Le temps d’un tango

24 Juin 2011

J’avais l’intention dans un premier temps de me rendre au Theatro Colon, un splendide théatre. Manque de bol, il y a un évènement aujourd’hui a l’intérieur, les visites sont suspendues pour la journée.

Je poursuis ma visite dans les rues de Buenos Aires.
La marque d’affection entre les porteños (« ceux du port » : habitants de Buenos Aires), c’est la bise ; entre les femmes, entre les hommes, entre les femmes et les hommes ; bref, pour tout le monde, c’est une bise et une seule.

Ch ch ch :
L’accent argentin ne ressemble a aucun autre en Amérique latine. Quelques exemples : ayer (hier – qui se prononce « ayère » – et on roule le « r ») devient « achère » ; la llave (la clé – qui se prononce « yavé ») devient la « chavé », et la « calle » ( la rue – qui se prononce « cayé ») devient la « caché ». Du coup, on entend souvent des ch ch ch dans les phrases. C’est pas vilain, c’est meme plutot joli. Il me faut juste un temps supplémentaire pour comprendre ce genre de mots (que j’utilise quasi-quotidiennement) lorsqu’ils sortent de la bouche d’un porteño.

La 1ere impression que j’avais sur la ville était la bonne. Il y a de nombreuses rues ressemblantes a Paris :

L’entrée de l’ Avenidad Viamonte
Le seul problème, c’est l’architecture des années 70 de certains batiments qui viennent s’immiscer entre les beaux édifices. Leur construction date de la dictature militaire. En un rien de temps, ca défigure toute une rue :
Un exemple sur l’Avenidad Libertad, entre le tribunal et une école supérieure
Un autre exemple sur l’Avenidad Lavalle…
A droite de la photo, vous pouvez voir le genre de facades sculptées : de nombreux batiments ont ce style francais avec ces toits assez étroits, gris et tombants  quasiment a pic. C’est une des raisons pour lesquelles on la surnomme « la ville-lumière de l’Amérique latine ».
Multiculturelle, elle se place a la meme hauteur que les plus grandes capitales. Dans les années 1920, Buenos Aires est d’ailleurs la 1ère ville de destination pour les immigrés européens.
Des héritages, il y en a. Pour preuve, je pars a El Ateneo, une librairie. Sa particularité ? Elle considérée comme l’une des 5 plus belles librairies au monde :
Cet ancien théatre des années 20 conserve sa scène et ses rideaux rouges d’époque. On peut circuler librement a l’étage inférieur, au sous-sol et sur les balcons
En revanche, je suis décu par le peu de livres en anglais qu’ils proposent… Mais cette librairie vaut vraiment le détour.
Dernière visite de la journée : la Plaza de Mayo.
Je remonte d’abord l’Avenidad de Mayo :
Mais que se passe-t-il ?
Et bien encore une manifestation (comme a Valparaiso) contre une réforme du gouvernement sur l’Education (c’est ce que j’ai compris en tout cas…).
Avec les batiments en arrière-plan, on a vraiment l’impression d’etre dans une manif’ a Lyon ou Paris. Reste les drapeaux argentins omniprésents…
Sur les banderoles écrits « a bas la répression » qu’étudiants, syndicats brandissent (pas grand rapport avec les réformes sur l’éducation mais bon…) apparaissent l’effigie du Che (qui était ni chilien, ni cubain mais bel et bien argentin).
Ils ont remonté l’Avenidad de Mayo…
…jusqu’a la Plaza de Mayo. Au fond, la Casa de Gobierno (Maison du Gouvernement) connue sous le nom de Casa Rosada a cause de sa couleur
Pour la petite histoire, au mileu du XIXème siècle, 2 partis politiques s’affrontaient : les Unitaires (en bleu pale) et les fédéralistes (en rouge). Pour mettre tout le monde d’accord, le président de l’époque décida de mixer les 2 couleurs pour la facade de la Casa de Gobierno. Et on obtient… une sorte de rose saumon.
Une autre photo, celle de La Cabildo, un des rares batiments de l’époque coloniale a avoir survécu. La Plaza de Mayo est a gauche, l’Avenidad de Mayo a droite
Je peux d’ailleurs désormais prendre une photo de l’Avenidad de Mayo, épargnée par la folie des nouveaux batiments sans gout
Restée figée dans le temps, elle conserve de nombreux bars, hotels et restaurants typiquement espagnols.
Et pour se changer les idées, ce soir, c’est tango !
Je pars au Piazolla Tango, un ancien cabaret reconverti en salle de théatre.
Par respect pour les danseurs, aucune photo ne peut etre prise. Bien entendu, la salle n’était de toute facon pas éclairée durant le spectacle.
Je n’ai que la brochure pour vous consoler :
Le Piazolla Tango, considérée comme l’un des plus beaux théatres de Buenos Aires

 

Astor Piazzolla
Il était le musicien le plus réputé de la 2nde moitié du XXème siècle pour le tango. Avant-gardiste, ses compositions – formées de violons, piano, guitare électrique, contrebasse et d’un bandonéon (lui) – sont pour l’époque, l’affirmation d’un tango nouveau.
Il se démarqua du tango populaire notamment avec des créations purement musicales et non destinées a la danse.
Il n’hésita pas a aller encore plus loin dans la créativité en y ajoutant de la basse électrique, de la flute et de la batterie.
Mais il dut se battre jusqu’au bout contre ses détracteurs jugeant son tango nuevo comme n’étant pas du vrai tango.
Quoiqu’il en soit, ces créations furent les plus écoutées et les plus interprétées a partir des années 60 et durant les décennies suivantes.
La ou vous avez peut-etre pu l’entendre (sans savoir que c’était de Piazolla) est l’Introduccion de la Suite Punta del Este qui a été utilisée comme leitmotiv musical dans le film « L’armée des 12 singes », durant le générique et les intrigues du film.

Et maintenant, place au tango ! Le show commence vers 22h. Je suis placé au balcon, sur l’aile gauche.
Ce sont de véritables professionnels sur la scène. Le spectacle est entrecoupé de chants portés la encore sur la nostalgie mais aussi la pauvreté, les amours impossibles, la fatalité, la révolte… La musique, lente, devient énergique en a peine une demi-seconde avant de ralentir a nouveau, tout en douceur. C’est une danse triste, ca se sent a la mélodie : violons, bandonéon, piano, contrebasse. C’est une musique « belle de morosité » qu’on dansait au départ entre hommes ; ces hommes qui avaient tout abandonnés de leur Espagne, de leur Pologne, de leur Allemagne ou de leur Italie natale, vivant dans les quartiers pauvres de Buenos Aires, épris du mal de vivre car ne sachant communiquer les uns avec les autres et constamment a la recherche du bonheur qu’ils avaient au pays. Le tango, c’est donc une danse de nostalgie, et d’un reve, celui de trouver « sa belle » dans ces quartiers pauvres essentiellement masculins.
On voit dans chaque pas l’habileté et l’agilité de l’homme ; la légéreté des mouvements et le jeu de jambes fabuleux de la femme.
La danse la plus sensuelle qui soit ou les pieds s’enlacent, les tetes se frolent, les corps s’emmelent.
Il est impossible de quitter des yeux un tango avant que la danse ne soit terminée !
On est comme envouté, car on a l’impression d’y voir une hitoire, parfois une sorte de « Je t’aime, moi non plus ».
Lorsqu’on ressort de la salle une fois le spectacle fini, on a l’impression d’etre a nouveau livré a soi-meme dans les rues sombres de Buenos Aires, plus calmes que pendant la journée, un vent frais, les lumières des taxis, le bruit de sa respiration, la bouche enfouie le plus profond possible a l’intérieur du manteau, et du violon, du piano, du bandonéon et encore un de ses airs mélancoliques dans un coin de sa tete.
Voila ce qu’est un tango : quelque chose qui vous emporte puis qui vous délaisse a la dernière note.
On comprend alors un peu, au travers de cette musique, l’histoire de Buenos Aires et de ces habitants…
25 Juin 2011
Le ciel est triste aussi aujourd’hui.
L’Avenidad Viamonte pris depuis l’hostel
Un temps grisatre pour ce dernier jour a Buenos Aires ou je pars en direction de Puerto Madeiro.
Je me suis rendu auparavant au Theatro Colon. Il est a peine 14h et pourtant, on me dit a la billetterie que les visites sont bouclées pour la journée.
Un magazine, rien qu’un magazine trouvé au backpacker pour se consoler ensemble :
Ca avait l’air joli. Dommage…
Je me suis quand meme bei nrattrapé hier avec la librairie et le Piazzolla Tango.
Constitué d’anciens docks, Puerto Madeiro, l’ancien port de Buenos Aires a fait place a des lofts, des banques, des hotels.
Je longe durant quelques heures l’ancien port :
Puerto Madeiro et plusieurs millions de pesos plus tard, ca donne des anciens docks complètement réhabilités

Le nouveau pont que l’on peut apercevoir est le flambant Puente de la Mujer. Sur l’autre rive, derrière les buildings, beaucoup de verdures : un parc naturel et une réserve écologique avant d’arriver au Rio Plata qui donne sur l’Atlantique. Ca fait beaucoup de route a pied donc ce sera pour demain, lorsque je quitterais Buenos Aires.

Je me dirige ensuite dans le quartier de la Boca, très excentré et pourtant, il est l’emplacement de la première ville de Buenos Aires, le long du port et autour des usines a l’époque en pleine expansion. Le quartier est assez pauvre. Les crues récurrentes du fleuve Riachuelo ont entrainé la création de logements précaires en bois ou en toles ondulées.
Et pourtant, le quartier de la Boca abrite de la gaieté et l’une des plus célèbres rues de Buenos Aires : le Caminito.
Les maisons, peintes de toutes les couleurs viennent de l’idée originale d’un célèbre peintre argentin. Après avoir fait construire une école dans ce quartier défavorisé, il demanda aux habitants de venir peindre les murs de l’établissement. Chacun, munis d’un fond de pot, trouvèrent le résultat amusant et s’empressèrent de faire la meme chose sur leur maison de bois et de tole.
Résultat : « une salle d’exposition » a ciel ouvert aux couleurs bariolées.

Ainsi nait (et renait)…

… le Caminito
Inspirant le nom d’un tango dans les années 20, théatre de rue dans les années 50, le quartier conserva sa mentalité d’artiste ; si bien que depuis les années 70, le Caminito expose ses oeuvres dans la rue :
Le quartier désormais animé, a su conserver son architecture « populaire »
Au retour,  je passe a coté du stade de Boca Juniors, surnommé Bombonera (bonbonnière) a cause de sa forme très massive. Stade mythique tout en bleu et or – les couleurs du club – ou un certain Diego Maradona remporta avec cette équipe le championnat d’Argentine en 1981. Tout autour du stade, des peintures le représentant, sans parler des bars et des magasins d’équipements aux couleurs du Boca. Les jours de matchs, la vie a la Boca s’arrete et l’on entend plus que des hurlements venant du stade ainsi que le sacro-saint GOOOOOOOAL ! En Argentine, le football n’est pas un sport, c’est une religion !
Le soleil se couche bientot et je suis loin de l’hostel.
Retour en taxi.
Je ne serais pas resté très longtemps en Argentine. Les lieux intéressants (hormis Buenos Aires) se trouvaient soit au Nord, soit au sud du pays. J’avais le choix entre attaquer le Chili dans sa longueur ou l’Argentine… Faire les 2 a la fois aurait signifíé d’énormes détours.
Mais j’ai bien l’intention de revenir un jour et d’attaquer l’Amérique latine dans sa diagonale, du Nord-Est au Sud. Ce sera pour un autre voyage (c’est dit !).
Parce que la, j’ai vraiment l’impression d’etre resté en Argentine… le temps d’un tango !
Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

Dans la famille « pays pas connus »…

26 Juin 2011

… Je voudrais l’Uruguay ! On ne peut pas dire que ce soit une grande destination touristique ! C’en est une pour les porteños, du moins, la ville ou je me dirige.

Au lieu de contourner le Rio Plata – qui sépare l’Argentine de l’Uruguay – ce qui prendrait des heures en bus, je me rends ce matin au port d’embarquement pour franchir le fleuve en ferry. Le fleuve, le fleuve… je ne suis pas sur qu’il y ait une frontière précise entre la fin du Rio Plata et le début de l’Atlantique…
Le bateau est flambant neuf : le sous-sol est prévu pour les voitures, le niveau supérieur pour les passagers avec sièges comfortables, niveau supérieur VIP, boutiques duty-free de grandes marques… un vrai terminal d’aéroport international, et tout ca pour 1h de trajet !

Ma destination est Colonia del Sacramento, en Uruguay. Cette ville, c’est l’échappatoire pour des milliers de porteños qui cherchent a quitter, le temps d’un week-end, la capitale argentine pour un décor bien plus reposant.

Pour avoir pris le bateau, j’ai l’impression d’etre sur une ile car Colonia, c’est un univers totalement différent de Buenos Aires. A vrai dire, elle ne ressemble a aucune autre vieille-ville que j’ai pu voir auparavant en Amérique latine. Elle ferait penser a un hameau du sud de la France : maisons basses, ruelles pavées, murs colorés envahis par les fleurs et ombragés par les platanes :

La Plaza Mayor
Quelques maisons typiques
Bon effectivement, pour les platanes ombrageant les rues, il faudra attendre l’été…
… En revanche, ca me gache rien au charme des maisons
Plaza de Armas

Le peu de touristes qu’il y a se sont réfugiés dans les cafés a cause du froid et c’est pas plus mal. Ca rend la ville…

…tranquille…

Classée au Patrimoine mondial de l’UNESCO, la vieille-ville de Colonia del Sacramento est une destination incontournable lorsqu’on se rend en Uruguay ; et encore plus incontournable lorsqu’on arrive de Buenos Aires. Elle occupe une presqu’ile a l’écart de la ville moderne.

Comme son nom l’indique, c’est une ancienne ville coloniale fondée au départ par les portuguais. Mais les porteños n’appréciaient guère la concurrence et la contrebande qui s’y développent au détriment de Buenos Aires.
Plusieurs batailles furent livrées avant que la ville ne tombe définitivement aux mains des espagnols, qui purent désormais commercer pleinement avec l’Europe.
Colonia finit par tomber dans l’oubli, d’ou son très bon état de préservation.
Beaucoup de vieilles demeures, formidablement bien conservées et dépaysement garanti (si on ne vit pas dans le midi de la France), avec en prime :

Le port de plaisance

On peut ajouter a cela que de nombreux particuliers sont propriétaires de vieilles voitures datant pour certaines du milieu du XXème siècle :

Presque a chaque coin de rue on peut en trouver une

Ca accentue beaucoup le caractère ¨figé dans le temps¨de la ville.

J’ai trouvé un hostel juste en arrivant. Ca fait maison de campagne. En été, ca doit etre un coin super agréable. En hiver, tu remarques surtout les aérations sur les murs et au toit : c’est truffé de courant d’air ! On se caille, obligé de diner en blouson.
Heureusement il y a un bon chauffage d’appoint pour les dortoirs. Mais c’est bien tout…

27 Juin 2011

Je prends le bus ce matin pour Montevideo, la capitale, a l’Est de Colonia.
Je vais pouvoir regarder, durant le trajet de jour, a quoi ressemble le paysage uruguayen.
Et pendant ces 2h30, je ne sens pas vraiment dépaysé ! Ca ressemble a ces paysages de bocage des prairies berrichonnes un jour de novembre. A part la population typée espagnole ou italienne… Ici se trouve la différence avec les berrichons !

Les Uruguayens ? A 1ère vue (et aux 1ers sons), pas de grandes différences avec les argentins : beaucoup de ch ch ch dans les phrases, une bise et une seule, on est toujours dans le Cone Sud (et qui dit Cone Sud dit une grande majorité de la population d’origine européenne), le qué tal (ca va) juste après le Hola est assez fréquent (comme le How are you ? australien) et sans oublier…

 

La culture du Mate
Prononcé ¨Maté¨ (sinon ca veut dire ¨pote¨ en anglais et c’est ce que disent aussi les australiens a chaque fin de phrase).
C’est une plante originaire du Paraguay qu’on sert en infusion dans une sorte de coupe ronde surmontée d’une pipette métallique. Sa culture et sa consommation s’étend a toute l’Argentine et a l’Uruguay.
Le mate réveille, chasse les migraine, supprime la sensation de faim, et élimine le mauvais cholestérol pour permettre d’en produire du bon. En gros, le mate a tout pour plaire. Si bien qu’on le déguste partout : dans les bus, durant les repas, en marchant… Ca n’a pas l’air d’encombrer les uruguyens qui, pour certains, se balladent constamment avec leur coupe et leur thermos d’eau chaude sous le bras.

La capitale n’échappe pas a cette tradition. J’arrive a Montevideo en milieu d’après-midi. Le mate est partout, les coupes exposées derrière les vitrines ou présents sur les stands de rue.

La journée est déja bien entammée, la visite de la ville sera pour demain. Pour le moment, quelques courses pour le backpacker équipé d’une cuisine, recherche (infructueuse) de livres de voyage en anglais et surtout COIFFEUR !
Vraiment désolé, je n’en peux plus. Déja lorsque j’étais a vélo en Amérique centrale, je devais garder mon chapeau (meme sans soleil) sinon je ne voyais rien a cause des cheveux. Et c’était il y a 2 mois !
De retour a l’hostel, je ne me reconnais plus devant le miroir ! Rasé la barbe de près en plus, j’ai l’impression d’avoir 5 ans de moins.
Hum…Non… seulement un an en fait… la meme tete que sur la page d’accueil de ce blog. Promis, c’est la dernière fois que je les coupe. Vous verrez bien encore le changement quand je rentrerais dans 2 ou 3 mois.

A Montevideo, meme température qu’a Colonia del Sacramento. Pas un nuage mais froid quand meme.

28 Juin 2011

Je pars a la visite de Montevideo. Pas grand… vraiment pas grand. On en fait vite le tour.
Tout s’articule autour…

… de l’Avenidad 18 de Julio…
… et de la Plaza Independencia

Les rues sont assez tranquille et les urugayens sont plutot calme par nature. J’ai rarement entendu un coup de klaxon.
Parti a 10h30, je regarde ma montre : 13h30 ! Et j’ai fais le tour des places principales et longé les docks. Je m’étais attardé plus de temps dans les ruelles de Colonia. Que faire… Pour le coup, je n’ai pas d’idées. Pour les festivités, ce n’est pas la bonne saison.
Bon allez, je rentre au backpacker avant de ressortir en fin d’après-midi pour une chose : j’avais oublié de filmer !

Les cars pour le Brésil ne partent que demain soir. J’ai peur de perdre mon temps presque 24h de plus a Montevideo. La ville est jolie mais c’est vraiment tout petit !…

29 Juin 2011

Je décide de rajouter une destination dans mon programme. Quitte a rester une journée de plus en Uruguay, autant partir vers un autre endroit, plus a l’Est, loin des grandes villes.

Je me lève ce matin a 5h30 pour me rendre a la station de cars en taxi. Je pars pour Chuy, une ville-frontière, 5h de route a l’Est de Montevideo. Le paysage est toujours le meme et pour prouver que je n’est rien contre le berry, je compte bien m’y ballader un peu.

Il est midi, le chauffeur du bus m’indique l’office de tourisme.
Une dame m’accueille bien gentillement. Je lui demande comment rejoindre Fuerte San Miguel, un vieux fort récemment rénové.
Mon dilemme, c’est que j’aimerais poser mon sac a dos dans une consigne.
Mon autre dilemme, c’est de savoir exactement de combien de temps je dispose avant qu’un bus parte pour Porto Alegre, au Brésil.
Elle me dit qu’elle ne sait pas et que je dois aller me renseigner dans une compagnie d’autobus. La ville de Chuy est traversée en ce milieu par une route nationale qui sert de frontière.
Je lui demande alors ou se trouve la compagnie de bus coté uruguay pour me renseigner. Elle me dit qu’aucun bus ne part d’Uruguay, que je dois me rendre coté Brésil. Oui, mais du coup, ma question est :
– ¨Est-ce que je peux revenir ensuite coté Uruguay pour aller visiter le fort ?¨
Elle me bredouille quelquechose d’incompréhensible.
Je lui dit :
– ¨Vous ne pouvez pas savoir les horaires depuis ici ?¨
Elle me rebredouille quelquechose d’incompréhensible. Je comprends rien a son système. On tourne en rond…
Et enfin elle me dit :
– ¨Attendez je vais me renseigner par téléphone¨
C’est bon, elle a compris toute seule.
En raccrochant le téléphone, elle me dit qu’elle ne peut pas accéder aux compagnies de bus puisque le numéro est brésilien…
– ¨…¨
Elle appelle une compagnie uruguayenne, puis après avoir de nouveau raccroché, elle me dit :
– ¨Il y a un bus qui part d’Uruguay pour Porto Alegre¨

Si on peut forcer les choses…

Autre dilemme, je lui demande :
– ¨Et pour le tampon d’entrée et de sortie ?¨
– ¨Voyez avec l’agence¨

Je ressors.

Elle m’a indiqué la consigne, une compagnie de car. Je pars ensuite vers l’autre compagnie, celle qui me fera passer la frontière. Ils m’expliquent qu’ils s’occuperont des formalités en passant devant le poste de migration. C’est bon, j’ai résolu tous mes dilemmes.

Je peux désormais partir a pied en direction du Fuerte San Miguel. Je traverse Chuy par l’Avenue centrale. Je comprends maintenant ce que me disait la dame de l’office, on peut accèder sans problème au Brésil : trottoir de gauche c’est l’Uruguay, trottoir de droite, le Brésil.

Et c’est parti pour 8kms a pied en direction de l’Ouest.

Et me voici :

Au Fuerte San Miguel

Une forteresse batie par les portuguais au début du XVIIIème siècle pour stopper l’invasion espagnole.

A l’intérieur, ce n’est pas grand. De la place pour une garnison d’une centaine d’homme…

 

Mais suffisamment conséquente pour servir de frontière entre les 2 pays, a quelques kilomètres près. Au loin (a peine 10kms), le Brésil…

 

Cette ballade au Fuerte San Miguel est assez symbolique pour moi aussi, puisqu’elle conclut la fin de 14 pays traversés ayant l’espagnol pour langue officielle. 14… depuis le Mexique jusqu’ici en Uruguay, 14…C’est pas rien quand meme… Des mois que je l’utilise, ca va faire bizarre de la quitter dans quelques heures… J’ai entendu plusieurs fois les gens me dire que je la parlais bien. Moi je ne trouve pas, c’est surtout parce qu’on me pose toujours les memes questions, alors j’ai toujours les memes réponses auxquelles je réponds assez rapidemment et, a présent, sans aucune hésitation.
De mon coté aussi, j’ai toujours les memes questions a poser, mais il est clair que je suis passé d’un niveau zéro a un niveau moyen. Des progrès, c’est sur, il y en a eu depuis mes immenses difficultés a me faire comprendre pour acheter tout l’équipement nécessaire a mon départ en vélo depuis Mexico…Dites-donc ca fait loin tout ca… et c’était toujours la meme langue…
Mais a ce que j’ai compris, les brésiliens parlent mieux l’espagnol que l’anglais, donc je risque encore de l’utiliser au Brésil. D’ailleurs, les hispanophones surnomment leur parler espagnol : ¨Portugnol¨. Moi c’était (et c’est toujours) l’Itagnol qui ressurgit de temps en temps…
En faisant un mix des 3 langues, on finira bien par se comprendre…

Au Fort, je demande si un bus se rend a Chuy ; refaire 8kms a pied, je ne suis pas d’attaque. Il me dit de me placer a l’entrée du fort, au bord de la route. Un bus passe toutes les 30 minutes, normalement…
Je n’aurais attendu qu’un quart d’heure lorsqu’une camionette s’arrete devant moi, et me propose de grimper.
2 gars sympas qui doivent travailler dans l’artisanat. Tout deux ont le mate et le thermos d’eau chaude a portée. Ca me fait sourire, car j’ai plutot l’image de 2 manutentionnaires en fourgonnette tournant a la bière ; mais ici, avec le mate, ca fait beaucoup plus distingué.
Ils me déposent a l’entrée de la ville.

Je récuère mon sac a dos en consigne. J’ai désormais tout le temps pour me rendre dans un cyber et vous écrire ces quelques lignes.

Mon car part a minuit vers des températures plus élevées.
Direction Porto Alegre. On embarque pour le Brésil !

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

 

Brasil !

30 Juin 2011

Je suis a la douane uruguayenne. C’est ici que j’attends le bus.

Il est 00h45, et le voila enfin. C’est pas trop tot, je vais pouvoir dormir quelques heures.
Je passe la frontiere brésilienne au bout de quelques minutes.

Il est 6h50, l’hotesse me réveille : « café ou thé ? »
Je n’ai pas pu me rendormir jusqu’a 8h, l’heure a laquelle j’entre au terminal des cars de Porto Alegre.

Pas tres réveillé, j’entre dans un cyber pour chercher une auberge de jeunesse. C’est bon, ce sera l’hostel Porto do Sol.
Les taxis rouges de la ville attendent en file sur 3 voies.

Et la, au moment de dire ma direction, le chauffeur me répond quelquechose d’INCOMPREHENSIBLE : du portuguais ! Je n’ai pas saisi un seul mot. Je me rendais au Brésil avec l’espoir qu ca ressemble a l’espagnol ou a l’italien. Raté ! C’est une langue complétement différente ! Meme les mots les plus récurrents, le moindre adverbe, la salutation, le remerciement, rien !!! Retour au point de départ, dans l’incompréhension mutuelle…
Ils ne parlent pas anglais et tres peu l’espagnol.
Durant la course en taxi, je regarde les panneaux : en fait, ils se lisent tres bien ; mais c’est leur prononciation qui pose vraiment probleme…

J’arrive au backpacker. L’hotesse est a la grille.
– « Hola. Hablas espanol o ingles ? » (autant ratisser large)
– « A little »
– « Do you have a room for one night ? »

Elle me dit que c’est complet. Je tente le « sourire de l’invaincu », me laisse finalement entrer pour se diriger vers le téléphone et se renseigner sur les possibilités d’hébergement dans la ville.
Et tout compte fait, elle me dit qu’un lit est disponible ici.
Je retenterais le sourire, ca a l’air de fonctionner ici.

Elle demande a la fille assise derriere moi, sur le canapé si ca ne la dérange pas que je vienne dans sa chambre, pour occuper le second lit. Elle répond « non pas de probleme ».
Je lui dis en souriant :
– « Thank you »
– « Where are you from ? »
– « France »
– « Ah bah moi aussi »

Et c’est ainsi que je rencontre Elise, étudiante en medecine, arrivée au Bresil pour un stage a l’hopital de Porto Alegre.
Je lui offre le café de l’amitié.
2 solutions s’offre a moi : soit je pars directement me coucher (parce que c’est pas la grande forme), soit on prend un second café de l’amitié – et je tiens le coup jusqu’a ce soir –  pour que l’on parte cette apres-midi rejoindre ses collegues de fac devant l’hopital, pour attaquer ensemble une visite de la ville.

Je choisis donc la 2nde option bien entendu. On dormira plus tard.
Je rencontre 2 autres lillois accompagnés de Mauricio, natif de Porto Alegre, qui nous mene dans les endroits sympas de la ville. Il a etudié a Cambridge ce qui améliore franchement la communication.
Ca me permet de lui demnder quelques phrases en portuguais :
– « Comment tu dis je m’appelle, me llamo Alex ??? »
– « Non, me chamo  »
– « Mes chameaux »
L’apprentissage sera long…

Nous faisons un peu de bus, mais l’essentiel a pied :

Le marché couvert de Porto Alegre

A vrai dire, il n’y a pas de rue incontournable et bien preservées. Beaucoup de batiments des années 70 peu esthétiques.

Une des places les plus belles que j'ai pu voir a Porto Alegre
Et un seconde église. Le temps est impeccable aujourd'hui

Centres culturels, musées, ballade le long du lac Guaiba. On a fait un bon petit tour.
Les gens boivent aussi le mate ici. Un peu moins fréquemment qu’en Uruguay quand meme.

La derniere etape sera le centre commercial de Porto Alegre. Je dois faire quelques courses pour ce soir. Tant qu’on a Mauricio sous la main, autant qu’il m’aide pour une chose :
– « Tu peux demander a la dame 4 tranches de jambon et 2 tranches de fromage pour moi ? »

Ca fait vraiment bizarre de revenir au degrés zéro d’une langue. Il n’y a pas un mot que je distingue, ni qui se détache d’un autre mot. Un brouillard compact ! D’ou l’interet d’avoir toujours un brésilien sous la main.

Nous laissons Mauricio devant le centre commercial. Je rentre au backpacker en taxi avec Elise.
Elle me dit qu’elle commence son stage demain, et rendez-vous a l’université seulement la matinée. L’apres-midi, ca nous permettrait de prendre un verre dans le quartiers des bars avec ses autres collegues.

1er Juillet 2011

Comme pour tous les backpackers, je dois partir avant midi.
Il a été convenu avec Elise que je devais l’appeler vers midi pour savoir a quelle heure elle finirait exactement.
Je laisse mon sac dans la chambre, et je traine un peu dans les rues de Porto Alegre. Il y a beaucoup de cabines téléphoniques dans les rues, mais elles fonctionnent toutes par carte.
Je dois donc trouver un bureau de tabac qui en vende. Je met un bon moment pour joindre Elise depuis la cabine pour me dire finalement qu’elle en a pour longtemps a peu pres jusqu’a 20h. Tant pis.

Nous avons visité l’essentiel de la ville hier, je pars reprendre mon sac a dos.
Direction la station des cars.

Je m’étais renseigné auparavant sur les horaires des cars. Pour me rendre a Sao Paulo, il n’y en a qu’un et il est a 21h…
Au guichet, on me dit qu’il est complet. Il me dirige vers une autre agence. Le prochain part dans 5min et il est moins cher. Ca c’est de la veine…

2 Juillet 2011

La raison principale pour laquelle je ne me suis pas vraiment attardéa Porto Alegre, la voici : j’ai gardé contact avec Diego, un brésilien qui faisait parti du groupe des 6 avec qui j’ai traversé le Salar d’Uyuni en Bolivie.
Super sympas, dans son mail, il m’a bien fait comprendre que je pouvais venir a son appartement sans probleme.
C’est tres bien placé m’a-t-il dit.

Il est 9h du matin, apres 18h de route, j’arrive dans la gigantesque métropole de Sao Paulo.
Et bizarrement, il ne faudra que 20 minutes pour rejoindre son appartement en metro. Tout est tres bien desservi, il m’avait tout indiqué jusqu’au numéro d’appartement.
Je retrouve aujourd’hui une douceur de climat que je n’avais pas connu depuis longtemps.

J’arrive a la réception qui donne l’impression d’entrer dans un hotel 3 étoiles.
Je demande l’appartement 111 (en espagnol) ; le concierge téléphone pour prevenir Diego, raccroche, puis doit etre en train de me dire : « Tu peux prendre l’ascenseur ».
Arrivé au palier, un gars m’ouvre et… ce n’est pas Diego.
Il parle un peu anglais et me dis « room mate of Diego ». C’est son collocataire. Je lui demande si il savait que j’arrivais.
Il me répond que non. La, je rigole lorsqu’il me dit : « le concierge m’a dit au telephone Alex, un francais est devant moi et j’ai dit un francais ? qu’il vienne »
Avec les brésiliens, on est jamais abandonné devant le palier, ca fait plaisir !

Diego arrive finalement 15 minutes plus tard. Et je retrouve le meme qu’en Bolivie. Lorsqu’on s’est quitté au Salar d’Uyuni, il est parti au Pérou pour le Machu Picchu avant de rentrer en avion a Sao Paulo, il y a 1 semaine.

Diego est developpeur informatique comme son coloc. Il travaille dans une agence immobiliere. J’arrive en fin de semaine donc il est en week-end.

Il est midi, je lui dis que j’aimerais trouver des bouquins de voyage en anglais. Nous prenons le bus pour le centre-ville, a l’Avenidad Paulista, une grande artere de Sao Paulo. Il tiens a me faire gouter la Feijoada, riz, porc, flageolet… tres lourd comme repas, mais tu es calé pour un moment.

Nous entrons ensuit dans un grande librairie, ou enfin, je trouve mon bonheur en livre de voyage.
Super séquence camescope, je l’ai filmé en train de lire un passage du Bouclier Arverne d’Asterix en portuguais.

Pour la fin de l’apres-midi, nous prenons le vélo en direction d’un parc pas loin. Son vélo est récent. Celui qu’il me donne a plusieurs dizaines d’années d’existence, et je le trouve superbe. Je lui dis : « C’est la 1ere fois que je monte sur un vélo depuis Panama »

Arrivé a un pont, je prends une photo pour immortaliser le superbe vélo de son coloc, style années 50 :

Au fond, le quartier des affaires et un nombre incalculable de gratte-ciel

Sao Paulo : 12500 restaurants, 402 théatres et salles de cinéma, 110 musées et centres culturels, 15000 bars et boites de nuits. Capitale économique, gastronomique et culturelle du Bresil.
Diego aime cette ville. Il me dit : « Quelque soit l’heure, un bar, un resto… il y a toujours quelquechose d’ouvert ».

Le parc est immense. Le faire a vélo a économisé des heures de marche.

De retour a l’appartement, Diego me propose un churrasco, un barbecue organisée par une agence de référencement internet. Entre informaticiens, tout le monde se connait a Sao Paulo.
Pas de probleme pour l’invitation : je le suis. Nous prenons le bus puis le taxi. La ville est gigantesque. Meme les habitants installés depuis plusieurs années sont loin de tout connaitre de cette ville : une métropole de 19 millions d’habitants et la plus vaste de l’hémisphere sud !

Diego ne parle pas bien anglais, du coup, pour avoir une communication plus fluide, on parle espagnol. La, je suis un peu plus a la traine : son espagnol est bien meilleur que le mien. J’ai compris comment marche le passe composé (c’est un italien a la frontiere boliviano-chilienne qui m’a appris comment ca fonctionnait…), mais désormais, je seche sur l’imparfait !
Lors des soirées bruyantes, je préfere que Diego me parle espagnol : lorsqu’il y a beaucoup de bruit, les mots s’entendent mieux en espagnol qu’en anglais…

Nous voici a l’entrée de l’agence. On entend une bonne ambiance de l’autre coté des murs. Avant de sonner, je lui dis en riant :
– « Ce soir je dois parler portuguais alors ? »
– « Non, certains parlent anglais »

Et effectivement, ca se passe plutot bien. Travailler dans le monde des nouvelles technologies permet de rester connecté avec l’anglais. Les invités, entre 20 et 30 ans, me font bien comprendre qu’ils sont heureux de me voir a cette soirée. Je me sens vraiment le bienvenu. En plus, Diego, a chaque rencontre, répete avec un grand engouement les détails de mon voyage. Avec l’intonation de pur brésilien, je l’entend dire : « Mexico… Panama… bicicletta !!! ». Je sais plus ou me mettre…
Les brésiliens sont tellement amicaux, toujours le sourire !

Et puis le Brésil, c’est un superbe métissage : italiens, japonais, européens, noirs-africains et métis pour beaucoup.
J’ai rencontré tout le monde sans probleme. Tous parlent avec une grande aisance, sans timidité, comme si je connaissais la personne depuis longtemps, les brésiliens comme les brésiliennes.

Tiens d’ailleurs…

Un mot sur les brésiliennes :
Je sens bien qu’a mon retour, vous allez m’interroger a ce sujet, donc autant anticiper. Je suis au regret de vous annoncer qu’elles ne sont PAS TOUTES belles… En revanche, le pourcentage de jolies brésiliennes sont VRAIMENT TRES TRES jolies. Et sincérement, j’avais pas vu d’aussi belles filles depuis l’Europe de l’Est.

Donc lorsque Diego, aprés cette magnifique soirée-barbecue, m’annonce :
– « Je pars en boite avec 3 copines, tu viens ? »…

Je vois pas comment j’aurais pu refuser…

3 Juillet 2011

Couché vers 5h30 du matin et réveil sur les coups de midi.
Forcément, c’est pas la grande forme. Mais ca pourrait etre pire.
Diego, lui, n’est pas d’attaque.
Lucas son coloc et sa copine me propose alors de les suivre au MASP (Musée d’Art de Sao Paulo) pour l’exposition de Yann Arthus Bertrand « 6 bilhões de Outros » (6 milliards d´autres).
Cette expo m’a chamboulé. Le principe était de filmer les gens des 4 coins du monde ; chacun devant répondre aux memes questions sur la famille, la liberté, le sens de la vie… J’ai l’impression de les avoir rencontré durant mon voyage car les voir et les entendre me font remonter pleins de souvenirs des pays que j’ai visité, mais aussi des différentes mentalités de chacun : Asie, Moyen-Orient, Europe, Amerique du Nord…
Tout se passe dans une dizaine de yourte mongols converties en salle de projection.
Superbe exposition, je la conseille a tous.

Je rentre a l´appartement de Diego qui me propose d´aller voir de la samba dans le quartier italien avec une de ses copines.
Et c’est reparti ! Diego, c’est l’archétype du Paulistano (habitant de Sao Paulo) : il travaille beaucoup, sort beaucoup, s’amuse beaucoup, dort a peine. Il vit dans la plus grande métropole brésilienne dont l´état d´esprit est celle d’avoir de longues journées de travail. Il y a toujours quelquechose a faire (attraction, manifestation, expo, danse…) chaque soir dans un coin différent de la ville.

Je rencontre Julianna, une fille adorable qui parle tres bien l’anglais et qui nous emmene en voiture jusqu’au bar a samba.
On pense tout de suite aux sambas des carnavals, entrainantes et bruyante. Ce n´est pas ce type de samba que je m’apprete a voir ce soir.
Pour traduire littéralement, c’est une « samba en rond » autour d’une table. Je m’explique : le bar est un bar comme un autre mis a part qu’il dispose d’une petite estrade ou se trouvent une table et des chaises ou se trouvent les musiciens qui improvisent autour d’une biere !
La musique se compose de guitares, de maracas, d’un cuica qui donne un son tres propre a la samba par le grincement d’une seule corde (une sorte de houhouhou), d’un tambourin, le tout accompagné de chants. C’est  joyeux, parfois teintée de quelques accords mineurs mélancoliques. On peut danser la samba seul ou a 2.
Pour info, tous les brésiliens ne savent pas la danser (sortons des clichés !), autant que les argentins sont loin de tous savoir danser le tango…

4 Juillet 2011

La samba finit vers 1h du matin.
Nous partons au resto japonais a 2 pas de l’appartement.
Je suis en plein changement de rythme de sommeil ; j’adopte celui du Paulistano.
Du coup, je ne suis pas en grande forme, mais les sorties sont a chaque fois geniales.

Ce matin ? Il n´y plus de matin en ce moment.
On est lundi, Diego part au boulot. Il apprécie ses horaires : il me dit qu’en général, il fait 11h-21h et sort aprés le boulot jusqu´a 3h du matin.
De mon coté, je voudrais partir cette apres-midi visiter le centre-ville.

Le probleme, c’est que son coloc aussi est parti, et je n’ai pas de clé pour fermer la porte. J´appelle Diego.
Il me dit :
– « Le concierge a une clé de secours, c’est une clé verte, demande-la »
– « Et ca se dit comment en portuguais ?  »
–  » Tu dis juste Diego falov para mim que você tenhia uma chave verde »
– « … hum… chave verde ca suffira… »

Je descends a la réception est sort un mélange espagno-italo-portuguais:
–  » Diego chave verde apartamento 111″

C’est bon il a compris.
Je prends le métro pour le centre-ville, mais tres vite, en me retrouvant seul dans ce dédale de rues, je ne sais pas vraiment quoi faire. Le quartier n´est pas franchement beau. A la limite, je préfererais déambuler dans les rues avec quelqu’un du genre… au hasard… une brésilienne !

J’ai passé a pene 2h dans le cenre avant de rentrer a nouveau.
J’utilise le PC de Diego pour commencer l’écriture du blog sur ces derniers jours au Brésil.
Il est plus de 20h, je n’ai pas le temps de terminer que Diego m’appelle :
– « Tu viens prendre un verre avec une copine ? »
– « Tu passes pas par l’appart´? »
– « Non, rejoins-moi rue Augusta »
– « Je sais plus ou c’est »
– « Prend le métro, ligne verte, arret Convençao, je t’attend devant »

Tout est tellement plus simple dans une ville équipée d´un métro. Impossible de se tromper.

Je rencontre d’autres amis a lui et la Julianna d’hier. On parle, musique, cinéma… Je constate qu´ils connaissent plus de groupes et de films francais que j’en connais du Brésil. Et pourtant des bons films brésiliens, il y en a.
En Bolivie, j’avais dit a Diego que je connaissais uniquement Cidade de Deus (la Cité de Dieu). Il m’a répondu que c’était un bon film, tres connu au Brésil. Il m’avait alors parlé de Tropa do Elite (Troupe d´Elite). Le titre sonne un peu « série B » mais ne vous y trompez pas, il a connu un franc succes au Brésil par son histoire poignante sur la BOPE (le bataillon des opérations spéciales) en charge de combattre la criminalité dans les favelas de Rio. Cette brigade existe belle et bien. Elle porte un autre nom pour celles intervenant dans les favelas de Sao Paulo.

5 Juillet 2011

Il est 1h du matin, apres plusieurs verres de bieres puis le meme resto ou il y a 2 jours, Pedro m´a fait gouté la feijoada, nous rentrons tous pour la séance cinéma « Tropa de Elite », en portuguais sous-titré anglais.
Le film commence par du funk carioca, un rythme né dans les favelas de Rio.
On en reparlera de ces favelas…
Le petit plus, c’est d’avoir vu le film aux cotés de brésiliens : on se sent encore un peu dans le film meme apres qu’il soit fini.
Superbe producion, scénario et vraimen de tres bons acteurs.
Ames sensibles s’abstenir. Pour les autres, regardez-le absolument !

Je dors a nouveau sur le sofa du salon, bien comfortable d’ailleurs.
Diego me réveille vers 11h pour me dire qu´il part au boulot. Je lui avais dit la veille que c’était mon dernier jour a Sao Paulo.
Je le remercie pour toutes ces b0nnes sorties. Il compte venir en France l’an prochain. Je l’accueille avec grand plaisir.

Une douche, je rassemble mes affaires.
Je pars au terminal des cars. Direction Rio de Janeiro, ma derniere etape de ce (court) voyage au Brésil.

Et maintenant je voudrais que chacun ait une pensée pour un vieux compagnon de route qui vient de me quitter. Des années de bons et loyaux services, de nombreux courts-métrages et voyages, l’Angleterre, l’Ecosse, l’Espagne, le Portugal, la Corse, la Sicile, l’Allemagne, la Hollande, La République Tchèque et 28 autres pays durant ce tour du monde : mon camescope vient de rendre l’ame et je m’en apercois dans le car qui m’emmene a Rio.
Au moment de changer la cassette, il a émis quelques sons étranges. Je peux insérer une nouvelle cassette, je peux voir encore ce que je filme, mais je ne peux plus enregistrer. Lorsque j’appuie sur REC, il fait le bruit du camescope-en-phase-terminal. C’en est finit. Je connaissais tous ces petits sons bizarres, ses signes de faiblesses, ses caprices dus aux changements de température ; j’ai essayé de le réanimer durant le trajet, mais c´est clair maintenant, je n’ai pas d’autres choix que de m’en procurer un nouveau. Je ne prive pas de vidéo ces touts derniers mois de voyage !

Il est 20h, apres 6h de trajet, me voici a Rio.
Un taxi me dépose devant l’hostel.
L’une des premieres questions que je pose est : « Ou est-ce que je peux trouver un magasin vendant des camescopes ? »
Le réceptioniste me donne une adresse, c’est au bout de la rue et c’est encore ouvert.
Sur place, un caméscope ! Ils ne vendent qu’un seulmaleureux camescope, et il ne me convient pas du tout.

Je rentre a l’hostel. Ils m’indiquent un autre endroit pour demain matin.
Avant toute visite de la ville, l’achat d’un nouvel appareil devient la priorité !

6 Juillet 2011

Je pars en direction de Lojas Americanas, unebotique a 2 pas de l’hostel.
3 cameras cette fois ! Elles sont toutes en HD, peu maniables, n´acceptent pas les cassettes DV forcemeny et coutent un bras !

Je me rend dans un cyber pour trouver LE magasin high-tech de la ville.
C’est bon, j’ai trouvé. Je prends le taxi pour le centre-ville.
Ca s´appelle PROMOINFO, et c’est un grand magasin constitué de petits magasins vendant de la connectique, des souris, des casques audio, des appareils photos et quelques camescope. Il doit y avoir une cinquantaine de petits magasins mais je me rend vite compte qu’ils vendent tous exactement la meme chose. Les quelques appareils qu’ils ont sont HD et coutent les yeux de la tete. J’interroge a droite a gauche, aucun professionnel n’est capable de me dire ou est-ce que je peux trouver un camescope mini-DV.
Le dernier commercant a qui j’explique mon probleme me dit que les modeles mini-DV ne se font plus. Ca, je le savais, mais j’aurais esperé que dans tous ces magasins, il y aurait des rayons discount ou achat-revente par les particuliers.
Mais non, rien. Ce que je reproche aux HD ? D’etre peu maniables car les fabriquants les font trop petitetaille. J’ai une quinzaine de cassette mini-DV qui ne me serviront plus, mais surtout, la raison principale : c’est hors de prix.

Je désespere…

Je ressors du magasin. Me voila au milieu d’une place ou les gens déambulent. Moi, je suis a l’arret et je cherche une solution.
Il va falloir creuser mieux que ca…

Je me rend dans un autre cyber pour partir a la chasse aux particuliers. Je mets 2h pour trouver le bon camescope, comparer les prix et trouver un particulier qui vende ce que je veux et dans la ville de Rio. J´ai de la chance d’etre dans une ville assez grande pour avoir un peu de choix. Mais je remarque qu´a Sao Paulo, il y avait encore plus d´offres. Pas de bol, a 1 jour pres…

Je trouve quand meme mon bonheur et je décide de tout miser sur ce particulier. Il possede un JVC mini-DV GRD275U : quasiment le frere jumeau de celui que j’ai depuis des années. Je lui envois un mail pour connaitre son adresse et m’y rendre.

Je ressors du cyber n’espérant pas avoir de réponse avant un moment (voire pas de réponse du tout). Je tente de l’appeler d’une cabine. Mais entre l’indicatif de la ville et le code préliminaire avant d’entrer son numéro, je n’y comprends rien.

Je décide de rentrer a l’hostel. La réceptioniste me donne le téléphone. Depuis le fixe, je n’ai simplement qu’a composer son numéro, c’est plus simple que dans une cabine.

Je parviens a joindre la personne. Je lui dis des le départ :
–  » Hola, no falo portugues »

Je suis tres loin de comprendre ce qu’il me dit, mais lorsqu’il me parle, je commence dans mon esprit a savoir détacher les mots les uns des autres. J’avais sous les yeux le nom du site web et la marque du camescope. Je lui dit de m´envoyer un mail avec son adresse a Rio pour que j´aille voir le produit de mes yeux. Pas la peine de compter sur un envoi postal, ca prendrais des jours.

Il me répond 1h plus tard en me disant qu’il peut passer directement a l’hostel vers 9h demain matin.
Parfait, j’espere qu’il aura tous les accessoires, que ma batterie sera compatible, que le NTSC n’aura pas trop d’influence sur l´image finale (l’Europe fonctionnant en PAL), bref… je prendrais le temps qu’il faudra avant de me décider. Mais d’un autre coté, ai-je le temps de trouver un autre particulier ? Pas vraiment…

Rio de Janeiro sans vidéo, mais quelle horreur ce serait !!!

En plus ce soir, je pars dans un grand stade de foot pour voir un match du championnat brésilien : une équipe de Rio contre São Paulo, et je n’ai rien pour filmer… Je n’aurais pas d’autres occasion de voir un match au Brésil et je vais devoir me passer de l´ambiance d’un stade lors du montage final. Et vous aussi d’ailleurs…

Ou alors, une solution : j’utilise la fonction vidéo de mon appareil photo mais c’est vraiment de pietre qualité. Ca fera l’affaire…

Le match ? Une ambiance incroyable, j’ ai entendu un bon nombre de chants différents a la gloire des Flamengo (une des équipes de Rio). Sao Paulo (qui est le nom d’une des équipes de Sao Paulo) sont réduits a un petit carré de supporters. Jamais les 2 clans ne se croisent, que ce soit a l’intérieur, en entrant ou en sortant du stade. La police est a l’intérieur et autour du stade. Pas d’incident ce soir et des tribunes en ébullition : les tambours n’ont pas cessés durant les 90 minutes. Score final : 1-0 pour Rio et j’ai senti les gradins trembler au moment du but.

7 Juillet 2011

Retour a l’auberge de jeunesse vers 1h du matin.

Un type arrive a l’hostel et demande a me voir. Je vais enfin voir le produit qu’il veut me vendre.
Je l’inspecte et le teste avec mes propres cassettes.
Il avait l’air neuf, mais au moment de visualiser les rushs, ca grésille, l’image n’est pas nette. Je lui dis simplement que je n’en veux pas. Un peu décu, je me félicite surtout qu’il ait fait le déplacement pour rien, et pas moi… Donc pas de quoi se prendre trop la tete sinon que… je n’ai toujours pas de camescope…

Ce matin, une polonaise arrive a la réception pendant que je suis devant le poste internet, a relancer les autres vendeurs potentiels en leur écrivant de venir directement a l’hostel. Les heures défilent. Pas de réponse.
Je pars juste a la poste : une lettre a envoyer pour avoir le retour de taxe lorsque j’ai travaillé en Australie. Dehors, il fait un temps excécrable. Il pleut, la brume s’est installée. Pas grand chose d’autre a faire aujourd’hui.

De retour a l’hostel, pas de réponse sur ma boite e-mail.
Je commence alors a discuter avec la polonaise qui attend toujours pour le check-in. Je lui dis au passage, que j’ai rencontré une autre polonaise dans ce meme backpacker. Ca valait la peine de lui dire, c’est un nationalité que j’ai tres rarement croisé durant ce voyage.
Les heures défilent encore et je suis toujours a l’accueil en train de discuter avec elle.

Les 2 polonaises finissent par se rencontrer et, en début d’aprés-midi, elles me proposent d’aller faire un tour malgré le temps pourri ! C’est une aprés-midi a faire du shopping. Meme si je n’ai rien a acheter. A PART UN CAMESCOPE !!!
Toujours pas de réponse de vendeurs potentiels.

Nous partons.
Si un jour on me demande : « Est-ce que tu as déja fais les magasins a Rio avec 2 polonaises », je pourrais dire oui…

Le temps se calme en milieu d’apres-midi, je leur propose de partir a la plage de Botafogo, le quartier ou se trouve l’hostel.
Pas de soleil en vue, c’ est un peu triste, et c’ est pas franchement l’ image qu’on a de Rio :

Au loin, le plus gros rocher, c' est le Pain de Sucre, un des emblemes de la ville

Puis, je leur demande si elle sont partantes pour aller sur la plage de Copacabana. Nous prenons le bus et, histoire de dire que j’y étais, voici :

Copacabana, un jour d'hiver...

Nous partons enfin dans le quartier d’Ipanema, sur une autre plage qui est séparée de Capacabana simplement par un rocher :

Plage d'Ipanema. Au loin, les favelas

On a bien marché. La nuit tombe a meme pas 18h…

Je retourne sur Internet. Un vendeur est d’accord pour passer tot demain matin. Je croise les doigts, c’est ma derniere chance !

Le backpacker organise de tres bons repas communs et des cocktails du genre le Caipirinha. Allez, on essaye de se détendre meme si je suis un peu sous pression avec cette histoire de camescope.

Je passe la soirée avec les 2 polonaises. On a tous la flemme de sortir apres cette longue journée de marche.
Mais l’ambiance de l’hostel est bonne, alors…

8 Juillet 2011

Réveil de bon matin. J’attends a la réception l’arrivee du type en question.
Tres ponctuel il se présente avec le camescope et tous les accessoires.
Bonne qualité d’extérieur, je prends mon temps pour bien l’inspecter. Il n’a pas l’air d’avor beaucoup servi, il brille encore.
J’utilie cette marque de camescope depuis des années donc je vois a peu pres a quels endroits il pourrait y avoir des défauts.

Apres enregistrement, rembobinage , visualisation, capture du son, tout fonctionne bien.
AFFAIRE CONCLUE ! et pour moins de 100 euros, ce qui est tres correct.

Je regle tous les parametres a ma convenance, installe mon microphone sur le nouvel appareil, prépare et range mon sac a dos (c’etait ma derniere nuit ici), puis je sors.

Il est encore tot et fait un temps impeccale dehors. Tout ceux qui sont a l’hostel depuis un moment me disent qu’il fait soleil pour la 1ere fois depuis 1 semaine.

Je ne mets que quelques secondes avan de me décider a partir pour la plage et capturer un maximum d’image de Rio-comme-on-l’aime !
Je saute dans un taxi pour retourner a Copacabana.

Grand soleil et 22 degrés, c’est pas trop mal pour l’hiver.
Copacabana n’a rien avoir avec ce que j’ai vu hier : déserte. Aujourd’hui, tout le monde est dehors. On joue au volley, aux raquettes ou on bronze. Quelques baigneurs et surfeurs sans oublier les vendeurs ambulants qui sillonnent les plages. On a sorti les parasols, on fait du vélo et du roller sur le sentier bitumé qui longe la plage ; bref, lorsqu’il y a du soleil, Copacabana vit !

J’ai meme le temps d’atteindre de retourner a la plage d’Ipanema.
Heureux d’avoir rattrapé le temps perdu en vidéo.
Je n’aurais perdu dans la bataille « que » l’ambiance d’un match de foot. On s’en sort plutot bien.

Je prends un taxi car il et presque midi et j’ai booké pour un tour, et notamment pour la visite d’un lieu célebre a Rio. Vous avez déja trouvé !

Effectivement, impossible de quitter Rio sans avoir vu de pres le Christ Rédempteur.
Surtout qu’aujourd’hui, c’est le bon jour pour une vue panoramique.

L’équipe sera composée d’un guide qui parle bien francais, anglais, espagnol et portuguais ; d’un argentin, d’une grecque, d’un allemand, d’un anglais et d’une américaine.

Aprés quelques minutes d’ascension en minibus nous atteignons les hauteurs du Parc National de la Tijuca, et sa vaste foret : la plus vaste foret urbaine au monde. En effet, la ville de Rio l’a encerclée voire envahie pour un temps, avant qu’on se décide, dans les années 60, a l’élever au rang de Parc National, afin d’entammer sa reforestation.
A l’intérieur de cette vaste foret, de nombreuses especes de singes vivant au milieu des montagnes, des pics et des collines, et notamment la plus celebre d’entre elle : la colline du Corcovado, la ou se dresse la statue d’un gars plutot connu dans le monde :

Le Christ Redempteur

Achevée en 1928 apres 2 ans de travaux, elle commémore les 100 ans de l’Indépendance du Brésil ; projet soutenue financierement par le Vatican (forcément).

Et ce qui est beau une fois arrivé au sommet du Corcovado :

C'est la vue, bien entendu !

Je m’en serais mordu les doigts si je n’avais pas eu de camecope aujourd’hui !

Nous partons ensuite vers le Sambodromo, qui comme son nom l’indique, est l’endroit ou se déroule la parade du traditionnel Carnaval de Rio. On recoit plus d’explication que d’images pour le coup : le Sambodromo est en travaux (au meme titre que le mythique stade Maracana, en restauration, avant d’accueillir la coupe du monde de foot en 2014).

Nous partons ensuite a Santa Teresa, le plus vieux quartier de Rio.
En s’y rendant, nous traversons une ou 2 favelas.
Reparlons-en, et je crois qu’a ce sujet, il faut changer d’opinion : depuis que la police est présente dans chaque favela, on peut désormais s’y rendre avec un guide pour les visiter.
Mieux ! (et signe de changement) : depuis que les autorités ont désarmée une grande partie des trafiquants de drogue (sans pour autant stopper leur commerce), l’endroit est plus sur, ce qui a fait grimper les prix des loyers.
En passant juste a coté de ces favelas, je me rend compte d’une cose : ca me fait tout simplement penser a Valparaiso. Meme type de construction. Sauf qu’a Valparaiso, on emploie plutot le mot « boheme » pour définir les demeures.
Alors si on appelle ce genre d’habitation des favelas, toute la vieille-ville de Valparaiso, ce sont aussi des favelas.

Notre derniere étape est celle de l’ascension du Pain de Sucre :

Il faut prendre le téléphérique pour atteindre son sommet.

C’est une derniere vue sur Rio de Janeiro qui s’offre a moi avant de quitter définitivement la ville, mais aussi le Brésil, l’Amérique latine et tout le continent américain.
Ca fait beaucoup d’un coup, et je suis en train de me remémorer tout ce qui s’est passé depuis mon arrivée en Amérique. Ca remonte un peu déja…
Dans ma tete, ce continent s’est tres distinctement découpé en 3 parties : les USA, mon voyage a vélo depuis le Mexique jusqu’en Amérique centrale, et enfin l’Amérique du Sud.

Et c'est a tout ca que je repense lorsque je regarde ce coucher de soleil sur Rio

Depuis mon arrivée a Los Angeles jusqu’a ce dernier soir a Rio de Janeiro, j’ai passé 146 jours sur le continent américain.
Ca fait bizarre, j’ai l’impression que c’est finit…

MAIS NON ! CE N’EST PAS FINI !

Nous redescendons puis repartons en minibus. Le guide me dépose en 1er a l’hostel car je suis un petit poil en retard pour prendre mon avion. Mais je tenais aller au sommet du Pain de Sucre.
Arrivé au backpaker, on me dit que mon taxi est déja passé. J’ai presque 30 minutes de retard. Il se charge d’en appeler un autre. Tout baigne, c’est l’aéroport domestique, pas besoin de s’y rendre 2h avant le décollage.

Je récupere mon sac a dos, je dis au revoir aux 2 adorables polonaises avant de plonger dans le taxi.

Je pars a Sao Paulo.
Arrivé sur place, changement d’aéroport par un bus qui m’amene de l’aéroport domestique a l’aéroport international, a l’autre bout de la ville.

9 Juillet 2011

Il est plus d’1h du matin et j »attends pour le vol qui me fera définitivement quitter l’Amérique.
Départ imminent…

Ma destination ?

L’AFRIQUE !

 

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

 

Mexico-Panama (5eme partie)

13 Avril 2011
Mexico-Panama : 26eme jour

Oui, 26 jours. Il aura fallut ce 26eme pour venir a bout du Mexique dans cette expedition. La frontiere se trouve a  2 min de l’hotel. Puisque je n’ai pas eu de coup de tampon a mon arrivée au Mexique, ce matin, a 6h20, ca pose probleme.
Le douanier me dit qu’il fallait remplir un papier sur le sol mexicain juste en arrivant, et que je devais donner ce meme papier en quittant le pays, autrement dit maintenant.
Il me dit ensuite qu’il faut aller a l’office pour remplir les papiers et payer 162 pesos, mais ca n’ouvre qu’a 9h.
5 secondes apres m’avoir expliqué tout ca, il ajoute :
– « Tu veux attendre jusqu’a 9h ? »
– « Non »
– « Bon, pour 200 pesos, je te mets le coup de tampon et tu peux entrer au Guatemala »

C’est ce qu’on peut appeler un gentil-petit-pot-de-vin…
Franchement, j’ai pas envie d’attendre jusqu’a 9h pour un papier. Et d’abord pourquoi ne m’a-t-on rien tamponné lorsque je suis entré au Mexique il y a 1 mois ?!
Bon, je vais mettre mes principes de coté rien qu’une toute petite fois, pour accélerer les choses et parce que ce n’est pas entierement de ma faute. Coupable avec circonstances attenuantes dirons-nous…
Allez, on a rien vu. Vous avez vu quelquechose ? Non, moi non plus… Bref, comme par magie, il y a 200 pesos de moins dans mon portefeuille et le coup de tampon qu’il me manquait sur mon passeport.

Je traverse un pont jusqu’a la douane guatemalteque.
Verification du coup de tampon mexicain, autre coup de tampon d’entrée, pas de questions tordues, pas de fouilles, aucun soucis pour entrer.
Il est 6h40, je suis officiellement au Guatemala et c’est bien la 1ere fois que je franchis une frontiere a velo.

Le probleme, c’est que je ne me suis pas occupé du changement de monnaie. Je suis obligé de traiter avec l’ennemi financier, celui qui traine a la frontiere avec sa liasse de billet. Je ne connais pas le taux de change. Mais apres verification, il n’a pris une enorme commission.

Le jour se leve et je suis sur la route qui me menera a Retalulheu. Prononcé a la francaise, la ville se retient bien. C’est un peu plus long en espagnol.

1ere photo du Guatemala

Un camion s’arrete. Un jeune sort pour m’offrir de l’eau. Il travaille pour Bonapura, l’eau d’Amerique centrale.
En pleine chaleur et en pleine cote, c’est pas sympas ca ?
Puis, je m’arrete dans un comedor, comme d’habitude. Je sens un accent different lorsqu’ils parlent, mais ils articulent plutot bien.

Pas de sieste aujourd’hui : le ciel se couvre en fin de matinée, je peux donc progresser sans trop souffrir du soleil. Mais cette matinée a été difficile a cause des nombreuses cotes.
L’apres-midi, c’est la liberation ; une longue descente me fait passer en 15 min du kilometre 40 au kilometre 60. Le seuil psychologique est depassé, je peux envisager de pousser un peu plus loin mon trajet d’aujourd’hui.

J’arrive a Retalulheu. Et je suis en forme pour faire un peu plus aujourd’hui.
Meme si le soleil est absent, la moiteur est toujours la. Il commence a pleuvoir en fin d’apres-midi sur les derniers kilometres qu’il me reste a parcourir.
Je place le pancho sur les affaires, a l’arriere. Pour moi, rien. Le K-Way tient trop chaud et de toute facon, avec ce climat, je suis trempé du matin au soir quoiqu’il en soit.

Je rajoute donc 25kms dans mon parcours d’aujourd’hui et j’arrive vers 18h a Mazatenango. Je viens de parcourir 95 kms.
L’hotel que j’ai choisi a tout ce qu’il faut : douche, ventilateur au plafond, télé, un annuaire (mais sans telephone) et posé sur la table… le Nouveau Testament.

14 Avril 2011
Mexico-Panama : 27eme jour

Je quitte Mazatenango. La route n’est pas trop difficile ce matin.
Je passe a coté d’une chaine de volcans formée notamment par le Volcan Acatitlan et le Volcan Acatenango.

Chaine de volcans

Sur le bord de la route, je vois une eglise. Le meme genre que les mexicaines. Ici, comme au Mexique, la religion est le catholicisme, mais je vois beaucoup d’eglises evangeliques. Un faible pourcentage de la population se dit protestante.

Eglise romane catholique

Au bout de 20kms, le mecanisme de passage des vitesses ne fonctionne plus. Je m’arrete pour demander ou se trouve le prochain stand de reparation. La personne me repond qu’a 2kms, il y en a un. Je fais 4kms… j’ai du le louper.
Je m’arrete dans une petite bourgade pour demander. Il ne sait pas. Une voiture s’arrete. C’est un couple qui me dit de les suivre a velo.

J’entre de plus en plus dans les champs et je passe entre des vieilles maisons de bois. Arrivés sur place, ils sont confuent car la personne est absente. Je les suis une seconde fois vers un autre endroit quelques centaines de metres plus loin. Encore personne… Ils se demenent pour demander autour d’eux et finissent par me dire de mettre le velo a l’arriere de leur 4X4, parce qu’on leur a indiqué un autre stand a 2kms… certainement celui que j’ai loupé.
Je leur reponds que je les suis a velo. Ce n’est pas un cas d’urgence, je continue sans aide motorisée. Je sais, un peu tetu sur les bords…

Finalement, ce 3eme stand sera le bon : pour 30 quetzals (2euros70), j’ai un nouveau mecanisme et une nouvelle pedale de gauche qui, elle aussi, s’etait cassée. Le reparateur a l’air aussi de bien connaitre les distances. J’ai parcouru un peu plus de 20kms et il me dit qu’il y a encore 60kms avant d’atteindre Santa Lucia Cotzumalguapa et 85kms jusqu’a Escuintla.
On verra jusqu’ou j’irais aujourd’hui.

Tout est reparé, je reprends la route.

Je m’arrete jusqu’a une petite cabane, juste avant d’entrer dans Santa Lucia Cotzumalguapa. La dame est assise a coté de son stand et m’apporte une chaise, qu’elle place juste a coté d’elle. A chaque fois, elles font ca pour pouvoir discuter avec moi. Elles entendent mes histoires dans un espagnol tres approximatif. La seule chose qui est dommage, c’est que personne ne me reprends alors que je fais 10 fautes par mots… Ils m’ecoutent. En France, on reprend souvent un etranger lorsqu’il fait des fautes. Pretentieux de notre part ? Absolument pas, c’est la meilleure facon pour progresser rapidemment dans une langue. Ici, je suis en train de repeter les memes mots sans vraiment savoir si c’est du parfait espagnol, parce qu’ils sont trop indulgents pour me reprendre… Ils se contentent de sourire et d’acquiescer.
Ca n’a pas loupé, elle me demande si je suis marié.
En lui repondant que je suis francais, elle me dit que la France est un pays lointain. Je lui dis qu’il n’y a que l’Atlantique a traverser.
Personnellement, je ne me sens pas loin de la France. Ca doit etre la langue espagnole qui me semble familiere et largement mieux comprehensible que toute autre langue asiatique.

77 kms se sont ecoulés depuis mon depart ce matin. J’arrive a Santa Lucia Cotzumalguapa et il est 15h. Je prolonge jusqu’a Escuintla. Oui, un autre Escuintla, la version guatemalteque.

Le Nouveau Testament est sur la table de la chambre d’hotel, l’annuaire AVEC le telephone, le ventilateur et la piscine interieure. Pas le temps de la tester, je sombre dans un profond sommeil.

15 Avril 2011
Mexico-Panama : 28eme jour

Je quitte Escuintla tot le matin. Les conditions sont ideales pour rouler. Il fait 25 degres, il y a quelques nuages et un vent bizarrement plus frais que d’habitude.
A force de rester dehors 10 a 12h par jour, je me suis peut-etre acclimaté. Un peu…
Au Guatemala, comme au Mexique, il est ecrit sur les panneaux : NO TIRE BASURA (ne pas jeter les ordures). Ca n’empeche pas de voir certains balancer impunément leur dechet par-dessus bord tout en conduisant. Au Mexique, c’est un peu mieux respecté. Mais ici, lorsqu’on fait bruler les bas-cotés, c’est aussi et surtout pour se debarasser des detritus qui bordent la route. Resultat : pollution enorme, les contenants metalliques ne disparaissent pas et restent calcinés ; et lorsque tu passes devant un feu a velo, c’est pas franchement agreable.

Il est midi et je suis a l’entree de la ville de Chiquimulilla. J’ai parcouru presque 70kms et je m’arrete au 1er restaurant de la ville.
Coup de barre, surtout apres le repas. Mais le temps est parfait pour rouler, il faut en profiter. Pas question de dormir aujourd’hui.

Au moment de repartir, mon pneu arriere est a plat. Un garage se trouve juste en face. Je tente ma chance. En voyant l’etat de ma roue arriere, le type me propose de la changer aussi. Il a raison, elle a bien vecue depuis mon depart de Mexico. Il la prend avec lui puis part en camionette pour se rendre dans un magasin en contrebas, en centre-ville, et acheter la meme roue. J’attends, entouré de ses collegues. Je parle de mon periple… encore…
A son retour, il me montre ce qu’il vient d’acheter. Ce ne sont pas exactement les memes dimensions : 2cm de difference dans sa circonference. En regonflant le pneu, ca tient parfaitement, rien a dire.
Je repars.
Ca tiens, ca tiens dans la descente, ca tient dans la montée, je sors de la ville, ca tient toujours, ca tient plus… Tout est a refaire, la roue flotte litteralement et le pneu s’est coincé dans les freins. Je le saurais pour les prochaines fois : pneu de meme dimension ou rien.
J’arrive a peine a faire rouler mon velo a pied et je suis a la sortie de la ville. Il n’y a plus qu’a y rentrer de nouveau…

Je trouve un stand de reparation a 1km. Je lui explique mon probleme, mais il n’a pas de roue correspond a mes dimensions. Je lui dis que mon ancienne roue se trouve a l’entrée de la ville. Il me dit qu’il peut aussi aller m’en acheter une neuve. La, je reflechis parce que j’ai peur qu’il aille acheter cette roue chez le meme commercant que le type du garage auto de l’entree de la ville. Mais ca, c’est impossible pour moi de le dire en espagnol.
Je lui dit alors avec insistance qu’il me faut EXACTEMENT la meme roue.
Il note alors les dimensions sur un papier et depeche son collegue qui s’y rend, en scooter.
Moi, j’attends avec un pepsi dans la main, assis sur un bout de trottoir, juste a coté du stand, en regardant les voitures passer et surtout… en esperant qu’il existe au moins une roue de 26X10,125 dans cette ville.
Sinon, tant pis, on ira chercher l’ancienne a l’entree de la ville.
15 minutes plus tard, il revient et miracle, se sont les memes dimensions, et la roue est de tres bonne qualité en plus.
Le travail de reparation achevé, il me demande ce qu’il fait de l’autre nouvelle roue. CADEAU ! C’est rien du tout a coté du fait d’avoir reparé mon vélo et de m’avoir permis de poursuivre mon voyage. Je les aime tous ces reparateurs, vous pouvez pas savoir.
Je peux désormais repartir, et je force moins : une nouvelle roue arriere, ca change tout.

Je traverse des ponts metalliques. Les gens se baignent dans la riviere en contrebas. Au moment d’une intersection, je poursuis tout droit. Les gens me sifflent. Mais comme souvent, je n’ai pas le temps de les apercevoir que je les ai deja depassé…
30 secondes plus tard, quelqu’un crie. Je m’arrete cette fois. Tous sifflaient plus fort que d’habitude.
Que se passe-t-il ?
L’habitant me dit que le pont s’est ecroulé, qu’il faut faire un détour en prenant la 2nde route de l’intersection. C’est un chemin de campagne non bitumé, sur plusieurs kilometres. Du coup, je vais plus vite que les vehicules tellement la route est defoncée. C’est la ou je ne regrette pas d’avoir acheté un VTT plutot qu’un velo de route.

J’ai fait plus de 100kms depuis ce matin, et avec les bonnes conditions meteos et une route relativement plate, je n’ai pas l’impression d’avoir vraiment forcé.
Il est 18h, j’arrive a Ciudad Pedro de Alvarado. Me voici deja a la frontiere !
Plutot que de garder le passage a la frontiere pour demain, autant la franchir maintenant. Je serais soulagé des paperasses et du changement de monnaie… si je parviens a trouver une banque.
Je passe a travers les rangées de camions jusqu’au poste frontiere.
C’est bon, j’ai mon coup de tampon de sortie du Guatemala. Je reprends le velo et je traverse un pont au-dessus du fleuve Rio Paz.
Au bout de ce pont : « Bienvenido a El Salvador ».

Un policier me fait signe de passer au poste-frontiere. Ils sont toujours sympas. Arrivé au poste du Salvador, le douanier me pose 1 ou 2 questions :
« Ou vas-tu a vélo ? » et « dans quelle partie du Salvador as-tu l’intention de voyager? ». Ce a quoi je reponds : « Sur, playa » (Le Sud, la plage).
J’en profite pour lui demander ou est-ce que je peux changer ma monnaie. Il me dit qu’il y a une banque un peu plus loin.
Comme d’habitude, je la depasse sans la voir. Je depasse meme entierement la ville de La Hachadura pensant que ce n’etait pas elle.

3kms plus tard, je passe un check-point et je demande au policier ou se trouve la prochaine ville. Il me reponds : « A 6kms ». C’est precis. J’ai aussi la confirmation d’avoir bien depassé La Hachadura.
J’arrive finalement dans la ville de Cara Sucia, a l’hotel Alfaro. Les banques sont fermées. Trop tard pour changer ma monnaie.
J’entre a l’interieur de l’hotel en disant au proprietaire que je dispose uniquement de Quetzals.

Il me repond :
– « Ca tombe bien, je dois me rendre demain au Guatemala »

Nous cherchons ensemble le moyen de savoir combien vaut 1 Quetzal en… dollar americain ! Et oui, c’est la monnaie officielle du Salvador et ce n’est pas pour me deplaire, car je connaitrais desormais mieux la valeur des choses.
Je lui paye donc une nuit d’hotel en Quetzal. Il me rend la monnaie en dollar. 3 dollars. Je vais pas aller loin avec ca.

Je pose toutes mes affaires dans ma chambre avant de me dire : « Autant changer toute ma monnaie avec lui, j’ai confiance ». En tout, 10 dollars pour aller manger ce soir au comedor du coin. Je dois aussi acheter de l’eau. J’espere que c’est suffisant.
Cout total : 1dollar80… Certes, ce sont des dollars americains, mais le niveau de vie est loin d’etre celui des Etats-Unis. Avec 10 dollars, je peux partir assez loin finalement ; et sans avoir a attendre demain l’ouverture de la banque de Cara Sucia.

Record battu aujourd’hui : 126kms. Quand je repense a ce matin, j’ai l’impression que c’etait hier tellement la journée a été riche en rebondissement.
Et quelle journée !

16 Avril 2011
Mexico-Panama : 29eme jour

Je prends 1h de sommeil en plus pour partir a 7h30.
Aujourd’hui, on ne force pas trop. J’ai parcouru beaucoup plus que prévu la veille. Je decide de rouler jusqu’a la 1ere plage, et c’est tout.
Un arret dans une gargote a 10h, un autre arret dans une station essence ; il est 12h30, j’ai parcouru 65kms avant de voir un panneau ecrit : Playa Dorada.
On s’arrete la. A peine 500m de chemin caillouteux, j’arrive dans un hotel familial. Et au bout de cet hotel, la voila : ce 29eme jour, je m’accorde enfin une apres-midi pour voir a nouveau l’Océan Pacifique que je n’avais pas vu depuis San Francisco.

J’ai bien avancé dans mon voyage a vélo et je suis fier de pouvoir feter ici l’évenement du mois :

8 mois !

Apres une douche, je sors de ma chambre. Une vieille dame m’agrippe pour me demander de prendre une photo avec toute sa famille, assise sur le banc.
Pas de probleme. Elle se colle a moi… Pourquoi se colle-t-elle a moi ?
J’ai du mal comprendre. En fait, elle ne veut pas une photo de famille, elle veut une photo d’elle avec moi.
Je lui demande pourquoi. J’ai pas vraiment saisi la reponse mais une chose est sure, je vois que ca lui ferait plaisir.
J’accepte. Elle me remercie.

Je pars au resto de l’hotel. En attendant ma commande, elle vient s’asseoir en face de moi, et me dit :
– « Merci de venir dans notre pays malgré tous les problemes que nous avons ici… »

 

lavidaloca

La Vida Loca
Effectivement, le Salvador est un de ces pays ayant tres mauvaise reputation. Il detient le triste record du taux de criminalité le plus élevé au monde. La majorité des meurtres est commis a l’aide d’arme a feu et on estime a 400000 le nombre d’armes circulant illegalement dans le pays, ainsi que 200000 armes enregistrées legalement. Le Salvador compte aussi quelques centaines de gangs de rue regroupant plus de 30000 membres. Ces gangs, qu’on appelle les maras, sont la cause principale du nombre elevé de meurtres dans le pays. Ils operent principalement en Amerique Centrale, au Mexique et aux Etats-Unis.
D’abord fondé aux USA dans les annees 80 par des immigrés clandestins d’Amerique Centrale fuyant des conditions de vie difficile (exclusion, guerre civile ou dictature), les maras se sont implantés dans leur pays d’origine a la suite d’expulsions massives des Etats-Unis. La plus connue est la Mara Salvatrucha (MS ou MS-13) créée par des salvadoriens refugiés a Los Angeles.
Ils sont desormais plusieurs dizaines de milliers de membres au Salvador. Au depart, ils etaient la pour proteger leur voisinnage, mais ils ont commencé a attaquer, extorquer et tuer afin de soutenir financierement leurs associés emprisonnés ainsi que leur famille.
La regle est simple : pour faire partie du gang, il faut avoir tué. La plupart des meurtres se font entre gangs rivaux.
La Vida Loca réalisé par le francais Christian Poveda est un documentaire sur la Mara-18, un gang rival de la Mara Salvatrucha, qui raconte le quotidien de ce gang rythmé par les violences, les controles de police, les fusillades, les enterrements, les represailles a San Salvador, la capitale. Je vous invite a regarder ce film. Ce documentaire jugée trop encombrant par certains membres de la Mara Salvatrucha, Christian Poveda fut abattu par 4 de ces derniers, non loin de San Salvador en septembre 2009, le mois de la sortie officielle du film La Vida Loca.
Tout francais voyageant au Salvador ne peut mettre de coté ce qui lui est arrivé. Je pense aux risques qu’il a pris pour capturer ses images, et je tiens a dire 2 vérités sur le Salvador :
1 – Filmer les maras comportait des risques, et notamment des risques de représailles
2 – Voyager au Salvador n’est pas dangereux

Je me devais de parler de Christian Poveda, pour le cinéaste qu’il etait et les risques qu’il a pris pour réaliser ce superbe documentaire. Mais la population du Salvador ne se limite pas aux maras et meme au sein de ce gang, vous serez par ailleurs étonné de voir dans le film comment les membres de la M-18 prennent plaisir a se faire interviewer. J’ai rencontré des gens adorables a chaque endroit. Et ce n’est pas cette vieille dame se tenant assise devant moi, ni la famille Alfaro (de l’hotel Alfaro) ou les gerants des comedors ou je m’arrete qui font du Salvador un pays dangereux. Alors retenez bien cette 2eme vérité !

J’ai discuté 30min avec la vieille dame. Et en 30min, elle ne m’a meme pas demandé si j’etais marié. Avant de partir, elle prend ma main pour me dire encore merci d’etre ici. Lorsque je vois la gentillesse de ces personnes, tout le plaisir est pour moi. Je mets ma main sur la sienne en lui repondant avec le sourire un mélange entre « merci » et « de rien ».

Il est 15h, je pars faire une sieste. Pas de soucis non plus pour m’endormir le soir. Environ 400kms en 4 jours : ceci explique cela !

17 Avril 2011
Mexico-Panama : 30eme jour

Je prends une photo au petit matin pour vous donner une idée de l’endroit ou j’etais :

De l’autre coté du mur, l’océan
L’hotel Playa Dorada
 Aujourd’hui, je longe la cote :
Les long des cotes
Le Salvador a un niveau de vie un peu plus élevé que celui du Guatemala. Les routes sont en meilleures état et pour la 1ere fois, plutot que de gravir la colline entiere, ils ont construits plusieurs tunnels. C’est assez bizarre de les traverser a velo. A l’interieur du tunnel, il n’y a pas un bruit. Je vois juste une lumiere blanche a l’autre bout. Je n’ai pas de lampe donc je ne vois pas sur quoi je roule. Ai-je fais le tiers, la moitié ou bien les 3/4 du trajet ? La lumiere blanche grossit tres lentement, et je perds la notion des distances.
En arpentant une cote, j’apercois de loin des tetes blondes : 3 filles traversent la route. Elles sont australiennes. Je leur dit que c’est la 1ere fois en 30 jours que je parle a des etrangers. Elles sont en vacances et habitent non loin de la mer. Les plages du Salvador sont tres réputées. On m’en a meme parlé au Mexique.
Dans le restaurant ou je m’arrete, le menu est traduit en anglais : on arrive dans le coin touristique du pays. Je circule le long de ces plages et je sens l’air marin pendant tout le trajet.
Je passe rapidemment la ville de La Libertad. C’est dimanche, tout le monde est a la plage.
J’arrive a Comalapa, c’est fini pour aujourd’hui.
L’hotel est tres basique mais c’est toujours le gerant qui ajoute du caractere a la batisse. Et ce gérant est super sympas. On discute un petit moment. Il m’a dit qu’il a vu passer beaucoup d’etranger a vélo, mais jamais de gens voyageant seul comme moi. Je lui reponds que c’est mieux d’etre seul si je veux apprendre l’espagnol. On arrive facilement a se comprendre parce que les intonations et la gestuelle sont parfois les memes en francais qu’en espagnol.
Les sanitaires et la douche sont a l’exterieur. Dans la chambre, un lit, un ventilateur, un miroir et une chaise. C’est tout. Pour cette nuit, un sweat servira d’oreiller et ma serviette de bain, de couverture.
18 Avril 2011
Mexico-Panama : 31eme jour
La veille, le gérant m’avait proposé d’étendre dehors mes vetements lavés a la main dans l’evier (comme d’habitude). Malheureusement, il a plu cette nuit. On va mettre tout ca dans un sac plastique. Pour le pantalon de velo, il sechera sur moi.
Ce matin, je pars dans les montagnes en direction de l’Est. Je n’ai pas vraiment regardé la carte des reliefs. Ca doit etre une haute colline, sans plus.
Pourtant, ca continue. 18kms de cote. J’ai demandé 2 fois si j’etais sur le bon chemin. On m’a répondu que oui. Au 3eme coup, je demande ou se situe la prochaine ville a l’Est. Le doigt de la dame pointe derriere moi, la d’ou je viens… Je ne comprends pas ou je suis. Elle me dit que l’autoroute est en contrebas. Mais je ne dois pas prendre l’autoroute pourtant…
Je decide quand meme d’y descendre pour esperer voir des panneaux.
Dans un sens, c’est indiqué San Salvador. Dans l’autre, Olocuilta. Ces 2 villes sont au Nord. Au Nord, voila ou je suis parti. C’est pour ca qu’il y avait autant de relief. Comment j’ai fait pour me tromper, il n’y avait qu’une seule route.
Puis, en y repensant, hier j’avais vu le panneau Comalapa indiqué par une fleche, et je me suis arreté dans cet hotel en pensant que c’etait le debut de Comalapa. Et on a pas fait allusion a cette ville en discutant hier avec le gerant.
Conclusion : Hier soir, je n’ai pas dormi a Comalapa, mais dans un village a coté. Et ce matin, j’ai pris une intersetion pour une autre.
Je prends l’autoroute pour descendre jusqu’a Comalapa. Ce n’est que de la descente mais je viens de faire 20kms de cote ce matin pour rien. J’aurais vu les montagnes du Salvador. J’arrive a Comalapa, la vraie, et je mets mon compteur (qui affichait 43kms) a 0…
Alors la, ce n’est pas du tout le moment de me parler ! C’etait la boulette de la semaine. En meme temps, on est lundi ; question boulette, je suis tranquille jusqu’a dimanche maintenant !
J’ai dis aujourd’hui que je me rendrais a Usulutan, et je ne m’arreterais pas avant, ce sera ma punition. La route est plate, je pedale sans me faire distraire par quoique ce soit. Je roule et c’est tout.  Apres avoir atteint « le kilometre psychologique de la journée », je finis par retrouver le sourire.
J’arrive a Usulutan, et je choisis un motel en sortie de ville, pour etre sur de partir demain dans le bon sens.
19 Avril 2011
Mexico-Panama : 32eme jour
Le voila, le jour de mes 26 ans. Au départ, j’avais pensé faire quelquechose de particulier mais je pense qu’etre a vélo au Salvador en tentant le defi « Mexico-Panama », lui-meme ancré dans un tour du globe, c’est suffisamment particulier. Comme cadeau, j’aimerais éviter un énieme probleme de vélo.
Je commence par 22kms de montée. J’ai décidé de rejoindre San Miguel sans passer par la route principale, mais dans une route qui passe entre 2 volcans. Le 1er se situe au niveau du village de Santa Elena :
A gauche, le Volcan de Usulutan
Au bout de ces 22 kms :
Mon panneau préféré
Et c’est seulement 2 minutes apres avoir pris la photo de ce panneau que je creve mon pneu avant. Mon vélo ne m’aura pas fait de cadeau aujourd’hui.
Le village le plus proche est un peu en contrebas. La roue avant datait de Mexico et, comme la roue arriere, celle-ci a egalement bien vécue. Je la fais changer pour avoir desormais une roue arriere du Guatemala et une roue avant du Salvador.
Je peux desormais profiter pleinement de cette longue descente jusqu’a rejoindre l’Interamericana, la route qui me conduit jusqu’a San Miguel.
Le Volcan de San Miguel. Je l’ai déja bien dépassé
A San Miguel, je m’arrete dans un resto pour manger et racheter de l’eau.
Je demande le prix pour l’eau. Elle me repond : « Tou coteur ». Je lui demande de repeter. Elle me repete : « Tou coteur ». Tou coteur, tou coteur, d’habitude je comprends les chiffres. Elle doit etre en train de me parler en anglais mais meme dans cette langue, je ne comprend pas ce qu’elle me dit. Je demande a une autre serveuse qui me repond encore la meme chose. Je lui dit que je ne comprend pas. Et finalement, elle me dit : « cincuenta cents »
 (50 centimes). C’est bon, la j’ai compris.
Je reprends mon velo tout en reflechissant a ce « Tou coteur ». Et il m’a fallut un bon moment pour comprendre :  » Two quarters !!! « . Et  un quarter de dollar, c’est 25 centimes. C’est bon, je le tiens !
Sur les panneaux,  a l’arriere des bus ou des voitures, il est souvent ecrit des psaumes ou des phrases en rapport avec la religion : « Jesus est la », « Dieu t’aime », « Matteo 3:22 ». Les églises évangeliques portent le nom de « Iglesia de los dios » ou « luz del mundo » et sont en meilleurs etat que les habitations ou vivent les populations. Il y en a vraiment beaucoup.
Ca cogne aujourd’hui, je suis loin de la mer et le paysage est aride. Au bout d’un moment, bien apres avoir depassé San Miguel, un bus s’arrete. La pente est trop raide, je suis a pied. Un type sort et me dit :
– « Ou tu vas ? »
– « Vers la frontiere »
– « Monte, mets le velo dans la soute »
– « Non, merci »
–  » Tu n’auras pas besoin de payer »
– « Non, tout en bicyclette »
Je viens de resister a la tentation d’un super car climatisé le jour de mon anniversaire. Et il repars. La poussiere et la pollution me tombant dessus, il me laisse a nouveau au milieu du silence de ce paysage aride.
J’arrive a Santa Rosa de Lima, a plusieurs kilometres de la frontiere. Je ne veut pas trop forcer aujourd’hui. Je trouve un hotel pas trop mal.
Je pars en direction d’un cyber et je lis tous vos messages. Je vous remercie d’avoir pensé a mon anniversaire, on se sent moins seul. Merci de tout coeur.
Je passe ensuite dans le fast-food Pollo Campestre (assez connu en Amerique Centrale) ou le « vigile » de l’entrée, armé, m’ouvre la porte en ajoutant : « Welcome my friend ». Il se met a rire de son anglais. Je me mets aussi a rire d’un « welcome my friend » venant d’une personne qui tient un fusil a pompe dans les mains.
20 Avril 2011
Mexico-Panama : 33eme jour
Je pars ce matin en direction de El Amatillo, la frontiere, 20 kms plus a l’Est. Longue file d’attente au poste-frontiere.
Pas de probleme au niveau de l’absence de coup de tampon d’entrée du Salvador. Il me demande ou je compte sejourner au Honduras. Je confonds San Lorenzo avec San Pedro ; il le note mais ne me pose aucune question puisque San Pedro existe aussi au Honduras. Personne ne viendra verifier ou je vais sejourner de toute facon.
Je traverse la frontiere par un pont enjambant le Rio Goascoran.
J’accede au poste frontiere du Honduras. 3 dollars d’entrée et coup de tampon. Ca y est, me voila officiellement au Honduras. Les dollars auront été de courte durée. Je dois d’ailleurs trouver un endroit pour les changer contre des Lempiras. C’est vraiment la chose la plus contraignante dans ce voyage : je ne tombe jamais dans une ville suffisamment grande pour avoir une banque, aux heures d’ouverture.
Je m’arrete a Nacaome, 35kms apres avoir passé la frontiere. Le restaurant ou je m’arrete accepte les dollars. Je leur propose un echange de tous mes dollars. Mais ils n’ont pas suffisamment pour changer l’integralité. Il y a des banques a Nacaome mais elles sont toutes fermées parce que c’est la Semana Santa (la semaine sainte). Elles seront fermées jusqu’a dimanche me dit-on !
Je pars pour San Lorenzo. J’ai fais 77kms aujourd’hui et c’etait mon dernier jour avant de prendre 24h de repos. Je trouve un distributeur automatique et je choisis un hotel en bord de route. Ils acceptent mes dollars restants.
21 Avril 2011
Mexico-Panama : 34eme jour
C’est le sacro-saint jour a ne rien faire, a part vous ecrire ces quelques lignes ce matin dans un cyber de San Lorenzo.
Je viens juste de remarquer que je suis en avance d’une heure sur ma montre depuis mon entrée au Guatemala. Je ne savais pas qu’il y avait une heure de difference entre le Mexique et le Guatemala. C’est surement a cause du passage a l’heure d’été au Mexique…
En parlant de ca : frontiere mexicaine, Guatemala, El Salvador, mon arrivée au Honduras ; dites donc je vous parle de 4 pays dans cette 5eme partie… Je n’avais pas franchit des pays aussi rapidemment depuis l’Europe. Et tout ca a vélo. Ca prouve au moins une chose : Panama, je veux l’atteindre ! Je vais bientot franchir le Nicaragua et je peux desormais penser a Panama comme destination dans un futur proche.
Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

Mexico-Panama (6eme partie)

22 Avril 2011
Mexico-Panama : 34eme jour

Je pars de San Lorenzo en direction de la frontiere.

Je quitte l’ocean

J’arrive a un check-point au bout d’une dizaine de kilometres. Touojurs les memes questions, mais toujours sympas. Il me demande si le drapeau a l’arriere est celui de la France. Comme je ne sais pas dire « region » en espagnol, j’ai dit « estado ».
L’Auvergne, aux yeux des autorités du Honduras, est desormais un Etat de la France.

C’est le grand retour de la chaleur aujourd’hui, sous les cris des enfants (et des adultes aussi) qui hurlent « Gringo ! » lorsqu’ils me voient passer.

 

Traduction de « Gringo »
Le sens change d’un pays a l’autre, et la connotation aussi. Gringo designe tous les etrangers non-natifs d’Amerique Centrale ou Latine, mais au depart, c’etait les Etats-uniens et canadiens de peau blanche.
Au Mexique et au Salvador, cela designe plutot les etrangers de peau blanche, arrogants et mal-eduques. (C’est effectivement dans ces 2 pays qu’on ne m’a presque jamais appelé comme ca).
Pour le reste de l’Amerique Centrale, ce n’est pas vu comme quelque chose de pejoratif.
Ca le serait enormement en France si on avait un mot pour designer tous ceux qui ne sont pas blancs.
Eux, ils le disent avec le sourire.

Pour le peu de temps que je reste dans ces pays, j’ai deja du mal a l’entendre 30 fois par jour ; alors imaginez un blanc installé au Honduras par exemple, depuis plusieurs dizaines d’annees, et qui continue de se faire appele Gringo des qu’il sort un peu trop loin de son quartier…

Mon pneu arriere est un peu degonflé, je pars le faire changer chez quelqu’un qui s’improvise reparateur. C’est surtout son jeune fils qui s’y connait mieux. Apres avoir changé la chambre a air, je lui demande la note. Le jeune, un peu timide me repond :
–  » Je ne sais pas »
Je leur repond a tous les deux :
– « 30 ? »
Le pere me repond :
– « Non 20, ca suffit »

Ils sont vraiment honnetes.

Je depasse la ville de Choluteca puis, 50kms plus tard, j’arrive a El Triunto, la frontiere. J’ai beaucoup roulé.
Le poste-frontiere n’est pas indiqué, c’est un complexe de bureaux desaffectés, cachés par des arbres.
Seulement 2 guichets sont dans un état suffisamment correct pour que 2 employes puissent tamponner les passeports.

Je traverse un pont au-dessus d’un fleuve formant la frontiere naturelle entre les 2 etats, puis je vois le panneau : « Bienvenido a Nicaragua ». J’entre au poste-frontiere qui s’est installé dans les memes locaux qu’une banque. Vais-je pouvoir enfin changer ma monnaie dans une vraie structure financiere ? Et bien non…
Je demande au flic present dans le poste pourquoi la banque derriere lui est fermee. Il me repond : « Feria »
Apres le coup de tampon, je ressors.

L’ennemi financier accourt avec sa liasse de billet. Bon, d’un autre coté, a chaque changement de pays, je n’ai pas enormement d’argent a echanger, mais je suis touojurs un peu mefiant d’effectuer la transaction et de sortir mes billets a l’exterieur et non dans une banque securisée. C’est ce qui me dérange le plus lorsqu’on a affaire a ces gens.
Je regarde a gauche, a droite et derriere moi. On est juste en face du poste-frontiere, il n’y a que lui et moi. Ca ira.
J’echange mes lempiras contre des cordobas.

C’est bon, je peux partir rejoindre la prochaine ville.
Considerez le Mexique, le Guatemala et le Salvador comme la 1ere partie ; et le Honduras comme une sorte d’interlude.
Le Nicaragua, pour moi, c’est le debut de la seconde partie de ce voyage a velo.

Je parcours donc 5kms de plus jusqu’a la ville de Somotillo, a l’hotel Frontiera. La chambre a beaucoup de charme mais le seul probleme, c’est qu’il n’y a pas d’eau. Il faut tout faire avec le tonneau d’eau installé dans la douche, et le bol.
Ca me rappellera l’Indonesie… Pas de probleme pour le nettoyage des vetements et la douche. Par contre, je n’ai pas confiance en l’eau stagnante pour le brossage des dents : on fera ca a l’eau minerale.

23 Avril 2011
Mexico-Panama : 35eme jour

Je quitte Somotillo en longeant le volcan actif San Cristobal, le plus elevé du pays.

Le volcan San Cristobal

Tout roule parfaitement  pour ce 1er jour complet au Nicaragua. On est principalement sur de la plaine, et je contourne le volcan pour atteindre la ville de Chinandega. Les check-points s’additionnent mais il est rare que les flics m’arretent en pleine course. Parfois, ils me crient quelquechose. C’est souvent un « bonjour » ou une phrase d’encouragement que je ne comprends pas. C’est possible qu’ils me disent : « arrete-toi » mais je ne les regarde pas toujours quand je passe devant eux a tout allure. Dans tous les cas, ils ne sont pas du genre a prendre leur vehicule pour aller me rattraper.

Un check-point ou l’on m’arrete cette fois, je n’ai pas vraiment compris. Le flic devait etre de meche avec une ecclesiastique puisqu’il arretait tout le monde pour que la dame en question puisse distribuer un papier a chacun.
Elle me tend la feuille ecrit en gros : « Cristo te amo ». Elle commence a me parler. C’est le moment de sortir la phrase de secours : « No hablo español ». La fille le dit au flic, qui me laisse passer. Lorsqu’on m’aggrippe un peu trop, « no hablo español », c’est l’arme ultime.

Il est 15h17 exactement, mon compteur affiche 100kms. Au Mexique, apres 100kms, il aurait commencé a faire nuit. La, on est en pleine apres-midi. Les jambes se durcissent. Ca ne veut pas dire que je ferais 150 ou 160kms, il me reste 6kms avant de rejoindre Leon. Et ce sera tout pour aujourd’hui.

Je m’arrete sur un champ parce qu’il y a des mini-tornades inoffensives qui se créent assez souvent. Le tourbillon monte a 2m a peine pour la plupart, mais j’en ai vu monter a plus de 20m.

Ne cherchez pas, il n’y en a pas sur la photo. Au loin, ce sont les vaches qui remuent la poussiere

Tout se serait bien passé aujourd’hui si je n’avais pas crevé mon pneu quelques minutes plus tard.
On est a 4 ou 5 kms de Leon.

Un vieux marchand de glace passe devant moi et me dit quelque chose d’incomprehensible. Il stoppe son chariot pour me sortir une pompe a velo. Je lui repond qu’il faut changer la chambre a air.
Il me sort aussi une clé anglaise. Je commence les reparations en changeant la chambre a air. C’est ma derniere. Lui, bien gentillement, repare l’autre, pour que j’en ai une de secours. On passe plus d’une heure parce que l’embout de sa pompe a velo ne correspond pas a l’embout de ma chambre a air datant du Salvador.

Un jeune arrive et s’active pour faire entrer le maximum d’air. Ma roue n’ai pas parfaitement gonflée mais ca fera l’affaire.
Arrivé en ville, il fait presque nuit et je demande ou est-ce que je peux faire gonfler mon velo. On me recommande la station Texaco. Mais dans la station, meme probleme : l’embout ne correspond pas.

Je croise 2 jeunes qui m’invitent chez eux pour gonfler ma roue. Mais on s’apercoit qu’elle est a nouveau crevée. Je sors alors celle que le vieux marchand de glace m’avait reparé. Mais il l’avait tres mal raccomodé. Les rustines tiennent a peine. Il fait maintenant nuit noire et je suis toujours chez les 2 jeunes. Ils me disent que demain tout est fermé car c’est dimanche. Je dois reussir a reparer mon velo ce soir. Le pere de famille arrive pour rafistoller le pneu. Tout est a present bien gonflé,  je les remercie.
Ils m’indiquent un hotel. J’ai eu a peine 1km a parcourir que mon velo est de nouveau a plat. Ca n’a pas tenu.

J’ai l’impression d’avoir fait beaucoup de choses pour rien ce soir.
J’arrive dans le centre-ville, c’est la fete meme si je n’entends pas de musique. Beaucoup de stand de pizza et de boissons d’ouverts.
L’hotel est situé dans la rue principale. Je n’ai pas le coeur a sortir ce soir. Mon velo est a plat, et demain c’est dimanche. Que faire…

24 Avril 2011
Mexico-Panama : 36eme jour

Le gerant de l’hotel m’indique un stand de reparation finalement ouvert. Il me répare ma roue.
Finalement hier, j’aurais du trouver tout de suite un hotel et attendre le lendemain. Mais les jeunes m’avaient dit que la plupart des négoces etaient fermés le dimanche. Pourtant, en me rendant ce matin au centre-ville ce matin, pas moins de 2 marchands et reparateurs de bicyclettes etaient ouverts. Je fais l’achat de 2 nouvelles chambres a air.

C’est reparti, je quitte Leon, mais en chemin je casse le selecteur de vitesse des pignons (au Guatemala, j’avais cassé celui du passage des plateaux), mais je peux encore rouler sans forcer. J’irais le faire reparer demain, quand je pourrais. De toute facon, il n’y a rien sur la route.

Aujourd’hui c’est grand ciel bleu et un soleil qui cogne dur. La route que j’emprunte est tantot lisse, tantot chaotique ! Dans une descente, je perds mon drapeau de l’Auvergne. Il n’a pas bougé en 36 jours, comment a-t-il pu disparaitre… Je fais un demi-tour pour tenter de le trouver, en vain.

Sous cette chaleur, mieux vaut progresser parce que je n’ai pas l’impression qu’il y ait beaucoup de vie sur des kilometres. Si je passe trop de temps a le chercher, je consomme de l’eau ; et la ou je me trouve, j’ai peur de manquer.
C’est au moment ou j’abandonne mes recherches que mon pneu avant éclate. Je suis au milieu de nulle part.

Je repasse devant une ferme que je n’avais pas vu la 1ere fois. Je tente le coup. Un homme s’approche. Je lui demande une pompe a velo et une cle anglaise. Heureusement que j’ai acheté des chambres a air ce matin.

Je commence les reparations mais chaque fois que tu veux faire quelquechose, les gens veulent tout faire a ta place, par gentillesse. Toi, tu n’as plus qu’a regarder. Ils n’esperent meme pas un billet, c’est un reel esprit d’entraide.
Je lui donne finalement un petit billet, et si on considere que « les lois de l’offre et de la demande sont notamment basés sur la rareté d’un produit » (pas de pompe a velo et de cle anglaise a des kilometres a la ronde), j’aurais pu lui donner 10 fois cette somme.

Je peux repartir. Par contre, je ne vais pas tarder a manquer d’eau. Il est 12h30 environ. Le soleil s’abat sur mes epaules. Reflechissons…
Mieux vaut passer les heures chaudes a l’ombre pour pouvoir avancer plus facilement par la suite, en consommant moins d’eau.
Je decide de faire une sieste a l’ombre d’un arbre. Il est 14h et lorsque je me reveille, quelques nuages apparaissent et cachent le soleil de temps a autre. Merci…

Je roule plus facilement maintenant, jusqu’a voir…

…cette longue route

Je trouvais deja que ce paysage ressemblait au bush ; cette longue ligne droite me rappelle d’autant plus l’Australie.
Y’a-t-il de l’eau par ici ?
Je fais quelques kilometres avant de trouver un carrefour et une petite gargote vendant des boissons. Je fais le plein et je repars.

Cette ligne droite, caillouteuse, est interminable. Elle s’acheve finalement par une longue montee… Le matin, je ne dis pas, mais le soir, apres avoir parcouru 70 kms, cette cote d’une quinzaine de bornes n’est pas la bienvenue.

Apres 85kms parcourus depuis ce matin, c’est enfin l’heure de la descente. Le soleil se couche tres vite. Je pensais avoir le temps de rejoindre Masaya mais je dois m’arreter a Managua, la capitale. Et de toute facon, je sens encore des signes de faiblesse de la part de mon vélo. J’ai l’impression que les pneus se degonflent lentement.

L’hotel que je trouve est un tres bon hotel, plutot cher pour le Guatemala. Tres bon standing. J’ai la flemme d’aller comparer les prix dans toute la ville, surtout que le receptionniste m’annonce le prix en ajoutant que le petit dejeuner est gratuit et qu’internet est a disposition.
Un hotel aussi bon, je n’en ai pas fait depuis que je roule a velo. Par contre, je fais « tache » lorsque le receptionniste, vetu d’un 2 pieces, m’accueille lorsque moi, je viens de parcourir 100 bornes dans la poussiere d’une route defoncée, a dormir sur la terre, le T-shirt delavé et les cheveux en bataille.

25 Avril 2011
Mexico-Panama : 37eme jour

J’ai mal dormi et je n’ai pas vraiment la peche. Pourtant, j’ai dormi dans une chambre impeccable, climatisée, et j’ai pris le meilleur petit dej’ de ces 37 derniers jours. Mais j’ai mal dormi parce que mon velo a des problemes ; on ne passe pas une bonne nuit lorsqu’on sait que le lendemain, on doit chercher une solution pour reparer son moyen de transport.

Il est 7h30, je suis devant un vulcanizadora. Ils s’occupent des motos, scooters, taxi et velo. Mais leur materiel reste tres sommaire et il faut le dire, ils sont plus ou moins competents. Le mieux c’est de trouver un « reparaccion de bicicletta » ou « taller de bicicletta ». La, tu es sur qu’ils sont specialisés.
Mais je n’ai pas le choix, mes 2 roues sont presque a plat, je n’avance plus (en plus, la ville est batie sur plusieurs collines) et je ne suis pas vraiment en forme.
Le jeune répare une chambre a air. Pour l’autre, je lui donne une nouvelle. Le travail est terminé, je fais 10m a velo pour acheter un jus de fruit a coté, et j’entends PCHIIIIIII!!! Le pneu arriere se degonfle et je n’etais meme pas sur le velo. En plus de ca, c’etait la nouvelle chambre a air… Je retourne au vulcanizadora.
Le jeune tente de le reparer mais finit de l’achever. Je prends alors celle qu’il m’a reparé et que j’avais decidé de conserver en cas d’urgence. Desormais, je n’en ai plus une seule de secours.
Entre les autres clients et la lenteur du jeune, je reste plus de 2h30 au stand. Il est plus de 10h, le travail est finit mais vu ses faibles competences, je suis certain que le velo va me lacher d’ici peu.

Je parcours 30kms jusqu’a Masaya que je decide de depasser la ville parce que je suis lancé. Tant que je peux rouler, je roule.

Il est 13h30, je dois vraiment faire une sieste.

Il est maintenant un peu plus de 14h, je me remets sur le velo, debout, en pleine cote… ET-C’EST-RE-PAR-CRAAAAAAAC !!!
Le mecanisme de passage des vitesses a l’arriere se casse, et entre nous, j’en suis presque ravi parce que ca annonce une chose : la fin de la journee de velo. J’attendais d’avoir vraiment une bonne excuse pour arreter. En voila une bonne, je ne peux plus du tout avancer.
On est a 3kms de Masaya, je rentre a nouveau dans la ville. Un peu de descente et beaucoup de marche a pied.

Pour résumer : les freins sont morts (et depuis un moment), le passage des pignons tourne dans le vide, le mecanisme pendouille a l’arriere, ne tenant plus que par la chaine, le pneu s’est deboité et frotte contre la jante, et je dois faire reparer mes 2 pneus, tous les 2 en mauvais etat.

De retour a Masaya, je prends la peine de trouve un vrai marchand/reparateur specialisé dans le velo. J’ai du boulot pour lui.
15h30 debut des reparations. Je reste assis sur une table prévue pour les clients. L’un des 2 reparateurs me dit que mon velo n’est pas d’une excellente marque. En 37 jours, j’ai eu le temps de la constater…
Pourtant, sur la route, beaucoup de gens m’ont dit qu’il etait bien. C’est a cause de l’esthetique. Uniquement l’esthetique…

En fait, un probleme de velo, c’est comme un début de mal de dent : il faut s’y prendre tot, sinon ca empire.

17h30, fin des reparations. J’ai meme eu le temps de manger dans le comedor d’a coté.
Les chambres air, les roues, tout est neuf. Dans mon sac, j’ai desormais 3 nouvelles chambres a air de secours.
Tout marche a merveille.
Je parcours 2 kms a velo pour aller faire des courses : mon velo glisse sur le bitume, les nouveaux pneus sont plus fins, je ne force plus : un vrai bonheur.

Je prends un hotel bien placé, pret pour repartir demain.

26 Avril 2011
Mexico-Panama : 38eme jour

Voici mon plan d’attaque pour aujourd’hui. Partir tot. C’est ce que je fais en me levant a 4h30 ce matin. J’ai remarqué que le soleil se levait plutot vers 5h30. Autant rouler avec la fraicheur le plus longtemps possible.
Je quitte Masaya pour reprendre cette montee que j’avais abordé la veille. 8kms de cote. Le matin, je ne suis pas contre.

Ensuite, c’est une bonne descente dans la fraicheur de 6h30, au milieu de la foret. Oui, depuis le Mexique et le Guatemala, ca s’est plutot radoucit le matin.

Pour la suite, ce n’est que du plat. Et avec mes nouveaux pneus et un ciel un peu couvert, qui me protege du soleil, on va battre des records.

J’arrive a Rivas avant 11h et apres 75kms. C’etait ma destination de la journee, pensant que Rivas se situait bien plus loin…
Pause au Tip-Top, une chaine de fast-food local. Mangeons leger.

Je repars. Depuis un bon moment, je vois le volcan Concepcion.

Le volcan Concepcion

A present, je longe le lac sur lequel le volcan est posé. Je prends un sentier sur une cinquantaine de metre pour voir tout ca de plus pres. Je suis au bord du lac de Nicaragua :

Le lac de Nicaragua

En fait, le volcan Concepcion est sur l’ile d’Ometepe, elle-meme posée sur le lac de Nicaragua.
C’est l’un des plus grand lac d’eau douce du monde et le plus grand d’Amerique Centrale.

Et on y peche

Je longe le lac durant plusieurs heures. La presence du lac adoucit considerablement l’air ambiant. Les conditions sont ideales pour rouler.

Il est 14h25, je viens de franchir la barre des 100kms, et 10kms plus tard, je quitte le lac pour m’approcher de la frontiere, en pleine foret.

Miracle, juste a cote du poste-frontiere, je tombe enfin, un jour non-ferié, a l’heure d’ouverture des banques ; du moins, celle qui est en face de moi.
J’echange mes cordobas contre des colones.
1er coup de tampon de sortie du Nicaragua. Je passe une petite foret (pas de pont enjambant un fleuve en guise de frontiere cette fois-ci), puis j’arrive au 2nd poste.

Il est 16h30, j’entre au Costa Rica.
Pas de grand changement de paysage, vous vous en doutez. De la foret, que de la foret pour le moment.
Il y a aussi beaucoup de relief dans ce pays, c’est a prendre en compte. Et les collines commencent des la sortie du poste-frontiere.
Apres 110kms dans les pattes, ca fait mal. Je pose le pied a terre.
La descente n’arrivera qu’a l’entrée de La Cruz, la ou je m’arrete pour la nuit, dans un hotel tres basique.

128kms, record battu.

Je pars au comedor tenu par une mama souriante.
J’adore finir la journée par cette ambiance familiale, la mama qui me propose un seul menu, la tele branchée sur le « Plus Belle La Vie » espagnol et souvent, le chien, le chat ou les poules et les poussins circulant librement dans la piece.

27 Avril 2011
Mexico-Panama : 39eme jour

Levé encore a 4h30, je recupere mes affaires seches, comme tous les matins, la ou j’ai pu les etendre dans la chambre.
Quand un hotel propose l’air conditionné ou le ventilateur, je choisis presque toujours le ventilateur : c’est moins cher et surtout, les vetements sechent mieux durant la nuit.

Quand il n’y a absolument rien pour etendre ses vetements dans la chambre, le systeme, c’est la table retournée

Les sandoves tendues entre les pieds, je place les vetements dessus. Si le ventilateur au sol est rotatif ou s’il est au plafond, je place la table a coté du lit. Si il n’y a qu’un ventilateur fixe au sol, la table passe la nuit sur le lit avec moi (quelle douce présence…).
Quand tu n’as qu’une seule nuit pour laver et tout faire sécher, c’est le seul moyen que j’ai trouvé.

On décolle de La Cruz.
Il est 8h, je prends une petite photo du paysage, a l’intérieur des terres :

Le Costa-Rica, ce n’est pas que des plages

Il est maintenant 9h30, je fais une pause sur le bas-coté. Une pause… appelons ca plutot une petite sieste. J’ai bien roulé.

Au 57eme kms, j’arrive dans la ville de Liberia. Les rues sont larges et propres. Les batiments, dans un état correct, affichent les enseignes de marques connues. Des vigiles oui, mais pas armes. Le Costa-Rica a la taux de criminalité le plus bas d’Amerique Centrale. C’est aussi le pays ayant le plus haut niveau de vie. Le tourisme fait marcher les affaires. J’apercois d’ailleurs quelques tetes blanches en traversant la ville.

Ce pays me fait aussi un tres beau cadeau : les kilometres sont inscrits sur chaque panneaux.

Le ciel se couvre et le vent se leve. J’entends le tonnerre, pour la 1ere fois dans ce voyage a vélo, a l’Ouest et au Nord. Moi, je me dirige au Sud-Est, mais ca finira par me tomber dessus c’est sur.
Quelques gouttes au départ, je m’arrete pour mettre le K-Way car je sens que cette fois, ce sera de la grosse pluie. Je place le pancho sur les affaires, a l’arriere.
Et effectivement, c’est cette averse qui annonce véritablement le début de la saison des pluies. Il pleut fort, tres fort, jusqu’a ce que je ne puisse plus rien voir a plus de 15m. C’est la douche !
Je dois m’arreter. Je trouve une vieille gargote abandonnée pour m’y refugier. Il faut vraiment que ca se calme.
J’attends 20min avant de pouvoir repartir. Il pleut encore mais moins fort.

D’un coup, ca s’intensifie de nouveau, avec autant de puissance que la 1ere averse. Je parviens a rejoindre, trempé, une station essence, a l’entrée de Bagaces. La, j’y reste 45min avant que ca se calme vraiment.

Je repars. Et a nouveau, c’est l’averse. Je trouve une autre gargote abandonnée. Je n’avance pas. Il me reste 22kms a parcourir. Finalement, cette averse aura été la derniere. Plus une goutte.

Apres 22kms, j’arrive dans le 1er hotel de la ville de Cañas. Trop propre, donc trop cher. J’en trouve un autre qui ira tres bien. Ce soir, j’ai beaucoup plus d’affaire secher que d’habitude.
Beaucoup de choses ont quand meme pris l’eau. Mon sac a d’eau n’etait pas vraiment étanche…

28 Avril 2011
Mexico-Panama : 40eme jour

Pas de dégat en ce qui concerne tout mon matériel de voyage. Tout a séché correctement durant la nuit aux 4 coins de la chambre.

Je quitte Cañas pour parcourir quelques kilometres.

Le matin, c’est le brouillard léger. Quelques heures plus tard, c’est un grand soleil sans nuage.
Arrivé a 13h, un gros nuage envahi tout le ciel a grande vitesse. Puis, une grosse averse éclate, je dois me refugier sous un abri-bus.
Ca se calme, je reprends la route. Je dois maintenant prendre en compte – en plus du relief – le fait qu’il peut pleuvoir a tout moment.
La journée a été particulierement difficile justement a cause du relief : une suite de collines. Montée, descente, montée, descente… J’avance moins vite et je dois revoir mon itineraire a la baisse. J’arrive a 14h a Esparza, ce qui me laisse le temps de trouver Internet pour vous ecrire.

On avance… Des collines a perte de vue, de la pluie… mais on avance !

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !