Mexico-Panama (6eme partie)

22 Avril 2011
Mexico-Panama : 34eme jour

Je pars de San Lorenzo en direction de la frontiere.

Je quitte l’ocean

J’arrive a un check-point au bout d’une dizaine de kilometres. Touojurs les memes questions, mais toujours sympas. Il me demande si le drapeau a l’arriere est celui de la France. Comme je ne sais pas dire « region » en espagnol, j’ai dit « estado ».
L’Auvergne, aux yeux des autorités du Honduras, est desormais un Etat de la France.

C’est le grand retour de la chaleur aujourd’hui, sous les cris des enfants (et des adultes aussi) qui hurlent « Gringo ! » lorsqu’ils me voient passer.

 

Traduction de « Gringo »
Le sens change d’un pays a l’autre, et la connotation aussi. Gringo designe tous les etrangers non-natifs d’Amerique Centrale ou Latine, mais au depart, c’etait les Etats-uniens et canadiens de peau blanche.
Au Mexique et au Salvador, cela designe plutot les etrangers de peau blanche, arrogants et mal-eduques. (C’est effectivement dans ces 2 pays qu’on ne m’a presque jamais appelé comme ca).
Pour le reste de l’Amerique Centrale, ce n’est pas vu comme quelque chose de pejoratif.
Ca le serait enormement en France si on avait un mot pour designer tous ceux qui ne sont pas blancs.
Eux, ils le disent avec le sourire.

Pour le peu de temps que je reste dans ces pays, j’ai deja du mal a l’entendre 30 fois par jour ; alors imaginez un blanc installé au Honduras par exemple, depuis plusieurs dizaines d’annees, et qui continue de se faire appele Gringo des qu’il sort un peu trop loin de son quartier…

Mon pneu arriere est un peu degonflé, je pars le faire changer chez quelqu’un qui s’improvise reparateur. C’est surtout son jeune fils qui s’y connait mieux. Apres avoir changé la chambre a air, je lui demande la note. Le jeune, un peu timide me repond :
–  » Je ne sais pas »
Je leur repond a tous les deux :
– « 30 ? »
Le pere me repond :
– « Non 20, ca suffit »

Ils sont vraiment honnetes.

Je depasse la ville de Choluteca puis, 50kms plus tard, j’arrive a El Triunto, la frontiere. J’ai beaucoup roulé.
Le poste-frontiere n’est pas indiqué, c’est un complexe de bureaux desaffectés, cachés par des arbres.
Seulement 2 guichets sont dans un état suffisamment correct pour que 2 employes puissent tamponner les passeports.

Je traverse un pont au-dessus d’un fleuve formant la frontiere naturelle entre les 2 etats, puis je vois le panneau : « Bienvenido a Nicaragua ». J’entre au poste-frontiere qui s’est installé dans les memes locaux qu’une banque. Vais-je pouvoir enfin changer ma monnaie dans une vraie structure financiere ? Et bien non…
Je demande au flic present dans le poste pourquoi la banque derriere lui est fermee. Il me repond : « Feria »
Apres le coup de tampon, je ressors.

L’ennemi financier accourt avec sa liasse de billet. Bon, d’un autre coté, a chaque changement de pays, je n’ai pas enormement d’argent a echanger, mais je suis touojurs un peu mefiant d’effectuer la transaction et de sortir mes billets a l’exterieur et non dans une banque securisée. C’est ce qui me dérange le plus lorsqu’on a affaire a ces gens.
Je regarde a gauche, a droite et derriere moi. On est juste en face du poste-frontiere, il n’y a que lui et moi. Ca ira.
J’echange mes lempiras contre des cordobas.

C’est bon, je peux partir rejoindre la prochaine ville.
Considerez le Mexique, le Guatemala et le Salvador comme la 1ere partie ; et le Honduras comme une sorte d’interlude.
Le Nicaragua, pour moi, c’est le debut de la seconde partie de ce voyage a velo.

Je parcours donc 5kms de plus jusqu’a la ville de Somotillo, a l’hotel Frontiera. La chambre a beaucoup de charme mais le seul probleme, c’est qu’il n’y a pas d’eau. Il faut tout faire avec le tonneau d’eau installé dans la douche, et le bol.
Ca me rappellera l’Indonesie… Pas de probleme pour le nettoyage des vetements et la douche. Par contre, je n’ai pas confiance en l’eau stagnante pour le brossage des dents : on fera ca a l’eau minerale.

23 Avril 2011
Mexico-Panama : 35eme jour

Je quitte Somotillo en longeant le volcan actif San Cristobal, le plus elevé du pays.

Le volcan San Cristobal

Tout roule parfaitement  pour ce 1er jour complet au Nicaragua. On est principalement sur de la plaine, et je contourne le volcan pour atteindre la ville de Chinandega. Les check-points s’additionnent mais il est rare que les flics m’arretent en pleine course. Parfois, ils me crient quelquechose. C’est souvent un « bonjour » ou une phrase d’encouragement que je ne comprends pas. C’est possible qu’ils me disent : « arrete-toi » mais je ne les regarde pas toujours quand je passe devant eux a tout allure. Dans tous les cas, ils ne sont pas du genre a prendre leur vehicule pour aller me rattraper.

Un check-point ou l’on m’arrete cette fois, je n’ai pas vraiment compris. Le flic devait etre de meche avec une ecclesiastique puisqu’il arretait tout le monde pour que la dame en question puisse distribuer un papier a chacun.
Elle me tend la feuille ecrit en gros : « Cristo te amo ». Elle commence a me parler. C’est le moment de sortir la phrase de secours : « No hablo español ». La fille le dit au flic, qui me laisse passer. Lorsqu’on m’aggrippe un peu trop, « no hablo español », c’est l’arme ultime.

Il est 15h17 exactement, mon compteur affiche 100kms. Au Mexique, apres 100kms, il aurait commencé a faire nuit. La, on est en pleine apres-midi. Les jambes se durcissent. Ca ne veut pas dire que je ferais 150 ou 160kms, il me reste 6kms avant de rejoindre Leon. Et ce sera tout pour aujourd’hui.

Je m’arrete sur un champ parce qu’il y a des mini-tornades inoffensives qui se créent assez souvent. Le tourbillon monte a 2m a peine pour la plupart, mais j’en ai vu monter a plus de 20m.

Ne cherchez pas, il n’y en a pas sur la photo. Au loin, ce sont les vaches qui remuent la poussiere

Tout se serait bien passé aujourd’hui si je n’avais pas crevé mon pneu quelques minutes plus tard.
On est a 4 ou 5 kms de Leon.

Un vieux marchand de glace passe devant moi et me dit quelque chose d’incomprehensible. Il stoppe son chariot pour me sortir une pompe a velo. Je lui repond qu’il faut changer la chambre a air.
Il me sort aussi une clé anglaise. Je commence les reparations en changeant la chambre a air. C’est ma derniere. Lui, bien gentillement, repare l’autre, pour que j’en ai une de secours. On passe plus d’une heure parce que l’embout de sa pompe a velo ne correspond pas a l’embout de ma chambre a air datant du Salvador.

Un jeune arrive et s’active pour faire entrer le maximum d’air. Ma roue n’ai pas parfaitement gonflée mais ca fera l’affaire.
Arrivé en ville, il fait presque nuit et je demande ou est-ce que je peux faire gonfler mon velo. On me recommande la station Texaco. Mais dans la station, meme probleme : l’embout ne correspond pas.

Je croise 2 jeunes qui m’invitent chez eux pour gonfler ma roue. Mais on s’apercoit qu’elle est a nouveau crevée. Je sors alors celle que le vieux marchand de glace m’avait reparé. Mais il l’avait tres mal raccomodé. Les rustines tiennent a peine. Il fait maintenant nuit noire et je suis toujours chez les 2 jeunes. Ils me disent que demain tout est fermé car c’est dimanche. Je dois reussir a reparer mon velo ce soir. Le pere de famille arrive pour rafistoller le pneu. Tout est a present bien gonflé,  je les remercie.
Ils m’indiquent un hotel. J’ai eu a peine 1km a parcourir que mon velo est de nouveau a plat. Ca n’a pas tenu.

J’ai l’impression d’avoir fait beaucoup de choses pour rien ce soir.
J’arrive dans le centre-ville, c’est la fete meme si je n’entends pas de musique. Beaucoup de stand de pizza et de boissons d’ouverts.
L’hotel est situé dans la rue principale. Je n’ai pas le coeur a sortir ce soir. Mon velo est a plat, et demain c’est dimanche. Que faire…

24 Avril 2011
Mexico-Panama : 36eme jour

Le gerant de l’hotel m’indique un stand de reparation finalement ouvert. Il me répare ma roue.
Finalement hier, j’aurais du trouver tout de suite un hotel et attendre le lendemain. Mais les jeunes m’avaient dit que la plupart des négoces etaient fermés le dimanche. Pourtant, en me rendant ce matin au centre-ville ce matin, pas moins de 2 marchands et reparateurs de bicyclettes etaient ouverts. Je fais l’achat de 2 nouvelles chambres a air.

C’est reparti, je quitte Leon, mais en chemin je casse le selecteur de vitesse des pignons (au Guatemala, j’avais cassé celui du passage des plateaux), mais je peux encore rouler sans forcer. J’irais le faire reparer demain, quand je pourrais. De toute facon, il n’y a rien sur la route.

Aujourd’hui c’est grand ciel bleu et un soleil qui cogne dur. La route que j’emprunte est tantot lisse, tantot chaotique ! Dans une descente, je perds mon drapeau de l’Auvergne. Il n’a pas bougé en 36 jours, comment a-t-il pu disparaitre… Je fais un demi-tour pour tenter de le trouver, en vain.

Sous cette chaleur, mieux vaut progresser parce que je n’ai pas l’impression qu’il y ait beaucoup de vie sur des kilometres. Si je passe trop de temps a le chercher, je consomme de l’eau ; et la ou je me trouve, j’ai peur de manquer.
C’est au moment ou j’abandonne mes recherches que mon pneu avant éclate. Je suis au milieu de nulle part.

Je repasse devant une ferme que je n’avais pas vu la 1ere fois. Je tente le coup. Un homme s’approche. Je lui demande une pompe a velo et une cle anglaise. Heureusement que j’ai acheté des chambres a air ce matin.

Je commence les reparations mais chaque fois que tu veux faire quelquechose, les gens veulent tout faire a ta place, par gentillesse. Toi, tu n’as plus qu’a regarder. Ils n’esperent meme pas un billet, c’est un reel esprit d’entraide.
Je lui donne finalement un petit billet, et si on considere que « les lois de l’offre et de la demande sont notamment basés sur la rareté d’un produit » (pas de pompe a velo et de cle anglaise a des kilometres a la ronde), j’aurais pu lui donner 10 fois cette somme.

Je peux repartir. Par contre, je ne vais pas tarder a manquer d’eau. Il est 12h30 environ. Le soleil s’abat sur mes epaules. Reflechissons…
Mieux vaut passer les heures chaudes a l’ombre pour pouvoir avancer plus facilement par la suite, en consommant moins d’eau.
Je decide de faire une sieste a l’ombre d’un arbre. Il est 14h et lorsque je me reveille, quelques nuages apparaissent et cachent le soleil de temps a autre. Merci…

Je roule plus facilement maintenant, jusqu’a voir…

…cette longue route

Je trouvais deja que ce paysage ressemblait au bush ; cette longue ligne droite me rappelle d’autant plus l’Australie.
Y’a-t-il de l’eau par ici ?
Je fais quelques kilometres avant de trouver un carrefour et une petite gargote vendant des boissons. Je fais le plein et je repars.

Cette ligne droite, caillouteuse, est interminable. Elle s’acheve finalement par une longue montee… Le matin, je ne dis pas, mais le soir, apres avoir parcouru 70 kms, cette cote d’une quinzaine de bornes n’est pas la bienvenue.

Apres 85kms parcourus depuis ce matin, c’est enfin l’heure de la descente. Le soleil se couche tres vite. Je pensais avoir le temps de rejoindre Masaya mais je dois m’arreter a Managua, la capitale. Et de toute facon, je sens encore des signes de faiblesse de la part de mon vélo. J’ai l’impression que les pneus se degonflent lentement.

L’hotel que je trouve est un tres bon hotel, plutot cher pour le Guatemala. Tres bon standing. J’ai la flemme d’aller comparer les prix dans toute la ville, surtout que le receptionniste m’annonce le prix en ajoutant que le petit dejeuner est gratuit et qu’internet est a disposition.
Un hotel aussi bon, je n’en ai pas fait depuis que je roule a velo. Par contre, je fais « tache » lorsque le receptionniste, vetu d’un 2 pieces, m’accueille lorsque moi, je viens de parcourir 100 bornes dans la poussiere d’une route defoncée, a dormir sur la terre, le T-shirt delavé et les cheveux en bataille.

25 Avril 2011
Mexico-Panama : 37eme jour

J’ai mal dormi et je n’ai pas vraiment la peche. Pourtant, j’ai dormi dans une chambre impeccable, climatisée, et j’ai pris le meilleur petit dej’ de ces 37 derniers jours. Mais j’ai mal dormi parce que mon velo a des problemes ; on ne passe pas une bonne nuit lorsqu’on sait que le lendemain, on doit chercher une solution pour reparer son moyen de transport.

Il est 7h30, je suis devant un vulcanizadora. Ils s’occupent des motos, scooters, taxi et velo. Mais leur materiel reste tres sommaire et il faut le dire, ils sont plus ou moins competents. Le mieux c’est de trouver un « reparaccion de bicicletta » ou « taller de bicicletta ». La, tu es sur qu’ils sont specialisés.
Mais je n’ai pas le choix, mes 2 roues sont presque a plat, je n’avance plus (en plus, la ville est batie sur plusieurs collines) et je ne suis pas vraiment en forme.
Le jeune répare une chambre a air. Pour l’autre, je lui donne une nouvelle. Le travail est terminé, je fais 10m a velo pour acheter un jus de fruit a coté, et j’entends PCHIIIIIII!!! Le pneu arriere se degonfle et je n’etais meme pas sur le velo. En plus de ca, c’etait la nouvelle chambre a air… Je retourne au vulcanizadora.
Le jeune tente de le reparer mais finit de l’achever. Je prends alors celle qu’il m’a reparé et que j’avais decidé de conserver en cas d’urgence. Desormais, je n’en ai plus une seule de secours.
Entre les autres clients et la lenteur du jeune, je reste plus de 2h30 au stand. Il est plus de 10h, le travail est finit mais vu ses faibles competences, je suis certain que le velo va me lacher d’ici peu.

Je parcours 30kms jusqu’a Masaya que je decide de depasser la ville parce que je suis lancé. Tant que je peux rouler, je roule.

Il est 13h30, je dois vraiment faire une sieste.

Il est maintenant un peu plus de 14h, je me remets sur le velo, debout, en pleine cote… ET-C’EST-RE-PAR-CRAAAAAAAC !!!
Le mecanisme de passage des vitesses a l’arriere se casse, et entre nous, j’en suis presque ravi parce que ca annonce une chose : la fin de la journee de velo. J’attendais d’avoir vraiment une bonne excuse pour arreter. En voila une bonne, je ne peux plus du tout avancer.
On est a 3kms de Masaya, je rentre a nouveau dans la ville. Un peu de descente et beaucoup de marche a pied.

Pour résumer : les freins sont morts (et depuis un moment), le passage des pignons tourne dans le vide, le mecanisme pendouille a l’arriere, ne tenant plus que par la chaine, le pneu s’est deboité et frotte contre la jante, et je dois faire reparer mes 2 pneus, tous les 2 en mauvais etat.

De retour a Masaya, je prends la peine de trouve un vrai marchand/reparateur specialisé dans le velo. J’ai du boulot pour lui.
15h30 debut des reparations. Je reste assis sur une table prévue pour les clients. L’un des 2 reparateurs me dit que mon velo n’est pas d’une excellente marque. En 37 jours, j’ai eu le temps de la constater…
Pourtant, sur la route, beaucoup de gens m’ont dit qu’il etait bien. C’est a cause de l’esthetique. Uniquement l’esthetique…

En fait, un probleme de velo, c’est comme un début de mal de dent : il faut s’y prendre tot, sinon ca empire.

17h30, fin des reparations. J’ai meme eu le temps de manger dans le comedor d’a coté.
Les chambres air, les roues, tout est neuf. Dans mon sac, j’ai desormais 3 nouvelles chambres a air de secours.
Tout marche a merveille.
Je parcours 2 kms a velo pour aller faire des courses : mon velo glisse sur le bitume, les nouveaux pneus sont plus fins, je ne force plus : un vrai bonheur.

Je prends un hotel bien placé, pret pour repartir demain.

26 Avril 2011
Mexico-Panama : 38eme jour

Voici mon plan d’attaque pour aujourd’hui. Partir tot. C’est ce que je fais en me levant a 4h30 ce matin. J’ai remarqué que le soleil se levait plutot vers 5h30. Autant rouler avec la fraicheur le plus longtemps possible.
Je quitte Masaya pour reprendre cette montee que j’avais abordé la veille. 8kms de cote. Le matin, je ne suis pas contre.

Ensuite, c’est une bonne descente dans la fraicheur de 6h30, au milieu de la foret. Oui, depuis le Mexique et le Guatemala, ca s’est plutot radoucit le matin.

Pour la suite, ce n’est que du plat. Et avec mes nouveaux pneus et un ciel un peu couvert, qui me protege du soleil, on va battre des records.

J’arrive a Rivas avant 11h et apres 75kms. C’etait ma destination de la journee, pensant que Rivas se situait bien plus loin…
Pause au Tip-Top, une chaine de fast-food local. Mangeons leger.

Je repars. Depuis un bon moment, je vois le volcan Concepcion.

Le volcan Concepcion

A present, je longe le lac sur lequel le volcan est posé. Je prends un sentier sur une cinquantaine de metre pour voir tout ca de plus pres. Je suis au bord du lac de Nicaragua :

Le lac de Nicaragua

En fait, le volcan Concepcion est sur l’ile d’Ometepe, elle-meme posée sur le lac de Nicaragua.
C’est l’un des plus grand lac d’eau douce du monde et le plus grand d’Amerique Centrale.

Et on y peche

Je longe le lac durant plusieurs heures. La presence du lac adoucit considerablement l’air ambiant. Les conditions sont ideales pour rouler.

Il est 14h25, je viens de franchir la barre des 100kms, et 10kms plus tard, je quitte le lac pour m’approcher de la frontiere, en pleine foret.

Miracle, juste a cote du poste-frontiere, je tombe enfin, un jour non-ferié, a l’heure d’ouverture des banques ; du moins, celle qui est en face de moi.
J’echange mes cordobas contre des colones.
1er coup de tampon de sortie du Nicaragua. Je passe une petite foret (pas de pont enjambant un fleuve en guise de frontiere cette fois-ci), puis j’arrive au 2nd poste.

Il est 16h30, j’entre au Costa Rica.
Pas de grand changement de paysage, vous vous en doutez. De la foret, que de la foret pour le moment.
Il y a aussi beaucoup de relief dans ce pays, c’est a prendre en compte. Et les collines commencent des la sortie du poste-frontiere.
Apres 110kms dans les pattes, ca fait mal. Je pose le pied a terre.
La descente n’arrivera qu’a l’entrée de La Cruz, la ou je m’arrete pour la nuit, dans un hotel tres basique.

128kms, record battu.

Je pars au comedor tenu par une mama souriante.
J’adore finir la journée par cette ambiance familiale, la mama qui me propose un seul menu, la tele branchée sur le « Plus Belle La Vie » espagnol et souvent, le chien, le chat ou les poules et les poussins circulant librement dans la piece.

27 Avril 2011
Mexico-Panama : 39eme jour

Levé encore a 4h30, je recupere mes affaires seches, comme tous les matins, la ou j’ai pu les etendre dans la chambre.
Quand un hotel propose l’air conditionné ou le ventilateur, je choisis presque toujours le ventilateur : c’est moins cher et surtout, les vetements sechent mieux durant la nuit.

Quand il n’y a absolument rien pour etendre ses vetements dans la chambre, le systeme, c’est la table retournée

Les sandoves tendues entre les pieds, je place les vetements dessus. Si le ventilateur au sol est rotatif ou s’il est au plafond, je place la table a coté du lit. Si il n’y a qu’un ventilateur fixe au sol, la table passe la nuit sur le lit avec moi (quelle douce présence…).
Quand tu n’as qu’une seule nuit pour laver et tout faire sécher, c’est le seul moyen que j’ai trouvé.

On décolle de La Cruz.
Il est 8h, je prends une petite photo du paysage, a l’intérieur des terres :

Le Costa-Rica, ce n’est pas que des plages

Il est maintenant 9h30, je fais une pause sur le bas-coté. Une pause… appelons ca plutot une petite sieste. J’ai bien roulé.

Au 57eme kms, j’arrive dans la ville de Liberia. Les rues sont larges et propres. Les batiments, dans un état correct, affichent les enseignes de marques connues. Des vigiles oui, mais pas armes. Le Costa-Rica a la taux de criminalité le plus bas d’Amerique Centrale. C’est aussi le pays ayant le plus haut niveau de vie. Le tourisme fait marcher les affaires. J’apercois d’ailleurs quelques tetes blanches en traversant la ville.

Ce pays me fait aussi un tres beau cadeau : les kilometres sont inscrits sur chaque panneaux.

Le ciel se couvre et le vent se leve. J’entends le tonnerre, pour la 1ere fois dans ce voyage a vélo, a l’Ouest et au Nord. Moi, je me dirige au Sud-Est, mais ca finira par me tomber dessus c’est sur.
Quelques gouttes au départ, je m’arrete pour mettre le K-Way car je sens que cette fois, ce sera de la grosse pluie. Je place le pancho sur les affaires, a l’arriere.
Et effectivement, c’est cette averse qui annonce véritablement le début de la saison des pluies. Il pleut fort, tres fort, jusqu’a ce que je ne puisse plus rien voir a plus de 15m. C’est la douche !
Je dois m’arreter. Je trouve une vieille gargote abandonnée pour m’y refugier. Il faut vraiment que ca se calme.
J’attends 20min avant de pouvoir repartir. Il pleut encore mais moins fort.

D’un coup, ca s’intensifie de nouveau, avec autant de puissance que la 1ere averse. Je parviens a rejoindre, trempé, une station essence, a l’entrée de Bagaces. La, j’y reste 45min avant que ca se calme vraiment.

Je repars. Et a nouveau, c’est l’averse. Je trouve une autre gargote abandonnée. Je n’avance pas. Il me reste 22kms a parcourir. Finalement, cette averse aura été la derniere. Plus une goutte.

Apres 22kms, j’arrive dans le 1er hotel de la ville de Cañas. Trop propre, donc trop cher. J’en trouve un autre qui ira tres bien. Ce soir, j’ai beaucoup plus d’affaire secher que d’habitude.
Beaucoup de choses ont quand meme pris l’eau. Mon sac a d’eau n’etait pas vraiment étanche…

28 Avril 2011
Mexico-Panama : 40eme jour

Pas de dégat en ce qui concerne tout mon matériel de voyage. Tout a séché correctement durant la nuit aux 4 coins de la chambre.

Je quitte Cañas pour parcourir quelques kilometres.

Le matin, c’est le brouillard léger. Quelques heures plus tard, c’est un grand soleil sans nuage.
Arrivé a 13h, un gros nuage envahi tout le ciel a grande vitesse. Puis, une grosse averse éclate, je dois me refugier sous un abri-bus.
Ca se calme, je reprends la route. Je dois maintenant prendre en compte – en plus du relief – le fait qu’il peut pleuvoir a tout moment.
La journée a été particulierement difficile justement a cause du relief : une suite de collines. Montée, descente, montée, descente… J’avance moins vite et je dois revoir mon itineraire a la baisse. J’arrive a 14h a Esparza, ce qui me laisse le temps de trouver Internet pour vous ecrire.

On avance… Des collines a perte de vue, de la pluie… mais on avance !

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

4 réflexions au sujet de « Mexico-Panama (6eme partie) »

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    J’espère t’être d’un grand secours.
    Mets une dent de plus! Cordialement,Claude

  2. te laisse pas abattre mon grand!c’est pas trois collines qui t’arrêteront! bon,sinon, finie la malédiction du vélo qui tombe en ruines ou bien? :), en attendant ton prochain récit je te salue comme micha……. …(bien bas…) bisous!

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