Jazz

11 Mars 2011 (suite et fin)

J’ai pu rester a l’hostel jusqu’a 22h sans payer une autre nuit, avant de parir pour la gare routiere.
1km a pied, sans pluie cette fois. Mon car part a 11h30.

12 Mars 2011

Il s’arrete a Richmond, en Virginie, durant plusieurs heures, et meme plus qu’il n’etait prévu, car je decolle finalement a 7h30 du matin apres une courte nuit passee sur les bancs metalliques du hall d’accueil.
Les horaires sur mon ticket ne sont plus a jour desormais. Ca va etre drole…

Apres Richmond, je sais que j’ai traversé plusieurs villes. Ells sont ecrites sur mon ticket mais j’en ai plus le moindre souvenir jusqu’a Charlotte en Caroline du Nord. J’ai dormi tout le temps.
Le temps s’adoucit : je sais au moins que je descends vers le sud. Je continue de rattraper mes heures de sommeil, jusqu’a la nuit.

Arrivé a Atlanta en Georgie. 2eme changement. Il fait encore plus doux. Plus besoin du manteau de San Francisco.
Depart d’Atlanta vers 21h30.

13 Mars 2011

J’ai traversé pendant la nuit la frontiere entre la Georgie et l’Alabama. Changement d’heure.
Arrive vers 4h du matin a Mobile en Alabama. Dernier changement de car, normalement… car c’est ici que le cafouillage commence. Cafouillage qui m’amene d’abord a Jackson dans le Mississipi, trop au Nord, puis a Baton Rouge, trop a l’Ouest pour enfin arriver a la Nouvelle-Orleans vers 21h.

J’avais tenté depuis Washington de trouver un hostel, mais rien de libre. Ce n’est plus vraiment ca qui m’arrete desormais, et j’avais decide, quoiqu’il arrive, d’aviser une fois sur place, et comme d’habitude, compter sur la chance.

Dans le hall d’accueil de la gare routiere, je m’approche du telephone dedié a la recherche d’hotel. Un peruvien tente la meme chose. On a tente d’appeler tous les backpackers, mais rien de libre.
Je lui propose en dernier recours de partager une chambre dans un veritable hotel, plus cher, mais ou l’on est sur de trouver une chambre double. Il accepte.

Donc me voici en compagnie de Diego, originaire du sud du Perou, qui vient de passer 3 mois a Alexandria, en Louisiane a travailler dans un Burger King, avant de repartir en avion demain matin  pour Arequipa, la 2eme plus grande ville du Perou. Je lui demande si ce n’est pas trop difficile pour les peruviens d’entrer aux USA. Il me repond qu’il avait tous les papiers, et que c’etait pour travailler, pas pour voyager. Dans ces cas-la, les demarches sont plus simples.

Nous partons a pied en direction du Holiday Inn, un hotel proche de la gare routiere.
Arrive a la reception, nous demandons une chambre double. J’en profite pour demander :
– « Ou est-ce que je peux trouver du jazz ce soir ? »
– « French Quarter » (le quartier francais)
– « C’est pas trop tard ? »
– « C’est jamais trop tard pour le jazz »

Diego me dit que demain, c’est son anniversaire. Raison de plus pour sortir. Son anglais est approximatif, et ca le fait autant marrer que moi lorsqu’il me dit qu’il voudrait , lui aussi, voir le French Toast… Sur le chemin, je lui explique que Napoleon avait vendu la Louisiane aux Etats-Unis pour 15 millions de dollars. Il replique :
– « Ah oui, Napoleon et la bataille de Water pool… » (rires a nouveau).

Et la, j’ai vu la plus belle chose de tout mon voyage aux USA : le French Quarter, coloré, decoré, de la musique, du bruit partout, des gens qui font la fete au son du rock, electro, blues, jazz… dans les bars, comme a l’exterieur. Bourbon Street est la plus animée. On est dimanche, et j’ai l’impression qu’aujourd’hui est un jour particulier. Et ce quartier, c’est le plus beau que j’ai jamais vu aux USA. On danse partout, verres et cigare a la main.

14 Mars 2011

Je regarde ma montre alors que nous sommes dans un bar a jazz. Minuit. Je souhaite a Diego un bon anniversaire en lui offrant une biere, au son d’un jazz entrainant, magnifique a entendre. L’ambiance, l’atmosphere, les couleurs, la douceur du climat de la Louisiane a cette epoque, je respire ! Plus besoin d’etre emmitouflé dans un gros manteau encombrant, je n’est pas ete en tenue decontractée depuis plus d’un mois, et j’ai l’impression d’etre passé de l’hiver au printemps en 1 jour et demi. Et lorsqu’on arrive la nuit au coeur du French Quarter avec autant d’aisance dans ses mouvements, sans ressentir le froid, de la musique plein les oreilles dans un lieu aussi magique, c’est un choc : on adore cet endroit dans la 1/2 seconde ! C’est difficile a decrire, mais ce lieu a quelque chose. On est aux Etats-Unis et pourtant, on l’oublierait presque.

Le jazz se termine. Nous rentrons a l’hotel.
A la reception, j’en profite pour demander :
– « Il y avait quelque chose de particulier aujourd’hui ? »
Elle me repond en riant :
– « Non, peut-etre parce que c’etait pour preparer mardi, et les gens pensent encore que ce mardi, c’est mardi gras… »

Et oui, Mardi Gras a la Nouvelle-Orleans, c’est sacré ; mais ca fait une semaine que c’est terminé…
En gros, pas d’evenement particulier aujourd’hui si ce n’est l’envie de faire la fete tout le temps !

Apres une courte nuit de sommeil, je dis au revoir a Diego. La veille, il parlait via Internet a ses parents restés au Perou. Il avait tourne le PC dans ma direction pour que je leur parle. Et bien meme si je ne parle pas l’espagnol, j’ai compris ce qu’ils me disaient sans traduction : que j’etais le bienvenue chez eux lorsque je viendrais au Perou.
On s’echange nos adresses avant de se quitter. Je laisse mon sac a dos en consigne a l’hotel et je retourne au French Quarter, voir a quoi il ressemble, de jour…

Juste avant, je pars a la Poste pour envoyer un colis et me decharger un peu avant d’attaquer un nouveau pays (tiens, tiens…). J’en profite pour prendre en photo l’hotel, en guise d’avant-gout :

Clarinette en trompe-l'oeil, un des symboles de la Nouvelle-Orleans

 

La Nouvelle-Orleans est surnomee « The Big Easy ». Effectivement, tout est tranquille, je trouve une douceur de vivre incroyable a l’interieur du French Quarter.
On flane, on traine, on entend toujours un joueur de jazz ou tout un groupe entier, parfois en plein milieu de la rue. Des rues pleines de caractere.

Orleans Avenue menant a la Cathedrale Saint Louis

 

La Nouvelle-Orleans est la ville qui organise le plus de festivals au monde. Pres de 500 manifestations de tout type dans differents quartiers !
L’architecture francaise a presque disparu depuis qu’un grand incendie s’est declaré dans le French Quarter a la fin du XVIIIeme siecle. Ce sont principalement les espagnols, durant une courte periode, qui imposerent leur style, avant que la Nouvelle-Orleans soit retrocédée a la France… puis vendu par Napoleon pour financer la guerre contre les anglais. Ironie de l’histoire, c’est une banque anglaise qui avanca les fonds pour que les USA puisse racheter la Louisiane…

Maison typique du French Quarter decorée aux couleurs du Carnaval (Mardi Gras)

 

Ici, la fete ne se termine jamais veritablement.

Une rue du French Quarter
A gauche, le presbytere, pris depuis le Jackson Square

 

On se sent incroyablement bien dans cette ville. Il fait 25 degres, un temps impeccable pour errer dans ces ruelles etroites qui rappelle la douceur de vivre a l’europeenne. Les commerces vendent toute l’annee des masques, des colliers de perles, tout pour le Carnaval. La musique, c’est le coeur et le poumon de la ville. Les gens vivent pour ca. Meme un lundi, l’ambiance n’est pas au travail, elle est a la fete.
Les cajuns y sont pour beaucoup dans cette ambiance tellement particuliere.

Les quoi ?
Les Cajuns ou cadiens sont les descendants de francophones europeens, du sud-ouest de la Louisiane, du Quebec, d’Haiti avec les Creoles, ou directement de la France, durant le regime francais.
La population Creole est arrivee la plus en masse dans l’histoire de la Louisiane du sud.
Le francais reste present, malgré le processus d’acculturation mene par les Etats-Unis depuis des annees.
Ce qui n’empeche pas de voir quelques signes d’attachement au passé francais tels que le rythme des festivités et bien sur, son atmosphere.

Le second drapeau en partant de la gauche : celui de la Nouvelle- Orleans (qui reprend les couleurs du drapeau francais avec 3 fleurs de lys d'or, symbole de la royauté)

 

Le Mississipi, au loin, on peut voir encore un de ces quelques bateaux avec roue a aube, encore en etat de marche

 

J’aurais tellement voulu reste plus longtemps ici, mais au moment ou je vous ecris, je suis encore a verifier s’il n’y a pas un hostel de libre. Tout est pris d’assaut.
J’y retournerais un jour. Promis.

Finir les Etats-Unis par la Nouvelle-Orleans, c’etait vraiment finir en beauté !

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

4 réflexions au sujet de « Jazz »

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