Nouvelles brulantes

23 Septembre 2010

Je prends le train de 6h15 pour Agra, plus au sud. Je suis a la gare depuis 5h30 du matin et deja en sueur.
J’ai apprecie le quartier de Pahar Ganj, que je quitte comme je suis arrive : au petit matin.

Menaces et retard dans le Delhi
Dans le train, le journal et offert. L’un est en hindie, l’autre en anglais. La francaise que j’avais rencontre la veille m’en avait parle : je lis que les moudjahidines indiens ont ouvert le feu sur un bus de taiwanais, proche d’une grande mosquee de Delhi, samedi dernier.
Les autorites pensent qu’il s’agit d’une action contre les Jeux du Commonwealth, prevu dans quelques jours.
Du coup, la police a double ses effectifs dans toute la ville, a chaque coin de rue ; et impossible desormais d’entrer dans un musee sans se faire fouiller ni passer au detecteur.

Et parlons-en de ces Jeux. Rien n’est pret, toute la ville est en travaux.
Le gouvernement avait promis une organisation digne des JO de Pekin.
Resultat, on travaille de jour comme de nuit, accroupis a poser des paves, dans la boue, et la plupart du temps, sous la pluie.
Un pont, construit pour l’occasion, vient meme de s’ecrouler sur plusieurs dizaines d’ouvriers, et le « village » destine a l’accueil des sportifs est devenu insalubre a cause de la pluie qui s’est invite dans les locaux inacheves.
La police se dit incapable d’escorter avec securite tous les sportifs depuis leur « hotel de remplacement » jusqu’au site des Jeux.
Et tour a tour, les sportifs des etats du Commonwealth (australiens, neo-zelandais, ecossais..) decommandent, soit pour des raisons sanitaires, soit pour des raisons de Securite Interieure.

L’Inde n’etait pas prete pour accueillir des Jeux d’une si grande ampleur.

Consequences a court terme, bouchons interminables a cause des travaux et indignation du pays tout entier sur le cout exorbitant de cette organisation, alors que l’argent aurait pu servir a tellement d’autres choses (cf : 21 Septembre 2010…).
Consequences a long terme, l’image de l’Inde qui est ternie.

Je quitte la « jungle » de Delhi pour Agra. Je prends un hotel relativement correct pour deposer mon pactage.

Si le nom d’Agra ne vous dit strictement rien, les photos ci-dessous peuvent vous aider…

Taj Mahal
Loin des klaxons et des rabatteurs en tout genre

Combat quotidien
Avant d’entrer dans le site, plusieurs personnes te demandent si tu as bien achete ton ticket… Ouai, ouai, ouai…je les sens venir les cocos. J’aimerais bien voir a quoi ressemble leurs tickets.

Autant en Turquie, je me plaignais des rabatteurs qui t’interpellaient depuis leur boutique, autant la, ils viennent directement jusqu’a toi.
Et ca commence des que tu sors de ton hotel. Avis aux agoraphobes, evitez de partir en Inde : en moyenne, on t’accoste une vingtaine de fois tous les 500m.
Quand tu vas retirer de l’argent, quelqu’un te suit, juste pour te dire :  » tu vas retirer de l’argent ? c’est ici ». Je sais bien que c’est la, c’est juste devant mes yeux.
Le probleme, c’est qu’il reste devant la porte. Il t’attend.
Il y a presque toujours un flic dans chaque cabine de retrait. C’est dissuasif, on ne sait jamais.

Perdre des batailles
Je pars d’Agra seulement quelques heures pour Fatehpur Sikri, voir un monument, dit-on, incontournable.
Arrive sur place, j’ai eu le malheur d’hesiter a trouver mon chemin jusqu’au site de Fatehpur depuis la station de bus.
Ca n’a pas echappe au regard d’un type qui m’a colle du debut a la fin de ma visite, m’affirmant qu’il n’etait pas guide et qu’il ne reclamerait pas d’argent. Sur le site, il me propose de visiter la boutique de sa famille. Je refuse.
Il continue a m’incendier de questions, ce que je compte faire apres, ou je vais… Il restait a cote de moi constamment
Comme si ca ne suffisait pas, un autre s’amene. Je leur dis de me foutre la paix, je suis ici pour ne pas etre derange.
Le type fait mine d’etre comprehensif et me serre la main. Quelques secondes plus tard, il me propose tout de meme de visiter sa boutique.
Des idees morbides me traversent l’esprit… Je sers les dents, je prends une bonne inspiration et je quitte les lieux pour eviter de les mettre en pratique.

Les gens que tu accostes par toi-meme sont adorables. Ils ont le sourire lorsqu’ils te repondent. Les autres deviennent insupportables. Dans la rue, je ne leur prete plus aucune attention.
Je ne suis pas certain de vouloir trainer dans les hauts lieux touristiques. Mes prochaines destinations sont moins connues. Tant mieux.

Le prix de la victoire
Je peux comprendre les voyageurs qui deviennent vite parano en Inde.

Mais relativisons.

Lorsque tu sors du distributeur de billets ils ne te sautent pas au cou, simplement ils continuent a te parler parce qu’ils savent a present que tu peux payer, et des fortes sommes.
Tu as du mal a faire confiance aux gens et aux chauffeurs de taxi quant a ta destination : ils peuvent t’amener n’importe ou, tu ne le remarquera a peine, tellement la ville s’apparente a un dedale.

Mais la encore, relativisons.

Il faut etre ferme, et cette fermete passe par la negociation des prix avant meme d’embarquer. La destination doit etre clairement enoncee une bonne fois pour toute. C’est eprouvant, mais quasiment tout est negociable en Inde. La course en rickshaw, la nuit d’hotel jusqu’au moindre petit bibelot (meme si j’en achete jamais).
Une bonne technique est d’annoncer clairement ta destination et ton prix (et pas d’hesitation, sinon c’est fichu) ; s’il refuse, tu lui dis « Bye, bye ». Il revient toujours a la charge a peine 10 secondes apres, et accepte ton prix.
A la fin de la course, ils sont alors toujours honnetes. Ils te rendent ta monnaie sans chipoter. A ce niveau, rien a dire, si le prix est ennonce (voire rabbache), ils n’ont qu’une parole, autant pour le prix que pour ta destination.
Pas la peine de te dissimuler derriere des longs cheveux et une barbe fournie, c’est ecrit sur ton visage : tu es occidental.
Les touristes sont et restent une aubaine pour le pays. Pas encore autant respecte qu’une vache sacree, mais au final, quasiment.
Et ton insecurite n’arrange pas leur commerce. Donc ne songeons pas au risque d’etre malchanceux (qui peut autant survenir en France que la ou je suis en ce moment), ceci n’est pas une raison suffisante pour ne pas partir a la decouverte de l’Inde et des ses tresors.

En parlant de vaches sacrees…

24 Septembre 2010

J’ai un peu de temps libre avant de prendre mon train pour Jaipur.
Ca me laisse un moment pour regler 2 ou 3 trucs et faire quelques petits calculs interessants et representatifs :

Ordre de prix
A mon arrivee en Inde, j’ai passe 3 nuits au Major’s Den a New Delhi. Le cout de ces 3 nuits en plein coeur de la capitale equivaut a 1 nuit dans un camping suisse…

Le cout total de mes trajets en train pour 12 jours en Inde du Nord s’eleve a… 41 euros…

Un menu indien, une creme glacee, une bouteille d’eau minerale et un the indien m’a vallu 185 roupies. Soit 2 euros et 85 centimes…

Hier, un conducteur de rickshaw a traverse la ville de Fatehpur Sikri pour me deposer a l’arret de bus pour rentrer a Agra. Prix de la course : 20 roupies. Il s’en ai vente aupres des autres chauffeurs. Je me suis dit que peut-etre, je lui avait donne trop. Il est possible que 10 roupies suffisaient…
Le calcul fait, je venais de lui donner l’equivalent de 31 centimes d’euros. 15 centimes suffisaient…

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

Une réflexion au sujet de « Nouvelles brulantes »

  1. Coucou Alex,

    Ca glace le dos les prix… Pas de remords si tu penses lui avoir donné trop, il pourra peut-être offrir quelque-chose à sa famille comme ça.

    Tu me fais rêver.
    Je t’embrasse
    Amel

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