Far and Away

26 Fevrier 2011

Il est deja minuit, je dois me rendre a la gare routiere Greyhound. Un rapide au revoir a Mark, j’en profite pour lui filer mon pass-bus de Las Vegas.
Je m’en vais, loin, tres loin, cette fois.

Il a beaucoup neigé. Chaque arret est rythmé par une station ou il est possible d’acheter tout type d’aliments… gras, le plus souvent : poulet fris, barres chocolatées, ou bien biscuits aperos et soda. Pour trouver des fruits, c’est plus difficile.

Je traverse de nombreuses villes sans pour autant suivre un chemin lineaire.
De temps a autres, je croise quelques indiens.

 

natif

Les natifs americains
Leur histoire est a peu pres similaire a celle des Aborigenes d’Australie ; a part que les massacres ont ete largement plus important du coté américain, au point que les Indiens ne representent aujourd’hui plus que 1,5 pour cent de la population americaine. Ceux qui vivent encore dans les quelques réserves créees par l’Etat vivent, comme les Aborigenes, essentiellement du tourisme en vendant leur artisanat. Et comme les Aborigenes d’Australie, ou meme les natifs d’Alaska, on constate un taux d’alcoolisme, d’homicide et de suicide totalement disproportionnés par rapport au reste de la population americaine. Ceux que j’ai pu croiser sont parfaitement integrés, habillés comme tout le monde (il va sans dire) et parlent un anglais impeccable. Cheerokee, Sioux, Chippewa… tous parlent l’anglais, pour la grande majorité, depuis la fin du XIXeme siecle, ou une politique visant a « integrer » les Indiens dans la societe, les forcerent a abandonner leur langage et leur culture.
Les Navajo demeurent toutefois une exception, avec 2/3 d’entre eux parlant quotidiennement leur propre langage.

Les villes de l’Est m’interesse particulierement, mais je voudrais aussi voir l’arriere-pays au maximum. C’est ce que je fais en partant d’abord au Nord.
Je franchis une toute petite partie de l’Arizona, avant de me retrouver dans l’Utah (changement d’heure), puis a Denver, dans le Colorado. La nuit tombe.

27 Fevrier 2011

Je monte encore plus dans le Nord, dans le Wyoming jusqu’a Buffalo, en longeant les Rocheuses.
Le soleil se leve a nouveau. A present, beaucoup de plaine, et souvent de la neige.
Vous avez vu le film « Fargo » ? Imaginez alors un tableau, tracez une ligne horizontale en son centre, laisser la partie basse en blanc et coloriez la partie haute en bleu : voila ce que je vois pendant plusieurs heures, depuis que j’ai quitté les Rocheuses : du blanc, encore et toujours du blanc, a perte de vue. Mais un ciel sans nuage.
Arrivés dans le South Dakota. Nous sommes dans les grandes plaines centrales. A cette epoque de l’annee, c’est definitivement la visite des grandes villes – ou la temperature remonte – qui priment sur la decouverte de l’espace naturel… immaculé. Surtout dans le Nord du pays. On sent franchement la difference de temperature qu’il y avait avec Las Vegas.
Des plaines de neige encore a perte de vue.

Il est environ 15h, j’arrive a Sioux Falls, toujours dans le South Dakota. Le car a eu un probleme de contact, ce qui a fait manquer toutes les connections. D’autres cars prennent la releve mais les numeros des vehicules ont changés, les horaires et les arrets aussi. Par contre, le transfert des bagages se fait automatiquement. J’ai quand meme un leger doute, comme une apprehension…
J’attends le car de remplacement dans le hall d’accueil, toujours a Sioux Falls. Les passagers de la Porte 1 montent a bord. Moi, c’est la Porte 2, du moins, c’est ce que j’ai compris.
La fille qui encaisse la monnaie de mon sandwich gere egalement l’accueil de la compagnie de car, et passe d’un comptoir a l’autre. En achetant mon repas, je lui montre quand meme mon billet. C’etait la Porte 1 ! En direction de Chicago ! J’ai juste le temps de monter dans le car. Si elle ne tenait pas la caisse du snack, je loupais la connection. Coup de bol numero 1 ! J’y suis vraiment pour rien, tout est deréglé…

Dans le car, je m’installe, sandwich en main. Nouvelle apprehension…Il s’apprete a partir. Je jette un regard sur l’exterieur. Un autre car, juste a coté, est lui aussi, a l’arret. Je m’approche un peu mieux de la vitre et je regarde un peu mieux les bagages dans la soute.
Soudain, j’apercois mon sac a dos, et il est dans le mauvais car ! Je redescends pour avertir le chauffeur puis je fais MOI-meme le transfert de MON bagage pour etre certain qu’il reste avec MOI !
Transfert automatique, j’t’en fou***** !!!
Si les soutes a bagages du car d’en face avaient été fermées, ca aurait été le debut d’une enorme galere ; et rien a voir avec ce que j’ai pu connaitre ses 6 derniers mois… N’empeche, coup de bol numero 2 !

Avec le recul, je me dis que c’etait peut-etre autant de la vigilance que de la chance : je me souviens qu’au depart de Las Vegas, apres avoir posé mon sac sur un chariot, alors que le chauffeur me disait « montez dans le car », j’attendais de voir de mes yeux le porteur placer mon bagage dans la soute ; sans ca, pour moi, il n’y etait pas.

Manque de confiance, mefiance, vigilance… tout ce que j’ai pu acquerir de l’Asie se retrouve. Pays developpés ou non, ayons l’oeil… jusqu’a la fin de ce voyage…

Le car s’arrete quelques heures plus tard au MacDonald. Si c’est pas une station essence avec snack integré, c’est un fast-food… En commandant une salade de pommes/fromage blanc (histoire de ne pas finir obese avant d’avoir rejoindre la cote Est), je constate que meme le fromage est ultra sucré.

La clé d’un ventre rond
En fait, aux Etats-Unis, l’eau et les fruits sont presque aussi chers que les burgers ou le soda. Et lorsque tu commandes du soda, il te donne un gobelet vide que tu peux remplir a volonté, a la fontaine. Et c’est comme ca dans tous les fast-food.
Et comme les australiens, les americains mangent a n’importe quelle heure de la journee.

J’en parle beaucoup, forcement, quand je vois autant de « laisser-aller au metre carré » ca m’afflige ; surtout lorsqu’ils prennent un siege et demi sur 2, et que tu en es reduit a la petite moitié restante. Bon, ca ne m’est arrivé qu’une seule fois, mais ca rend le voyage tout de suite beaucoup moins agréable.

Il fait nuit. J’arrive a Omaha, dans le Nebraska. En descendant du vehicule, je vois la soute a bagage vide :
– « Vous cherchez votre sac ? »
– « Oui !!! »
– « Je l’ai deja mis dans ce bus qui partira a Chicago »

Bon, ca ira… Faites gaffe, je mors desormais.
2h d’attente dans le hall avant de changer de car. Finalement, a peine 1h plus tard, nous repartons (un jour peut-etre, je comprendrais comment ils fonctionnent…).
Je m’endors jusqu’a la ville de Des Moines, dans l’Iowa. Il est 21h30.
Toutes ces heures de trajets me rappelle l’Indonesie : je n’aurais jamais fait autant de kilometres la-bas qu’ici ; avec toutes ces routes defoncees et ces mini-bus petits et inconfortables. Ici, il n’y a pas de soucis pour voyager. Il y a tout le confort. Le bus est chauffé et generalement, il y a de la place pour mes grandes jambes. Il n’y a plus qu’a profiter du voyage.

Nous n’etions que 3 passagers au depart d’Omaha ; le car est quasiment plein au depart de Des Moines. Autant j’ai pu croiser quelques indiens natifs, autant pour la 1ere fois, je vois un couple Amish s’installer au fond du car.

 

witness

Witness
Witness, c’est le nom d’un film, certainement le film qui parle le plus de cette communauté restée, pour l’immense majorité, a l’écart de la modernité.
Anabaptiste ayant fuit les persecussions religieuses de la Suisse au XVIIeme siecle, ils parlent un dialecte allemand et appliquent plus ou moins a la lettre le Nouveau Testament selon les communautés.
D’une maniere generale, les Amish se vetent de couleurs foncées, ont une longue barbe et un chapeau large. Pour les femmes, elle ont une robe unie et une coiffe blanche.
Leur regle d’or : rester modeste.
Les communautés ouvertes possedent l’electricité et des automobiles ; mais pour l’immense majorité, ce sont de strictes communautés croyantes qui vivent de la culture et de l’elevage, se deplacant a cheval, n’utilisant pas l’electricité, le telephone ou d’engins motorisés. Ils n’achetent aucun objets issus du monde moderne, ne payent pas d’impots, pas d’assurance, ils n’ont pas de securité sociale, ne cotisent pas pour la retraite et ne participent pas non plus au service militaire.

Certaines compagnies organisent des tours, et en font des « betes de foires » ; pour ma part, j’ai plutot de la chance d’en croiser, car il est rare qu’ils se rendent a la ville.

28 Fevrier 2011

Il est 5h30 du matin, j’arrive a Chicago, dans l’Illinois (re-changement d’heure). Sortir en pleine nuit et dans le froid pour rejoindre mon hostel ne m’attire pas tant que ca. Surtout que les métros risquent d’etre encore fermés a cette heure-ci.
Allez, je finis ma nuit sur un siege du hall. Il est 7h, un peu frileux, je prends le métro jusqu’au HI-Chicago, certainement dans le TOP 3 des meilleurs hostels que j’ai pu faire jusque la.

Douche, rasage, je me rends en ce debut d’apres-midi a la bibliotheque juste en face – ou Internet est gratuit – pour vous parler de… euh…voyons… et j’enleve 2 heures de decalage horaire… ah ouai… quasiment pile-poil… de ces 50h de voyage a travers les Etats-Unis !

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

2 réflexions au sujet de « Far and Away »

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