Mexico-Panama (1ere partie)

19 Mars 2011

Hier encore, je me demandais si j’allais vraiment partir ce matin a vélo, pour ce long périple.
Il est environ 1h du matin et je n’ai pas vraiment trouvé de solution a mon probleme : j’ai trop d’accessoires sur moi. Un petit panier a l’avant du vélo aurait fait l’affaire mais c’est impossible a fixer sur ce type de guidon.
C’est la raison pour laquelle j’ai acheté un sac a dos, mais il est finalement trop petit.
Tous ces preparatifs, courir a droite, a gauche, m’ont fatigué et je me suis levé trop tot ce matin pour tester et preparer mon vélo.
Autre probleme, je ne peux plus retirer d’argent. Avant-hier, pas de probleme ; hier, plus compliqué ; aujourd’hui, plus du tout. C’est le genre de chose qui « t’assigne a residence ». Sans argent, les moteurs sont coupés, on est a l’arret. En fait, j’ai dépassé le seuil de retrait d’argent pour 7 jours a cause de l’achat de mon vélo.

Je decide de rester un jour de plus a Mexico. J’ai encore trop de choses a regler. La carte de credit, c’est un gros probleme a resoudre.
Je parviens finalement  a me démener avec l’hostel pour que la reception me donne du cash en echange d’un « paiement fictif » sur leur machine. 421 pesos, c’est pas enorme. Si j’ajoute ce que j’ai, ca fait eviron 560 pesos environ. On fera avec.

Il faut que je change mon sac a dos, et pour ca, il faut deja que je retrouve le meme commercant en vue d’un echange. Apres quelques fausses routes dans ce dédales de rues, je le retrouve. Il accepte l’echange, majoré de 100 pesos.

A partir de maintenant, je dois privilegier les commerces qui acceptent la carte bleue. Et ils ne sont pas nombreux. Mais je suis plus detendue, je peux profiter de l’ambiance de la rue. Il fait nuit, et le quartier historique de Mexico est un coin vraiment sympas pour se balader : tout est pavé, il fait frais, on entend partout de la musique, des automates humains et autres stands d’attractions garnissent chaque coin de rue, les mexicains tiennent la main de leurs enfants, de leur femme. Ca me rappelle la Turquie et leur sens tres tactile. Toujours une main sur l’epaule, fille ou garcon.

C’etait ma derniere nuit a Mexico, plus rien ne m’empeche de partir maintenant.

20 Mars 2011
Mexico-Panama : 1er jour

Il est 7h45, je pars a vélo de l’hostel en direction du sud. On est dimanche, le trafic est un peu plus faible. Mais ca reste etouffant au fur et a mesure que les heures passent. Je me donne largement la matinée pour quitter Mexico, une des villes les plus vastes au monde.
Mon sac est bien attaché par des sandoves, mais je dois m’arreter constamment pour regarder le plan.
Me voila a San Pablo… C’est bon signe, c’est au sud.

Je rencontre plusieurs problemes. Le siege-bébé est en plastique et je n’ai pa vraiment fait attention a sa rigidité : le sac bascule d’un coté. Il faut le fixer plus… intelligemment.
Les heures defilent. Sur une longue avenue, mon frein avant me lache et toutes les pieces tombent sur la route. Une passante me dit qu’un stand de reparation de vélo est a un pathé de maison d’ici. Impossible, je ne peux pas depenser autant d’argent liquide pour ca. Il va falloir le reparer tout seul. Et d’abord, aller chercher les pieces tombées le long du trottoir. Il doit m’en manquer une, mais ca fera l’affaire pour un temps. Heureusement, j’ai acheté un jeu de clé mais je passe un bon moment a apprendre « La Grande Histoire du Frein de Vélo ».
Je repars enfin. Ca tiens plus ou moins.

Je suis toujours dans Mexico, a longer le trottoir. Les voitures et camions affluent. Je ne sais pas si mon debut de mal de gorge est du au petit vent frais persistant ou a la pollution. Dans tous les cas, on a du mal a respirer. Mexico est dans une cuvette.

J’arrive vers 14h dans le quartier de Xochilmico, le dernier avant de sortir definitivement de Mexico. J’entre dans les ruelles des quartiers plus modestes. C’est jour de fete, des attractions sont dressées en plein milieu de la rue. Je freine : une fanfare passe devant moi.
Je vois souvent des confettis par terre et des boutiques vendant des articles de fete, des masques, du crépon, de la decoration. Les mexicains ont toujours ce gout pour la fete.

La pente augmente.

16h, je suis a bout de souffle. La pollution me fait tousser. Je m’arrete chez le dernier commercant avant de sortir de la ville. Je dois reprendre des forces en mangeant quelquechose de sucré. Devant moi, une grande pente. Je laisse passer les minutes en attendant que la motivation revienne.

Je repars, mais tres vite, je pose le pied a terre. Je ne peux pas l’attaquer « en danseuse », mon gros sac a l’arriere m’en empeche. Il faudra que je trouve une autre solution pour ce sac.

Il est 17h, je passe derriere le panneau « Bienvenidos a Ciudad de Mexico ». Je suis sorti de la ville mais les vehicules defilent encore beaucoup et la pente continue.

Il est presque 18h, le soleil commence a se coucher, il faut que je trouve un endroit pour dormir. Des champs de cactus partout et des chiens pour garder ces domaines.
1er essai. J’entre dans un sentier et tres vite, je les apercois, au loin. Demi-tour sans faire de bruit. Je poursuis ma route. Mes jambes ne suivent plus.
2nd essai. Un autre sentier. Encore un chien.
Le 3eme essai sera finalement le bon : la solution sera finalement de rester a quelques metres du bord de la route, entre 2 domaines, dans un bout de terrain minuscule n’appartenant a personne.

Le 1er jour est toujours le plus difficile, je le sais. Pour ne pas perdre le moral et dormir tranquillement, je dois trouver une solution pour mon sac.
Il est 19h, je peux enfin reflechir avec lucidité : et si j’inversais mon petit et mon gros sac… Je prendrais le gros sur les epaules et je viderais une partie de son contenu dans le petit a l’arriere. Ca devrait fonctionner.
Maintenant , je deploie la tente et je me fais cuire un bon repas. Les joies du camping, ca faisait longtemps.

Il est 20h30, je m’effondre.

21 mars 2011
Mexico-Panama : 2eme jour

Les voitures ont circulé toute la nuit mais les boules quies ont sauvé ma nuit.
Il est 8h15, deja bien tard, car il faut compter le temps pour tout remballer. Mais d’abord, une petite photo :

En souvenir de ma 1ere nuit

 Ne negligeons pas le café-lait-biscuit du matin. Vaisselle, brossage des dents, rangement ; il est 9h45, un ciel sans nuage et un petit vent frais qui, mine de rien, ameliore considerablement mes conditions de voyage.
Je mets en pratique ce que j’avais décidé la veille, a savoir, inverser les sacs.
Je n’ai desormais plus de probleme d’equilibre, mais la pente continue sur des kilometres.

J’avance tres peu, je m’arrete souvent. Je reste trop chargé a l’arriere : mon gros sac, meme déchargé d’une bonne partie de son poids, frotte contre mon petit sac ; ca appuie sur mes bras, ce qui me fait forcer, meme dans les quelques rares descentes.

J’avais 6L d’eau hier avant de trouver mon emplacement ; arrivé a la 1ere gargote sur le bord de la Nationale, il m’en reste a peine 50cl. Je refais le plein. La pente continue encore et encore.

J’arrive dans une autre gargote, tout en haut d’une colline, il est deja 14h et j’ai fait a peine une dizaine de kilometres. Il est temps de manger un bout, et pour ca, l’alimentation mexicaine remonte le moral. Je ne peux pas vraiment vous dire ce que je mange parce que c’est nouveau (et que je retiens difficilement les mots espagnols), mais c’est bon ; les sauces piquantes sont toujours placées a part. Merci…

Je demande a combien de kilometres est Oaxtepec. Elle me dit 25 kms, mais c’est que de la descente.
Effectivement, ca y est, enfin. Je vois un panneau ecrit…37 kms… mais ca restera quand meme quasiment 37 kms de descente.

Il est 19h, j’arrive a Oaxtepac. Je dois regler le probleme de ces sacs (encore), me procurer une carte avec relief, laver mes vetements, racheter de la creme solaire, bref, j’ai besoin de 2 nuits d’hotel et sincerement, c’est pas de refus.

L’hotel 3 etoiles (qui en vaudrait 2 en France) accepte la carte de credit. Accueil anglophone timide : la fille prefere m’ecrire plutot que de me parler en anglais. Je m’efforce de parler espagnol, come je peux.
Enfin dans la chambre. Pate, thon, sauce tomate cuisinée au butagaz dans la chambre, pour des questions d’economies. Quand on a pas le choix…

22 Mars 2011
Mexico-Panama : 3eme jour.

Petit dejeuner dans une boulangerie. Ils prennent la carte de credit, mais elle ne fonctionne pas chez eux ; et bien sur, on ne le sait qu’apres consommation. Je dois payer en cash et je viens d’exploser mon budget de la journée.

Je tente a nouveau le coup dans un distributeur. Miracle ! De l’argent sort. Je respire. Il me restait 10 euros a peine en cash.

Aujourd’hui, je regle tout et je repars du bon pied.
Deja, regler les freins. Ils m’ont quasiment lachés dans les 37 kms de descente la veille. Je trouve un reparateur qui, en 2 coups de molettes, remet mes freins en etat de marche.
J’ai aussi besoin de m’alleger encore plus. Je pars a la Poste en leur demandant combien couterait l’envoi de mon gros sac a Panama. Je file ensuite sur Internet pour trouver un hostel a Panama. Je previens cet hotel de mon futur envoi.
Je pars a la laverie deposer mes affaires sales.
Je m’arrete ensuite dans un resto. Ma carte bleue ne passe pas non plus. Il me faudra du cash tout le temps sur moi. Question de securité.
Je retourne sur Internet. L’hostel m’a repondu et sont d’accord pour recevoir mon colis.
Je passe dans une sorte d’office de tourisme. En fait, c’est plutot une famille qui a décidé de faire d’accueillir le peu d’etrangers qui viennent dans cette ville pas vraiment touristique. Ce que je cherche, c’est une carte plus detaillée du Mexique. C’est leur jeune fils qui m’accompagne a pied, dans les rues de Oaxtepec, a la reherche de l’objet rare. Mais meme en demandant aux comercants, personne ne sait. Tant pis. Je le remercie quand meme.
Je passe recuperer mes vetements a la laverie et j’imprime sur Internet mes prochains itineraires. C’est la seule solution pour le moment, mais on trouve Internet assez facilement en ville.

23 Mars 2011
Mexico-Panama : 4eme jour

Je n’ai pas encore été décu par l’alimentation mexicaine. Tot le matin, tu peux trouver en bord de route (ou de ruelle) des petits stands ou ils pressent les oranges devant toi, et te preparent des salades de fruits.

La Poste fermait tot hier, apres un ananas-miel-cereales, je pars envoyer mon sac.
Je me suis dit 2 choses pour ce voyage a vélo :
– Ne pas m’attacher aux choses materielles
– Ne pas trop se focaliser sur Panama

Pour la 1ere « regle », je decide desormais de prendre le strict minimum. Pas d’affaires chaudes, la moitié de mes vetements, pas de quoi dormir a l’exterieur, c’est-a-dire pas de tente, pas de sac de couchage… Ca m’aura bien depanné le 1er soir mais il faut se rendre a l’evidence, je ne peux pas allier vélo et equipement de camping. En tout cas, pas mon equipement a moi (il doit surement en exister des moins emconbrant pour les voyages a velo, mais c’est compliqué a trouver). Maintenant, il faudra que je trouve a chaque fois un hotel pour la nuit. C’est faisable en anticipant un peu.
Je me separe donc de mon sac a dos. J’ai quand meme l’impression de perdre un vieux pote.

Pour la seconde regle, je ne dois pas penser excessivement a Panama, qui est un but trop lointain. Je dois me fixer des objectifs plus reduits, et aller a mon rythme. Le but du jeu dans ce voyage a vélo, c’est comme pour ce tour du monde : tenir dans la durée.

Je decolle. Je suis desormais beaucoup plus leger et je peux desormais monter les cotes « en danseuse ».
Tout va pour le mieux et a present, je peux vous montrer mon vélo dans son etat final :

Mexico-Panama "Expedition Auvergne 2011"

Le siege-bébé est moins rempli ; au niveau des pieds, il y a meme la place pour 2 gourdes. Les gourdes viennent de Washington, offertes par l’hostel (j’avais prevu le coup), mon chapeau vient d’Alice Springs, le reste est mexicain.

La journee s’annonce belle. La 1ere moitié du trajet n’est pas trop ardue.

En montant vers Tetelan del Volcan

La seconde moitié, c’etait plus dur car j’ai décidé de rejoindre Tetela del Volcan avant la nuit pour avoir plus de descente en repartant le lendemain.
Il est 18h, me voici enfin arrivé. C’est un village proche du volcan Popocatepetl que j’aurais l’occasion (sans pour autant l’arpenter) de voir plus distinctement demain. Pour le moment, je trouve un hotel pas cher pour la nuit et je vous ecris ces quelques lignes a propos de ces quelques jours difficiles. Mais les solutions ont été trouvé.

On y va doucement, sans trop forcer, surtout dans ces montagnes, la ou je suis encore pour quelques temps.

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

10 réflexions au sujet de « Mexico-Panama (1ere partie) »

  1. Alors mon grand je vois que tu t’ennui pas!
    tu deviens un vrai sportif dis moi!!
    quand est-ce qu’on aura le plaisir de voir ta tête de Mexicain?
    courage grand cycliste!
    bizous

  2. saluUUut! excellent ton vélo avec le drapeau Auvergnat, Represent..! te voila prêt à arpenter l’amerique centrale en grandes pompes !
    respect, robustesse!
    (tu as vu mon com pour la guyanne?)
    bises frangin!

  3. Bonjour Alex,
    Je suis votre parcours avec intérêt et curiosité, et comme une « maman » avec un peu d’angoisse.
    Bon courage pour pédaler, surtout en montée.
    « les Daniels »

  4. un vrai ti bricoleur!! je suis admiratrice de ton parcours et de ton courage…je ne manquerai pour rien au monde ton joli périple que nous suivons en famille, bises
    josiane

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