Dans la famille « pays pas connus »…

26 Juin 2011

… Je voudrais l’Uruguay ! On ne peut pas dire que ce soit une grande destination touristique ! C’en est une pour les porteños, du moins, la ville ou je me dirige.

Au lieu de contourner le Rio Plata – qui sépare l’Argentine de l’Uruguay – ce qui prendrait des heures en bus, je me rends ce matin au port d’embarquement pour franchir le fleuve en ferry. Le fleuve, le fleuve… je ne suis pas sur qu’il y ait une frontière précise entre la fin du Rio Plata et le début de l’Atlantique…
Le bateau est flambant neuf : le sous-sol est prévu pour les voitures, le niveau supérieur pour les passagers avec sièges comfortables, niveau supérieur VIP, boutiques duty-free de grandes marques… un vrai terminal d’aéroport international, et tout ca pour 1h de trajet !

Ma destination est Colonia del Sacramento, en Uruguay. Cette ville, c’est l’échappatoire pour des milliers de porteños qui cherchent a quitter, le temps d’un week-end, la capitale argentine pour un décor bien plus reposant.

Pour avoir pris le bateau, j’ai l’impression d’etre sur une ile car Colonia, c’est un univers totalement différent de Buenos Aires. A vrai dire, elle ne ressemble a aucune autre vieille-ville que j’ai pu voir auparavant en Amérique latine. Elle ferait penser a un hameau du sud de la France : maisons basses, ruelles pavées, murs colorés envahis par les fleurs et ombragés par les platanes :

La Plaza Mayor
Quelques maisons typiques
Bon effectivement, pour les platanes ombrageant les rues, il faudra attendre l’été…
… En revanche, ca me gache rien au charme des maisons
Plaza de Armas

Le peu de touristes qu’il y a se sont réfugiés dans les cafés a cause du froid et c’est pas plus mal. Ca rend la ville…

…tranquille…

Classée au Patrimoine mondial de l’UNESCO, la vieille-ville de Colonia del Sacramento est une destination incontournable lorsqu’on se rend en Uruguay ; et encore plus incontournable lorsqu’on arrive de Buenos Aires. Elle occupe une presqu’ile a l’écart de la ville moderne.

Comme son nom l’indique, c’est une ancienne ville coloniale fondée au départ par les portuguais. Mais les porteños n’appréciaient guère la concurrence et la contrebande qui s’y développent au détriment de Buenos Aires.
Plusieurs batailles furent livrées avant que la ville ne tombe définitivement aux mains des espagnols, qui purent désormais commercer pleinement avec l’Europe.
Colonia finit par tomber dans l’oubli, d’ou son très bon état de préservation.
Beaucoup de vieilles demeures, formidablement bien conservées et dépaysement garanti (si on ne vit pas dans le midi de la France), avec en prime :

Le port de plaisance

On peut ajouter a cela que de nombreux particuliers sont propriétaires de vieilles voitures datant pour certaines du milieu du XXème siècle :

Presque a chaque coin de rue on peut en trouver une

Ca accentue beaucoup le caractère ¨figé dans le temps¨de la ville.

J’ai trouvé un hostel juste en arrivant. Ca fait maison de campagne. En été, ca doit etre un coin super agréable. En hiver, tu remarques surtout les aérations sur les murs et au toit : c’est truffé de courant d’air ! On se caille, obligé de diner en blouson.
Heureusement il y a un bon chauffage d’appoint pour les dortoirs. Mais c’est bien tout…

27 Juin 2011

Je prends le bus ce matin pour Montevideo, la capitale, a l’Est de Colonia.
Je vais pouvoir regarder, durant le trajet de jour, a quoi ressemble le paysage uruguayen.
Et pendant ces 2h30, je ne sens pas vraiment dépaysé ! Ca ressemble a ces paysages de bocage des prairies berrichonnes un jour de novembre. A part la population typée espagnole ou italienne… Ici se trouve la différence avec les berrichons !

Les Uruguayens ? A 1ère vue (et aux 1ers sons), pas de grandes différences avec les argentins : beaucoup de ch ch ch dans les phrases, une bise et une seule, on est toujours dans le Cone Sud (et qui dit Cone Sud dit une grande majorité de la population d’origine européenne), le qué tal (ca va) juste après le Hola est assez fréquent (comme le How are you ? australien) et sans oublier…

 

La culture du Mate
Prononcé ¨Maté¨ (sinon ca veut dire ¨pote¨ en anglais et c’est ce que disent aussi les australiens a chaque fin de phrase).
C’est une plante originaire du Paraguay qu’on sert en infusion dans une sorte de coupe ronde surmontée d’une pipette métallique. Sa culture et sa consommation s’étend a toute l’Argentine et a l’Uruguay.
Le mate réveille, chasse les migraine, supprime la sensation de faim, et élimine le mauvais cholestérol pour permettre d’en produire du bon. En gros, le mate a tout pour plaire. Si bien qu’on le déguste partout : dans les bus, durant les repas, en marchant… Ca n’a pas l’air d’encombrer les uruguyens qui, pour certains, se balladent constamment avec leur coupe et leur thermos d’eau chaude sous le bras.

La capitale n’échappe pas a cette tradition. J’arrive a Montevideo en milieu d’après-midi. Le mate est partout, les coupes exposées derrière les vitrines ou présents sur les stands de rue.

La journée est déja bien entammée, la visite de la ville sera pour demain. Pour le moment, quelques courses pour le backpacker équipé d’une cuisine, recherche (infructueuse) de livres de voyage en anglais et surtout COIFFEUR !
Vraiment désolé, je n’en peux plus. Déja lorsque j’étais a vélo en Amérique centrale, je devais garder mon chapeau (meme sans soleil) sinon je ne voyais rien a cause des cheveux. Et c’était il y a 2 mois !
De retour a l’hostel, je ne me reconnais plus devant le miroir ! Rasé la barbe de près en plus, j’ai l’impression d’avoir 5 ans de moins.
Hum…Non… seulement un an en fait… la meme tete que sur la page d’accueil de ce blog. Promis, c’est la dernière fois que je les coupe. Vous verrez bien encore le changement quand je rentrerais dans 2 ou 3 mois.

A Montevideo, meme température qu’a Colonia del Sacramento. Pas un nuage mais froid quand meme.

28 Juin 2011

Je pars a la visite de Montevideo. Pas grand… vraiment pas grand. On en fait vite le tour.
Tout s’articule autour…

… de l’Avenidad 18 de Julio…
… et de la Plaza Independencia

Les rues sont assez tranquille et les urugayens sont plutot calme par nature. J’ai rarement entendu un coup de klaxon.
Parti a 10h30, je regarde ma montre : 13h30 ! Et j’ai fais le tour des places principales et longé les docks. Je m’étais attardé plus de temps dans les ruelles de Colonia. Que faire… Pour le coup, je n’ai pas d’idées. Pour les festivités, ce n’est pas la bonne saison.
Bon allez, je rentre au backpacker avant de ressortir en fin d’après-midi pour une chose : j’avais oublié de filmer !

Les cars pour le Brésil ne partent que demain soir. J’ai peur de perdre mon temps presque 24h de plus a Montevideo. La ville est jolie mais c’est vraiment tout petit !…

29 Juin 2011

Je décide de rajouter une destination dans mon programme. Quitte a rester une journée de plus en Uruguay, autant partir vers un autre endroit, plus a l’Est, loin des grandes villes.

Je me lève ce matin a 5h30 pour me rendre a la station de cars en taxi. Je pars pour Chuy, une ville-frontière, 5h de route a l’Est de Montevideo. Le paysage est toujours le meme et pour prouver que je n’est rien contre le berry, je compte bien m’y ballader un peu.

Il est midi, le chauffeur du bus m’indique l’office de tourisme.
Une dame m’accueille bien gentillement. Je lui demande comment rejoindre Fuerte San Miguel, un vieux fort récemment rénové.
Mon dilemme, c’est que j’aimerais poser mon sac a dos dans une consigne.
Mon autre dilemme, c’est de savoir exactement de combien de temps je dispose avant qu’un bus parte pour Porto Alegre, au Brésil.
Elle me dit qu’elle ne sait pas et que je dois aller me renseigner dans une compagnie d’autobus. La ville de Chuy est traversée en ce milieu par une route nationale qui sert de frontière.
Je lui demande alors ou se trouve la compagnie de bus coté uruguay pour me renseigner. Elle me dit qu’aucun bus ne part d’Uruguay, que je dois me rendre coté Brésil. Oui, mais du coup, ma question est :
– ¨Est-ce que je peux revenir ensuite coté Uruguay pour aller visiter le fort ?¨
Elle me bredouille quelquechose d’incompréhensible.
Je lui dit :
– ¨Vous ne pouvez pas savoir les horaires depuis ici ?¨
Elle me rebredouille quelquechose d’incompréhensible. Je comprends rien a son système. On tourne en rond…
Et enfin elle me dit :
– ¨Attendez je vais me renseigner par téléphone¨
C’est bon, elle a compris toute seule.
En raccrochant le téléphone, elle me dit qu’elle ne peut pas accéder aux compagnies de bus puisque le numéro est brésilien…
– ¨…¨
Elle appelle une compagnie uruguayenne, puis après avoir de nouveau raccroché, elle me dit :
– ¨Il y a un bus qui part d’Uruguay pour Porto Alegre¨

Si on peut forcer les choses…

Autre dilemme, je lui demande :
– ¨Et pour le tampon d’entrée et de sortie ?¨
– ¨Voyez avec l’agence¨

Je ressors.

Elle m’a indiqué la consigne, une compagnie de car. Je pars ensuite vers l’autre compagnie, celle qui me fera passer la frontière. Ils m’expliquent qu’ils s’occuperont des formalités en passant devant le poste de migration. C’est bon, j’ai résolu tous mes dilemmes.

Je peux désormais partir a pied en direction du Fuerte San Miguel. Je traverse Chuy par l’Avenue centrale. Je comprends maintenant ce que me disait la dame de l’office, on peut accèder sans problème au Brésil : trottoir de gauche c’est l’Uruguay, trottoir de droite, le Brésil.

Et c’est parti pour 8kms a pied en direction de l’Ouest.

Et me voici :

Au Fuerte San Miguel

Une forteresse batie par les portuguais au début du XVIIIème siècle pour stopper l’invasion espagnole.

A l’intérieur, ce n’est pas grand. De la place pour une garnison d’une centaine d’homme…

 

Mais suffisamment conséquente pour servir de frontière entre les 2 pays, a quelques kilomètres près. Au loin (a peine 10kms), le Brésil…

 

Cette ballade au Fuerte San Miguel est assez symbolique pour moi aussi, puisqu’elle conclut la fin de 14 pays traversés ayant l’espagnol pour langue officielle. 14… depuis le Mexique jusqu’ici en Uruguay, 14…C’est pas rien quand meme… Des mois que je l’utilise, ca va faire bizarre de la quitter dans quelques heures… J’ai entendu plusieurs fois les gens me dire que je la parlais bien. Moi je ne trouve pas, c’est surtout parce qu’on me pose toujours les memes questions, alors j’ai toujours les memes réponses auxquelles je réponds assez rapidemment et, a présent, sans aucune hésitation.
De mon coté aussi, j’ai toujours les memes questions a poser, mais il est clair que je suis passé d’un niveau zéro a un niveau moyen. Des progrès, c’est sur, il y en a eu depuis mes immenses difficultés a me faire comprendre pour acheter tout l’équipement nécessaire a mon départ en vélo depuis Mexico…Dites-donc ca fait loin tout ca… et c’était toujours la meme langue…
Mais a ce que j’ai compris, les brésiliens parlent mieux l’espagnol que l’anglais, donc je risque encore de l’utiliser au Brésil. D’ailleurs, les hispanophones surnomment leur parler espagnol : ¨Portugnol¨. Moi c’était (et c’est toujours) l’Itagnol qui ressurgit de temps en temps…
En faisant un mix des 3 langues, on finira bien par se comprendre…

Au Fort, je demande si un bus se rend a Chuy ; refaire 8kms a pied, je ne suis pas d’attaque. Il me dit de me placer a l’entrée du fort, au bord de la route. Un bus passe toutes les 30 minutes, normalement…
Je n’aurais attendu qu’un quart d’heure lorsqu’une camionette s’arrete devant moi, et me propose de grimper.
2 gars sympas qui doivent travailler dans l’artisanat. Tout deux ont le mate et le thermos d’eau chaude a portée. Ca me fait sourire, car j’ai plutot l’image de 2 manutentionnaires en fourgonnette tournant a la bière ; mais ici, avec le mate, ca fait beaucoup plus distingué.
Ils me déposent a l’entrée de la ville.

Je récuère mon sac a dos en consigne. J’ai désormais tout le temps pour me rendre dans un cyber et vous écrire ces quelques lignes.

Mon car part a minuit vers des températures plus élevées.
Direction Porto Alegre. On embarque pour le Brésil !

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

 

2 réflexions au sujet de « Dans la famille « pays pas connus »… »

  1. Yo alex j’ai bien ue ton msg sur facebook j’ai pas pu t répondre ça buggait!

    Profite bien de tes 2 derniers mois around the world gros bisous!

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