Il était une fois en Amérique

6 Mars 2011

C’est parti pour une longue, tres longue descente du continent americain. Et ca commence ici, a Boston. Mon car decolle a 8h30 ce matin et la pluie s’installe durant le trajet. Je longe l’Atlantique durant quelques dizaines de minutes.

L’Atlantique ! Un ocean que je n’avais pas encore vu durant ce tour du monde.

Il est 13h, j’arrive a New-York, et il pleut encore. Ca s’etait calmé depuis San Francisco. Dommage…

Quelques problemes surviennent : j’ai dechiré par mégarde l’adresse de mon hostel (erreur de debutant), le bureau des informations du hall central est fermé (on est dimanche), il y a le wifi partout mais je n’est pas de PC portable et il pleut toujours…

Je demande aux commercants ou est-ce que je peux trouver un Internet Café :

– « Je crois qu’il y en a un sur la 43eme rue »
– « Et je suis ou ? »
– « Sur la 37eme »
– « … »
– « Ou alors peut-etre le Dunkin’ Donuts juste a l’angle »

Je m’y rends. Aucun PC ne fonctionnent. Il va falloir forcer la chance aujourd’hui. Bon, c’est pas trop la galere. A Sydney, il pleuvait, mais en plus, je n’avais pas de toit. Ici, j’ai un toit, mais je ne sais pas ou il est.

Je demande a un couple si je peux leur emprunter leur PC, juste pour consulter mon mail de confirmation de booking.

C’est ca, le Wanderers Inn West sur la 113eme rue. C’est a Harlem. Il faut prendre le metro.

Je vous imagine faire les grands yeux lorsque j’ecris « Harlem ». Mais ca a bien changé. Quartier historique des afros- americains, depuis plusieurs dizaines d’annees, il n’est plus le ghetto d’autrefois. Il se renove petit a petit, et l’on croise toutes les nationalités dans les rues.

C’est un coin sympas, si on arrive pas un jour de pluie…

L’hostel est situé a l’interieur d’un immeuble traditionnel avec son perron typique de quelques marches, a l’entree.

Je ressors quelques temps pour me balader dans les rues de Harlem. A vrai dire, pas longtemps parce qu’il pleut beaucoup.

Il faut quand meme immortaliser ce 1er jour a New-York. Allez, une photo juste avant de rentrer :

113e rue, a Harlem ; L’hostel est sur la gauche

7 Mars 2011

Je prends le 1er metro. Il va en direction de Manhattan, au Sud.

Pour vous reperer, Manhattan est au sud jusqu’a la pointe ; Harlem est au Nord, le Bronx est encore plus au Nord ; le Brooklyn et le Queens sont au sud-ouest, sur l’ile de Long Island. A l’Ouest, c’est l’Etat du New Jersey, et au sud de Manhattan, il y a quelques iles dont Liberty Island, Ellis Island, Staten Island…

Pour le moment, le metro m’amene en direction de Manhattan, mais je n’ai pas verifié ou est-ce qu’il fallait changer. Ca m’amene inevitablement dans un endroit non souhaité, mais qu’importe, ca faisait partie de mon programme pour ces quelques jours a New-York :

J’arrive dans Brooklyn, sur Long Island en passant par le pont de Manhattan.

J’apercois le pont de Brooklyn au loin. Il fait beau aujourd’hui, mais un vent froid me glace le sang durant la traversee du pont pour rejoindre Manhattan. J’atteinds l’autre rive, puis je pars en direction des docks, au sud-est de Manhattan, la ou le vent souffle moins :

Au 1er plan, le Brooklyn Bridge ; derriere, le pont de Manhattan ; a droite, le quartier du Brooklyn

Je continue ma route le long des docks jusqu’a atteindre le guichet pour Liberty Island et Ellis Island.

Le vent souffle beaucoup au bord de l’eau, mais ces etapes que sont les visites de la Statue de la Liberté et d’Ellis Island sont incontournables.

 

statue

Lady Liberty
Cette statue represente beaucoup pour les New-Yorkais. Elle a pris beaucoup de significations a travers les ages. C’est un francais qui l’a concu, et c’etait notamment pour contester les promesses non tenue de la Revolution Francaise : A la fin du XIXeme siecle, c’est toujours un monarque qui gouverne la France (Napoleon III). De ce point de vue, Bartholdi voyait les Etats-Unis comme une terre de liberté et d’opportunité que la France n’avait toujours pas pleinement obtenue.

C’est dans ce contexte qu’il decida d’offrir aux Etats-Unis « La Liberté eclairant le monde » (c’est son nom complet).

Au debut du XXeme siecle, c’est le symbole d’un nouvel espoir et d’une seconde vie pour tous les immigrés arrivant sur le sol americain. La statue est d’ailleurs tournée vers le Vieux Continent.

Les guerres successives menées par les Etats-Unis donnent de nouvelles significations a cette statue, aux yeux des americains : le combat pour accéder et maintenir la liberté dans le monde.

Lors des grands incendies et des attentats du 11 Septembre 2001 notamment, elle a symbolisé la longue convalescence et la guerison de New-York et des Etats-Unis. Elle est restée debout par tout temps, et c’est ce qui en fait sa grandeur.

D’autres enfin, y voient egalement l’amitié qui lie eternellement les Etats- Unis et la France.

Lady Liberty

Et quand on la voit de pres, elle est vraiment impressionnante. C’est la 1ere chose que voyait un immigré depuis le bateau. Mais d’abord, il fallait passer l’epreuve de l’Office d’immigration d’Ellis Island. Contrairement a ce qu’on peut penser, rares furent les gens refoulés du sol americain. Si une maladie mineure survenait durant le trajet, l’individu etait soigné sur Ellis Island d’entrer sur le sol américain. Seuls etaient renvoyés les maladies incurables et les criminels soupconnés de voyager sous une fausse identité.
Ce qui peut etre assez emouvant pour certaines personnes, c’est qu’il est possible de retrouver le registre de ses ancetres ayant franchis les portes d’Ellis Island et des Etats-Unis.

Par contre, une ombre au tableau : durant ma visite j’apprends qu’a la fin de la construction du site, seuls les hommes avaient été autorisés a assister a l’inauguration de la statue. Donc, non seulement cette oeuvre represente tout le contraire de cette discrimination ; et en plus, Lady Liberty, c’est une femme ! Il faudrait pas l’oublier quand meme !!!

Alors que j’etais sur ces iles, au sud de Manhattan, j’ai pris cette photo, depuis Liberty Island, et ca fait bizarre de regarder ce New-York, ou j’arrive l’annee des 10 ans depuis les attaques du 11 Septembre :

Comme si elle avait été amputé des 2 bras…

8 Mars 2011

11 septembre 2001, que les americains appellent 9/11 parce que les jours et les mois sont inversés. 911, c’est aussi le numero national des Urgences. Et pure coincidence, je regarde ma montre avant de partir ce matin : 9h11…
C’est aujourd’hui que je decide de me rendre a Ground Zero, l’emplacement des tours du World Trade Center.

Je n’ai jamais vu un metro aussi compliqué que celui de New-York. Normalement, ils sont d’une grande simplicité, mais la, c’est vraiment tiré par les cheveux : il y a la meme couleur pour plusieurs lignes differentes ; le metro passe par des arrets qui ne sont meme pas ecrits. Il y a des lignes portant des chiffres, d’autres, des lettres ; et lorsque tu prends l’autre coté du quai, ce n’est pas forcement le chemin inverse, ce peut etre une ligne completement differente.
Du coup, je me retrouve a nouveau ce matin dans Brooklyn, et en voulant m’en sortir, j’entre encore plus dans Brooklyn.

Apres m’etre battu contre la logique du metro, me voici enfin arrivé a Ground Zero, ou des dizaines et des dizaines d’employés reconstruisent le site : 4 immeubles au total seront batis, dont le plus haut, la Freedom Tower ; ainsi que 2 fontaines carrées, construites a l’emplacement exact des 2 anciennes tours.

Ground Zero

Ca fait a peine 10 ans et c’est encore tout frais dans nos tetes. L’audio-guide parle des evenements, mais effleure le sujet. Je suis consterné par le manque d’informations. Je ne sais pas vraiment ce que j’imaginais en me rendant a Ground Zero, mais je n’en sais pas plus en France qu’ici, au coeur de Manhattan. Trop d’incertitudes, trop d’interrogations : aucune boite noire retrouvée, les passeports des terroristes retrouvés dans les decombres comme par magie, les importantes transactions financieres effectuées au World Trade Center avant meme le detournement du 1er avion (comme si certains savaient deja ce qui allait se passer).
J’invite tout ceux qui me lisent a regarder le documentaire « Loose Change » qui fait beaucoup reflechir a ce sujet…

Je considere que la verité n’a toujours pas été établie sur ce qui s’est reellement passé ce jour-la.

Je me change les idées en partant du coté de Wall Street.
Ici, c’est autre chose qui s’est effondré, et pas qu’une fois !

Wall Street et le New-York Stock Exchange a droite

Les buildings sont aussi imposants que le quartier des Finances a Chicago. Si puissant d’exterieur, si faible a l’interieur…

Je passe la fin d’apres-midi dans les parcs de Manhattan, pour etre un peu au calme. D’abord Riverside Park :

Riverside Park qui longe la Hudson River, a l’ouest

Puis je traverse une partie de Central Park au coucher du soleil.
Mais il y a toujours un endroit qui te rappelle, meme au coeur de Central Park, lorsque tu regardes au loin, que…

…les 2 tours ne sont plus la, et je sais pas ce que j’aurais donné pour les voir encore debout

9 Mars 2011

Dernier jour a New York. Je pars en direction de Little Italy. Contrairement a ce que j’ai pu voir a Boston, la Little Italy de New-York est plus qu’une rue. C’est tout un quartier, qui malgré le rachat de certaines boutiques par les chinois de Chinatown, reste tres atypique et animée :

Little Italy. Au loin, l’Empire State Building

Je pars ensuite en direction de quelques monuments celebres :

Le Flatiron Building qui, contrairement a ce qu’on a pu dire, n’etait pas le plus haut gratte-ciel de son epoque, au tout debut du XXeme siecle, mais seulement l’un des plus haut. C’est son architecture qui le rendit celebre

Je passe ensuite vers l’Empire State Building – que j’avais vu depuis Little Italy – , redevenu le plus haut gratte-ciel de New-York depuis les attaques du 11 Septembre.

L’Empire State Building

En fin d’apres-midi, je traverse le Time Square illuminé, qui me rapelle Picadilly Circus a Londres, mais en plus imposant.

Time Square. Des neons, des ampoules et… de la pub !

En esperant que cela restera un concept purement anglo-saxon et que ce style de deco ne finira pas un jour sur les Champs-Elysees.

C’est la fin de mon passage a New-York. 3 jours a marcher…
Je ne sais pas comment etait New-York avant le 11 Septembre 2001. Mais a ce que j’ai pu apprendre et ressentir durant ces 3 jours, c’est que les New-Yorkais ne sont pas desagreables du tout. A peine ils t’effleurent, tu entendras toujours un « pardon » ou un « excusez-moi ».
Et d’une maniere generale, j’ai de bonnes impressions sur les americains quelque soit la ville ou je me trouvais.

10 Mars 2011

Je viens de quitter le brouillard matinal de New-York en car.
Apres seulement 4h et demi de voyage, la traversee du New Jersey, d’une partie du Delaware, du Maryland et en ajoutant a cela 1km a pied sous la pluie, je vous ecris ces quelques lignes depuis l’hostel, dans une ville – dont je n’ai encore rien vu – comprenant des buildings, des voitures… et une grande maison blanche !

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

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