Au reveil

20 Septembre 2010

Je quitte la Lire turque, la part d’Europe qu’i restait ; je quitte le muezzin de 5h30 du matin (et ses rappels durant la journee), je quitte le dolmus, les PTT, l’oeil bleu et le « Sorry, I don’t speak turkish » et la main sur ton epaule qui s’en suit, comme pour te dire : »c’est pas grave, je t’en veux pas »…
Et comme il est mauvais, dans les voyages comme dans la vie de tous les jours, de trop regarder derriere soi, je me focalise sur ce qui m’attend : l’Inde.

Je prends l’avion de Kayseri pour New Delhi. Escale de quelques heures a Istanbul, je survole la ville que j’ai quittee une dizaine de jours plus tot. Grand aeroport et hasard des compagnies aeriennes, la salle ou j’embarque se divise en 2 destinations : New Delhi et Roissy Charles-de-Gaulle.
Le sourire en coin, j’entends les francais se rememorer quelques souvenirs de leur voyage organise a Istanbul. Quelques coups de soleil pour certains et les bras charges de bibelots. Si je devais emporter un souvenir de chaque pays que je traverse…

21 Septembre 2010

J’arrive a 3h30 du matin (heure locale) a New Delhi. Je prends le premier taxi pour l’hotel que j’ai selectionne.
Je monte dans un rickshaw (vehicule a 3 roues motorise tres repandu en Inde). Le chauffeur m’assaille de questions et fait mine de ne pas comprendre ma destination dans le but de me diriger vers un hotel ou il toucher sa commission. Dans ces cas-la, fermete absolue : tu dis le nom de l’hotel, le nom de la rue et pour le reste, tu le laisses parler tout seul.

Il fait encore nuit, je vois un peu flou. J’ai pas beaucoup dormi. Le trafic routier pour le centre-ville est incessant. Il pleut et ca klaxonne tout le temps. Je ne suis pas sur qu’il m’emmene dans la bonne direction.
Le chauffeur me pose la question qui determinera si je me laisserait arnaquer facilement, ou conduire vers une adresse bidon : « It’s your first time in India ? ». Je lui reponds que c’est la 4eme fois que je viens ; que j’ai deja visite le Rajasthan, le Bengale, et que j’ai des amis qui vivent a New Delhi et a Madras. J’ai bien appris a mentir au fil de ce voyage…
J’ai de la chance, il me depose pile-poil devant l’hotel. Il ne font pas cet effort d’habitude, parait-il.

J’arrive a l’hotel. La chambre n’a pas de fenetres et on ferme la porte avec un cadenas. En fait, quand on voit l’etat des sanitaires, ca ressemble plus a une cellule de degrisement qu’a une chambre d’hotel. Ca fera l’affaire, je suis creve. Je reserve meme pour 2 nuits de plus. L’hotel est vraiment bien place dans New Delhi, par rapport a la gare ; et de plus, le receptionniste est vraiment sympa.

En Inde les trains sont tellement prises qu’il vaut mieux reserver a l’avance ses destinations. Une chose que je n’ai encore jamais faite jusque la. Le receptionniste se charge des reservations depuis l’hotel sans que je passe par une combine vereuse a l’exterieur.

Il me montre son livre d’or. Nombreux commentaires sur le serieux de cet homme. D’ailleurs, un suisse a ecrit (dans un francais impeccable – c’est pour ca que je n’ai plus de doute) que le receptionniste etait digne de confiance et qu’il ne touchait aucune commission sur les reservations. Dans une ville ou l’on se mefie de tout le monde, c’est agreable d’avoir quelqu’un de vraiment fiable. D’autant que je n’ai pas un seul contact en Inde.

Au petit matin, je n’avais rien vu. Au reveil, j’ai vu.

J’ai vu le New Delhi pauvre. La misere a chaque coin de rue. La police omnipresente (les attentats de Bombay sont encore recents) qui cotoie les milliers de gens qui dorment dans la rue, sur les bancs ou a meme le sol et a moitie dans la boue. Il pleut un peu en ce moment, mais qu’est-ce que ca doit etre durant la mousson…
Face a cette pauvrete emerge pourtant une classe moyenne, pour bon nombre equipes de petites voitures citadines. Ils sont propres sur eux, respirent la sante et la joie de vivre. Ils ne se preoccupent pas de ceux qui sont a terre. L’habitude… comme si ils faisaient partie du decor. On marche, c’est tout… Le contraste entre ces deux mondes est vraiment saisissant.

Je passe encore la journee de demain a New Delhi, le temps de « comprendre » cette ville.

Une réflexion au sujet de « Au reveil »

  1. Bon courage pour la suite, trés intéressant en tout cas ton journal de bord, si tu as moyen de mettre plus de photos ce serait cool!
    N’oublies pas d’en prendre 5 de temps en temps quand même..
    Et comme disent les jeunes: Back to the Gioux de mamoux!

    Kenavo
    Pascal

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