Grande vadrouille

17 Decembre 2010

Steffen et Karin me recuperent comme prevu au backpacker de Denmark.
Nous traversons le bush et des champs immenses. A certains endroits, les terres ont brulees.
Plus de 550 kms separent Denmark d’Esperance, plus a l’Est ; et si on regarde une carte d’Australie, ce qu’on a fait n’est pas enorme.
Neanmoins, on s’arrete.

La bonne education
Meme lorsque c’est a mon tour de passer a l’arriere du van, Steffen et Karin font toujours l’effort de parler anglais, au cas ou je m’insere dans la conversation. Ils ne parlent finalement que tres rarement l’allemand. Et pour ca, je les ai remercié.
La preuve, ce soir, on rencontre des francais de notre age qui, eux aussi, voyagent en van. On tente quelques mots d’anglais pour que tout le monde comprenne mais au bout de quelques secondes, ca devient risible et ca finit par quelque chose du genre : « Ah bah yes ! ».
C’est comme ca, on creve d’envie de placer un petit : « c’est pas donné », « ca fait pas un pli », « j’en mettrais pas ma main au feu » ou bien « le fond de l’air est frais » mais on ne sait pas le dire en anglais, ou alors, ca ne se traduit pas, tout simplement. Qu’est-ce que vous voulez, l’anglais est trop fade pour nous, et la langue francaise, trop riche en expression pour se retenir de la parler (COCORICO!!!).
Je m’excuse quand meme aupres de ma communaute germanique qui n’ont evidemment rien compris a la conversation.

J’avais l’opportunite de partir avec les francais mais j’ai refuse car je ne parlerais plus anglais apres ; et ce serait dommage.
Je ne veux pas choisir la facilite. Et puis, question de cohesion franco-allemande : on commence ensemble, on finit ensemble.

18 Decembre 2010

Apres une nuit sur un parking de gravier, non loin de la plage, nous restons le matin a Esperance pour quelques achats.

Esperance

L’apres-midi, nous la passons au Cap Le Grand, 60 kms plus a l’Est.

Parc National du Cap Le Grand
En direction du Cap Le Grand

On y trouve d’etranges varietes de plantes :

Flore locale

C’est surtout un superbe paysage qui s’offre a nous.
Nous nous dirigeons vers Lucky Bay – toujours a l’interieur du parc –  elue plage la plus blanche du Western Australia.

Lucky Bay

Et pour terminer, et la encore c’est encore risible, nous terminons par le Whistle Rock (le rocher qui siffle). C’est finalement un gros caillou qui ne ressemble pas a grand chose et qui ne siffle meme pas malgre la presence du vent.
Ils pourraient s’abstenir de mettre des panneaux d’indication lorsqu’il n’y a absolument rien a voir…

Neanmoins, c’etait une superbe journee, avec au retour, de nombreux kangourous occupant les champs.
Nous laissons Karin dans une auberge de jeunesse (besoin urgent de confort). Je reste avec Steffen sur une table exterieure au bord de la plage. Il ouvre une bouteille de vin blanc. Il fait moins de 15 degres, on trinque dans le van.
On sort ensuite dans un pub-karaoke. Il y a une vingtaine de tele au mur, toute diffusant le meme clip ou alors une partie de cricket. L’ambiance est a la biere, mais les gens se tiennent bien. Les australiens ne sont pas de nature violente.
N’oublions pas que c’est le pays des gens cool !

19 Decembre 2010

Apres un petit dej’ au bord de la mer, nous partons a 2 vers l’Est.
Mais sommes-nous prets a affronter l’immensite de…

 

nullarbor

…Nullarbor Plain
La Plaine de Nullarbor, c’est une immense region calcaire semi-aride de la grande baie australienne, au sud, qui occupe une superficie de 200000 kms carres. Les aborigenes l’ont appeles Oondiri (« sans eau »).

Et on s’apprete a la traverser pendant plus de 2000 kms !

Au supermarche du coin, en posant la question : « De quoi avons-nous besoin pour traverser Nullarbor ? »
Il nous repond en riant : « FUEL ! »

Les stations ne seront pas nombreuses. Chaleur, faible trafic, pas de reseau telephonique, tres peu point d’eau : une panne peut s’averer tres dangereuse dans Nullarbor.

Apres un plein d’essence, 40 l de securite en jerricanes, l’achat de 30 litres d’eau et un au revoir a Karin qui a decide de rester un peu plus longtemps sur Esperance, nous partons vers 14h pour Norseman, 200 kilometres au Nord, point de depart pour cette longue traversee.
Nous passons d’abord le bush, a perte de  vue.

En direction de Nullarbor Plain

Un petit tournant de temps en temps, mais qui laisse tres vite place a de longues lignes droites, tres longues…
De bas coniferes bordent la route sur des centaines de kilometres. La terre est rouge brulante. On frole les 30 degres.

Steffen est le seul a conduire, je n’ai pas fait fait la demarche de prendre mon permis international avant de partir ; mais, ce n’etait pas une condition pour que j’integre ce covoiturage. Pour autant, il va devoir avaler des milliers de kilometres sans relais. Ca n’a pas l’air de le deranger.

Un allemand et un francais ecoutant les Doors, fenetres ouvertes, installes confortablement dans un van, tout en parcourant l’Australie. Tout ne peut qu’aller ! Pour le moment…

Car apres 375 kms de route depuis Esperance, nous arrivons a Balladonia. L’essence coute horriblement chere, meme en la partageant. Mais avons-nous le choix ?

A partir de Balladonia, nous entrons veritablement dans la plaine de Nullarbor. Et la plaine, et bien… c’est plat…
Et pour commencer, une bonne ligne droite de 160 kms, le record du monde !
Vegetation epineuse, nettement plus basse, et hautes herbes jaunatres sur tout le chemin… et a perte de vue.

Au bout de quelques dizaines de kilometres, on s’arrete sur une aire de repos, au milieu de rien. Pas un bruit, pas un nuage. Si il fait une trentaine de degres l’apres-midi, la nuit, ca descend jusqu’a une dizaine de degres seulement.
On se fait des sandwichs, des pates et du cafe pour cette longue route que nous reprenons.
Il fait nuit noire desormais et le van poursuit sa route sur cette ligne droite interminable.

Steffen me conseille d’aller dormir a l’arriere du van au cas ou il souhaite etre relayé durant la nuit.
Pourquoi pas.
Il est 20h30, je ferme les yeux et j’essaye de trouver le sommeil malgre les bosses de la route et les mauvaises suspensions du van.

Et vers 21h15, c’est le choc !

Steffen vient de heurter un kangourou. Le pare-buffle  est bien tordu mais il a sauvé le vehicule.
La regle en Australie est de trouver l’animal pour le deplacer sur le bas-cote.
On laisse le moteur allumé. Steffen tremble un peu. Ca le fait souvent apres un choc. Je lui dis de prendre son temps. Moi, je n’ai rien vu, j’etais a l’arriere.
On s’equipe de lampe-torche et on part a pied quelques metres en arriere.
A part le ronronnement du van, il n’y a pas un bruit et on confond la silhouette du kangourou avec les arbustes.
Pas d’animal, la bete est allee crever dans la plaine.

Nous repartons. Je retourne a l’avant : 4 yeux valent mieux que 2. Mais les kangourous ont la facheuse tendance a se jeter sous les roues, et je ne suis pas sur qu’on soit plus efficace a 2.

Les 160 kms de lignes droites prennent fin a Caiguna. Un second kangourou passe a seulement 1m du vehicule, 200m avant de prendre de l’essence.
Arrive a la station, un australien nous suggere d’utiliser une corde attachee a un tronc d’arbre pour detordre le pare-buffle. On s’en occupera demain.

Nous repartons pour quelques dizaines de kilometres encore. Certes, on a franchit les 160 kms de lignes droites, mais c’est pas pour autant que la suite est tres folichonne…
On a le temps d’ecraser 2 lapins (avec les grosses roues du van, je peux vous assurer qu’ils n’ont pas souffert). Il est impossible de traverser ces routes sans ecraser au moins un animal. Ils sont en tres grand nombres a Nullarbor. Kangourous, lapins et serpents morts sont nombreux a joncher le bord des routes.
Steffen decide de s’arreter definitivement pour la nuit, a Cocklebiddy.
Il est un peu plus de 23h, nous avons roule 640 kms depuis Esperance.

20 Decembre 2010

Reveil a 7h30.

Nullarbor Plain – et toujours cette meme vegetation

Apres un petit dej’ rapide, nous reprenons la route a la recherche d’un gros tronc d’arbre.

Le pare-buffle en a pris un bon coup

Nous attachons une corde autour de l’arbre ainsi qu’autour du pare-buffle.
Machine-arrire toute ! C’est bon, a quelque chose pres, c’est redresse.
Nous repartons. Les carcasses d’animaux sont presents a chaque kilometres, chaudement degustes par les aigles et les corbeaux, au bord de la route.
Il est 10h du matin, il fait a nouveau chaud, mais c’est supportable. On est pas veritablement dans un desert aride. On longe l’ocean (qu’on ne voit pas d’ailleurs), mais a une cinquantaine de kilometres a l’interieur des terres.

On s’arrete vers un point d’eau, en retrait, quelques kilometres avant Mundrabilla.

Derriere, un des rares point d’eau

On refait le plein d’essence.
Tous les arrets que nous avons fait depuis Norseman ne sont pas des villes, ce sont simplement des stations essences. Presque personne ne vit dans Nullarbor.
70 kms plus loin, nous franchissons la frontiere entre le Western Australia et le South Australia.
On change d’heure : 1h30 de plus.
Mais comme toutes les frontieres terrestres, le paysage ne change pas. On est toujours sur la plaine de Nullarbor et ca fait des heures qu’on roule.

La d’ou on vient…

Avec le rythme et la voix lente de Johnny Cash, mais malgre un ciel sans nuage et l’Ocean que nous retrouvons pendant quelques centaines de kilometres, ca devient monotone…

Et pan ! 1000 kms exactement depuis notre depart d’Esperance ! On prend un petit verre de vin blanc pour feter ca. Juste un…
Nous entrons dans le Parc National de Nullarbor. Pas de grand changement de paysage, meme si ca porte le nom de « Parc National »…

La ou nous allons…

Nous franchissons ensuite la Reserve Aborigene de Yalata. Vegetation plus haute.

Le compteur de fuel est au rouge depuis 60 bornes ; et c’est a la station de Nundroo que je vois pour la premiere fois des aborigenes, habilles comme tout le monde, a discuter. Steffen me dit qu’ils sont partout en Australie, aussi bien dans les lointaines contrees que dans les grandes villes telles que Perth. En revanche, tout ceux qui ont decide de vivre comme n’importe quel autre citoyen australien, ont la reputation, me dit-il, d’etre souvent ivre. Je suis pas alle verifie…

Apres 150 kms, nous arrivons dans la ville de Ceduna. La premiere veritable ville depuis Norseman.

FIN DE LA TRAVERSEE DE LA PLAINE DE NULLARBOR.

Le temps de manger un morceau, nous repartons encore pour quelques kilometres jusqu’a ce que Steffen, tombant de sommeil, ne decide de s’arreter definitivement pour la nuit, dans une aire de repos, apres 1040 kms parcourus dans la journee !
Il est un peu plus de minuit, nous sommes quelque part apres Ceduna, au milieu de rien. Va savoir ou…

21 Decembre 2010

Quelque part

Il nous reste plus de 200 kms avant d’atteindre Port Augusta. On y reste quelques heures avant de reprendre la route, cette fois-ci en direction du sud.
Le paysage change un peu.

Lac rouge sur la route

On apercoit enfin quelques collines, puis ca redevient plat jusqu’a Adelaide.
C’est a Adelaide, apres quelques 315 kms parcourus depuis ce matin, que nous decidons de faire une longue pause.

Et c’est la aussi d’ou je vous ecris ces quelques lignes, a propos d’un long periple a travers le Nullarbor Plain.

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

9 réflexions au sujet de « Grande vadrouille »

  1. Est-ce-que vous avez croisé d’autres véhicules sur cette longue route ?
    Tu pourrais mettre la photo d’un kangourou (même mort à la limite !!) ?
    Je t’embrasse fort fort mon frérot.

  2. héééé ça va??! jvoulais te laisser un commentaire pertinent sur un truc que t’as dit mais j’ai oublié donc….voila ce soir on va voir asm perpignan, ça va étre marrant!! bonne route!

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