La ville-bohème

16 Juin 2011

Je prends un taxi jusqu’au terminal des bus de Santiago. Il est trés agréable de parler avec les chiliens. Il y a comme de la douceur dans leur voix. Une sensibilité, les femmes comme les hommes.

En car, je traverse les hectares de vignes qui prennent une teinte rousse a cette époque de l’année. Il y en a partout autour de Santiago. La culture avait débuté au milieu du XVIeme siècle pour le vin de la messe, il est aujourd’hui au 10ème rang mondial. Au XIXème siècle, il a meme volé au secours des vignobles francais (ses procréateurs) lorsque le phyloxéra sévissait dans l’hexagone : les pieds atteints ont été remplacés par ceux d’une régions du Chili isolées géographiquement des risques de maladie. Pour nous avoir sauvé, ne soyons plus chauvin et souhaitons-lui longue vie !

On se rapproche du littoral ou quelques palmiers poussent au milieu des sapins.
Il est 12h30, j’arrive a Valparaiso. Déja ??? C’est bizarre, d’habitude mes voyages en bus durent 10, 12, 15, 20 heures voire plus…

Je reprends un taxi jusqu’au vieux quartier, dans les hauteurs de Valparaiso ; et durant quelques minutes, on se retrouve bloqué a cause d’une manifestation étudiante. Ca prouve que Valparaiso n’est pas un vieux port de peche. La nouvelle-ville, jeune et vivante, s’est bien dévelopée en retrait du littoral. Mais la ou je me dirige, c’est un endroit tout a fait authentique.

Le taxi me dépose enfin au Cerro Concepcion, une des 45 collines bordant la baie de Valparaiso. Je dépose mes affaires dans un backpacker tenu par des djeun’s très sympas, dans une rue pittoresque. La preuve :

La rue Templeman…
… donnant l’impression qu’elle plonge directement dans l’océan
Je dépose mes affaires dans le dortoir avant de partir en expédition.
Pour que ressortent les couleurs pastels des maisons, il faut attendre la bonne luminosité.
Non, la c’est trop brillant…
La, c’est complétement couvert !
Il faut que j’attende un nuage qui commence un peu a cacher le soleil…
C’est bon, vendue :
10 mois !
Elle sent l’hiver cette photo, pas vraie ?
J’arpente un peu l’Avenidad Alemania, mais le soleil se couche a vitesse grand V (comme d’habitude).
Ce sera tout pour aujourd’hui.
Une dernière photo sur le chemin du retour :
Vieux vans, R5 délabrées, coccinelles : les véhicules vont de pair avec le charme des habitations
17 Juin 2011
D’abord, j’ai une chose a savoir pour aujourd’hui et les autres jours : est-il possible d’aller dans la région des lacs, au sud. A priori, oui.

 

 

Puyehue :
Le volcan Puyehue fait des siennes en ce moment. Ca ne semble pas vouloir se calmer, et son nuage de fumée devrait continuer de perturber le trafic aérien pour une durée indéterminée.
Les pluies de cendres ont provoquée la mort de milliers de tetes de bétail en Patagonie d’Argentine. La région a été évacuée sur un rayon de 20kms au Chili et l’état d’urgence a été décrété coté argentin.
Un changement possible de régime des vents pourrait provoquer un élargissement de la zone évacuée, et abattre le nuage de fumée coté Chili.
Bon… et bien c’est la ou j’allais me diriger et je vais quand meme aller m’informer sur les vrais dangers.
J’attends en haut de la placette le mini-bus 607 ou 612, qui m’aménera au terminal et me confirmer qu’il est possible de se rendre au sud, dans le Nord de la région des lacs.
C’est en empruntant les memes petits transports en communs que l’on peut « ressentir » le pays. Ils ont le sourire, un bon sens de l’humour, calmes ; par contre, ils parlent vite. J’ai du mal a suivre. L’accent est différent et ne prononcent pas toutes lettres. Ca reste toutefois plus compréhensible pour moi que « l’espagnol d’Espagne ».
J’arrive au terminal des cars, dans la ville-nouvelle. Pas de cars vers Pucon pour demain matin. Toutes les liaisons sont le soir. Tant pis, je prends mon billet pour ce soir : j’ai la journée pour visiter Valparaiso.
Et cette journée, je l’exploite a fond : depuis le terminal, je fais tout a pied en longeant le Pacifique. C’est la toute derniere fois que je vois cet océan pour ce tour du monde… Il ne fait pas excessivement froid.
Le port n’est plus aussi typique qu’autrefois, ou les marins, ayant franchit l’enfer du Cap Horn, venait prendre ici du bon temps. Aujourd’hui, les vieilles embarcations ont fait place aux longs cargos et aux frégates.
Le port n’est pas pour autant vilain : aucune grosse industrie n’est venue s’implanter en bord de mer, et c’est un atout.
Une des places principales principales du vieux quartier de Valparaiso. En face, « l’Armada de Chile »
D’ailleurs, lorsque je commence a attaquer l’une des collines qui surplombe l’océan, le littoral – coté vieille-ville – n’est pas déplaisant du tout (vous le voyez sur la photo des 10 mois).
Cette ville a gardé ce coté « bohème ». Ces maisons de bois ou de toles aux couleurs pastels pour certaines, véritables oeuvres-d’arts pour d’autres, se tiennent fragilement a l’assaut des collines, autour desquelles se trouvent un immense dédale de passages, d’accés étroits et de petites ruelles pavées dont je prends plaisir a découvrir.
Et pour monter, ca monte…
Un exemple de peinture. Le thème de la mer est récurrent
Je retourne a l’hostel en leur informant de mon départ ce soir. Je ne leur demande pas un remboursement de la nuit puisque rester apres 10h du matin (généralement l’heure du check-out) est considéré comme rester un jour de plus.
Et pourtant, le gérant me rembourse intégralement la nuit en me disant : « Tiens, tu feras autre chose avec cet argent ».
Ca, c’est vraiment sympas. J’en profite donc pour faire de la pub parce qu’ils ont vraiment été au petit soin, sans etre envahissant : si vous vous rendez a Valparaiso, je vous invite a venir a l’hostal Acuarela. Chambres ou dortoirs, avec en prime une belle vue sur la petite terrasse du toit. Petit déj’ compris et pain fait maison. Voila !
Il m’appelle le taxi pour 19h30. Il arrive a 19h23 et ca sera décisif pour la suite car le terminal ou je suis allé n’était pas celui de Valparaiso, c’était Viña del Mar, la ville d’a coté… Hier, j’ai été ralentie par la grève des étudiants a Valparaiso, et les détours du taxi m’ont fait paraitre la distance entre le terminal et l’hostal plutot longue. Et comme je ne regarde jamais la route, trop occupé a parler au chauffeur (maintenant que mon espagnol n’est pas trop mauvais), ce matin, en mini-bus, ca ne m’a pas choqué de m’éloigner autant de la vieille-ville.
Le retour a pied de Viña del Mar était long mais je n’ai pas pensé une seule seconde que c’était carrément une autre ville.
Donc ce soir, lorsque le chauffeur me demande ma direction, je lui dis : terminal terrestre. Et en regardant mon billet de car, je lui demande un peu naivement : « Viña del Mar, c’est celui-ci ? » Il me répond non bien entendu.
Les bouchons entre les 2 villes me font arriver a peine 5 minutes avant le départ normal du car… Le prix de la course en taxi ? ben… le meme prix que pour 12h de car pour aller a Pucon… les 3/4 heureusement donnés par le gérant de l’hostal en remboursement de ma nuit. C’est ce qui limitera considérablement mon énervement.
Enfin… passons…
18 Juin 2011
J’arrive a 8h du matin a Pucon, au Nord de la région des lacs.
Il a fraichement plu, le ciel est bien menacant et un brouillard couvre les montagnes avoisinantes.
J’apprends que la fumée du volcan Puheyue a fait le tour du monde (je me sens moins seul), la pointe du nuage faisant désormais face a la ville de Coyhaique, en Patagonie chilienne, plus de 600 kms au sud de la région des lacs, donc bien loin de mon point de chute.
Ca ne m’empeche pas de constater ce matin une ville déserte. En descendant du car, je trouve tout de suite l’office de tourisme tenue par… un francais de mon age. Il me dit qu’il est a l’hotel d’a coté. Je lui demande le prix d’une nuit :
– « Je peux te la faire a 5000″
–  » Mais tu travailles ici ? »
– « Ouai, j’aide a l’office et a l’hostal pour payer mes nuits »
– « Ok, et 5000, c’est pour un dortoir ou une chambre ? »
– « Ce que tu veux, de toute facon y’a plus personne »
– « A cause du volcan ? »
– « Ouai et aussi parce qu’on est entre la fin de la belle saison pour les trek, et qu’il fait encore trop chaud pour que tombe la neige. Il va faire un temps pourri jusqu’a lundi »
Pour le temps pourri, je m’y attendais. Mais peu importe, la région des lacs est un endroit, parait-il, incontournable et, meme si il pleut de temps en temps, il ne fait pas aussi froid que je pensais.
On est au bord du lac Villarica et du volcan actif Villarica. Pas moins de 60 volcans sont en activité dans cette région ; la Palme revient en ce moment a Puheyue, forcément !
Il me donne une bonne carte de la région et m’amène a l’hostal situé a 50m de l’office. 5000 pesos, ce n’est pas cher. Les prix ont bien baissés car les 1ers indiquent 12000 pesos en dortoir.
Effectivement, l’hostal est vide. Je prends 3 nuits et j’osculte la carte qu’Etienne m’a donné en prenant le petit déj’ (cuisine équipée, j’apprécie l’endroit).
Je ressors ensuite de l’hostal et me dirige dans les rues de Pucon. Ca respire la ville touristique… désertée ! Tout semble a l’arrêt.
Je vous écris ces quelques lignes dans une salle Internet avant de prendre une décision sur les choix de treks et de visites qui s’offrent a moi dans le secteur.
Je ne serais pas contre la reprise d’un trek, ca fait longtemps… avec un peu de magma en prime, histoire de se réchauffer.
Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

8 réflexions au sujet de « La ville-bohème »

    1. On était allé te chercher au boulot en début de soirée, ensuite Trudaine pour finir a la hard tech a la poterne. 1 an…Oh mon ptitou, sache que j’ai pensé a ca en montant le volcan Villarica aujourd’hui. Des bises

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