territoires du sud du Mexique, du Belize, du Guatemala, du Honduras et du Salvador. Quant aux Incas, leur civilisation prirent naissance dans le bassin de Cuzco. Ils s’étendirent ensuite le long du Pacifique et de la Cordillere des Andes de la Colombie jusqu’au Nord de l’Argentine et du Chili en passant par l’Equateur, la quasi-totalité du Pérou et l’Ouest de la Bolivie.
Voila ! Ca méritait une petite mise au point car on a tendance a confondre un peu tout…
Revenons a nos moutons…

…et a nos alpaguas, qui règnent ici en maitre des lieux

Les alpagas sont plus petits que les lamas ; mais lui aussi, crache pour se défendre. Celui-ci a été sympas avec moi…

Durant 3h, je parcours le dédale de ruelles du site Inca.

 

La grande maison de campagne :
Le Machu Picchu aurait été une résidence secondaire pour les souverains Inca, a l’écart du pouvoir central que représente la ville de Cuzco. Un souverain ne se déplacant jamais seul, tout un village l’accompagnait ainsi qu’une cour et des dizaines de serviteurs. En tout, environ 1800 personnes vivaient sur les hauteurs du Machu Picchu au temps de la rayonnante époque de la civilisation Inca.

Le systeme de terrasses servait a endiguer les fortes pluies qui s’abattait sur la région.
L’esplanade centrale était la place principale du village :

L’esplanade centrale

Autour, 285 maisons au total. Les Incas, comme les Nazca a leur époque vivaient au rythme crée par le cycle des astres, qu’ils connaissaient parfaitement. Les temples sont nombreux : Le Temple du Soleil, de la Lune, le Temple des « 3 fenetres », le Grand Temple, sans oublier la maison du pretre, perché sur un promontoire sur le flanc ouest.

Ce que l’on voit au fond, c’est le Wayna Picchu, omniprésent sur toutes les photos d’ensemble. Il joue beaucoup dans la « personnalité » du site du Machu Picchu.

C’est un point majeur dans la conservation d’un site inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO : on devrait limiter certains accés au site. Pour ma part, je fais comme tout le monde, je ne me plains pas de la liberté de mouvement qu’on a sur le site, mais on peut circuler quasiment partout et ce n’est pas ce qui est le mieux pour un lieu aussi fréquenté (la, c’est le diplomé de Tourisme qui parle).
On commence toutefois a reverdir certains endroits trop piétinné. Bon point. En progres, mais peut mieux faire…
C’est important pour la perduration d’un site que d’interdire certains passages et je ressens encore du dégout lorsque je repense au site de Fatepur Sikri en Inde, laissé a l’abandon et pourtant classé au patrimoine de l’UNESCO.

Le Machu Picchu, lui, n’a rien perdu de sa magie.
Peu importe la maniere dont vous parviendrez a rejoindre le site, ne passez pas a coté de cette perle des Andes : si vous voyagez au Pérou, vous avez l’obligation de vous y rendre ! A n’importe quel prix !

Retour a Cuzco. Il est plus de 23h. Je suis fatigué mais J’AI VU LE MACHU PICCHU !

7 Juin 2011

Cette nuit n’aura pas été guere plus longue que la précédente. Je me leve a 6h ce matin pour rejoindre la station de car en direction de Puno, 450kms au Sud-Est de Cuzco.
Je ne quitte pas la Cordillere des Andes. Ca monte jusqu’a atteindre le début de l’Altiplano (plaine d’altitude) : entourée de cretes montagneuses. Cette plaine était recouverte a l’époque d’un vaste lac. Elle est aujourd’hui a l’origine d’une étendue d’eau « plus réduite » : le lac Titicaca. Et apres 7h de route, j’arrive en milieu d’apres-midi au bord du lac navigable le plus haut du monde, dans la ville de Puno a 3850m d’altitude.

Je ressens le manque d’oxygene encore plus qu’a Cuzco et retrouve une altitude digne des montagnes népalaises.
A la sortie du bus, j’avais d’ailleurs oublié cette altitude. Il m’a suffit d’une marche rapide pour me souvenir que désormais, il faut prendre son temps dans ses déplacements a pied.
Par contre, il fait plutot bon. Une douce fraicheur d’apres-midi qui laissera place a la froideur de la nuit.

A cette altitude, les motocarro ont opté pour les fermetures intégrales des 4 cotés, la ou normalement les portes de gauche et de droite sont inexistantes pour ces memes véhicules dans les villes de basses terres.
J’en prends un et pour 3 soles, il me dépose dans l’hospedaje que j’ai choisi. Un hospedaje, c’est plus un hotel qu’un backpacker (puisqu’il n’ya pas de dortoir) bien qu’il soit écrit « backpacker » a l’entrée. Bref, la chambre a un excellent rapport qualité-prix : presque le meme prix que dans un dortoir et avec tout le confort (et la propreté).

Mission numéro 1 : booker pour un tour sur le lac Titicaca. L’hospedaje fait aussi office d’agence, et les prix sont tres abordables pour une journée complete.
Mission numéro 2 : manger ! J’ai sauté beaucoup de repas ces derniers jours. Et pour affronter l’une des plus hautes régions au monde, autant prendre des forces.

8 Juin 2011

Réveil a 6h45 dans ma chambre glaciale non chauffée (le seul hic…)
Cette fois-ci, ce sera un tour en groupe. Ca limite les frais. Le collectivo s’arrete a chaque hotel avant de rejoindre le port d’embarquement.
Nous sommes une petite quinzaine (un chiffre correct pour une excursion en groupe) et quelques-uns sont espagnols. Au passage, je trouve qu’ils articulent moins bien que les péruviens ou les mexicains.

Les couleurs sont superbes le matin et la température monte au fil des heures.

Le 1er arret sera sur l’une des iles artificielles Los Uros. Elles sont 55 au total, construites a partir d’une suite de blocs compacts de terre et de roseaux d’environ 3m de profondeur. On ajoute a cela encore plusieurs couches de roseaux, appelé la totora pour renforcer le parterre. Les maisons sont surélevées d’encore 1m de roseaux supplémentaires :

Habitations Uros
Entre 4 et 7 familles vivent sur chaque ile d’une superficie d’environ 150 metres carrés

Espagnol, Quechua et Aymara sont les 3 langues officielles du Pérou. Sur les iles, ca dépend, c’est la rencontre des 3 langues (avec l’espagnol pour le tourisme bien entendu).

Ces peuples vivent d’ailleurs principalement du tourisme mais s’efforcent néanmoins de conserver leur tradition tant au niveau de la construction de leur habitation (unique au monde) que dans leur mode de vie quotidien tels que la peche ou la vente de canards et d’oeufs sur les marchés.

Le roseau sert a fabriquer les habitations, les meubles, les barques… L’intérieur du roseau est comestible. On l’utilise pour le thé autant que comme ingrédient pour la cuisine d’une maniere générale.

Pour les embarcations, la tradition a tout de meme fait place a la modernité des barques a moteurs

C’est plutot mou lorsqu’on marche sur ces iles. Quand une vague arrive, les abords de l’ile font quelques remous. C’est la raison pour laquelle on renforce encore plus le tour par des couches de roseaux.

Les Uros ont crée ces iles – a l’origine du coté bolivien (le lac est en effet a 60% péruvien et 40% bolivien) – pour échapper au pouvoir du puissant empire Inca. Ce n’est que tres récemment qu’ils ont fait mouvement (avec leur ile !) a l’ouest, coté péruvien, le gouvernement les ayant incité a s’implanter vers Puno pour développer le tourisme.

On peut voir au loin une de ces anciennes embarcations faite de roseaux

Le 2nd arret est a 2h de bateau, plus a l’Est, sur l’ile de Taquile. Celle-ci, c’est une véritable ile mesurant 7kms de long ayant l’apparence d’un gros monticule rocheux. Pas de voitures, pas de vélos, on se déplace a pied en suivant les sentiers de pierre. Et ca monte ! Il faut prendre son temps en marchant.

L’ile de Taquile

Cette ile a des airs de prairie écossaise par endroits avec ses terres verdoyantes, ses habitations et ses murets en pierres grises. A d’autres endroits (comme sur la photo), elle prend l’apprence d’une colline de bord de Méditérannée.

Les hommes et les femmes vivent ici en autarcie. On répartie les cultures et les récoltes en fonction des besoins. Lorsqu’on achete, c’est dans les coopératives (et pas ailleurs) pour que ce systeme perdure.

Ce n’est pas tout : la population refuse de sacrifier leur environnement au profit du tourisme. Ainsi, ils se sont opposés a la construction d’un hotel sur l’ile et comptent bien controler le développement touristique a un niveau raisonnable : seulement une boutique d’artisanat et un restaurant communautaire pour toute l’ile. Bon point.

Et plus encore : les hommes et les femmes ne se sont pas conformés a la mode d’aujourd’hui. Savez-vous pourquoi ?
Parce que leur habits révelent le statut de chacun. L’homme marié porte un bonnet rouge. Le célibataire, un bonnet blanc. La femme marié est en noir. La femme non mariée arbore 2 ponpons de taille importante a l’extrémité de son poncho de laine, tandis que la femme mariée possede 2 meme ponpons mais d’une taille legerement plus petite. C’est la seule chose qui différencie leur statut marital.

Pour toutes ces raisons, l’ile de Taquile est une ile vraiment AU-THEN-TIQUE ! Et ca fait plaisir d’en trouver encore d’aussi bien preservée.

Il faudra 2h30pour rentrer a Puno en bateau rapide ; et pourtant, l’ile de Taquile est a peine au tiers de la distance par rapport a la longueur totale du lac, qui mesure 175kms de long.

Bonne journée ; assez éprouvante a cause de l’altitude, mais de sacrés beaux paysages accompagnés du calme que l’on recherche constamment.

De retour a l’hospedaje, j’interroge le réceptionniste sur la possibilité ou non de se rendre en Bolivie : depuis plusieurs semaines, des manifestants protestent contre la création d’un projet minier, qui va selon eux, polluer le lac Titicaca. Ces opposants, en majorité indiens Aymara, ont coupé la route principale menant en Bolivie. Hier soir encore, les manifestations se sont poursuivies jusque tard dans la nuit dans l’épicentre du mouvement : Puno, la ou je suis. Il y a a peine 2 semaines, Puno était encore entiérement paralysée, coicant 300 touristes étrangers. Batiments publics saccagés et incendiés.
Tout ca, je le savais avant de venir. On m’avait prévenu a Cuzco – autant les touristes que les locaux – . Mais je savais aussi que je ne devais pas passer a coté de la splendeur du Lac Titicaca.
Avec la victoire d’Ollanta aux élections il y a 3 jours, dont Puno est un bastion, la situation s’est, parait-il, un peu améliorée. Mais ce matin encore, le réceptionniste était incapable de me dire avec certitude si je pouvais demain, rejoindre La Paz, la capitale bolivienne.

Et bien j’ai encore de la chance pour ce coup, il y a eu du changement, et ca s’est décidé dans la journée d’aujourd’hui : une route est accessible pour rejoindre la frontiere, puis La Paz.

Cette nuit a Puno sera donc ma derniere nuit au Pérou… Et ca me fait bizarre de quitter ce pays riche en nature et en héritage culturel, aprés avoir parcouru autant la foret Amazonienne que la Cordillere des Andes en passant par le littoral et ses plaines.
Et tout ca en 18 jours… et surtout, tout ca dans un seul et meme pays ! Vous comprenez maintenant pourquoi le Pérou attire tellement d’étrangers. Il y en a vraiment pour tous les gouts !

Je quitte le Pérou, l’esprit encore perché sur les hauteurs du Machu Picchu, a survoler les lignes de Nazca, sur le paisible lac Titicaca, a arpenter les rues du coeur historique de Lima et sans oublier… la jungle…

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

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