Les visages de Delhi

21 Septembre 2010 (suite et fin)

Difficile de surmonter le nombre de pauvres assis sur les trottoirs ou contre un mur ; et difficile de penser que l’Inde est en phase de devenir une grande puissance mondiale.
Je n’avais jamais vu autant de vieillards et d’estropies au bord de la route. Parfois, tu marches dans leur sens, tu les depasses ou tu les croises. Je les vois rarement te reclamer de l’argent. Mais ils sont bien la.

J’ai affaire a mon 1er cas de conscience depuis le depart. Quoi penser ? Quelle attitude adopter ?
Je pense que je vais faire ce que j’ai toujours fait depuis mon depart, je vais allier voyage et tourisme : rencontrer, avec curiosite et empathie ; comprendre le pays, voir sa beaute la ou elle se trouve et ne pas chercher a occulter ses laideurs, ses injustices, ses aberrations…
Pas de bonne ou de mauvaise attitude a avoir donc. Simplement etre en accord avec soi-meme.

Vous m’excuserez de ne mettre aucune photo pour tout ce qui concerne Delhi. Ce sera uniquement du texte brut ; a l’image de ce que j’ai vu : une ville brute, qui ne dissimule rien.

Apres une longue hesitation dans ma minuscule chambre d’hotel, et sans faire abstraction de ce que j’ai vu, je decide de reserver pour un tour en bus dans le Delhi historique et culturel.
Passer de voyageur a touriste est assez difficile pour le coup ; mais Delhi a plusieurs visages et je tiens a les voir tous.

22 Septembre 2010

Les distances sont enormes a Delhi. Le taxi ou le rikshaw est trop cher pour une personne voyageant seule. Impossible de tout faire a pied.
A 9h du matin, le guide vient me chercher a pied jusqu’au point de rendez-vous pour le tour en bus.

J’apprehendais d’etre le touriste dans un spacieux bus climatise flambant neuf, confortablement installe, a prendre des cliches de la misere que je vois desormais d’en haut…
ET BIEN PAS DU TOUT !
Je n’ai pas pris mon appareil photo, le bus etait des plus vetustes, les commentaires etait entierement en hindie car la totalite des touristes etaient indiens sauf moi et une autre francaise que je rencontre dans le bus. Si tu leur demande quelque chose, il te repondent gentillement, sinon ils ne prennent meme pas la peine de traduire. Leur anglais est tres difficile a capter. J’ai du mal a suivre quand on me parle et je demande souvent de repeter.

Journee tres folklorique. Et comme la veille, ca grouille de monde. Difficile de se garer devant les monuments. Tes oreilles ne sont epargnees a aucun moment par les klaxons. L’absence de passage cloute t’oblige a eviter les taxis, les rickshaws, les scooters, les velos tout en evitant la foule de gens bien entendu. Et tout ca sous une pluie battante tout en transpirant a pleines gouttes. Il fait lourd.
Moite, bruyante et ettouffante Delhi…

On a le temps de faire a peine la moitie des sites prevus. Mais j’ai quand meme eu le temps de voir des belles choses : des batiments administratifs, militaires autant que des temples. Tout prend un temps incroyable pour te deplacer dans Delhi. Personne n’est presse. Tu voudrais voir le maximum de choses, mais c’est impossible.
La nuit tombe a une vitesse…

J’ai pu constater les differents cotes de Delhi. La pauvrete comme cette volonte de tirer la ville vers le haut : elle accueille cette annee les jeux multi-sports des pays du Commonwealth. Toute la ville est en travaux et rien n’est pret. La mousson a dure particulierement longtemps cette annee. On patauge dans la boue.

Apres une journee epuisante a sillonner Delhi, je rentre a pied depuis le point de rendez-vous de ce matin jusqu’a mon hotel, dans le quartier du Pahar Ganj, le quartier des routards parait-il. Je n’en vois pas plus que ca. Mais j’ai trouve mes reperes plutot rapidemment dans ce quartier ; et bien qu’en marchant la nuit sous cette pluie qui n’en finit plus de tomber, je vois cette « ville dans la ville » deja autrement. Je commence a l’apprecier. Je ne trouve plus ce quartier bruyant mais vivant. Ca ne m’effraie plus autant qu’a l’arivee. Les lumieres des enseignes auxquelles il manque toujours une lettre ou un des neons qui ne s’allume plus, des senteurs d’epices et d’encens, des klaxons (toujours), les fils electriques qui pendent quasiment jusqu’au sol, le bruit de la pluie contre les toits de tole.
Ce soir, le temps qu’il fallait pour s’adapter a l’Inde vient de s’ecouler.

Je viens de « comprendre » cette ville.

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

2 réflexions au sujet de « Les visages de Delhi »

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