Mexico-Panama (7eme partie)

29 Avril 2011
Mexico-Panama : 41eme jour

Je pars d’Esparza. Un petit arret dans la ville pour faire regonfler mes pneus et c’est reparti.
J’entre dans les montagnes. Impossible d’etre sur le vélo, je dois poser le pied.
J’arrive dans un bar pour faire une pause lorsque je demande combien de kilometres il me reste avant de rejoindre San Mateo. Il me dit que ce n’est pas la bonne direction. Je le sentais venir…
A Esparza, je n’ai vu aucun panneau. Je lui montre mon plan. Il me dit que je suis sur la route de San Ramon. Je suis parti a l’Est au lieu du Sud-Est. Ce n’est pas catastrophique mais j’aurais bien voulu longer la mer aujourd’hui. Il faudra remettre ca a plus tard. Au lieu de ca, je pars en direction de la capitale San José. en plein coeur du Costa Rica. C’est un détour mais ca reste sur la route de Panama.
Allons-y ; hors de question de faire demi-tour. De toute facon, ou que j’aille, c’est de la montagne.
Les prochains jours seront difficiles.

Un terrain de football perché en montagne

J’arrive dans un restaurant. On me dit que le mieux, c’est de passer par San José car c’est relativement plat. Tres relativement. Ca reste effectivement plus abordable que la Cordillere de Tilaran que je viens de franchir.
Je parle quelques instants avec ce monsieur, mais vite parce que la route m’attend. Avant de partir il me dit :
– « Tu es italien ? »
– « Non »
-« T’es pas italien ? »

En parlant trop vite, j’ai du faire encore du bel Itagnol.
Mon objectif de la journée aurait été de rejoindre Cartago, mais j’arrive en fin d’apres-midi a San José, et le soleil se couche. Je traverse la ville et me place dans la direction de Cartago, en prevision pour demain. Le seul probleme, c’est qu’en sortant trop de la ville, je ne trouve plus d’hotel.
On m’indique le seul hotel dans le coin et c’est un hotel 4 étoiles…
C’est bien moins cher qu’en France mais c’est cher quand meme. A Managua, au Nicaragua, c’etait la meme chose : j’ai du prendre un tres bon hotel.
Allez, je le fais une seule fois pour dire que j’ai vraiment dormi dans tous les niveaux d’hebergement dans ce tour du monde. Mais c’est beaucoup trop pour moi. C’est du « sur-confort ».

30 Avril 2011
Mexico-Panama : 42eme jour

Je quitte tres vite cet hotel, ca ne me va pas du tout…

Aujourd’hui, ce sera difficile. A vrai dire, je sais des le depart que j’ai prévu trop de kilometres. Je dois aller a Cartago, mais entre Cartago et San Isidro (a environ 100kms de Cartago), il n’y a pas de village inscrit sur ma carte. Il va falloir compter sur la chance pour trouver ou dormir ce soir.
San Isidro, c’est tres loin et je n’ai pas d’autres choix que d’emprunter cette route.
Je quitte donc San José pour me rendre a Cartago, 22 kms a l’Est.
En chemin, je vois ecris : San Isidro a 121 kms… C’est sur et certain, je n’atteindrais pas cet objectif aujourdh’ui. Il va falloir trouver une habitation dans les montagnes.

J’arrive a Cartago et c’est le début de la Grande Ascension de la Cordillere de Talamanca.
Il est midi, j’ai fais 30kms depuis ce matiin, dont 16kms de cote.
Des montagnes a perte de vue, et pas de tunnel comme au Salvador.
Il est 13h, je passe la barre des 20kms de montée. Il fait frais mais je n’avance pas. En fait, c’est 1 ou 2h de pente, 15 secondes de petite descente et ainsi de suite…
Ca m’épuise rapidemment. Ca monte tellement que par endroit, je vais plus vite a pied.
Je suis au 27eme kms de cote et je m’arrete parce qu’il y a un restaurant, et surtout parce que mes jambes ne suivent plus.
Je demande au gérant du restaurant ou se trouve le prochain hotel. Il n’en sait rien mais il me dit qu’il dispose de cabañas (petit bungalow ou chambre d’hotel economique).
Il est 15h30, je ne reflechis pas longtemps avant de me dire : « STOP ! ». J’en ai marre, j’ai trop forcé aujourd’hui.

La chambre se situe a 20m en contrebas, dans la foret.
J’arrive a peine a descendre les quelques marches pour les rejoindre. Il me montre la chambre et me fais un bon prix. C’est vraiment la cabane de montagne, et tout le charme qui va avec :

Les cabañas
Mon toit pour ce soir

Je discute un peu avec Gerardo, le gérant. Il me dit que la grande descente tant attendue se situe au km 95. Ici, me dit-il, on est au km 56…
Je n’aurais jamais pu faire encore 39kms. Et meme demain, il faudra se lever tot.

Pour le moment je profite de la vue :

Du vert

Gerardo m’offre un café et me dit que mon espagnol est bon. Il ajoute que d’habitude, les touristes qui viennent dans son restaurant n’en parlent pas un mot. Je lui repond que les americains (qui sont nombreux a venir au Costa Rica) parlent peu l’espagnol.
Il confirme :
– « Oui, pas les gringos »
– « Vous appelez « gringo » les americains ? »
– « Oui »

Ce n’est pas péjoratif de le dire entre eux, mais ca devient une insulte lorsqu’il le dit a un americain qui se comporte mal. Ici, « Gringo » a la meme connotation qu’au Mexique.

Je profite aussi de la fraicheur de la montagne, ou devrait-on dire, de la froideur. Oui, J’AI FROID ! Il est 17h30, le soleil se couche et je suis dans le petit restaurant juste a coté d’une boutique d’artisanat.
Le brouillard s’installe.
Le restaurant est un « musée des antiquites ». Le proprietaire écume toutes les brocantes du Costa Rica pour collectionner ou bien revendre au plus offrants de vieilles machines a écrire, des appareils photos, cartes postales, radio, mallettes, sacoches, machetes.
Tout est accroché au mur.

Il fait nuit, je retourne dans ma cabane.

On est mieux ici que dans les grands hotels. C'est incomparable

La douche est froide et tout se refroidit a l’intérieur. On laisse tomber la lessive pour ce soir, rien ne sechera a cette altitude.
Je monte a l’étage du dessus ou il y a plusieurs petits lits, et sur l’un d’eux, une pile de couverture. Ce soir, ca ne sera pas la chaleur tropicale comme chaque nuit.

1er Mai 2011
Mexico-Panama : 43eme jour

Il est 4h30 du matin et il fait bien frisquet.
Je me réchauffe au cafe. Je souris en imaginant une brochure touristique avec la photo de ce que j’ai en face de moi :

Costa Rica : Ses cabanes, ses poeles a bois...

Le soleil se leve doucement et je me demande si je ne devrais pas faire les 1ers kilometres en pantalon et en veste.
Et puis non, les 39kms de montée que je dois parcourir ce matin me rechaufferont.
J’ouvre la porte de la cabane ; le chien, un berger allemand appartenent au proprietaire, est au pied de la porte.
Il entre dans la cabane et s’asseoit sur un tapis en attendant que je range toutes mes affaires.

Il est 5h30, c’est parti pour la suite de l’ascension. Je me réchauffe assez rapidemment et j’avance a un bon rythme.

Costa Rica : Ses montagnes, son brouillard...

15 minutes a peine apres avoir pris cette photo, le ciel se couvre et le brouillard s’epaissit.
Il est 10h, je viens de faire 30kms. Vivement la fin ; je suis quand meme sur la meme cote depuis hier matin !

J’atteinds enfin le sommet de la montagne Cerro de la Muerte qui culmine a 3491m.
Un peu plus loin, ca commence a descendre au 87eme kilometre. Le gerant se serait-il trompé ? Non, pour l’instant il a raison, puisque ca remonte au 93eme kilometre, jusqu’a ce que, quelques minutes apres, je vois enfin le panonceau « km 95 » ; un peu de plat sur quelques dizaines de metres et c’est la LIBERATION ! Je lache les pedales, c’est une immense descente.

Ce serait agréable si je n’avais pas autant froid, mais pas de quoi se plaindre, c’est que du bonheur.
Durant l’ascension, je me l’étais dit : « Si tu passes Cerro de la Muerte, tu gagnes Panama ». C’etait l’une des épreuves les plus difficiles de ce Mexico-Panama et je viens d’en arriver a bout.

Il faudra attendre bien plus d’une heure pour que l’air se réchauffe… et moi aussi par la meme occasion.
Un arret en pleine descente, pour me souvenir :

Ce que je quitte

Je passe a travers la foret tropicale. Ca me rappelle tantot le Mexique et la descente entre Huautla et Jalapa ; tantot, mon excursion a velo dans le Sulawesi, au milieu de la jungle.

Je n’ai aucun regret d’etre passé par la montagne. Bon c’est vrai, on se le dit surtout durant la descente…

77kms apres etre parti ce matin, j’arrive a San Isidro. Il est midi.
Je trouve une pizzeria. Allez, platrée de lasagne pour feter ca.
Je viens de passer le plus difficile du Costa Rica et peut-etre de tout ce voyage a vélo.

Il est 13h, on va voir la mer ?
Si je passe uniquement par les terres, j’aurais le regret de ne pas avoir vu les plages.
Je quitte San Isidro pour une dizaine de kilometres de hautes collines.
Ca pese un peu ces lasagnes…
C’est a ce moment que je me dis une chose : ca sent la fin de ce voyage car la suite, ce sera relativement plat, ou du moins, bien moins difficile que tout ce que j’ai pu endurer durant ce voyage.

Aprés l’ascension de ces hautes collines, ce n’est que de la descente jusqu’a rejoindre la ville de Dominical.

Je continue de rouler jusqu’a un bar. La gerante costa-ricaine me répond que la ville est a 4kms en direction de son doigt. Et son doigt indique la d’ou je viens… Comme d’habitude, j’ai encore depassé la ville. 2 touristes assis au comptoir me demande, en anglais, si je voyage a velo. Je leur demande a mon tour d’ou ils viennent. La dame, du Canada ; le monsieur, du Quebec. Voila comment parler 3 langues différentes en moins d’une minute…

Ils me disent qu’a Uvita, il y a plus de choix au niveau des hebergements. Ici, c’est plutot des 3 ou 4 étoiles. Ca, je n’en veux plus.
Je pars pour Uvita. Mais que vois-je…

Si on allait voir de plus pres...

A présent, on peut créer une belle brochure touristique :

Costa Rica : Son soleil, ses plages...

Je suis la, a marcher sur les galets de cette superbe plage et je me rend compte qu’en une journée, je suis passé de 3491m…

A 0 metre...

Il y a pleins de coins sympas au bord de la plage, et bien isolés. Qu’est-ce que je donnerais pour avoir ma tente…

Je poursuis ma route sur 15kms encore jusqu’a entrer dans Uvita, ou je trouve un hotel pas trop mal.

125kms au compteur aujourd’hui, dont la moitié de descente.
C’etait une superbe journée. De la montagne, de la plage, pas une goutte de pluie et des paysages magnifiques sur tout le chemin.

2 Mai 2011
Mexico-Panama : 44eme jour

Je pars d’Uvita en direction de l’Est. Je continue de longer l’océan durant quelques kilometres. J’entre au Parc National Marino Ballena, une longue plage protegée.

Une petite photo parce que c'est vraiment trop beau
Il est a peine 6h30 du matin; il fait frais et tout est calme

Au revoir l’océan, on se retrouve a Panama.
Je rentre a nouveau dans les terres.
Beaucoup de chaleur maintenant, mais les paysages valent vraiment le detour (sans faire de detour, ca suffira).
De la foret sur des kilometres. Quelques collines a passer de temps en temps mais la route reste relativement plate si on compare a celle de la veille !

J’en aurais vu des animaux durant ce voyage a vélo. Entre les chevaux, les cochons et les poules que je vois au bord de la route, je trouve aussi des serpents vivants ou ecrasés, de petits crabes lorsqu’on longe la mer, des grosses chenilles, des crapeaux, des grenouilles, des corbeaux qui mangent ce que les automobilistes ont renversés sur la route (chiens, chats et meme chevaux et anes). Je trouve aussi des agoutis (rongeurs d’Amérique centrale) et putois ecrasés (qui sentent encore lorsque tu passes a coté d’eux), de nombreux papillons qui ne parviennent pas a t’eviter lorsque tu es en pleine descente, des oiseaux multicolores, des colibris, des pic-vert.
Je n’en ai jamais vu, mais il y aurait aussi des tatous, des tamanoirs et meme des jaguars.

Un check-point ou 2 sur la route, mais personne ne m’a arreté.
J’ai beaucoup roule – 116kms – et j’arrive dans la ville de Neily ou je trouve un hotel convivial et tres simple.

C’est mon dernier soir au Costa Rica et je finis ma journée par un comedor. Je suis a 18kms de la frontiere.

3 Mai 2011
Mexico-Panama : 45eme jour

Je quitte Neily a 5h30 et 18kms plus tard, c’est le Costa Rica que je laisse derriere moi. C’etait un pays magnifique. Venez au Costa Rica autant pour les plages que pour les montagnes. Les 2 en valent la peine.

J’arrive au poste-frontiere. Pas de probleme pour le coup de tampon de sortie du Costa Rica.
Puis, je me rend au 2nd poste pour enfin entrer :

A Panama !

Il est 7h40 et je roule dans le 7eme et dernier pays de ce voyage a vélo (et le 20eme de ce tour du monde).

J’empreinte l’Interamericana qui m’amenera jusqu’a la ville de Panama, dans une poignée de jours. Pour le moment, je roule. Je sue a pleines gouttes. Il fait tres lourd aujourd’hui.

J’arrive dans la ville de La Concepcion en milieu de matinée. Je me rend dans une 1ere banque qui refuse d’echanger mes colones. Le banquier me dit : « c’est seulement a la frontiere qu’on peut les echanger ».

Devant un distributeur, je ne peux retirer que des dollars. En fait, tout fonctionne en dollar a Panama meme si la monnaie officielle est le balboa (aucune piece ou billet n’est a l’effigie de Rocky, si c’est pas malheureux…). Le balboa se calque sur le cours du dollar. Du coup, lorsque tu payes, tu peux avoir un mélange de 2 monnaies en retour.

L’Interamericana a de larges bas-cotés. Pas besoin de s’écarter lorsqu’une voiture passe. A l’intérieur des villes c’est plus dur. C’est d’ailleurs a la sortie d’une ville qu’un mini-bus me fait une queue-de-poisson pour se ranger a un arret. Je pile pour ne pas me prendre l’arriere du vehicule. Je repasse devant lui en cognant sa portiere gauche d’un bon coup de poing. Pas un coup de klaxon, rien… Les mini-bus sont déja tellement cabossés…
Avec le recul, je regrette. Oui, je regrette de ne pas lui avoir pété son rétro d’un coup de coude ! J’ai vraiment frolé l’accident.
Tout ca pour dire que je ne rencontre pas que des gens sympas, surtout sur la chaussée.

J’ai perdu du temps a la frontiere et en retirant de la monnaie. Mais je rattrape tout ca sur une route faite de plat et de légeres montées.
En revanche, il fait vraiment tres chaud. De la vraie chaleur tropicale.

Il est 15h30, j’arrive dans un comedor et j’en profite pour demander a combien de kilometres se situe Las Lajas, ma destination d’aujourd’hui. Moi j’ai calcule 120 bornes sur mon plan. Eux, me disent encore 20kms, ce qui nous ramene au km117 sur mon compteur… On tombe a peu pres d’accord, je ne suis plus tres loin.
Et pourtant, il est 17h30, j’arrive dans un village et ce n’est pas Las Lajas ; j’arrive dans un autre village, et ce n’est toujours pas Las Lajas.

A la station-service, j’interroge un groupe. L’un me dit : « encore 8kms ». C’est precis, je lui fais confiance.

Le soleil se couche, j’arriverais au tout début de la nuit. Et bien non ! Encore une fois, on m’a donné un chiffre incorrect. Les kilometres defilent et je n’apercois toujours pas la ville. Il fait nuit et je vois un peu de lumiere en haut de la colline… raté… ce sont les phares d’une voiture.

1h que je roule dans l’obscurité en suivant la ligne blanche du bas-coté. Ciel étoilé, le tonnerre gronde au loin. Je dois atteindre qu’une voiture passe pour voir les kilometrages sur mon compteur.
Je vois enfin de la lumiere, c’est une station-service, l’entree de Las Lajas.
Je leur dis que je cherche un endroit pour dormir. Il me repond : « Playa ! ». Non, certainement pas, la plage de Las Lajas est a 15kms au sud, et ca ferait 15kms a refaire le lendemain pour retrouver l’Interamericana.
Il me dit finalement qu’il y a un petit hotel dans le « Las Lajas-du-bord-de-route ».

Je m’y rend. Je sonne. La dame accourt pour me dire : « Désolé, c’est complet »
Alors ca, je ne m’y attendais pas du tout… Ca ne m’étais encore jamais arrivé. Je lui demande ou est-ce que je peux trouver un endroit pour la nuit.
Elle me repond : « Au restaurant Hermanos Fernandez ». Ce n’est pas trop loin. Je suis deja passé par ce restaurant mais il n’apparait nulle part qu’on puisse y dormir.
Et pourtant, le gérant m’amene dans l’arriere-cours, vers l’un des 2 dortoirs dont il dispose, laissé a l’abandon (ou alors entretenu qu’une fois par an). Mais il me change les draps d’un lit, branche le ventilateur et me donne 2 serviettes propres et du savon. Je suis le seul a dormir ce soir :

Un peu glauque mais au moins, j'ai un toit

Je mange dans son restaurant avant de retourner au dortoir faire ma lessive et… écraser un cafard.

Aujourd’hui, j’ai explosé mon record sans le vouloir : 142kms. Celui qui m’avait dit : « 8kms », c’etait en fait « 17kms ». Quant a moi, j’ai fait une erreur de pres de 25 bornes.
Sur mon plan, ce pays apparait de la meme taille que les pays précédents. Or, Panama est presque 2 fois plus long que le Guatemala ou le Salvador. Ca a du m’induire en erreur.

4 Mai 2011
Mexico-Panama : 46eme jour

Petit café que je fais chauffer a meme le sol, comme d’habitude, a la gaziniere. J’écrase un autre petit cafard avant de quitter le dortoir.
Direction Santiago.

Le trajet est assez difficile. Je profite des quelques descentes, mais les cotes sont longues : une suite de collines sur des dizaines de kilometres et une chaleur etouffante des 6h30 ! C’est d’ailleurs beaucoup plus une question de chaleur que de montée. Pas un nuage, le soleil cogne.

De temps, je trouve une pulperia (une mini-superette) et heureusement, parce que je fais une bonne consommation d’eau.
Il est 10h30, je suis deja épuisé. Je fais une sieste derriere une de ses pulperia, a l’ombre d’un arbre.

Les pulperias ne proposent aucun menu et j’aimerais bien trouver un comedor . Il aura fallu attendre 14h pour en voir un ; car avant ca, les pulperia ne te donnent pas un grand choix : chips ou biscuits.

Apres un bon riz/poulet, et la digestion passée, ca va beaucoup mieux. Les nuages sont desormais de la partie et la route tend a s’aplanir au bout de 8 kms de trajet.

J’ai entendu plusieurs « Gringo » durant ma route. Au Costa Rica, pas une seule fois.
Parfois, les gens essayent de te parler anglais, lorsqu’ils voient que tu as des difficultés a comprendre ou parler espagnol. Je leur dis que je ne suis pas americain et j’ajoute :  » Vous pouvez parler en espagnol, je comprends un peu ». Je ne veux pas passer pour un touriste durant ce voyage a vélo. En ce moment, je suis un voyageur, pas un touriste.

Au bout de 113kms, j’arrive a Santiago, que je dépasse de 4 ou 5 bornes, persuadé qu’il y a un hotel en sortie de ville. Raté…

J’interroge 2 jeunes au bord de la route. Ils me disent que tout est en centre-ville. Je voyais Santiago beaucoup plus grand et donc pourvu de plus d’hotel.
On ne va pas tenter le diable, je retourne a Santiago.

Hotel de classe moyenne…

...avec une vieille télé en prime

Tiens, le Nouveau Testament est de retour sur la table de nuit.

5 Mai 2011
Mexico-Panama : 47eme jour

Je décide de me lever 30 minutes plus tot pour décoller a 5h. La journée sera longue.
Route assez plate, nuages, j’ai bouffé du lion aujourd’hui : je passe la barre des 50kms juste avant 8h.

Je m’arrete dans une station-service. Je viens de passer une bonne montée, et une fillette arrive pour me vendre un sachet de cacahuetes. Je lui dis non et entre dans la station pour acheter quelques provisions. En ressortant, je regrette un peu de lui avoir dit « non » un peu sechement. J’etais essoufflé, elle ne m’a pas laissé le temps de respirer.
Assis sur une table exterieur, je la vois avec un garcon de son age vendre tous les 2 ces sachets de cacahuetes.
Au moment ou elle passe devant moi, je lui achete finalement 1 sachet.
Elle repars en direction des clients qui viennent de se garer sous le préau de la station. Elle et le garcon reviennent me voir quelques secondes plus tard pour me demander d’ou je viens.
C’est surtout moi qui leur pose des questions. Ils ne sont pas frere et soeur mais viennent du meme village d’a coté. La maman de la fillette travaille et tous les 2 vendent des cacahuetes chaque jour. Aucun d’entre eux ne va a l’ecole.
C’est dur d’entendre ca, ils ont l’age de mes neveux et niece et leur ressemble un peu. Ils ont le sourire et son poli. Je leur donne a chacun un petit paquet de chips que j’avais acheté il y a 5 minutes. Je n’aurais jamais fait ca dans un lieu touristique, car, comme je l’avais dit en Inde, le touriste ne dois pas passer pour la vache a lait. Ici, en l’occurence, je suis de passage dans un endroit absolument pas touristique. En plus, ils ne reclamaient rien.
A peine j’empoigne mon velo pour repartir, je les vois proposer des cacahuetes aux clients, la bouche pleine de chips.
Ces enfants sont loin d’etre un cas isolé. En Inde, j’etais parvenu a voir tout ca comme une fatalite, un « This is India » tellement ils marchent sur la tete.
Ici, c’est plus dur.

J’avale les kilometres. Au bout de 79 bornes, crevaison… ca faisait longtemps. Un habitant d’une maisonnette isolée ne dit qu’il n’a pas de quoi réparer et m’indique du doigt l’entrée du prochain village.
Et c’est parti pour 1 petit kilometre a pied.

J’arrive dans un vulcanizadora, et lui donne une chambre a air neuve. J’ai toujours les 3 que j’avais acheté au Nicaragua. D’ailleurs, c’est officiel, le Costa Rica aura été le seul des 7 pays ou je n’ai effectué aucune reparation sur mon vélo.

Je mange a midi dans le comedor a 10m du vulcanizadora. Pret a repartir, les pneus bien gonflés.
Le seul probleme, c’est qu’il ne peut pas changer les quelques rayons cassés de ma roue arriere. J’espere simplement que ca tiendra jusqu’a la fin.

Je repars. Je passe la ville de Penonomé, d’Anton, puis je longe l’océan sans le voir ; trop loin…

Il est 1h30, je passe la barre des 100kms.
En fait, je n’ai pas vraiment prévu de destination, j’avais simplement l’idee de rejoindre la mer. J’arrive aux 143kms. Record battu. Je m’arrete dans une superette pour demander l’hotel le plus proche. Il me reponds a San Carlos, a 20kms. Je me mefie un peu maintenant.
S’il a raison, ca va faire juste pour moi : je roulerais un peu dans la pénombre.
Mais en regardant un panneau, je vois ecrit « San Carlos 9.2kms ». Ca c’est une bonne surprise.
Conclusion : les habitants te disent soit la moitié, soit le double de la vraie distance…

152kms au compteur, record pulvérisé. Ce sera également le record pour ce voyage a vélo.
Vous savez pourquoi ? Parce qu’on est a 90kms de la ville de Panama.
C’est pour demain !

6 Mai 2011
Mexico-Panama : 48eme (et dernier) jour

C’est la raison pour laquelle j’ai fait beaucouop de kilometres la veille : en avoir le moins possible pour mon dernier jour.

Je pars a 5h30 et je vais a un bon rythme, sans negliger les pauses.
Les 30 premiers kilometres se font sans probleme. Quelques collines a franchir sur une dizaine de kilometres seulement.

Je supplie mon velo pour qu’il tienne le coup jusqu’a Panama. Je supplie aussi mon compteur a velo qui affiche le symbole « clé anglaise » sur le cadran depuis une semaine.

J’en suis a 50kms. Pause repas a 10h (je suis decalé).
On me propose des spaghettis. Parfait pour attaquer la suite.
Je repars sur l’Interamericana, mais je dois faire un détour dans un village en bord de route pour faire le plein d’eau.
Je suis a moins de 20kms de Panama.

Le ciel se couvre, les nuages sont noirs. J’aurais esperé ne pas avoir de pluie pour mon dernier jour ; mais entre un probleme de vélo et la pluie, je choisis la pluie.

Je me mets a penser a tout ce trajet parcouru, a toutes ces epreuves endurées. Je me souviens lorsque j’étais a Mexico et que j’effectuais des tests sur mon vélo devant l’hostel, le jour ou je croyais que j’allais partir ; un couple d’americains m’avaient demandé d’ou je venais et ou est-ce que je me rendais a vélo.
J’ai dis :
– « Panama »
A cela, l’américaine m’avait répondu :
– « Waaahooo… et vous etes parti d’ou ? »
– « De la… j’ai fais 5 metres… »

Il commence a tomber quelques gouttes. Je peux encore rouler sans probleme. J’en suis a plus de 70kms.
J’attaque une bonne descente. Panama étant au niveau de la mer, c’est bon signe.

Il est 13h, c’est la derniere montée, j’apercois le debut du pont au-dessus du Canal.

Check-point en pleine cote. Il font signe de m’arreter. On est a 50m de l’entrée du pont. Ils me posent tout un tas de question. Mais toujours sympas comme d’habitude. Ils me posent aussi et surtout des questions parce qu’ils sont interessés de savoir d’ou je viens et tout ce que j’ai fait a vélo durant ces 48 jours.
La pluie s’intensifie pendant que je leur parle. Au bout de 10min, ils me laissent partir.
Je fais une trentaine de metres jusqu’a un monument qui commémore les 150 ans de la présence chinoise a Panama.
C’est un tres bon endroit pour prendre 2 photos, durant une courte accalmie.

Le pont (on apercoit au loin le sommet des plus hauts gratte-ciels de Panama)
Le Canal de Panama

La pluie regagne d’intensité. Je me réfugie sous le préau de ce monument, dans une sorte de kiosque. Je partage ce petit espace avec 2 motards (et leur moto) venus aussi se réfugier. J’attends que ca se calme. Il est 14h, le tonnerre gronde encore.
J’ai le sourire parce que je suis arrivé au bout de ce voyage a vélo en 1 seul morceau. Je n’explose pas de joie pour autant. Je me dis simplement : « C’est fini », et c’est une étrange sensation…

La pluie continue, les motards, eux, sont repartis.
La fatigue et la tension retombe pendant que je patiente a l’intérieur de ce kiosque. Je tombe de sommeil.
Au réveil, je suis allongé sur l’un des petits bancs, mon sac a dos en guise d’oreiller. Il est 15h30, et il ne pleut plus.

Je quitte enfin le kiosque pour traverser le pont. La banlieue de Panama n’a rien d’intéressant. Je la traverse.

Ca y est, j’y suis. Je suis a Panama !

Je n’ai pas de « ligne d’arrivée » précise. Je me suis dis que l’arrivée sera la photo finale.
Je prends une rue au hasard, un viaduc au hasard pour arriver pile-poil ou je voulais, le long de la cote avec les gratte-ciels comme toile de fond.

Chaque soir, j’ai reporté sur une feuille les kilometres parcourus durant la journée.
Je les ecris ici pour calculer et aussi pour me rappeler :

Mexico – quelque part : 49,9kms
Quelque part – Oxtepec : 62,1kms
Oaxtepec-Tetela del Volcan : 39,5kms
Tetela del Volcan – Atlixco : 41kms
Atlixco – Amozoc : 52,3kms
Amozoc – Tehuacan : 123kms
Tehuacan – Coaxcatlan : 40kms
Coaxcatlan – Teotitlan : 25,3kms
Teotitlan – Huautla : 64,5kms
Huautla – Jalapa : 62,5kms
Jalapa – Tuxtepec : 63,4kms
Tuxtepec – Maria Lombardo de Caso : 119kms
Maria Lombardo de Caso – Palomares : 63kms
Palomares – Matias Romero : 36kms
Matias Romero – Niltepec : 77kms
Niltepec – Arriaga : 102kms
Arriaga – Tonala : 24kms
Tonala – quelque part : 51kms
Quelque part – Escuintla : 102kms
Escuintla – Huixtla : 33kms
Huixtla – Ciudad Hidalgo : 81kms
Ciudad Hidalgo – Mazatenango : 100kms
Mazatenango – Escuintla : 99kms
Escuintla – Cara Sucia : 126kms
Cara Sucia – Playa Dorada : 65kms
Playa Dorada – Comalapa : 93kms
Comalapan – Usulutan : 93kms
Usulutan – Santa Rosa de Lima : 99kms
Santa Rosa de Lima – San Lorenzo : 77kms
San Lorenzo – Somotillo : 94kms
Somotillo – Leon : 101kms
Leon – Managua : 100kms
Managua – Masaya : 30kms
Masaya – La Cruz : 128kms
La Cruz – Cañas : 103kms
Cañas – Esparza : 73kms
Esparza – San Jose : 90kms
San Jose – km56 : 50kms
Km56 – Uvita : 125kms
Uvita – Neily : 116kms
Neily – Las Lajas : 142kms
Las Lajas – Santiago : 113kms
Santiago – San Carlos : 152kms
San Carlos – Panama : 90kms

C’est bon, le calcul est fait.

Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, je vous annonce la fin de ce voyage a vélo :

Mexico- Panama "Expedition Auvergne 2011" 3570,5kms en 48 jours

Mon vélo ne m’aura pas fait de sale coup pour la derniere journée, et mon compteur aussi aura tenu jusqu’au bout.

Je rejoins le backpacker que j’ai booké. C’est dans le Casco Viejo, le vieux quartier qui surplombe la ville nouvelle.
J’etais au Mexique lorsque j’ai fais la reservation. J’avais pris pour 3 nuits a partir du 5 mai…Je ne suis pas tombé bien loin.
Je n’ai pas pu leur dire que j’aurais du retard puisque je n’ai pas eu accés a Internet pendant des jours.
J’arrive a l’hostel. C’est la, en arrivant au pied de cette auberge de jeunesse que je me suis vraiment dit : « C’est terminé, il n’y a plus aucune distance a parcourir ».

Dans le backpacker, de la jeunesse, partout. Ca fait un peu beaucoup lorsque tu viens de passer plus d’un mois et demi dans des hotels calmes (en général…). Des backpackers, je n’en ai vu aucun durant ce voyage. Je n’aurais jamais pu fonctionner de cette maniere, ne serais-ce que pour des questions d’horaires. Je me levais a 4h30 les matins, et… dans une auberge de jeunesse, c’est souvent l’heure a laquelle la plupart se couche.

Me voici donc de nouveau dans un backpacker, le dernier étant celui de Mexico. Le coin est sympas, et Panama a l’air d’etre une bonne ville avec des quartiers agréables a visiter.
Mais accordez moi un peu de temps avant de reprendre la casquette du touriste. J’ai beaucoup de choses a faire.

J’attache mon vélo au rez-de-chaussée, puis je me rends a la réception a l’étage. Pas de probleme pour décaler les dates, et sans payer de supplément. Je pars au comedor, a quelques rues de l’auberge, puis je fais un détour par la superette pour acheter un deodorant, histoire que les jeunes survivent lorsque je passe trop pres d’eux.
Apres une douche, me voici devant Internet pour vous ecrire la 7eme et derniere partie de ce Mexico-Panama. C’etait une formidable aventure.

Je n’ai pas fait de pause de 24h depuis le Honduras ; demain matin, c’est grace matinée… si j’y arrive.
En regardant l’horloge du backpacker, je constate 1h de plus par rapport a ma montre. J’ai encore traversé tout Panama avec la mauvaise heure. A vrai dire, je fonctionnais plus avec le soleil qu’avec ma montre.

Je reste quelques jours a Panama, le temps de souffler, et de tout régler.

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

Miracle à Panama

7 Mai 2011

Je prends le taxi ce matin avec 2 américains de Los Angeles. Eux vont a la plage ; pour moi ce sera le quartier El Dorado, au Centre des Courriers.

C’est bien ce que je craignais, mon sac a dos est retourné a l’adresse d’expédition, c’est-a-dire la d’ou je l’ai envoyé : Oxtepec au Mexique…
Ils l’ont gardé 15 jours réglementaires ; moi, j’en ai mis plus de 40 pour venir jusqu’ici depuis Oaxtepec. Ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi l’hotel n’a jamais vu l’ombre d’un colis portant mon nom…

On me donne un numéro au cas ou le colis serait arrivé dans la seconde poste de Panama. La fille ajoute qu’il ne faut pas trop y croire. C’est quasiment sur qu’il soit retourné a l’expéditeur. C’est fermé aujourd’hui, il faudra que j’appelle seulement lundi. J’écarte completement l’idée de le retrouver ici, a Panama.

J’ai gardé l’adresse de cet hotel, a Oaxtepac. Je ne sais pas vraiment quoi faire. Je dois deja les contacter pour savoir si ils l’ont. Ca attendra demain, de toute facon, je dois désormais faire sans et organiser mon sac a dos pour que tout puisse rentrer : j’ai des choses a acheter comme des vetements supplémentaires neufs. A part ca, j’ai presque tout ce qu’il me faut d’essentiel.

Je suis au centre commercial d’El Dorado et je passe la journée dans les boutiques. En fin d’apres-midi, j’ai quasiment tout.

Il fallait que je m’en occupe aujourd’hui. Demain, c’est dimanche.
Retour en taxi au backpacker

8 Mai 2011

Tout est fermé aujourd’hui. Le chauffeur de taxi de la veille m’avait dit qu’il connaissait peut-etre quelqu’un d’interessé par mon vélo. Il m’a laissé son numéro.
Je l’appelle ce matin. Nous convenons d’un rendez-vous devant l’hotel a 9h. J’attends depuis deja 1h. Il ne vient pas.

J’ai le temps de discuter avec les membres du backpacker : anglais, canadiens, israelien et un seul autre francais, qui me fait savoir que 2 autres francais voyagent a vélo, et resident dans cet hostel. Chaque membres a sa petite histoire, et lorsqu’ils me voient en train d’attendre avec mon vélo posé contre le mur, moi aussi, j’ai ma petite histoire a raconter…

Je remonte a la réception pour téléphoner a nouveau au chauffeur. Il me dit qu’il arrive dans 30min. J’attends encore plus d’1h30…
Tant pis, je pars faire quelques courses pour cuisiner au backpacker. En tentant de le joindre une 3eme fois, il a coupé son portable… Pas sérieux l’animal.

Je décide de partir a vélo en interrogeant les gens pour savoir ou je pourrais le vendre. Je pars d’abord dans le quartier des affaires. Non, ce n’est pas vraiment le bon endroit. Le mieux, c’est d’aller errer dans les quartiers, les ruelles, la ou se passe le petit commerce quotidien, meme un dimanche.

Un commercant me dit d’aller au mercado. En m’y rendant, un type me fait une remarque sur ma roue avant. Je n’ai pas compris ce qu’il vient de me dire, mais je lui fais savoir que mon vélo est a vendre pour 50 dollars.
Il appelle un autre type. Je lui dit que tous les accessoires sont compris dans le prix. Ce second type amene le velo en retrait de la rue pour le place a l’entrée d’un vieil hangar.
Ils ne sont pas vraiment du genre commode, mais je ne montre aucun signe de vulnérabilité sur le visage et mes négociations.

Au final, il me donne 45 dollars a prendre ou a laisser. J’en reclame 5 de plus, puis j’insiste une nouvelle fois. Le 1er type me conseille de ne pas en demander plus. L’endroit est un peu « coupe-gorge » a vrai dire. Un 3eme type est d’ailleurs apparu entre temps. Ca sent l’accrochage si j’insiste une fois de plus.
A 3 contre 1 a l’entrée d’un hangar, j’y laisserais surement quelques plumes… Je les fixe quelques secondes, puis je regarde les 45 dollars dans ma main.
Bon… on va éviter la confrontation pour 5 dollars.

Je repars avec un léger sourire : autant que ce soit eux qui héritent de ce vélo dont les vitesses ne passent pas toujours, et les quelques rayons cassés de la roue arriere.
Mais c’étaient les imperfections de ce vélo qui en a fait son petit charme… snif…
Voila, la derniere fois que j’ai vu ce vélo aura été dans un vieil hangar de Panama, vendu au marché noir, dans des conditions…mémorables.

Je suis desormais libre de quitter Panama et j’ai l’apres-midi pour visiter Casco Viejo.

De ce coté, vous connaissez deja
Iglesia San Francisco, dans le Casco Viejo
Une ruelle de Casco Viejo

 

Ce quartier est construit sur une peninsule rocheuse, plus facile a defendre a l’époque
Le quartier n´est pas immense, et pourtant il y a l´Ambassade de France (la seule ambassade de Casco Viejo) ; car il faut savoir que les francais ont joué un role important a Panama.

 

 

Le Canal
A la fin du XIXeme siecle, apres l´achevement du Canal de Suez, le glorieux francais Ferdinand de Lesseps fut contacté. Mais Lesseps sous-estima fortement l´ampleur du chantier et, durant les travaux, plus de 22000 travailleurs de France, Guadeloupe et Martinique moururent de la malaria et de la fievre jaune. Tout fut interrompu durant un temps jusqu’ a ce qu’ un des ingénieurs de Lesseps accepta finalement de vendre la concession aux américains, ayant flairés l’opportunité financiére de cet échec francais.
La Plaza de Francia rend hommage aux role de la France dans la terrible construction du Canal.
L´Ambassade de France sur la Plaza de Francia
Je serais bien entré a l’intérieur mais c’est dimanche…
Je rentre au backpacker.
9 Mai 2011
Je me réveille vers 5h30 parce que mon taxi pour l’aéroport est en fin de matinée et j’ai encore une ou 2 choses a faire. Pendant le petit déjeuner, je rencontre les 2 francais qui voyagent a vélo. En fait, ce sont un francais et une suisse. Vélos neufs qui viennent de France avec porte-bagages sur les cotés… bref, tout ce qu’il faut. Je leur fais savoir – non sans fierté – que je n’ai trouvé qu’un vélo bas-de-gamme avec un porte-bébé comme porte-bagage…
Ils sont partis du Costa-Rica, descendent au Chili pour remonter jusqu’a Buenos Aires. Ils se sont donnés 1 an. Il faut bien ca, je pense. Ils me disent aussi qu’ils m’ont vu a vélo sur la route, aprés Santiago, quelques jours auparavant. Ils ajoutent qu’a ce moment, ils etaient escortés par un camping-car de touristes lorsqu’ils m’ont doublé… LES TRICHEURS !!!
Je quitte le backpacker et passe plus d´une heure a trouver une poste qui n’existe que sur le plan. Tant pis, je peux remettre ca a plus tard.
Je passe ensuite a l´Ambassade de France pour m’entretenir avec quelqu’un au sujet de mon sac a dos. Je voudrais quelqu’un de bilingue pour téléphoner a l’hotel de Oaxtepec au Mexique, et savoir si ils ont mon colis en leur possession. La personne a l’accueil de l’Ambassade me donne un nom a contacter, accompagné d’une adresse mail. Je retourne au backpacker (c’est a a peine 10min a pied) pour ecrire mon mail expliquant mon probleme.
Ca va etre long comme processus avant que mon sac n’arrive en France. Il faut que l’accueil de l’hotel de Oaxtepec se renseigne sur le coup d’envoi ; que je leur envois ensuite l’argent ; qu’ils le recoivent et enfin, qu’ils l’expedient. Et tout ca en espagnol, par l’intermediaire de l’Ambassade d’un pays que je quitte dans a peine 2h..
Je pars ensuite dans le dortoir pour ranger mes affaires. Je retourne sur Internet car je n’ai pas noté le nom de mon futur backpacker, ni l’adresse. L’Ambassade m’a répondu. La dame me dit de passer pour qu’ensemble nous téléphonions a l’hotel. Je n’ose pas lui répondre que mon taxi est dans 2h a peine, ce serait mettre de la mauvaise volonté. Je dois me dépecher en esperant qu’elle me recoive vite.
10 min plus tard, je suis a nouveau a l’Ambassade. La dame me recoit 25 min plus tard. Autant qu’elle me voit physiquement pour qu’on puisse continuer a communiquer sur l’avancé de cette histoire de colis…
Elle a imprimé mon mail et a tout compris, pas besoin de lui répéter.
Elle appelle l’hotel dans un espagnol impeccable. Ils ne l’ont pas recu. Peut-etre que c’est a la Poste de Oaxtepec, pour je ne sais quelle raison.
Je me souviens alors soudainement qu’avant-hier, le Centre des Courriers d´El Dorado m’avait donné le numéro de l’autre poste, pour me consoler dirons-nous. Je parviens a le retrouver dans mes papiers et lui donne pour qu’elle le compose.
Elle s’explique plusieurs minutes, et au bout d’un moment, tout en parlant au téléphone, elle tend son pousse en l’air en me regardant. C’est pas vrai, ils l´ont… Mon sac a dos est a Panama !
En raccrochant, la dame me dit qu’il se trouve au service courrier du centro commercial de Los Americas. Je me leve d’un coup en lui remerciant chaleureusement. Puis je sors de l’Ambassade a toute allure.
J’ai 1h pour retrouver mon sac, retourner au backpacker et préparer mes affaires avant que le taxi n’arrive…
Je sors de l’Ambassade et me met a courir dans les ruelles en criant ¨TAXI !!!¨. J’en attrape un en plein vol :
– ¨Centro commercial de Los Americas por favor¨
Il va a toute vitesse dans les ruelles de Casco Viejo, puis ressors du vieux quartier. Ce n’est pas aujourd’hui que je lui dirais de ralentir…
J’arrive au centre commercial et je cours a l’interieur.
Je trouve finalement le service des courriers, et a travers les multiples vitres du centre, j’apercois mon sac !!! Toujours sous plastique depuis 1 mois et demi.
Apres quelques formulaires a remplir, l’employé libere le colis de son plastique, puis me le donne enfin.
DANS MES BRAS !!! J’AI FAILLI NE PLUS JAMAIS TE REVOIR DE CE TOUR DU MONDE !!!
Je pars vite pour reprendre un taxi, direction le backpacker. J’essaye de caser mes affaires supplémentaires, mais du coup, j’ai beaucoup de choses en double, pensant ne plus jamais revoir mon sac. Il va falloir charger au maximum.
Il est 11h, mon taxi arrive. Direction l’aeroport international.
 Je quitte Panama alors qu’il vient de se mettre a pleuvoir des cordes. Heureux et triste a la fois de quitter cette ville que j’avais tant espéré voir un jour, durant ces semaines de vélo. J’ai vendu ce vélo, mais j’ai retrouvé par miracle mon sac a dos.
Pendant que je quitte ce quartier puis cette ville, je me dis : « tout s’est finalement arrangé » ; et je retrouve rapidemment la motivation pour continuer ce tour du monde comme avant : a pied, en bus, en taxi, en bateau, en avion…
J’espere ne pas avoir trop perdu la main !
Mais j’ai la peche. Enfin… pour le moment, alors que je suis en train de manger dans l’aéroport, toute la tension retombe. Je suis fatigué par cette matinée pleine de rebondissement, mais tres éreintante. Je pars dormir sur un siége en attendant l’heure d’embarquement.
Hier, alors que je parlais devant l’hostel avec le francais. J’en ai profité pour lui demander si il était vraiment dangereux d’accéder en Colombie par la route. Dans les livres, j’ai vu ecris « dangereux » et « potentiellement suicidaire ». Il a vécu 5 ans en Colombie et me disait que la frontiere entre Panama et la Colombie était officiellement fermée, qu’il fallait payer les paramilitaires a coup de backshich, sans parler de la présence des FARC. Cette frontiere est l’une des plus dangereuse au monde. Et c’est la raison pour laquelle l’hostel proposait uniquement l’accés par voie maritime.
Le seul probleme, c’est que ce ne sont pas des liaisons par ferry mais par bateau de plaisance, donc plus cher. En plus, ca dure 5 a 6 jours puisque les compagnies de plaisance te font passer par des plages paradisiaques. C’est sympas mais c’est 400 dollars…
Je n’avais plus qu’une seule solution : l’avion, que j’ai booké hier qui m’a coute la moitié du prix par rapport au bateau. J’avais surtout vraiment envie de tenter l’aventure par voie terrestre, mais le francais a bien insisté : la frontiere est fermée. Pour passer, c’est tres risqué. On ne tentera pas…
Il est 15h15, je prends le vol Panama-Cartagena.
1h05 de vol seulement. Et pas de soucis pour dormir pendant ce laps de temps.
Il est 16h20, je suis en Colombie.
J’échange dans l’aéroport mes dollars contre des pesos colombiens.
Cartagena, c’est au Nord de la Colombie. On est de retour coté Atlantique (que j’avais laissé a la Nouvelle-Orleans), en mer des Caraibes.
Je longe d’ailleurs la mer dans un taxi pour rejoindre le Chill House Backpacker, en plein coeur de la vieille-ville.
L’endroit est vraiment sympas.
Mais la nuit va bientot tomber et je dois partir au supermarché du coin pour quelques courses.
Apres cela, je prends enfin le temps de vous décrire ces 3 jours de folie a Panama : entre revente de velo dans un quartier mal famé, visite du Casco Viejo, et ces quelques heures décisives qui ont précédé mon départ d’Amérique Centrale.
Panama, aura été l’Arrivée et le Nouveau Départ. Maintenant, c’est derriere moi.
Place a l’Amérique du Sud !
Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

Le jour le plus long

13 Fevrier 2011

Je me leve a 6h50 ce matin dans le dortoir de 10 lits de la chambre 8 du Blue Parrot.
Je prends le Airport Shuttle Bus depuis le quartier sympa de King’s Cross jusqu’a l’aeroport international.

Le ciel est gris a Sydney, mais cette ville reste un bon « reconditionnement » avant d’affronter des temperatures plus fraiche encore.

Je prends le vol Sydney-Los Angeles.
Etats-Unis, nous voici !

C’est parti pour plus de 13h de vol. Et bizarrement, c’est passe plutot vite. Pourtant, je n’ai pas dormi. La seule chose qui m’ait maintenue en eveil, ce sont les films : l’avion est equipe de lecteur DVD sur chaque siege. Voyant toute cette richesse cinematographique, j’ai regardé 6 films a la suite, histoire de faire honneur au pays et surtout a la ville ou je m’apprete a atterir.

Sydney-Los Angeles : le meme vol que dans la serie Lost ou ils se crachent sur une ile deserte et que…Bon, pour moi, la traversee du Pacifique s’est faite sans encombre. C’est mon 13eme pays, le voyage a dure environ 13h et on est le 13 du mois !… Mais vu qu’on n’est pas un vendredi, l’avion s’est delicatement posé sur le tarmac de l’aeroport de Los Angeles. Retour dans l’hemisphere Nord.

Je suis parti de Sydney a 11h25 ce matin ; j’arrive a Los Angeles a 6h du matin… le meme jour ! Et meme 50 minutes avant l’heure a laquelle je me suis levé a Sydney. Si c’est pas productif tout ca !
Le jour se leve… encore…

En revanche, je ressens les heures de sommeil manquantes. Si je me couche, je suis parti pour dormir jusque dans l’apres-midi. Et ca, c’est tres mauvais pour se remettre d’un decalage horaire.
Pas le choix, si je veux profiter pleinement de Los Angeles, je dois lutter jusqu’a ce soir.

Poste de douane :
–  » Tu as traversé tous les pays que tu as ecrit sur le papier avant d’arriver ici ?  »
–  » Tu viens ici pour quoi ?  »
–  » Combien de temps tu restes a Los Angeles ? et aux USA ?  »
–  » Combien de temps tu es resté en Australie ?  »
–  » Tu es arrivé quand la-bas ?  »
–  » Tu faisais quoi ? tu as travaillé ou ? et pendant combien de temps ?  »
–  » Mets les quatres derniers doigts de ta main droite sur l’ecran. Puis le pouce de la main droite  »
–  » Mets les quatre derniers doigts de la main gauche. Puis le pouce de la main gauche  »
–  » Regarde la camera  »
–  » C’est bon  »

Pffffiouuuu… interminable !

Un agent de securite m’indique ou prendre le Airport Shuttle Bus pour rejoindre l’hostel que j’avais booké pour 3 nuits.
Avant ca, je retire mes premiers dollars americains d’un distributeur de billet, puis j’effectue mes premiers pas a l’exterieur.
Il fait frais, une petite dizaine de degres. Il faudra s’y faire, je connaitrais pire que ca.

A premiere vue, je ne suis pas franchement depaysé par rapport a l’Australie. Pas d’enormes differences d’aspects exterieures entre l’Australie et les USA : urbanisme, architecture, agencement des villes… la ressemblance est frappante.

Les quelques differences que je constate toutefois :
On roule a droite (je n’avais pas vu le volant a gauche depuis la Turquie), les portes des voitures émettent des « bip » répétés lorsqu’elles sont ouvertes, les billets sont verts, je comprends mieux l’accent americain et pour l’instant, c’est tout ce que j’observe comme difference…

La ville est gigantesque. L’utilisation des transports en commun s’avere indispensable. Surtout que mon pied est (encore) en convalescence.
But du jeu : ne pas dormir jusqu’a ce soir.
J’arrive vers 8h dans l’hostel, assez petit et plutot chaleureux. J’arrive trop tot avant de pouvoir installer mes affaires sur le lit du dortoir. Ceux qui doivent partir dorment encore. Le gerant me dit de patienter sur le canape…
Si je m’affale sur ces canapés plus que comfortable, s’en est fini.
Je decide de sortir faire un tour. Les distances sont immenses, mais j’apercois au loin, House of Breackfast . C’est exactement ce qu’il me faut.
C’est ce genre de petit snack que l’on voit souvent dans les films. Quelques tables contre le mur et un comptoir, ou chaque fois que tu finis ta tasse, le proprio arrive et te ravitaille a nouveau avec sa bonne cafetiere ronde, sans qu’il t’en coute davantage.
Meme dans les films, j’attendais le jour ou je pouvais me faire, dans ce genre d’endroit, un petit dejeuner aux oeufs et 5 ou 6 cafes serrés, avec a ma gauche, un americain, et a ma droite, un autre americain.
Et bien c’est fait !

Je pars ensuite en ville ou deux francais m’indique la direction du metro. Je le retiens. J’irais demain. Pour le moment, j’essaie d’articuler lorsque je parle aux gens, mais je suis a la traine et un peu lent a la detente : la fatigue reprends le dessus.
J’apprends que mon portable australien ne capte plus. Il faudra que j’aille le faire debloquer pour que je puisse emettre par la suite, dans n’importe quel autre pays.
D’habitude, je ne prends jamais ce genre de boisson, mais la, il me faut un petit remontant. Je prends de la Monster, une boisson a forte teneur en taurine et cafeine. Ca me donne un leger coup de punch pendant 2h ou 3h, puis ca retombe…

De retour a l’hostel, je rencontre un anglais qui doit se diriger dans la meme direction que moi, dans quelques jours. Et il s’apprete a louer un van. Si je pouvais fonctionner comme j’ai pu le faire en Australie, ne serait-ce qu’une fois ou deux, ce serait deja un bon debut. Le covoiturage reste, aux USA comme ailleurs, l’assurance d’un voyage plutot rapide, peu onereux et generateur de bonnes rencontres.
Pour le moment, stand by… On se concentre sur Los Angeles.

J’ai pris le soin de booker pour demain quelque chose qui me tient a coeur depuis tres longtemps…

Je vous ecris ces quelques lignes, et mes yeux se ferment tout seul. Je n’ai pas dormi depuis environ 32h.
Je rends l’antenne.

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

L.A Confidential

 

14 Fevrier 2011

Je me reveille vers 9h30 apres 14h de sommeil ! Il me fallait au moins ca.
Je quitte Koreatown, le quartier ou se trouve l’hotel, pour prendre le metro en direction des Studios Universal.

Sur le chemin, et meme hier, pendant que je marchais, j’ai quand meme constaté une difference entre l’Australie et les Etats-Unis.
En fait , je trouvais que l’Australie manquait d’ame par endroit et qu’il fallait marcher longtemps pour trouver un peu de charme dans les grandes villes.
A Los Angeles, il n’y a pas vraiment de place principale. Du coup, chaque quartier s’est developpé plus ou moins vite. L’inegalité entre les niveaux de vie se font beaucoup plus ressentir aux Etats-Unis, ce qui a fait naitre autant de belles villas que des habitations bien plus modestes.
C’est une impression generale mais on sent beaucoup plus d’authenticite ici qu’a Melbourne, Perth ou Sydney. Le pays est un peu plus vieux. Il a vecu et on s’en rend compte que peu de temps apres avoir debarqué. On connait meme ce pays avant d’y poser les pieds : lorsque j’ai vu des flics en voiture de patrouille ou lorsque j’ai croisé un de ces fameux camion de pompiers, je n’ai pas vraiment sursauté. C’est un peu comme si j’etais deja venu.
Los Angeles accentue la chose car de nombreux films et series s’y deroulent.

En parlant de films (quelle transition !), et apres avoir pris le metro, j’arrive sur place :

Universal Studios

C’est autant un parc d’attraction qu’un musee. A peine 30 secondes apres etre entré, une personne m’interroge avec un questionnaire. En cadeau, il m’offre un ticket pour le Studio Tour, sans faire la queue. C’est toujours sympas a recevoir.
Durant ce tour, j’ai le temps de filmer mais le cortege va trop vite pour prendre des photos. J’evolue entre les differents decors de cinema : ambiance mexicaine, europeenne, americaine des annees 50, mais aussi des endroits plus connus comme la scene de la catastrophe aerienne dans  » la Guerre des Mondes », la rue des « Desperate Housewives », je passe devant les voitures de Magnum, des Marx Brothers…

Ce qui ne m’empeche pas de vivre quelques experiences 3D en cinema dynamique : King Kong, Shrek 2 et de faire aussi quelques vraies attractions :

C'etait mon film prefere quand j'etais gamin, je pouvais quand meme pas le louper...

…agrémenté sur le chemin par quelques accessoires de films ayant fait la renommée des studios :

Apollo 13 - Un succes des Studios parmi tant d'autres

J’assiste aussi a une demonstration d’effets speciaux : animation image par image, capture de mouvement, 3D…
Toutes ces reussites et toutes ces prouesses techniques sont tenues dans le plus grand secret…

 

...a l'interieur des locaux Universal Studios

Il fait nuit beaucoup plus tot a cette epoque de l’annee (non, tu crois ?) et le froid s’installe. Je retourne a l’hostel.

15 Fevrier 2011

Je me leve a 7h ce matin histoire d’avoir une vraie journee complete devant moi.
Je pars sur le chemin de la station de metro.

 

Une rue de Los Angeles

 

 

Une grosse artere

 

Dans le metro, je suis assez surpris d’une chose : la voix enregistree pour tout ce qui est « ouverture des portes », « prochaine station », etc… Et bien elle est en anglais puis en espagnol ! ce n’est pas tout, toujours dans le metro, les publicites sont moitie-anglaises, moitie-espagnoles. Parfois meme uniquement en espagnol. A Los Angeles, la communauté hispanique est tres importante ; et meme plus importante que la communaute blanche.
Et effectivement, dans la rue, dans le metro, ou meme dans la musique venue des maisons alentours, j’entends l’espagnol. Mais la population hispanique est loin d’etre la seule : j’ai rarement vu une ville aussi cosmopolite.

On aura bien le temps d’en reparler. Pour le moment, je retourne aux Studios Universal. Mon ticket etait valable pour 2 jours. Et puisque je n’ai pas envie de frustrer mes lecteurs, je repars pour un tour guide des Studios. Hier, j’ai tout filmé, aujourd’hui, je sais ou me placer et quand prendre les photos. Je regle mon appareil en prenant compte de la vitesse du convoi. Ca y est…

 

Pret pour la seance ?

 

C’est parti !

 

 

Les studios - Rien de bien passionnant vu de l'exterieur

 

 

Les villas du personnel

 

 

Et certains ont de l'humour

 

 

Sur fond de quartier des affaires...

 

 

Un vieux quartier americain

 

 

L'envers du decor

 

 

Pont utilise dans plusieurs vieux films et plus recemment, dans un episode de "Code Quantum" (ca commence a remonter un peu aussi...)

 

 

La bagnole dans "La Momie"

 

 

Celle des Marx Brothers

 

 

Et ma preferee, la DeLorean de "Retour vers le futur" - Je rappelle que le convoi roulait constamment alors je m'excuse aupres des fans pour le cadrage...

 

 

Un des camions appartenant au film "Le Monde Perdu"

 

 

Le meme film...

 

En ce qui concerne ces decors, ca n’a absolument rien a voir avec des decors du style « Disneyland ». C’est vraiment realistes, meme quand on les voit de plus pres. Le processus de vieillissment et de degradation acceleré est appliqué sur chaque centimetre carré du batiment : rouillures, eraflure, murs décrépis, infiltration, torsion du bois, des metaux, deboitemment des trottoirs… la liste est longue.

Regardez plutot la suite :

 

Un decor du Vieux Mexique

 

 

La pluie est ensuite envoyee...

 

 

... jusqu'au declenchement d'un enorme torrent

 

Un autre decor hispanique

 

 

Un certain Clint Eastwood a joue au bord des marches de cette eglise alors qu'il n'etait encore qu'un jeune acteur "aux-roles-de-cowboy"

 

 

Celui-ci, c'est pour les passionnes !

 

Un indice : j’ai vu les Hoverboard, la veille, sous vitrine… 😉

 

 

Ici, j'insiste sur le travail de torsion et de degradation du portail

 

Un autre "grand decor" - Oui, car au cinema, ca rend toujours beaucoup plus grand

 

 

Dans un style un peu plus europeen

 

Toujours dans le style hispanique

 

 

Le Far West - Dire que tout ca est faux...

 

Vous aurez reconnu la pancarte d'Amity Island du film "Les dents de la mer"

 

 

Et son petit port tranquille avant l'arrivee du grand requin... mecanique - Qu'importe, l'illusion etait parfaite

 

 

Et c'etait pas plus grand que ca !

 

 

La scene de la catastrophe aerienne dans "La guerre des mondes"

 

 

L'avion est vrai - C'est assez impressionnant

 

 

Derriere ce decor apocalyptique, on peut apercevoir au fond le manoir du film "Psycho" d'Alfred Hitchcock - 44 ans separent ces 2 long-metrages...

 

 

Un tout petit bout de decor du film "La Momie"

 

Et voila pour la matinee. J’espere que vous avez passe une bonne visite guidée des Studios Universal.
L’apres-midi, je prends un bus en direction des studios Warner Bros :

 

Warner Bros Studios

Je n’ai pas vraiment d’image a vous offrir puisque l’essentiel s’est passé dans les locaux. C’etait tout aussi interessant, mais interdiction formelle de prendre une seule photo.
Je passe devant le decor en construction du dernier film de Clint Eastwood ; j’assiste au tournage d’une scene de la serie « The Mentalist » ; aux coulisses du sitcom « Mon Oncle Charlie » ; je vois la Jaguar d’Austin Powers, la chere et tendre Gran Torino de Clint Eastwood, son costume dans « Dirty Harry » et dans « Impitoyable », la Batmobile, les costumes de Neo, Trinity, Morpheus et j’en passe… les studios sont les plus vastes de Los Angeles et chaque jour, 10000 employes y travaillent. Alors forcement, on ne peut pas passer a cote d’un tournage au coin d’une rue… Oui, car chaque rue porte un nom, et les employes circule en voiture, a velo, il y a 6 restaurants et meme une station-essence
Et ca y est, il commence deja a faire nuit. Je rentre en bus, puis a metro jusqu’a l’hostel.

J’en garde encore pour demain.

16 Fevrier 2011

Levé tot, je pars en direction de… bon… si on est le 16 et si je suis a Los Angeles, a votre avis ou est-ce que je me dirige ?
Hollywood Sign, voici comment on appelle ces grandes lettres blanches, visibles d’un peu partout. Par contre, pour s’en approcher, c’est le parcours du combattant.
Le mieux, c’est d’etre aisé et de posseder une villa en haut d’une colline, avec vue splendide. Ce n’est pas mon cas, et en plus de ca, je suis a pied ; mes pouvoirs sont donc limités et chaque colline est bien gardée.

Pour le moment, je suis en contrebas, sur Hollywood Boulevard, il est environ 9h, il pleut et je ne vois meme pas Hollywood Sign a cause du brouillard epais qui ne veut pas se dissiper.
Je me dirige a l’instinct (et niveau orientation, je n’en ai pas beaucoup). Je marche pendant 1h en remontant Hollywood Highland, une tres longue avenue.
Je sais a present que je ne suis pas tres loin mais il y a toujours un batiment pour me gener ; et derriere ce batiment, de toute facon, c’est toujours le brouillard.
Finalement, j’atteris dans un café. Mieux vaut attendre encore un peu, plutot que de se demoraliser dehors, sous la pluie, sans aucune visibilité.
J’interroge une demoiselle mexicaine de la table d’a coté. J’apprends que je suis allé un poil trop loin. Qu’importe, pour le moment, je reste au café. Croissant, chocolat chaud, je prends des forces.
On va relever ce défi, c’est sur, mais je ne sais toujours pas comment.
Miracle, au bout d’une demi-heure, le brouillard se dissipe. J’apercois le « H ». Je m’habille rapidemment pour sortir en vitesse car le temps reste tres instable.

En face de moi, une colline tres pentue ; et seulement derriere, Hollywood Sign, perché sur une colline encore plus haute. C’est cette 1ere colline qu’il faut escalader.
Je n’ai aucune carte detaillée et pas vraiment de plan precis pour la gravir.
Comment l’attaquer ?
Le flan ouest me parait etre une bonne solution.
Un trottoir longe la voie express jusqu’a un parking. Ce parking donne sur un autre parking, un peu plus haut. C’est un bon point de depart pour escalader. Manque de bol, une voiture de flic surveille ce flan, a l’endroit ideal ou l’on pourrait grimper. Impossible donc de monter de ce coté…

Je reviens sur mes pas. Je viens de marcher 1h pour rien.
Il se remet a pleuvoir…

Il y a une autre colline parsemée d’habitations, mais la encore, impossible d’y acceder, a moins de traverser l’autoroute !
Il y a forcement un moyen d’y aller, mais mieux vaut rester concentré sur celle que je connais.

Allez, je tente le coup, je l’attaque de front !

Je passe dans plusieurs rues pentues, aux maisons pleines de charme (pour les veritales villas blanches, vastes et luxueuses, il faut aller plus a l’ouest, a Beverly Hills). Celle-ci sont vraiment jolies, perchée sur la colline…mais pas du coté que je voudrais…

En montant, la pluie s’arrete a nouveau, mais je me dis : « Faut quand meme pas rever, Alex. Tu crois franchement qu’il y a un petit sentier tout mignon qui te conduira tranquillement jusqu’a la cime ? »
Je croise une patrouille specialement employée pour la surveillance de ce pathé de maison. Je continue de monter, jusqu’a voir ecrit  » Hollywood Reservoir « . Suivons-le, les reservoirs sont toujours a la cime d’une colline. Mais etant persuadé qu’ils sont fermés a double-tour, je prends ensuite une rue qui les contourne.
Soudain, j’arrive sur un terrain plat, au pied de la colline tres encaissée.
L’infiltration commence ici. Un regard a gauche, un autre a droite, je cours pour l’escalader.
Raté : arrivé 20m plus haut, je m’apercois qu’il est impossible de grimper plus loin. Je redescends.
Un regard sur la rue. Personne. Je m’elance a nouveau, mais cette fois, sur l’autre face.

L’herbe est mouillée et le sol boueux. Je trébuche plusieurs fois mais je me releve vite pour continuer ; je suis encore a vue.
J’arrive vers un 1er arbre ou je me réfugie en dessous pour reprendre mon souffle. 2 helicos patrouillent en permanence au-dessus de Los Angeles. Si ils peuvent reperer quelquechose dans une rue de la ville, ils ne mettront pas longtemps a me voir non plus : al’altitude ou je suis, ils ne passent pas bien haut.
Montée d’adrenaline.

On se croirait dans « Rencontres du 3eme type », la scene ou ils escaladent la montagne pour rejoindre la base secrete sans se faire reperer par la lumiere des helicos. On est dans la capitale du cinema, il faut bien rendre hommage un peu…

L’adrenaline est exactement ce dont j’ai besoin pour continuer en courant, dos courbé a travers la vegetation tantot haute, tantot basse.
Barriere de cactus, je dois légerement contourner. Ce qui ne m’empeche pas, au passage, de me prendre 1 ou 2 epines dans les jambes.
Je longe maintenant la cime jusqu’a atteindre, enfin, les reservoirs. Du coté d’ou je viens, rien n’est cloturé. Je tiens a preciser que je n’ai franchi aucune propriete privée. C’etait juste une zone inconstructible… non ouverte au public… on a qu’a dire ca…

C’est bon, je suis arrivé en haut. Je scrute au loin, pas de Hollywood Sign…
Si ! A droite, derriere les reservoirs !

Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, parents, amis, connaissances, voici ce que je vous offre, et ce que je m’offre par la meme occasion, pour ce tour du monde a moitié realisé, gateaux moelleux et bougies fierement dressées :

6 mois !

Je suis encore un peu loin, mais c’est le mieux que j’ai pu faire.

Ca valait quand meme la peine d’etre monté jusque la, admirez un peu la vue :

Hollywood Sign est juste a droite

Et de l’autre coté :

 

Los Angeles

 

Je vérifie quand meme : oui, j’avais raison, l’entrée aux reservoirs etait bien cloturée. L’exfiltration se fera exactement dans le sens inverse.
Je redescends tout boueux mais heureux d’avoir cloturé ces 6 mois de voyage par l’effigie d’Hollywood !

Je passe l’apres-midi dans un autre haut lieu touristique de Los Angeles : Hollywood Boulevard, ou j’etais ce matin.
Ma mission terminée, je peux a présent prendre mon temps en me baladant sur le Walk of Fame :

Hollywood Boulevard

 

Walk of Fame - Une etoile par star, etendue aux 2 trottoirs et sur plusieurs centaines de metres

Voila pour ces derniers jours a Los Angeles.
Je ne vais pas dresser un bilan « a mi-mandat » sur ces 6 derniers mois passés sur les routes du globe. Il me reste encore 6 autres bons mois de traversée, donc je réserve ce bilan pour la fin, lorsque j’aurais plus de recul. Et il en faudra du recul…
Simplement, merci de me lire et de me voir evoluer dans chaque pays que j’ai la chance de traverser ; et merci de continuer a m’envoyer vos commentaires a propos de ces chemins, parsemés de belles rencontres, de galeres et d’embuches…surtout lorsqu’on quitte la route !

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !