Le silence

5 Octobre 2010
1er jour dans le Solu Khumbu

Je depose toutes les affaires qui ne sont pas necessaires pour le trek chez Vish. Au petit matin, je souhaite bon courage a Matthieu pour l’Annapurna ; et je fais la connaissance de Janga, mon guide pour les 14 jours a venir.
Il est ne dans un petit village nepalais non loin de Lukla (la ou debutera mon trek). Et pour le coup, le mot « guide » prend ici tout son sens.
Il est celui que je vais ecouter attentivement tout au long de ce trek dans le Solu Khumbu, le secteur de l’Everest, l’un des endroits les plus isoles au monde.
L’Everest fascine tellement de gens. Et j’en fais partie. C’est un lieu d’accomplissement, de fascination, de drame aussi, pour les alpinistes les plus temeraires et les trekkeurs les moins chanceux. Neanmoins, octobre et novembre, c’est la meilleure saison pour arpenter les sentiers, traverser les cols et les quelques glaciers presents seulement en tres haute altitude.

Un petit avion pouvant seulement accueillir 15 personnes decolle de Kathmandu pour Lukla (2840m), plus a l’Est. C’est la ou debute generalement les treks dans le Solu Khumbu.
L’avion a 2h de retard. Trop de vent pour partir. Nous decollons finalement et pendant une trentaine de minute, nous survolons un superbe paysage de « basses montagnes ». Un petit avant-gout. Mais je serais beaucoup plus haut dans quelques jours.
L’avion atterit a flanc de montagne ; la piste est courte, 800m de plat ont ete creuse avant de buter sur le mur qui retient la montagne.
Apres l’extinction de l’appareil, j’entends quelquechose qui m’avait manque, j’entends le silence…
Kathmandu etant la capitale, elle n’echappe pas au bruit, pas meme dans l’un des pays les plus recules au monde.

Pour les nostalgiques ou ceux qui regrettent de ne pas etre alle a Kathmandu
Pour les quelques baba-cools qui sont revenus de Kathmandu a la « grande epoque », autant que pour ceux qui souhaitaient s’y rendre a cette meme epoque, et bien c’est trop tard ! Ce que vous recherchiez n’existe plus. Kathmandu est une ville bruyante ou circulent les taxi et les mobylettes qui petaradent dans des rues assez etroites, bordees de magasins « attrape-touristes ». Pour les nostalgiques, gardez l’image du Kathmandu des annees 60-70, ca vaut mieux.

Avec le retard de l’avion, nous avons le temps de marcher seulement 1h30 a 2h jusqu’a Phakding. Mais deja, un certain temps d’acclimatation s’impose : a peine sorti de l’avion, je parle a Janga quelques secondes a peine tout en marchant. Je m’essouffle tres rapidemment et pourtant, nous marchons lentement et sur du plat. Il faut s’adapter et trouver son rythme de respiration.
Nous arrivons dans un « lodge » en pleine nuit (on a fini le trajet en s’eclairant a la lampe frontale). Les temperatures tombent tres vite.
Objectif : ne pas tomber malade des la 1ere nuit.

Lodge

6 Octobre 2010
Phakding (2610m)
2eme jour dans le Solu Khumbu

Phakding
Phakding – Sur la route de Namche Bazar

Nous partons de Phakding en debut de matinee. On apercoit le Mont Himchauly sur la droite.
On croise des porteurs, des yacks. Il y a encore enormement de verdure et de forets a cette altitude.

Mont Himchauly

Nombreux temples et sanctuaires sur le chemin.

Janga, mon guide

Janga est un type sympa. Il a 27 ans, 5 freres, 4 soeurs repartis dans tout le Nepal. Il parle un anglais tres approximatif (ca en fait 2) avec un tres fort accent. Il prononce 3 ou 4 phrases quand une seule suffirait mais il n’est pas bavard pour autant, et ca ne l’empeche pas non plus de me parler de la vie au Nepal et de sa famille. Je le suis toujours quelques metres derriere et souvent, je l’entends souvent chanter en nepalais pendant qu’on marche.

 

Sherpa nepal

Les Sherpas
Le Solu Khumbu est la region des Sherpas.
Mais les sherpas, c’est bien des porteurs ? Mettons les pendules a l’heure. Sherpas signifie « ceux qui viennent de l’Est ». Ce sont des refugies qui ont quitte le Tibet il a 400-500 ans. Ils etaient autrefois connus pour le metier de porteur mais un Sherpa n’est pas forcement un porteur et un porteur n’est pas obligatoirement Sherpa.
Si Junga est ne dans le Solu Khumbu, alors il est Sherpa ? Non plus. Sa famille est originaire du Terai (prononce « Teraille »). Son nom est Junga Magar. Magar etant le nom de sa caste (il me la dit).
Sa caste ? Le Terai s’est fortement impregne du systeme hindouiste de caste. En revanche, plus on monte dans le Nord, plus le systeme de caste disparait.
En fin de matinee, nous entrons dans le Parc National de Sagarmatha (le Parc National le plus haut du monde) et mangeons dans un petit restaurant a Jarsalle. Janga me conseille d’acheter de l’eau car on en trouvera pas pendant 3 ou 4h durant notre ascension (600m de denivele) jusqu’a Namche Bazar.

Il fait un peu frais mais grand soleil et suffisamment bon pour marcher en tee-shirt. Nous passons pres du Mont Thamsherku.

Arrivee a Namche Bazar

J’ecoute toujours les conseils de Janga, comme celui de rester un jour complet a Namche le temps de s’adapter. Et franchement, j’en avais besoin. Pas de blessure, pas d’entorse et pourtant, ici, le danger est plutot invisible. Difficile de comprendre quand on ne vit pas en haute montagne mais le manque d’oxygene se fait vraiment sentir. Tous les mouvements ou les pas que j’effectue trop vite m’essoufflent. J’ai l’impression d’etre un gros fumeur. Ma tete est lourde.

7 Octobre 2010
Namche Bazar (3440m)
3eme jour dans le Solu Khumbu

Journee d’acclimatation. Je me reveille vers 8h. J’ai la tete qui tourne. Je prends quelques cachets et je me rendors jusqu’a 11h30. C’est bien la premiere fois depuis le debut de ce voyage que je me reveille aussi tard, mais impossible de me lever. Apres le repas, ca commence a aller legerement mieux. Les cachets font leurs effets. Je retourne a nouveau dans ma chambre. Janga frappe a ma porte et me demande si ca va. Je lui dit que j’ai encore la tete qui tourne et que cette journee a rester a Namche n’etait pas de trop : j’aurais ete incapable de partir ce matin.
Il me conseille de ne pas me rendormir pendant la journee (j’en avais bien envie, mais il a raison), et de marcher lentement dans les rues de Namche.
Je prends quand meme le temps d’aller dans un petit cyber-cafe pour vous ecrire ces quelques lignes.

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

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