L’aventure dans l’Aventure

17 Octobre 2010

Namche Bazar (3440m)
13eme jour dans le Solu Khumbu

Je suis arrive a Namche hier en fin de matinee, la ou j’ai pu vous raconter tout ce qui s’etait passe depuis mon depart de Namche justement, 8 jours auparavant.

 

Humeur sherpas

L’humeur des sherpas
Et bien elle est plutot bonne l’humeur des sherpas, a 2 ou 3 choses pres. Certains nepalais qui tiennent un petit commerce dans les villages de montagnes ne sont pas vraiment « commercialement agressifs ». L’autre jour, je demandais des piles a un commercant ; il m’a repondu que ce qu’il vendait n’etait pas efficace et qu’il valait mieux les acheter chez l’autre commercant plus haut.
C’est une situation qui ne se serait jamais produite en Inde !
Les sherpas ont de grandes qualites physiques : force, resistance au froid et a la douleur, endurance…
La plupart des trekkers (et moi aussi) ajouterons volontiers : sensibilite, sens de l’humour, courtoisie, tolerance, gaiete…
Un sens collectif anime les sherpas et c’est du aux conditions de vie particulierement rigoureuses dans lesquelles ils vivent.
Cela va de la simple generosite (invitation a boire le the, participation aux travaux de l’autre famille) jusqu’au sauvetage de trekkers en detresse.
Lors de l’immigration tibetaine qui a suivi l’invasion chinoise, nombreux sherpas du Khumbu ont prete assistance aux refugies tibetains.
Pour autant, on ne peut pas dresser non plus un portrait trop idyllique du sherpa. Ici, l’homme reste le maitre de maison. La femme travaille toute la journee tandis que le mari s’accorde des haltes pour boire du raksi (alcool de riz traditionnel tibetain et nepalais) ou lire des prieres.
Les femmes que je voient ne sont pas malheureuses. La gaiete est presente a tout moment. On les entend souvent rire entre elles. Mais il n’empeche qu’ici, une fille n’allant pas a l’ecole n’a pas d’importance. En revanche, le fils doit recevoir une education et avoir ete souvent en contact avec les occidentaux.
On est loin de la deplorable condition feminine indienne, neanmoins, on reste dans une societe traditionnelle sherpa des hautes terres : education stricte des enfants, respect des traditions, superiorite de l’homme sur la femme.

Nous quittons Namche.
Desormais, nous sommes sur la meme route qu’a l’aller. Nous redescendons tranquillement.
Les touristes que je croise me demande d’ou je viens. Ils me posent plusieurs questions sur le Mont Gokyo. Je n’hesite pas a leur donner quelques conseils : boire de l’eau, manger de l’ail (ils font une drole de tete quand je leur dis ca), boire de la soupe, du the et ne pas negliger les 24h d’acclimatation a Namche Bazar.

Points de reperes
Lorsqu’on juge les montagnes nepalaises, on a tendance a vouloir les comparer trop facilement avec celles d’Europe.
Dans les montagnes europeennes, les forets s’arretent a 1800m. Dans le Solu Khumbu, elles peuvent atteindre 4200m. En Europe, les villages sont rares au-dessus de 2000m. Dans le Solu Khunbu, vous avez vu qu’elles sont perchees en moyenne a 4000m d’altitude. Dans les Alpes et les Pyrennes, les alpages sont entre 2000 et 2500m d’altitude. Dans le Solu Khumbu, ils atteignent 5500m par endroits.
De ce fait, de nombreux trekkers ne prennent aucune precautions et finissent par se faire rapatrier pour cause de graves problemes de sante allant jusqu’a l’oedeme pulmonaire ou cerebral.
Il est conseille de ne pas venir avec un adolescent, plus sujet que les adultes aux oedemes. Emmener des enfants en bas-ages ou des nourissons peut etre considere comme criminel.
La montagne est dangereuse, une trentaine de mort par an dans l’Himalaya (source : Vish).

Et pourtant, que la montagne est belle !…

Au moment d’une pause, je m’installe sur un banc en pierre, sac a dos en premier ; au meme moment qu’un porteur, sa cargaison en premier.
Expiration synchronisee.
Il est vieux et porte le double du poids de mon sac. Avec le sourire, on se fait un signe de tete. Objectifs differents, effort commun…

Nous arrivons a Phakding en debut d’apres-midi

18 Octobre 2010

Phakding (2610m)
14eme jour dans le Solu Khumbu.

Nous restons 24h de plus a Phakding. Nous avons 1 jour d’avance.

Temps grisatre a Phakding

Et il s’en passe des choses quand on s’attarde au meme endroit. Janga me presente a sa famille et ses amis. Ils m’invitent a prendre le the dans leur maison. Une partie est amenagee pour le commerce. On y trouve de tout. On discute du Nepal, de Bouddha, de Zidane qui viendra au Nepal, parait-il, dans quelques temps.
On a le temps de se battre avec la machine a carte bleue. On a convenu d’une combine pour que j’ai quelques billets sur place avant d’arriver a Kathmandu. La transaction dure une eternite (en meme temps, Phakding-Kathmandu-Clermont-Ferrand-Kathmandu-Phakding peut prendre un certain temps…).
A l’interieur de la maison, on trouve des casseroles, des soupieres, des theieres, le feu toujours allume, une grande table en bois pour accueillir toute la famille, une photo de divinites, une autre d’une star de la television nepalaise, un calendrier et un vieux poster des Beatles.
Un des amis de Janga me propose de rester pour manger, mais je refuse. Je n’ose pas. Je me sens redevable apres.
En retournant a mon lodge, je croise un autre ami de Janga, assis sur un banc, entamant un morceau de guitare : « Where did you sleep last night » de Nirvana ! Ca change des musiques nepalaises a l’eau de rose.

C’est vraiment un petit village ou tout le monde se connait. Janga m’avait laisse le choix entre rester 24h a Namche ou rester ici, a Phakding : j’allais pas lui priver de sa famille et de ses amis (la plupart vivent ici) sous pretexte qu’il y a plus de vie a Namche et que la ville est plus grande.
Ca m’a permis d’entrer dans des chaumieres, de voir a travers leurs fenetres les quelques touristes passant dehors.
Etrange impression que d’etre « de l’autre cote ».

19 Octobre 2010

Phakding (2610m)
15eme jour dans le Solu Khumbu

Nous faisons quelques metres dans le village pour que Janga dise au revoir une derniere fois a sa famille.
On entre dans le lodge familial. On m’offre un the.
Toute la famille sait que je fais un tour du monde.
Avant de partir, une de ses soeurs me tend une echarpe blanche.
Je me penche pour qu’elle la place autour de mon cou.
Je me redresse puis me repenche a nouveau, les mains jointes sous le menton.
C’est comme ca qu’on accepte un cadeau au Nepal…
Et c’etait un superbe instant.

Nous partons.

En chemin, Janga semble triste. Il me dit que peut-etre, il ne reviendra pas a Phakding pendant tres longtemps. S’il est guide en haute montagne, tous les groupe qu’il encadre n’ont pas forcement le Solu Khumbu pour destination.
En guise de compassion, je lui dis que moi non plus, je ne reverrais pas ma famille et mes amis pendant plusieurs mois.
Ca finit par passer en marchant (tout fini par passer quand on marche…).
Le soleil etait present ce matin mais il se met a pleuvoir a nouveau cet apres-midi.

Sur la route de Lukla

Nous arrivons a Lukla.

20 Octobre 2010
16eme (et dernier) jour dans le Solu Khumbu.

Et voila, apres un rhume, une toux, le mal des montagnes, 190 mouchoirs et 4 stick a levres, me voici de retour a Lukla, juste a cote de l’aeroport.
Les nepalais se bouchent les oreilles lorsqu’un avion approche.
Au pied de leur maison de pierre, c’est le monde moderne qui decolle et atterit sans cesse.
Le monde moderne : du bruit…
J’en avais perdu l’habitude ces 15 derniers jours.

L’avion a quelques heures de retard a cause d’un temps qui varie d’heures en heures.

Et finalement, me voici de retour a Kathmandu.

Comment supporter un tel choc ?! Tout ce que j’entendais dans le Solu Khumbu, c’etait les cloches des yaks, les voix des moines priant Buddha, et le son de la toute petite brise qui faisait voler cette longue echarpe blanche…
J’arrive a Kathmandu beaucoup trop couvert. Il y a du bruit partout ; les voitures, les taxis et tous ces klaxons. Il fait chaud.
Je n’ai qu’une envie, retourner dans les montagnes. Celles que j’avais pourtant deteste au debut, qui m’ont rendu tellement malade et que j’ai fini par aimer.
Un taxi me depose dans le quartier ou habitent Vish et Sophie. J’en profite pour manger quelque chose avant d’aller les voir.
Ils vont devoir me consoler car je vis la pire apres-midi depuis le debut de ce voyage.

Comment trouver le courage de continuer…

Les 2 Corees

20 Octobre 2010 (suite et fin)

Je retourne chez Vish, content de le retrouver. Nous sommes 9 couchsurfeurs ce soir a dormir dans l’appartement et franchement, tant mieux parce que j’avais besoin de compagnie. Americains, allemands, australiens, tous vont ou reviennent d’un trekking ou de plusieurs jours de Yoga dans les montagnes (a faire, parait-il).
Je retourne dans le quartier du Thamel pour manger un morceau.
Je me rehabitue a la cohu de la ville.

21 Octobre 2010

Je passe la journee a rassembler mes affaires, trouver un bureau de poste, laver mes vetements (15 jours de sueur et quelques jours de pluie, il y’a du boulot) et prevoir la suite des evenements.
Me voici pret a poursuivre l’aventure, alors allons-y !

J’ai laisse Janga a Lukla mais il doit arriver demain.
Seulement demain, j’ai mon avion pour Bangkok. Je decide de lui laisser un petit mot lui souhaitant bon courage pour le lodge qu’il aimerait construire dans le Solu Khumbu. A cela j’ajoute un pourboire pour ces 15 jours inoubliables, pour m’avoir guide et m’avoir soigne. Sans lui, je ne serais jamais monte jusqu’au sommet du Mont Gokyo. C’est certain.
Je donne toutes mes affaires « d’hiver » a Vish et Sophie pour leur association au profit des enfants du Nepal.
La ou je vais, je n’en ai plus besoin.

Au moment ou Sophie nous prepare une de ses specialites, arrive un nouveau couchsurfeur. Son histoire est pour le moins passionnante : Il s’appelle Okhwan Yoon, il est sud-coreen et parcourt le monde a velo. Il roule pour la paix et l’unite entre les 2 Coree. Il a traverse 191 pays a velo et roule depuis…10 ans. Il lui reste 4 pays a traverser, le dernier sera la Coree du Nord. Il a l’intention de monter l’Everest, velo sur le dos, mais pour le moment, il attend son visa pour l’Inde, pays moins cher, le temps d’obtenir un peu plus d’argent, car le droit d’entree pour gravir l’Everest est onereux. Ca m’inquiete un peu, l’Everest est destine aux alpinistes confirmes. Ca n’a rien a voir avec du trekking et encore moins du cyclisme.
A cela, il a repondu : « Everything is possible ».
Ca, j’aime !
Ce soir, il dort avec nous dans la chambre prevue pour les couchsurfeurs, apres m’avoir raconte une infime partie de ces 10 ans de voyage.
Il vient de me redonner definitivement le gout d’avancer.
Apres avoir quitte mon regrette Solu Khumbu, c’est exactement la rencontre qu’il fallait au bon moment ; et c’est une superbe rencontre.

Okhwan Yoon

22 Octobre 2010

Je me reveille assez tot. Okhwan aussi. Je lui offre un cafe au coin de la rue, juste en face de l’ambassade de France. On parle de son voyage, du mien, de la France, de Napoleon, du couple franco-allemand sur la scene internationale. Je lui demande s’il est conscient que son aventure touche a sa fin. Il le sait, mais il ne sait pas s’il tient a la terminer.
10 ans sur les routes… Est-ce qu’on a encore une mentalite de sedentaire apres tout ce temps ?
Je lui dis qu’il peut faire beaucoup de choses pour son pays lorsqu’il sera de retour. La politique l’interesse beaucoup.
Avant de le quitter, je le felicite pour ce qu’il a entrepris, pour le message qu’il porte a travers le monde ; et je lui dis qu’il est necessaire d’avoir des projets pour apres, car nos vies ne s’arreteront pas a la fin de nos voyages.

Longue accolade avant de nous separer. Chacun reprend sa route…

Je prends le vol Kathmandu-Bangkok quelques heures plus tard, confiant pour tout ce qu’il me reste a parcourir…

Et me voici a Bangkok en milieu d’apres-midi. Je decide de prendre un bus qui m’amenera jusqu’a la gare en direction du Nord du pays. Je suis toutefois etonne en arrivant dans la capitale. Certes les voitures et les mobylettes sont partout, le bruit et la pollution aussi, du coup. Pourtant, on entend aucun coup de klaxons. Grand respect entre les usagers. Et les rues sont etonnament propres : 100 euros d’amende si tu craches ou jettes un papier par terre. Ca change de l’Inde…
Je rencontre une Reunionnaise dans le bus. Elle aussi vient de Kathmandu, elle non plus ne tiens pas a visiter cette immense capitale bruyante et elle
aussi, a decide de partir pour Chiang Mai, au Nord, en train.

On a quand meme le temps de s’en apercevoir a l’aeroport, dans le bus ou a la gare : les thailandais sont adorables. Toujours le sourire. Dans le train qui m’amene au Nord, 3 policiers armes sont dans le couloir. Au moment ou je m’approche d’eux pour les depasser, 2 se collent contre le mur, le 3eme fait meme quelques metres pour se placer dans un compartiment, afin de me laisser passer. Et bah c’est pas l’Inde ! (vous allez m’entendre souvent dire ca…).

Sauver « la face »
En Thailande, montrer des signes d’enervement ou hausser le ton est percu comme totalement deplace : cela traduit un signe de faiblesse de ta part et la personne en face peut se sentir menacee dans cette societe ou perdre son sang-froid est considere comme la pire des hontes.
Ici, on se salue les deux mains jointes (le wai) , comme au Nepal. C’est toujours au plus jeune de « waier » en premier ou a « l’inferieure » comme par exemple la femme de chambre lorsque tu es client d’un hotel.
Mais cela reste l’expression d’une inegalite.
Du coup, le plus souvent, c’est le sourire qui prime chez tous les Thais et c’est tant mieux.

La gare est tres propre (c’est pas l’Inde). Personne n’est couche sur les bancs ou par terre (c’est pas l’Inde) et les poubelles servent a quelquechose (pas comme en Inde. J’arrete…).
Le train est tres propre lui aussi, mais ce oir, il avance quasiment sur l’eau par endroit : il a enormement plu ces derniers jours. La situation s’ameliore mais nous sommes obliges de prendre a nouveau le bus durant 2h car une partie de la voie ferree est completement inondee au Nord de Bangkok.
Neanmoins, j’ai une tres bonne impression de ce pays pour un premier jour (et pourtant le premier jour dans un pays, c’est rarement le meilleur).

23 Octobre 2010

J’arrive au petit matin a la gare de Chiang Mai apres avoir traverse plusieurs centaines de kilometres de jungle et de rizieres. Je peux confirmer a nouveau, les Thailandais ne sont pas agressifs du tout. Ils te proposent des « guesthouses » ou des hotels pas chers mais ils ne te collent pas pendant des heures. Au premier « no, thank you », ils n’insistent pas. Tout comme les chauffeurs de « tuk-tuk » (les rickshaws thailandais : petits vehicules motorises a 3 roues), ils t’accostent sympatiquement et la encore, au premier « non » de ta part, ils te laissent tranquille, et avec le sourire. Et bah c’est pas l’Inde (c’est sorti tout seul…) !
Je trouve une guesthouse tenues par un couple franco-thai et quelques centaines de metres plus loin, un cyber-cafe tranquille ou je vous ecris ces quelques lignes a propos de Kathmandu, de l’unite entre les 2 Coree, de mes premiers pas en Thailande et de toutes les belles rencontres que l’on fait lorsqu’on parcourt cette immense planete.
Tout va pour le mieux, il fait beau et la chaleur moite de ce climat tropical reste toutefois supportable, PAS COMME EN INDE (promis, c’etait la derniere fois…).

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

La jungle

24 Octobre 2010

Excursion a VTT organisee par une agence. Le pick-up (1 thailandais sur 3 possede un pick-up ou un songthaew, qui est un pick-up amenage, faisant office de taxi moyenne distance) nous amene quelques kilometres au Nord-Ouest de Chiang Mai, dans la montagne Suthep avec son Parc National protege.
Nous sommes une douzaine. 90 pour cent sont des americains surentraines, adorant la vitesse. Le parcours est difficile. La boue des pluies passees et les ornieres n’arrangent rien a l’etat des sentiers.
On est au milieu de la jungle. A peine tu te distances des autres velos, des que tu poses le pied par terre au moment d’une montee trop raide, tu entends le bruit des insectes qui grouillent a gauche, a droite, derriere toi ; et au-dessus de toi, perche dans les arbres, des chauve-souris. On voit les branches des arbustes bouger ; un cochon sauvage traverse le chemin a toute allure : il y a de la vie dans cette foret.

La jungle

Nous passons a cote de quelques plantations et un petit village au sommet de la montagne.
Paillottes, maisons en bois, on vit ici en communion avec la jungle.

Le Parc National Doi Suthep

Nous redescendons a velo jusqu’aux abords du lac Huay Tung Tao. Nous dejeunons dans des paillottes sur pilotis. Les enfants se baignent plus loin. Ici, c’est calme.

Le lac Huay Tung Tao

Bonne fin d’apres-midi apres avoir roule pluieurs heures dans une jungle boueuse, aux chemins escarpes, en plus d’une averse en fin de parcours : nous sommes en zone tropicale, il peut pleuvoir a n’importe quel moment !
Je rentre trempe et boueux dans la guesthouse de Chiang Mai.
Plus tard dans la nuit, je dis au revoir a la Reunionnaise que j’avais rencontre a Bangkok. Elle avait finalement pris la meme guesthouse que moi, et reste 3 jours de plus a Chiang Mai pour apprendre le massage des pieds. L’art du massage thailandais est connu dans le monde entier.
C’est une technique longue a apprehender ; il faut plusieurs semaines voire plusieurs mois pour savoir masser tout le corps.

25 Octobre 2010

Nuit courte.
Je prends un tuk-tuk a 6h30 du matin au carrefour pour la gare routiere. Ils sont beaucoup moins nombreux que les rickshaws en Inde. Chiang Mai a beau etre la 2eme ville du pays, elle est 50 fois moins peuplee que Bangkok, du coup, on a du mal a negocier le prix de la course.
Mais ce qu’il y a de sympa, c’est que meme si les thailandais restent ferme sur les prix, toujours il sourira ou rira. Il faut, parait-il, rire plus fort que lui pour le destabiliser. Moi qui avait l’habitude en Inde de parler sechement et de froncer les sourcils quand il s’agissait de negocier la course en rickshaw, ici, j’ai tout a reapprendre.
Pour ma premiere tentative de negociation, je ne suis pas parvenu a faire baisser le prix d’un seul baht (monnaie thailandaise).
Mais il a rie. Ca a l’avantage de detendre (faudra pas trop pousser quand meme…).

Je prends le car jusqu’a la ville de Thaton, plus au Nord.
J’ai le temps de prendre quelques photos avant de descendre la riviere Kok a pirogue.

La riviere Kok

Ici comme dans la jungle, il y a toute une vie au bord de cette riviere : des pecheurs a canes, a filet (sur des barques), des habitations de bois et de paille, les enfants qui se baignent ; les vaches aussi d’ailleurs.
J’apercois plusieurs elephants venus du centre de dressage – place juste au bord du cours d’eau -.

Descente de la riviere Kok

Nous faisons une halte dans un village.

Arret dans un village, au bord de la riviere Kok

Les hommes regardent un match de boxe thaie. Je regarde un moment le combat avec eux. Quel contrate entre leur courtoisie quotidienne et la violence des coups portes sur l’adversaire durant un match ! On se sert des genoux, des coudes, des poings et des pieds. J’irais bien voir un combat, mais les dates sont aleatoires. Il faut tomber au bon moment et dans la bonne ville.
Les femmes me presente leur collection de serpents en cage. Ils ont une texture tres particuliere quand tu les caresse.
Le truc a touriste est de se faire photographier avec le boa autour du cou ; pour ma part (et pour bien moins cher), j’ai une meilleure idee :

Boa

La descente de la riviere Kok s’acheve. Je debarque a Chiang Rai.
Il  reste quelques heures avant le coucher du soleil.
Arrive a la guesthouse, je leur loue une bicyclette pour faire le tour de la ville et visiter quelques « wat ». Quelques What ??? Quelques « wat ».
Petit cours de bouddhisme :

 

bouddhismethai

Le bouddhisme thailandais
En Thailande, 94 pour cent de la population est bouddhiste. Chaque thailandais doivent, au moins une fois dans leur vie, mener une vie de moine pour une duree plus ou moins longue, et chaque thailandais bouddhistes travaillent soit a la construction ou a la renovation des temples, apporte des offrandes ou bien de quoi subvenir aux besoins des moines.
C’est ainsi que les « wat » sont des lieux conviviaux ou chacun est le bienvenu.
Le wat (monastere bouddhique) regroupe en fait un ensemble de batiments, de styles variees et tres souvent, d’epoque differente.
Chaque batiment a une fonction particuliere. Pour n’en citer que quelques-uns, on organise la vie monastique dans le « bot », on ecoute les sermons dans le « vihara », on se reunit dans le « sala » et les moines dorment dans des « kutis » (petites huttes). Comme au Nepal, on trouve aussi une stupa dans chaque wat.

Le Wat Phra Kaeo, l’un des plus interessants de la ville
A droite, le sala
Statue de Bouddha

Il est 19h. C’est l’heure d’ouverture du Night Bazaar.
Je decide de m’y rendre puisque j’ai un velo sous la main. Il fait nuit, j’essaye de m’habituer au fait qu’on roule a gauche en Thailande ; mais la ville a l’avantage d’etre plate et les thailandais sont de nature calme au volant.
J’arrive au marche de nuit de Chiang Rai. Ici, on trouve un peu de tout.
Mais il est surtout interessant de venir ici pour l’immense variete de fruits vendus dans les gargotes. Je me gave de pasteques, de mangue et de papaye.
Plus loin, je prends quelques beignets de crevettes, et dans un autre stand, des brochettes de viande et de poulets qu’ils chauffent a nouveau 5 minutes sur le grill avant de te les donner. Bref, un repas complet pour a peine plus de 2 euros.
Je rentre a velo, cheveux au vent. Peu de circulation. Il fait doux ce soir.
J’ai le temps de vous ecrire ces quelques lignes dans la guesthouse avant d’aller me coucher. La journee a ete longue.

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

Le lit et le berceau

26 Octobre 2010

Je tourne depuis plus de 3/4 d’heure a pied dans les rues de Chiang Rai dans un rayon de 500m. Impossible de trouver la station de bus, et ceux que je rencontre ont un sens de l’orientation tres mauvais. Ils n’ont pas l’habitude de lire les cartes que je leur presente et m’indiquent 1 fois sur 2 le sens oppose. Et niveau zero en anglais pour la majorite. Tout le monde sait lire le Thai, mais pas forcement notre alphabet. Du coup, meme en montrant une indication traduite phonetiquement sur le plan, ca ne fait pas avancer les choses !
Et quant a la prononciation, et bah j’apprends… j’apprends…
Heureusement je tombe sur un anglais qui vit a Chiang Rai depuis 4 ans. Coup de bol. J’aurais jamais trouve la station sans lui.
Ma carte etait fausse…

Je prends le bus jusqu’a Chiang Saen, quasiment la pointe Nord de la Thailande. Je n’aurais pas d’autres occasions de voir le mythique fleuve Mekong, qui fait la frontiere avec le Laos.

 

triangle

Le Triangle d’Or
On appelle le Triangle d’Or la region ou se rejoignent le Laos, la Thailande et le Myanmar (ex-Birmanie), avec en gros, comme limite sud-thailandaise, Chiang Rai.
C’est dans ce triangle que la moitie de l’opium consomme dans le monde transite – encore aujourd’hui -, malgre le durcissement de la politique anti-drogue.
Chiang Mai en est la plaque tournante.

Arrive a Chiang Saen, je loue un velo pour me rendre 3km plus au sud. Je roule le long du fleuve Mekong, je traverse un bout de jungle et des plantations jusqu’au Wat Phra That Pha Ngao (ne vous sentez pas oblige de retenir son nom…), un des plus beaux de la Thailande du Nord.
Je pose mon velo a l’entree.
Je n’aurais pas du : le Wat est assez vaste ; on a meme construit des routes pour relier plus rapidemment les temples entre eux. Et entre les temples, la jungle !

L’un des premiers temples en entrant

Je monte une colline sur 400m pour atteindre un second temple. Le nombre de touristes se compte sur les doigts d’une main.
On croise les moines qui circulent librement.
Je monte encore d’une centaine de metres.

Bouddha dit « l’Eveillé »

Finalement, et en arpentant la colline quelques centaines de metres encore, j’arrive a la grande stupa du monastere.

Stupa dominant le Wat

Vue imprenable sur le Mekong. De l’autre cote du fleuve, le Laos.

Vue sur le fleuve Mekong et le Laos, de l’autre cote

Au moment de reprendre mon velo, crevaison !
Et je suis a 3km a pied de Chiang Saen.
Pour autant, ces derniers temps, j’ai plutot de la chance : mes pepins s’arrangent facilement et rapidemment (pourvu que ca dure).
Et cette fois, ce sont 2 belges qui me sauvent la mise. Il placent le velo a l’arriere de leur pick-up, je paye un leger supplement pour le pneu creve et je reprends le bus direction le sud.

Dans le bus

Signes d’adoration
En parlant du bus, lorsqu’on passe devant un temple en roulant, la plupart des thailandais baissent la tete, les mains jointes sous le menton.
On retrouve ce geste au quotidien, et notamment lorsqu’on est en presence du roi : la Thailande est une monarchie constitutionnelle. Le roi est tres respecte. On trouve sa photo dans les bus, les guesthouses, a l’entree des batiments administratifs, au rond-point, dans les garages autos, bref, partout.
L’adoration du roi se traduit au quotidien lorsque l’hymne national retentit et que sa photo apparait, quelque soit le lieu : tout le monde doit alors se lever. Cette monarchie reste toutefois a tendance autoritaire : critiquer le roi est passible de prison.

Me voici de nouveau a Chiang Rai. Je prends un bus jusqu’a Sukothai ou je passe la nuit.

27 Octobre 2010

 

siam

Syams et Khmers
Qu’on s’y retrouve un peu dans cette multitude d’ethnie :
Pour faire court, outre les nombreuses tribus encore tres presentes dans toute la partie Nord du pays, les premieres peuplades thaies avaient emigres vers la Chine. A l’epoque, ce sont les Khmers venus du Cambodge qui occupaient le Nord-Est et le Centre de la Thailande actuelle.
Ensuite les Thaies sont repartis dans le sens inverse, et on quitte la Chine ; une partie d’entres eux fonderont le Laos ; et l’autre partie, surnomme les « Syams » par les Khmers (ce qui signifie « basanés ») livrerent combat contre ces derniers pour fonder Sukothai, le premier royaume, considere comme le berceau du peuple Siam, situe en plein coeur de la Thailande.

Et Sukothai, c’est la ou je suis en ce moment. Je me leve tot le matin (encore) pour arriver avant les hordes de toutristes. En plus les couleurs sont plus belles au petit matin. Il est 7h, le parc historique est pour moi tout seul.

Plusieurs Wat :

Le Wat Mahathat – Le plus imposant du parc historique
Wat Mahathat – Encore Bouddha. Il est partout
Encore le Wat Mahathat
Toujours le Wat Mahathat
Une derniere pour la route. Le Wat Mahathat etait reserve a la famille royale donc forcement, il faut que ca impose
Bassin au lotus
Le Wat Trapang Ngoen
Le Wat Sri Sawai, fonde par les khmers
Le « prang » principal du Wat Sri Sawai
Le Wat Sosarak. En Thailande, l’elephant est le plus aime et le plus respecte de tous les animaux

Je prends un songthaew puis un bus jusqu’a Phitsanulok, et encore un autre jusqu’a Nakhon Ratchasima.
Je traverse toute la Thailande centrale ; les paysages sont magnifiques et je peux a present voir de jour ce que je n’avais pas vu de nuit lorsque j’avais pris le Bangkok-Chiang Mai des mon arrivee en terre Siam.

Dans le bus, tout est calme, personne ne s’excite et personne ne hausse la voix. Par contre, je sais pas ce que j’ai prefere comme programme a la tele depuis mon depart. « Agence tout risque » en Thailandais (ce qu’ils nous passent dans le bus en ce moment) ?, « Iron Man 2  » en turc ? A moins que ce ne soit « Dr House » en roumain…
Dehors les rues sont plutot propres, le reseau ferre et autoroutier est tres correct, les trains sont a l’heure, les bus sont frequents et propre eux aussi.
Sincerement, je ne pensais pas que la Thailande etait autant developpee et qu’elle avait autant d’atouts.

En revanche, il a beaucoup plu il y a 3 semaines dans les montagnes, et l’eau a devalle la pente jusqu’a inonder les alentours de Phimai. La ville est legerement surelevee. Du coup, a l’exterieur, les champs sont totalement inondes et Phimai se retrouve comme une ile. On empile des sacs de sable un peu partout dans les rues et devant les maisons. Je vois des camions de pompage. Certains ont meme dresse un mur en parpaing devant leur commerce ou leur habitation. Par endroit, on marche sur des bancs mis bout a bout (comme a Venise).

J’arrive tard le soir a Phimai.

28 Octobre 2010

Le plus gros de l’inondation est passe. La tendance est la baisse mais l’armee continue d’empiler les sacs de sable. On ne sait jamais.
Je me leve tot pour me rendre au Prasat Hin Phimai.
Nous sommes sur la route des citadelles khmeres. On a vu que leur zone d’influence ont largement depassee la frontiere cambodgienne. (cf. Le Wat Sri Sawai de Sukothai). Mais pour moi, c’est l’occasion de voir celui qui, dit-on, aurait ete le modele du temple d’Angkor. Un lot de consolation pour tout ceux qui, comme moi, ne passeront pas par le Cambodge.

Le Prasat Hin Phimai
Le « prang » principal du Prasat Hin Phimai
Une petite derniere avant de decoller

Je m’apprete a quitter l’Isan (nom donne a la region Nord-Est de la Thailande) pour partir vers le Sud.
Mon voyage en Thailande a ete court, mais je dois imperativement etre en Indonesie debut novembre. Question de visa (si je chope celui qui a invente les frontieres…).
J’aurais seulement quelques jours devant moi pour la Malaisie.

Comme on dit : « Choisir, c’est renoncer ». Par contre, des que j’arrive en Indonesie, j’aurais tout mon temps.
Je pourrais souffler un peu. J’ai longuement hesite, mais finalement, j’ai decide de traverser toute la partie sud de la Thailande (connue uniquement pour ses plages) sans m’arreter. Mais des plages, ne vous inquietez pas, il y en aura en Indonesie.

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

Ici gît KL

29 Octobre 2010

J’arrive le matin a Surat Thani, une ville du sud de la Thailande qui n’a absolument aucun interet ; a part si on veut prendre le bateau pour les iles paradisiaques de Ko Samui, Ko Pha Ngan ou Ko Tao.
Non seulement je n’ai pas le temps d’y aller, mais en plus, une grosse averse s’abat sur moi en arrivant, et le temps reste tres instable.
Ca ne me donne aucune envie de visiter.
J’ai eu tres peu de pluie dans le nord du pays. La roue tourne. Et me voila a errer dans les rues de Surat Thani en attendant mon train de…00h10.
Ca me fait toutefois une etape pour simplement souffler et ne rien faire, a part rester dans les snacks qui disposent au minimum d’un toit et d’un bon menu thai. Je lis, j’ecris, je patiente tranquillement ; de toute facon il pleut ; et la pluie tropicale, c’est vraiment comme une grosse douche !
J’achete aussi chez les vendeurs ambulants qui preparent les aliments devant toi. Il y a toujours 2 ou 3 tables prevues. Les clients ne sont pas nombreux. Du coup, pour patienter, ils sortent les rallonges et mettent la tele dans la rue. Je regarderais bien avec eux si leur serie tele n’etaient pas aussi niaises.

Un peu de retenue (mais pas trop)
Ici encore, on ne se tient pas la main dans la rue ; et aucun signe d’affection non plus (je vois quand meme quelques « transgressions » chez certains jeunes).
Mais rien ne les empeche de rire ensemble, et les tenues des hommes et des femmes sont tellement decontractees qu’elles font diminuer cette impression de retenue.
Les comportements des thailandais s’occidentalisent de plus en plus. On le voit surtout dans la capitale.

Averses a repetition. J’attends dans la gare…

 

30 Octobre 2010

Beaucoup de retard au depart de Surat Thani, mais ca a l’avantage de me faire arriver a Hat Yai de jour, vers 7h.
Il est plutot deconseille de faire une etape dans cette ville, region frappee par de nombreux attentats lies aux troubles religieux et ethnique dans l’extreme sud de la Thailande.
A 90% sunnites, le sud profond est ethniquement plus malais que thai ; et les mouvements autonomistes musulmans ont multiplies les bombes dans le secteur ces derniers temps.
Pour ma part, je n’ai pas le choix, Hat Yai est le noeud ferroviaire incontournable du sud de la Tailande.
La police est partout dans la gare et dans les rues, et je ne vais pas faire un immense detour pour 2 ou 3 illumines.

En tout cas, avant de partir, je tiens a dire que la Thailande est une formidable destination pour tout ceux qui souhaitent partir en famille. Je ne le dis pas systematiquement, mais c’est le meme constat pour l’Europe centrale, la Roumanie (faites attention aux chiens errants quand meme…), la Bulgarie, la Turquie. NON, pas l’Inde ! A part si vous tenez a ce que votre enfant vienne a Varanasi au bord du Gange, pour voir le fils aine fracasser le crane du pere defunt afin de liberer ce qu’il reste de son ame…
Pour le Nepal, je ne conseille pas le Terai ; c’est vraiment le prolongement de l’Inde. Mais pour le reste du Nepal (et tant que c’est en-dessous d’une certaine altitude !!!), pas de soucis pour les enfants.
Mais sincerement, venez en Thailande en famille et privilegiez le Nord dans votre programme, surtout si ils aiment les z’animaux. Le seul endroit qui peut craindre, c’est la ou je suis ; donc pour etre sur, evitez Hat Yai – de toute facon, il n’y a rien a voir ici – meme si la ville est assez vivante et les gens sympas. A part ca, il n’y a absolument aucun danger.

Je prends le train qui m’amenera jusqu’en Malaisie.

 

31 Octobre 2010

Il est 5h du matin, la gare de Kuala Lumpur est deserte.
Je trouve une anglaise qui ne sait pas franchement ou aller. Nous partageons le taxi jusqu’a arriver dans une superbe auberge de jeunesse. Ca ressemble plus a un spacieux loft bien entretenu qu’a une suite de cellule similaires tenues par un « marchand de sommeil » comme on en trouve habituellement dans chaque capitale. Le gerant nous offre le petit dejeuner avec notamment du beurre de cacahuetes. L’anglaise tombe des nues lorsque je lui dis que c’est la premiere fois de ma vie que j’en mange.
Nous sommes a Chinatown. Mais alors, que faire a KL (comme on dit ici) ?
Ce n’est pour le moment qu’une petite metropole, assez propre dans l’ensemble. On relie plutot facilement les points a pied. La ville se traverse en voiture en 15 minutes sans bouchons.
Je dois prendre tout de meme le bus pour me rendre aux Batu Caves, 15kms au nord de Kuala Lumpur.
C’est un monument assez connu. L’entree est gardee par une immense statue de 42m de haut representant Murugan, une divinite hindoue.

Entree des Batu Caves avec la statue de Murugan

Ensuite, il faut monter 272 marches pour atteindre un ensemble de grottes.
L’interieur est gigantesque mais j’arrive beaucoup trop tard dans la matinee, et je n’ai pas la joie de visiter le site seul ou en « comite restreint ». Je tenais quand meme a venir ce dimanche car c’est les week-ends qu’ont lieu les baptemes hindous. Les enfants ont le crane rase et la tete enduite d’une creme jaune.
En y reflechissant, je me dis que cette ceremonie aurait ete meilleure dans plus d’intimite.
D’un cote, un bapteme dont les pratiques sont vieilles de plusieurs millenaires ; de l’autre, les touristes, nombreux a deambuler.
Meme si peu de gens s’arretent pour regarder la ceremonie, l’atmosphere me deplait. Je m’en vais.

Je prends le bus jusqu’a un monument beaucoup plus recent (et histoire de dire que je l’ai vu). Fierte nationale et symbole de la reussite economique de tout un pays, les Petronas Towers culminent a 451m. Ce sont les 5eme plus hautes tours au monde.

Petronas Towers

 

Apres avoir longtemps deambule dans la ville, je retourne a ma tranquille auberge de jeunesse. Coup de fatigue apres ces nombreuses nuits courtes a repetition depuis 8 jours.
Apres une sieste de quelques heures, je decide de passer ma soiree dans les ruelles de Chinatown.
J’avais besoin d’un lieu vivant apres la froideur du quartier des affaires.

 

paix malaisie

La valeur de la paix
La Malaisie, c’est 50% de malais musulmans, 30% de chinois, 10% d’indiens et moins de 100000 aborigenes.
Ce sont les chinois qui detiennent majoritairement les pouvoirs economiques du pays ; en consequence, il y a une cinquantaine d’annees, d’importants affrontements inter-ethniques et religieux se sont produits. Grace a un plan du gouvernement, l’ecart de pouvoir s’est un peu reduit, mais les chinois subissent beaucoup de discriminations, surtout ces derniers temps, avec la montee de l’integrisme musulman.
Pour autant, la prosperite economique de la Malaisie a fait taire les conflits, chacun cherchant a s’enrichir le plus possible. Les chinois restent largement en tete.
La colonisation britannique a laisse quelques traces, notamment la langue. Meme si l’anglais n’est qu’une des quatre langues officielles du pays, elle reste largement parlee (et utilisee pour le commerce), et a pour vocation de rassembler ce pays heterogene compose de 4 etats, 9 sultanats et 2 territoires federaux.
En gros, tant que l’economie va, tout va.

Kuala Lumpur n’est pas une ancienne cite malaise comme on pourrait le croire. Ici, pas de vieille-ville mais quelques monuments d’epoque colonial : on passe devant sans pour autant s’y arreter…
La ville n’etait qu’un vaste terrain de boue jusqu’a ce qu’on y decouvre de l’etain a la fin du XIXeme siecle. Quelques annees plus tard, on la designe capitale du pays.

Ce soir, je reste dans cette auberge de jeunesse vraiment conviviale, mais je ne tarderais pas a partir demain : il faut l’avouer, a Kuala Lumpur, on a vite fait le tour.

Des a bises a tous. On se retrouve au sommet !

English teacher

1er Novembre 2010

Je quitte Kuala Lumpur.
Sur le chemin qui m’amene a la station de bus, je rencontre 2 polonais (c’est pas tous les jours) qui vont dans la meme direction que moi ; et comme avant-hier avec l’anglaise, ils ne savent pas tellement ou aller une fois arrive a Malacca.
Je leur propose une auberge de jeunesse conseillee par celle de Kuala Lumpur ; et arrive a Malacca, 145 kms plus au sud, on decide de se partager le taxi jusqu’au centre-ville.
Nous voici veritablement dans la seule ville de Malaisie qui vaille le detour, culturellement parlant. Dans ce pays, il n’y a aucun monument majeur a l’exception de cette ville.
La Malaisie me rappelle un peu la Turquie. Les gens sont courtois dans la rue, ils ne cherchent jamais a te vendre quelque chose, j’entends a nouveau le muezzin et je revois a nouveau la mer ; et la derniere fois, c’etait egalement en Turquie avec la Mer Egee. On respire mieux ici qu’a Kuala Lumpur.
Mais la ou la Malaisie possede l’avantage, c’est qu’elle pratique les prix fixes ! Et ca, c’est pas negligeable pour les touristes. On negocie seulement dans les marches. Ailleurs, pas de negociations, donc peu d’economie souterraine.
Au final, ca donne un pays qui semble respirer un peu mieux la sante (economique).

Je passe la fin d’apres-midi a visiter Malacca.

Malacca

Et me voici deja aux portes de l’Indonesie. Je n’ai pas le temps de visiter l’Est beaucoup plus sauvage.
Au risque de me repeter, la Malaisie est egalement une tres bonne destination pour les familles. Les tarifs sont avantageux, pas de surprise lorsqu’arrive la facture (n’oubliez pas de lire les menus en entier, il est ecrit qu’une taxe gouvernementale est ajoutee a la note), et l’islam est modere, donc peu de risque d’attentat.

2 Novembre 2010

J’ai le temps de prendre le petit dejeuner avec une espagnole a quelques pas de l’auberge avant de me diriger vers le port.
Et 3h plus tard, je debarque a Dumai, sur l’ile de Sumatra.
On controle mon sac a l’entree : le transport de drogue vaut la perpetuite en Indonesie. En Malaisie, c’etait la pendaison. J’y gagne !
Le douanier verifie meme mes cubes de sucre. Il se met a en renifler un. Je lui dis que celui-ci, il pouvait le garder pour son cafe.
Un responsable du port m’aide a trouver mon chemin.
Il m’amene jusqu’au bureau de change et pour une commission derisoire, j’obtiens mes « rupiah ».
Il me depose finalement a la station de mini-bus qui fait egalement restaurant.
En attendant de partir pour Bukittingi, Mouchsin, le frere du responsable arrive en mobylette et s’approche de moi.
Il me dit qu’il est professeur d’anglais et qu’il souhaiterait m’avoir avec lui dans sa classe pour animer son cours durant quelques jours.
J’ai encore le temps de me decider avant le depart du bus.  D’un coup de mobylette, il m’amene jusqu’a l’ecole, contigue a sa maison. Il me montre son « book » ou de nombreux touristes ont defiles avant moi.

La salle de classe

Et finalement, j’accepte.
C’est une nouvelle experience, je suis loge, nourri et meme blanchi.
Nous retournons a la station de bus pour decaler mon depart. Le temps de poser mon sac dans ma nouvelle chambre, il est deja 16h et mon 1er cours commence.
Ils ont entre 15 et 22 ans. On fait un tour de table, chacun se presente. L’anglais est plutot correct. Certains font de longues etudes, et revent de travailler pour de grandes compagnies a l’etranger ; d’autres ont de grandes ambitions, sans pour autant vouloir quitter l’Indonesie, Sumatra ou meme Dumai. Leur pays est deja tellement immense. Moi-meme, je ne sais pas par quel bout commencer…
Puis, ils me posent des questions. Quel age as-tu ? Tu voyages seul ? Durant combien de temps ? Es-tu musulman ? As-tu une copine ?
Mouchsin (prononce Mouxine) est tres ouvert d’esprit. Il comprend parfaitement les europeens (il les trouve meme admirables sur de nombreux points). Il explique parfois le sens de mes reponses en Indonesien lorsqu’elles paraissent etranges a leurs yeux ; notamment au moment ou les eleves se mettent a me plaindre quand je leur dis que je n’ai pas de religion.
Nous sommes dans le 1er pays musulman au monde. Mouchsin leur explique que contrairement a l’Indonesie, les europeens sont libres de ne pas choisir de religion.

Mon 1er cours d'anglais

La classe est mixte (je n’aurais jamais accepte ce travail si j’avais a faire le cours uniquement aux garcons – question de principe – ).  Les filles portent le voile. Pas toutes. Mais l’ambiance est bonne. Tout le monde rigole et m’ecoute attentivement quand je parle.
Apres 1h30 d’attention, c’est la fin de mon 1er cours.
On a le temps de manger avec Mouchsin, sa femme et l’une de ses 4 filles. Il n’y a qu’une porte a franchir entre la classe et la cuisine, situee juste derriere le tableau de classe.
La maison est faite de differents materiaux : briques rouges, parpaings plus ou moins recouverts de ciments, le toit en tole, carrelage dans la cuisine ou simple dalle en beton ; fines planches de bois au mur me rappelant l’interieur des lodges nepalais.
On mange avec les doigts mais ils ont prevu une fourchette et une cuillere pour moi. Pas de probleme pour manger la bouche ouverte. Un petit rot est meme le bienvenu.
Pour autant, la maison est bien tenue avec obligation de retirer ses chaussures a l’entree.
Je retourne dans la salle de classe pour mon second cours a 19h, avec les 10-14 ans ; et je commence deja a prendre quelques habitudes : balayage avec les yeux de la classe tout en parlant et en prenant le temps de regarder chacun d’entre eux quelques secondes ; questions posees a toute la classe pour relancer l’attention et question precise posee a un eleve en particulier, de preference un enfant qu’on entend jamais.
Pour le contenu du cours, j’improvise. Quels sont les moyens de locomotion que j’utilise durant mon voyage ? ou est-ce que je dors ?
Un eleve me demande si je n’ai pas eu peur des tigres et des serpents quand j’ai dormi dans la foret. Je lui ai dit qu’en Suisse, il n’y en avait pas…
Mais ca m’a permis d’embrayer sur les differents animaux de la foret ; puis je ne sais comment, sur les familles d’instruments de musique, puis sur la France, la marseillaise, l’hymne indonesien… et c’est deja la fin du cours.
En partant, les enfants sert la main de Mouchsin tout en mettant le dos de sa main contre leur front, en signe de respect. Certains me le font.
Je suis un peu gene a ce niveau. Mais c’est la coutume, que dire de plus…
En tout cas, les enfants sont vraiment adorables.

J’ai le sourire en coin quand je repense a ce matin ou je prenais tranquillement le petit dejeuner dans une ruelle de Malacca, en Malaisie ; et que ce soir, je viens d’animer 2 cours d’anglais en Indonesie.

Je suis epuise par cette journee. Mais quel enrichissement.
Je prends une douche « traditionnelle » comme dit Mouchsin : a la bassine.
Avant d’aller me coucher, je prends le temps de preparer mon cours pour demain (j’aurais jamais cru dire ca un jour…).

3 Novembre 2010

Je me reveille en entendant les touts petits reciter les chiffres en anglais. Mouchsin m’avait dit la veille qu’il n’etait pas necessaire que j’y assiste puisque l’anglais etait tres basique.
Mais 5min apres le reveil, je le croise dans la cuisine. Il me propose d’aller les voir. Ils sont 5 et ont entre 7 et 10 ans. Je suis reste avec eux jusqu’a la fin du cours. C’etaient pas forcement evident parce qu’ils n’osaient pas poser de questions. Mais en ressortant quelques reflexes datant du BAFA pour maintenir l’attention, quelques phrases courtes et quelques imitations, on finit par s’en sortir.

LP. Grand English Course

Mouchsin me dit que 2 filles venant du village d’a cote voudraient discuter avec moi pour un cours particulier. Pas de probleme.
Elles ont toutes les deux 22 ans et me demandent desesperement comment j’ai fait pour avoir aussi bon anglais. Je leur qu’a 22 ans, j’avais a peu pres leur niveau. Et encore, il y a 2 mois a peine, mon « preterit » n’etait pas fameux.
« Pourquoi les europeens aiment-ils tant voyager? », « Pourquoi ne croies-tu pas en Dieu ? », « Pourquoi n’est tu pas marie? ». Vastes sujets…
Nous restons 2h a discuter.

Cours particulier entre 2 lecons

Ca leur a fait vraiment plaisir de parler avec un etranger. A moi aussi ; et ca m’a fait d’autant plus plaisir qu’elles ont pris la peine de se deplacer depuis leur village pour me rencontrer.
Meme si Dumai est un point d’entree important par bateau depuis la Malaisie, les etrangers y debarquent sans forcement rester. La preuve, hier, j’avais mon ticket de bus dans les mains…

Puis arrive le cours de 16h aves les 10-14 ans. La classe est bruyante mais le cours se passe sans probleme. Une voix qui porte, ca aide.

Le quartier de l'ecole

 

On est juste a cote de la mosquee. Et le muezzin, on l'entend vraiment... vraiment bien !

Apres la lecon, un eleve de la veille souhaite me voir pour discuter « and to practice english ».
Je le recois dans la classe vide. Il a 17 ans, fait des etudes de programmation informatique et son anglais est bon. Mais il m’explique que souvent, les etrangers qui debarquent a Dumai ne le croient pas lorsqu’ils leur dit qu’il veut simplenment parler anglais avec eux.
Je lui explique que durant mon voyage en Inde, tout ceux qui m’accostaient voulaient absolument me vendre un service ou m’amener dans leur boutique.
Je lui dis que la 1ere chose a faire la prochaine fois qu’il rencontrera un touriste etranger, c’est de lui dire : « I sell nothing, I just want to practice my english » (Je ne vends rien, je veux simplement pratiquer l’anglais).
De temps en temps, il se rend au port ou vers les hotels pour trouver les touristes et discuter avec eux. Je lui dis que Dumai est une bonne ville parce que c’est un point d’entree important pour l’ile de Sumatra.
Plus tard, il veut travailler pour une societe informatique au Canada.
Pour la plupart, il y a vraiment de l’espoir ; et cette ecole represente l’espoir d’avoir un metier ou un poste plus important en etant bilingue. C’est le moyen de s’ouvrir a l’international… et c’est pas moi qui dirait le contraire : sans l’anglais, ce n’est meme pas la peine d’envisager de partir faire un tour du monde.

C’est l’heure du cours de 19h. C’est une autre classe « d’jeuns ». 1 sur 2 arrive en mobylette. L’anglais est bon. Je vais eviter de leur enumerer les animaux de la foret…
Chacun a une petite question me concernant ; a part les 2 du fond de la classe, totalement desinterresses, qui me rappellent vaguement quelqu’un au meme age.

Le cours se termine. J’ai pu parler plus aisement avec eux sans avoir a expliquer chaque mot et ainsi, ne pas perdre le fil.
Seance de photos. Je leur donne l’adresse de mon blog en leur promettant d’ecrire quelques lignes en anglais. Ce que je fais immediatement :

Message to the students of L.P Grand English Course:
It was a great pleasure to meet you and I was really enjoyed to answer your question about my travel and my life in France. Continue to practice english because it is the most important language on the world, and the most spoken language of the world.
English is so important for your future job abroad, or if, one day, you want to travel. But it’s also important even if you stay in Dumai because there are a lot of tourists which want to sleep, to eat, to travel, to be guided or to be treated in Dumai. And it will be possible for you to help them because you will speak the same language as them.
Take care of you
Good Bye
Alex

4 Novembre 2010

Je profite de ma matinee pour vous ecrire ces quelques lignes.
Je m’apprete a quitter l’ecole et Dumai.
J’espere que ma visite leur aura ete benefique pour eux. Elle l’aura ete pour moi en tout cas.

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

 

Obama et Jakarta

4 Novembre 2010 (suite et fin)

Avec Mouchsin, nous partons en ville d’un coup de mobylette. J’en profite pour retirer 1500000 rupiah. Oui, 1 million 500 mille rupiah ! C’est de la folie ici. On se croirait revenu a l’epoque des anciens francs (que j’ai pas connu d’ailleurs).
1 euros vaut environ 15000 rupiah. Du coup, une petite bouteille d’eau vaut 3000 rupiah, ton petit dejeuner coute 18000 rupiah, ta chambre d’hotel 60000 rupiah… Et c’est pas cher, qu’on se le dise ! Les calculs sont plutot simples mais tous ces zeros perturbent. Une erreur est vite arrive. J’ai failli payer un dentifrice plus de 15 euros ! Et c’est pas la commercante qui me l’aurait signale…
Me voici donc millionnaire ; pas pour tres longtemps…

Au retournant a l’ecole, j’ai quelques dizaines de minutes a accorder a une fille de 23 ans ; venue specialement pour discuter avec moi.
Elle est maitresse d’ecole a Dumai, et enseigne le christianisme. Ca me fait un bon sujet de conversation, elle qui vit dans un pays musulman.
En fait, elle n’aime pas l’Indonesie, parce que les familles musulmanes ne veulent pas que leurs enfants se marient avec une fille d’une autre religion.
Elle trouve les musulmans trop renfermes et trop prohes de leur enfants.
Elle est chretienne et reve un jour de partir en Australie ou au Canada.
Nous parlons aussi du tsunami. Celui de 2004 qui a touche la pointe Nord de Sumatra, et celui plus recemment, celui qui a touche les iles Mentawai, a l’ouest de Padang, toujours a Sumatra.

A Sumatra, rien de pire qu’en 2004
Dans l’histoire de l’ile de Sumatra, pas un seul conflit entre autochtones et colons portuguais (et hollandais par la suite) ne pourrait etre comparable aux degats humains occasionnes par le tsunami de 2004, ce qui est tres rare pour un territoire aussi grand (la sixieme plus grande ile au monde).

Mouchsin m’amene finalement a la station de bus. Il me remercie. J’en fait autant ; je finis par prendre le bus que j’aurais du prendre 2 jours auparavant.

Je pars en direction de Bukittinggi, a l’Ouest. Le trajet est rythme par les trous d’une chaussee delabree et par un ecossais qui… comment dire… cet ecossais, c’est comme un anglais mais sans le raffinement. Pour vous donner une image, c’est quelques gouttes de whiskey dans le thé…
Il a le rire gras, fume constamment, tousse fort. Je l’imagine tres bien assis sur le comptoir d’un pub et pourtant il est la, a cote de moi, avec son fort accent et un orgueil surdimensionné.
Le trajet dure tres… tres longtemps. On s’arrete dans des parkings remplis de gargotes, ou chacun vend exactement la meme chose que le voisin : biscuits secs, chips, gateaux aperitifs… rien de consistant.
La culture du sandwich me manque en ce moment.
Nous reprenons la route. L’ecossais continue a me parler, la bouche pleine a present.

5 Novembre 2010

Nous arrivons finalement vers 3h du matin a Bukittinggi apres 11h de trajet. Pour la premiere fois, j’ai franchis l’equateur ; et ce ne sera pas la derniere fois…
Je prends l’hotel le plus basique, tenu par un allemand expatrie depuis 8 ans. Sa femme est indonesienne. « Voyage-belle rencontre-je reste jusqu’a la fin de mes jours » : j’ai deja entendu ce genre d’histoire…

Bukittinggi

Apres quelques heures de sommeil, je passe une partie de l’apres-midi a regler mes prochaines destinations.
Finalement, le moyen le plus simple et surtout le moins cher (et aussi le moins eprouvant) reste l’avion. Les compagnies low-cost sont nombreuses en Indonesie, et la concurrence fait tellement baisser les prix que certaines vols sont moins cher que le bateau.
Et en ce qui concerne le mini-bus, les routes sont dans un tel etat qu’il me faut 35 heures pour rallier Bukittinggi a Jakarta, pour seulement 5 ou 6 euros moins cher que l’avion.
J’aime l’aventure, mais les 11h de route d’hier m’ont fait reflechir… et les indonsiens roulent vraiment comme des fous.
Pour des raisons climatiques, j’ai decide de passer l’essentiel de mon voyage dans l »Est de l’Indonesie. Nous sommes dans la basse saison, les jours de pluies sont plus frequents, mais apres m’etre renseigne, j’ai constate que le temps etait plus clement dans l’Est du pays.
On verra si j’ai raison…

Je passe la fin d’apres-midi a me balader dans le canyon de Bukittinggi.
Balade tres tranquille.

Canyon de Bukittinggi

6 Novembre 2010

Je prends un bemo (minibus pouvant accueillir une dizaine de personnes) jusqu’a Padang, puis l’avion jusqu’a Jakarta. De la, je prends un bus pour la gare centrale ; et enfin un type me propose de faire le trajet jusqu’a mon hostel a mobylette. C’est moins cher que le tuk-tuk et tu prends le vent.
Le temps qu’il se paume et qu’il confonde le nom de l’hostel et celui de la rue, j’arrive finalement dans le Jalan Jaksa, le quartier des routards.
En cherchant finalement un autre hostel qui n’affiche pas complet, je tombe sur un allemand d’origine turque, Yunus.
On decide de se cotiser pour prendre une chambre avec 2 lits, beaucoup plus rentable. Nous passons la soiree dans un bar-snack ambiance electro a parler de la Turquie, de Cologne, sa ville natale, de Berlin, de mon allergie a la charcuterie turque, de l’oeil bleu, de Kayseri, son autre ville d’origine, qui est aussi la toute derniere ville turque que j’ai visite… Bref, quand on a decide de faire un tour du monde, on finit par avoir de plus en plus de points communs avec les gens que l’on rencontre ; que ce soit la ou ils sont nes, leur derniere ou leur prochaine destination…

Jakarta comme Istanbul, a un taux de criminalite tres faible pour une capitale, et les touristes sont tres rarement pris pour cible.
Yunus confirme ma theorie : dans les pays a majorite islamique, la religion musulmane est tres a cheval sur « aime ton prochain et ne le vole pas ».
7 Novembre 2010

Nous passons la journee a visiter Jakarta, ville bruyante comme toutes les capitales.
Nous nous dirigeons dans le Mesjid Istiqlal, une des plus grandes mosquees du Sud-Est asiatique. En chemin, je lui fais remarquer qu’une cathedrale catholique se trouve de l’autre cote de la rue ; la mosquee et la cathedrale etant separee par une riviere. Tout un symbole.
Il me dit que si je veux, je pourrais me recueillir dans la cathedrale juste apres la visite de la mosquee. Je lui reponds que ca m’est egal, je ne suis pas chretien.
Et la, comme si je devais etre forcement croyant, il me demande :
– « Alors, quelle est ta religion ? »
– « Je n’en ai pas »
– « Pourquoi? »
– « Je ne crois pas en Dieu »
– « Tu devrais essayer la religion musulmane » dit-il avec le sourire
– « Et pourquoi ? »
– « Parce qu’elle prone la non-violence »
– « Il m’arrive de la proner tout seul »

Bref, tout un monde qui nous separe ; mais je suis bien content de visiter Jakarta avec un musulman pratiquant, j’en sais beaucoup plus a present.

Arrive a l’interieur de cette immence mosquee, Yunus s’habille de la tenue traditionnelle destinee a la priere. Il me demande de le prendre en photo pendant qu’il prie. Pour cela, je me place au niveau superieur ; la salle de priere au rez-de-chaussee, pouvant accueillir 200000 fideles, etant reservee aux musulmans.

La Charia
C’est l’ensemble des lois islamiques auxquelles un musulman pratiquant doit se conformer : tenue vestimentaire sobre, jeu d’argent interdit, alcool prohibe, appel a la priere 5 fois par jour…
Pour autant, en Indonesie, toutes les familles musulmanes ne l’appliquent pas strictement ; la majorite sont habilles a l’occidental et sont loin d’aller prier 5 fois par jour (parfois jamais). Pour se donner un ordre d’idee, l’Indonesie compte 87% de musulmans et 9% de chretiens. Bouddhisme, animisme et hindouisme se partagent le reste.

Au retour, nous passons devant une manifestation contre la venue d’Obama, mardi a Jakarta.
De 1967 a 1971, il a vecu dans la capitale ; et c’est la premiere fois qu’il revient.
Seulement, pour le mouvement islamiste Hizbut Tahrir qui manifeste devant moi, Obama n’est pas le bienvenu. Jusqu’a ce soir, je n’ai pas pu savoir si ce mouvement etait considere comme extremiste. Ca n’avait pas l’air de deranger Yunus qui me demandait de le prendre en photo avec les manifestants.
Et durant toute l’apres-midi, je me suis demande si, en prenant ces photos, je n’avais pas indirectement cautionne ce mouvement. J’etai tres mal a l’aise.
Finalement, apres plusieurs recherches, le mouvement islamiste Hizbut Tahrir se presente aux yeux du monde comme une organisation non-violente, ayant manifeste pour la liberation de la Palestine, contre les caricatures danoises de Mahomet, et aujourd’hui, contre Obama qui continue de coloniser les pays musulmans et de tuer « leurs freres d’Irak et d’Afghanistan » (propos du porte-parole). Je ne prends partie de rien, j’expose simplement les faits.

En tout cas, dans les pays que je traverse, j’ai souvent l’impression de tomber au coeur de l’actualite. Et c’est interressant de suivre les choses sur place. Meme si souvent, les evenements sont rarement droles, on voit les choses vraiment differemment…

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

Les volcans de Java

8 Novembre 2010

Nous partons en taxi jusqu’a l’aeroport.
Yunus part pour Singapour.
Pour moi, c’est Surabaya, au Nord-Est de Java.

Ma premiere idee avant d’entrer en Indonesie etait la visite des villages de Borobudur et de Prambanan, tout 2 situes au centre de l’ile. Borobudur abrite le plus grand monument bouddhique du monde et Prambanan possede de nombreux temples hindous.
Malheureusement, ces villes sont situees non loin du Merapi, l’un des volcans les plus dangereux de la planete.
Et en ce moment, Merapi fait des siennes. Plusieurs eruptions ont eclate depuis le 26 Octobre, date de son entree en phase eruptive ; et aujourd’hui a ete sa plus forte eruption. Par ailleurs, un seisme a provoque la panique cet apres-midi aux alentours du volcan.
Deja 100000 habitants des villages ont du etre evacue. Je ne sais pas si on en parle beaucoup en France mais ici, ca passe en boucle sur toutes les chaines de tele.

J’ai pris la decision de partir encore plus a l’Est, a Probolinggo, ou je passe la nuit.

9 Novembre 2010

Les volcans de l’Est de l’ile de Java sont en constant activite mais visitables.
Je prends un bemo jusqu’a la gare de Probolinggo pour deposer mon sac a dos en consigne ; ou plutot, a l’interieur d’une salle sans verrous, le controleur m’assurant qu’il etait ici en securite. Pas le choix, on est bien oblige de faire confiance de temps en tenps.

De la, on m’amene a moto (pas de bus avant tres longtemps et pas de bemo) jusqu’au massif volcanique compose de 3 volcans.
Sur la route, le paysage est superbe. La ville fait place peu a peu aux forets et a quelques exploitations perchees dans les hauteurs.

Sur la route qui mene aux volcans

Je traverse le Java rural.

 

Le Java des montagnes

L’air devient de plus en plus frais et la brume s’installe par endroits.
Arrive au village de Cemoro Lawang, la guichetiere de l’entree du site m’informe que le sommet du Bromo est trop « actif » pour pouvoir le visiter. Neanmoins, je peux me balader dans le cratere.

Dans le cratere ???
En fait, le cratere qu’on appelle caldeira mesure 11kms de diametre. Et c’est a l’interieur de cet immense cratere qu’on trouve notamment le volcan Bromo et le volcan Batok.

Je marche donc dans la caldeira : une mer de sable noir pour rejoindre le pied des volcans.

 

La caldeira

L’atmosphere est vraiment particulier. On a du mal a apprehender les distances.
Le temps est instable. La brume s’installe pour se dissiper quelques minutes apres. Il pleut par intermittence.
Je marche dans ce desert, et j’entends parfois gronder le Bromo, qui fume en permanence.
Arrive au pied du volcan Batok, je vois un temple hindouiste. Depuis ce temple, on jette chaque annee des offrandes dans le cratere afin d’apaiser sa colere.

Temple hindouiste au pied du Batok

Le Bromo et le Batok ne sont pas excessivement loin l’un de l’autre.

Le volcan Bromo

Le cratere m’aura donne quelques heures de repit avant que la brume finisse par s’installer durablement.
A peine revenu en foret, la pluie s’intensifie.

A Cemoro Lawang, il n’y a pas grand monde. Mais par chance,  dans cette brume je trouve un bemo qui redescend jusqu’a Probolinggo.
L’engin avance doucement sous une pluie battante. Apres plusieurs heures d’une lente redescente, je retourne a la gare. Mon sac n’a pas bouge d’un centimetre.
Je prends un aller-simple (toujours…) pour Banyuwangi, la pointe Est de Java.
J’ai plusieurs heures devant moi avant de prendre mon train, me permettant de vous ecrire ces quelques lignes au cyber-cafe du coin.

Des bises a tous.  On se retrouve au sommet ! (du Puy-de-Dome, ca suffira…)

Liberty

10 Novembre 2010

Je prends le train de Probolinggo en direction de Banyuwangi, la pointe Est de Java pour debarquer ensuite sur l’ile de Bali au petit matin.
L’Indonesie me rappelle l’Inde par endroits et sur certains aspects de la vie quotidienne : des paysages magnifiques certes, mais la proprete laisse a desirer dans les lieux publics et certains restaurants. Dans un bemo, je tenais un emballage vide dans les mains. Une femme a cote de moi me fait comprendre de le balancer par la fenetre. Je lui dis que non ; et par la suite, elle montre du doigt tous les detritus deja lances dehors.
Un long soupir appuie mon second « non ».
Chose insupportable, en prenant le bateau pour rejoindre Bali, je vois certaines personnes jeter leur sac plastique dans l’eau depuis le pont ; en revanche toujours au port, jamais en pleine mer. Une moitie d’education…|
Si j’avais su a Dumai qu’une partie de la population se comportait de cette maniere, j’en aurais parle pendant mes cours d’anglais, quitte a passer pour l’europeen donneur de lecons. Et ca pourrait changer tellement vite !…

Alors, quelle est-elle cette Bali ? Et pourquoi raisonne-t-elle autant chez les Europeens et dans le monde entier ?
Bali, c’est une ile a taille humaine qui concentre absolument tous les elements pour des vacances reussies : plages de sables blancs, cocotiers pour la detente ; surfs et plongee sous-marine pour le sport ; volcans, temples hindous (Bali est le coeur de l’hindouisme en Indonesie) et rizieres pour l’aspect naturel, culturel et patrimonial.

Mais le tourisme de masse a bien pris le pas et les hotels se succedent le long de la mer, meme si le coeur de l’ile reste assez bien conserve.

Je tenais neanmoins a venir a Bali pour la richesse de ses fonds-marins.
Et oui, aujourd’hui, c’est mon bapteme de plongee en mer de Flores (en mer tout court d’ailleurs).
Des coraux, des poissons, il y en a dans toutes les iles d’Indonesie. Mais le Liberty, lui, repose ici, a Bali.

11 Janvier 1942
On est en pleine Seconde Guerre Mondiale. Le Japon occupe l’Indonesie.
L’USS Liberty, un cargo americain de 120m transportant un convoi de caoutchouc et des rails de chemins de fer traverse le detroit de Lombok (entre Bali et Lombok, l’ile a l’Est). Un sous-marin s’approche et torpille le cargo. Les 2 destroyers americains venus lui porter secours ont juste le temps de recuperer le materiel avant que le bateau soit remorque  jusqu’a la plage pour y etre echoue.
Mais en 1963, l’eruption d’un volcan balinais le repousse a 50m du rivage de Tulamben.

Et Tulamben, c’est la ou je me trouve en ce moment.
Vous allez me dire a quoi bon visiter une vieille carcasse rouillee. C’est bien plus que ca. Pendant plus de 20 ans, on avait presque oublie que l’epave reposait au fond des eaux jusqu’a ce que les clubs de plongee s’en interessent.
En 20 ans, la ferraille en decomposition a constitue un formidable support pour des centaines d’especes de coraux et d’algues ; et de nombreuses varietes de poissons prirent l’habitude de se servir sur et autour de l’epave.
Je voulais quelque chose d’original, le Liberty est la part d’histoire que j’ai ajoute a ce bapteme.

En moins d’un mois, je bats mon record d’altitude avec le Mont Gokyo au Nepal. Aujourd’hui, je bats mon record de profondeur : 7m… bon, c’est vrai, c’est pas enorme, mais c’est quasiment le maximum autorise pour une premiere.
C’est relativement suffisant car si la proue du bateau s’est enfonce a 29m, l’arriere, lui, n’est qu’a 4 m de profondeur.

Plage de galets. Point de depart pour atteindre l'epave du Liberty

Nous partons avec l’instructeur depuis la plage. A peine 3m de fond suffit pour subir une pression tres forte aux oreilles.
Ca fait vraiment mal. Pour ca, il n’y a qu’un moyen d’y remedier, remonter pour redescendre a nouveau petit a petit.
Finalement, j’atteinds l’epave et c’etait un spectacle sensationnel (desole mon appareil photo n’est pas etanche).
J’ai caresse du bout des doigts un peu d’histoire. En quelques coups de palmes, tu te retrouves au milieu des coraux et des bancs de poissons. Et c’est calme sous l’eau. Tellement calme. Tu n’entends que le bruit de ta respiration lente a travers le tube relie a la bouteille d’oxygene.
L’epave du Liberty restera un tres bon souvenir.

Je pars le soir pour Padangbai, a l’Est de Bali.

11 Novembre 2010

Je prends le ferry de Padangbai qui m’amene sur l’ile de Lombok, sur l’archipel Nusa Tengarra (en francais, les iles de la Sonde).
Lombok est l’ile la plus a l’ouest de cet archipel.
Ici, tout est plus complique qu’a Bali : la vie, les transports…
Le bemo que je prends au port pour me rendre au Nord a ete un calvaire. Je negocie le prix, nous partons, et moins d’une heure apres, il s’arrete et me dit de prendre l’autre bemo juste en face. Ils s’arrangent entre eux pour le transfert d’argent. Le chauffeur s’en va pendant plus de 2h. Je reste tout ce temps dans le bemo vide, en plein carrefour.
Je m’impatiente vraiment. Les cles sont sur le conctact. Ca donnerait presque envie de…
Au bout d’un moment, des gens s’approchent de moi pour me dire d’attendre : c’est le bus public et tant qu’il n’est pas suffisamment complet, il ne part pas. Le chauffeur revient, mais dans tous les cas, je suis toujours seul dans le bemo, donc pas de depart possible puisque pas rentable.
Au moment ou je lui demande de me rendre l’argent pour que je trouve un autre moyen de locomotion, 4 personnes sorties de nulle part arrivent d’un coup et s’inserent dans le bemo.
Il aura fallut 3h d’attente avant de partir…

Menteurs
En Indonesie, on doit tout negocier, et a la longue, ca devient vraiment fatiguant. Ils s’accrochent a toi ; pas autant qu’en Inde mais les premiers que tu rencontres au port ou a la station de bus sont souvent les plus fourbes qui te proposent leurs services pour des sommes exhorbitantes. Par contre, comme en Inde, ils mentent ! Ils te disent qu’il n’y a plus de bus pour ta destination afin que tu montes dans leur bemo ; ils te disent que le ferry est deja parti alors qu’il est sur le quai ; ou alors qu’il n’y en a plus pour aujourd’hui alors qu’il circule 24/24h.
En Thailande et en Malaisie, ils etaient honnetes. Il fallait souvent negocier, mais ils etaient honnetes.

C’est une des raisons pour laquelle j’ai decide depuis un certain temps deja, de partir vers Bangsai, point de depart pour les Iles Gilli ; car mis a part les 45 min de bonheur sous l’eau a Bali, les 2 ou 3h dans le cratere du massif volcanique de Java et une courte balade dans le canyon de Bukittinggi, ca fait 10 jours que je vis dans le vacarme des villes, a prendre la chaleur et la crasse, avec sans arret ils te posent la meme question : de quel pays tu viens ; et te repondent « Zidane » tout de suite apres afin d’entammer (maladroitement) la conversation pour mieux te vendre ceci ou cela.
Vous l’aurez compris, j’ai grandement besoin de calme.

Les iles Gilli sont au nombre de trois. A moi de faire mon choix.
La premiere, la plus grande, est la plus touristique et la plus bruyante ; la seconde est petite, tranquille, mais commence doucement a se remplir de bungalows ; et enfin, la troisieme, aussi grande que la seconde, encore plus tranquille, avec quelques constructions seulement, et bien espacees entre elles.
C’est decide, je prends la troisieme : Gilli Meno.

A l’embarcadere de Bangsai, une dizaine d’europeens partent pour Gilli Trawangan, la plus grande ; une poignee s’en vont pour Gilli Air ; quant a moi, je suis seul sur le bateau, le reste etant des habitants de l’ile.
En arrivant, je file tout de suite au Nord, quasiment a la pointe (le courant est trop fort entre les iles. La pointe, c’est l’ideal pour se baigner). Les distances sont courtes : on fait le tour de l’ile en 1h. Pour autant, les prix sont les memes qu’a Bali. Je vois qu’il y a beaucoup de verdures et la vegetation est plutot basse, avec quelques arbres pouvant faire de l’ombre. Je decide de poser ma tente dans un petit coin recule (a pourtant 50m de la plage). Si on veut me trouver, il faut quand meme bien chercher…

La plage

A Jakarta, j’ai achete du repulsif pour dormir tranquille ; et a Bali, j’ai pris le temps d’acheter des tongues et un maillot de bain.
N’imaginez pas que je suis en plein milieu de la jungle avec des tarentules et des gros serpents : ce n’est pas ce genre de climat ici.
Seuls quelques cocotiers (et les indonesiens) font rappeler qu’on est dans un pays tropical. Pour le reste, le paysage est mediterraneen : petits arbres a feuilles persistantes, ronces, herbes hautes et pins (ou un arbre de la meme famille).
On est hors saison et pourtant le ciel est bleu, il fait environ 30 degres et l’eau est chaude.

Je croise quand meme quelques touristes. Mais la plupart du temps, je suis seul.
L’ile est calme : aucun vehicule n’y est autorise. La nuit venue, je fais un petit feu devant ma tente pour faire cuire quelques aliments achetes a Lombok. Au loin, j’entends le bruit des musiques sur Gilli Twanganan ; de l’autre cote, je vois beaucoup de lumieres sur Gilli Air. Ici, il n’y a pas un bruit et seulement quelques ampoules eclairant les bungalows.
Je pense avoir fait le bon choix en debarquant sur Gilli Meno.

Quelques paillottes juste a cote

Pendant quelques jours, j’aimerais porter le nom de ce cargo americain : Liberty !

12 Novembre 2010

Il a fait tres chaud cette nuit. Les temperatures peinent a retomber durant la nuit.
Je prends un petit dejeuner devant ma tente avant d’aller acheter de l’eau au bungalow du coin. Et de l’eau, il en faut !
Pour boire, pour faire cuire, pour la vaisselle, les dents… La-dessus on ne transige pas : on achete l’eau en bouteille. Tout ce qu’on peut trouver ailleurs que dans une bouteille, c’est de l’eau de mer.

Lorsque par curiosite on me demande dans quel « hotel » je suis, je dis qu’il est a l’autre bout de l’ile, sans parvenir a retenir le nom ; et inversement quand je suis a l’autre bout de l’ile.
On verra combien de temps pourra durer ce petit jeu.

Pour le moment, je fais quelque chose que j’ai pas eu l’habitude de faire tres souvent : RIEN !

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

Sur la plage abandonnée…

13 Novembre 2010

Je me leve tot ce matin. Il fait vraiment chaud dans la tente. Qu’importe, je finis ma nuit sous une des paillottes au bord de la plage.
En fin de matinee, on vient me signaler que les paillottes sont privees. Qu’importe encore, je me mets au bord de la plage, a l’ombre d’un pin.

Quand il fait beau, tout va bien. Mais lorsque le temps se couvre, tout est nettement plus complique dans mon cas. J’etais a 20min a pied de ma tente quand il s’est mis a pleuvoir, et j’arrive trempe. Je n’avais pas laisse grand chose a l’exterieur ; mais impossible d’allumer un feu. Je dois partir au village en pleine nuit pour trouver ue gargote ouverte et manger un morceau. La vie de Robinson a parfois ses limites.
Il pleut jusque tard dans la nuit…
14 Novembre 2010

Chaleur et ciel bleu a nouveau, comme si rien ne s’etait passe durant la nuit.
En fin de matinee, tout redevient sec ; quelques nuages subsistent ; parfait pour faire un feu et manger dehors sans crever de chaud.

Vue sur la pointe de Lombok

Apres-midi au bord de la plage. Un vendeur de bracelets s’aproche de moi. Il doit en vendre un par semaine ici…
Puis, deux femmes s’amenent pour me vendre des ananas precoupes. Ah! ca par contre, je dis pas non.

Vue sur Gilli Air

Et puis je refais un feu avant que le soleil ne se couche. Ici, toute l’annee, le soleil se leve a 6h pour se coucher a 18h. Ca ne change jamais.
Journee on ne peut plus cool !
15 Novembre 2010

Je passe a peu pres la meme journee qu’hier.

Interieur de l'ile
Seules les charettes sont autorisees comme moyen de transport sur l'ile

Je profite de ce dernier jour sur l’ile. Deja la fin…

Derniere baignade

16 Novembre 2010

Ca y est, je suis bien remis. Je peux redecoller et poursuivre mon voyage en Indonesie. Mais avant de partir, je me leve tot le matin pour une seule raison. La voila :

3 mois !

Et c’etait la toute derniere photo sur Gilli Meno avant de partir ce matin en direction de Sengiggi.
J’embarque comme j’ai embarque a Bangsal il y a 5 jours : pieds nus. Ici, pas de ponton, on enleve ses pompes et on saute directement dans le bateau depuis la plage.
Arrive a Bangsal, je retrouve mes chers menteurs. Le prix du billet pour Sengiggi comportait l’aller jusqu’a Bangsal et le mini-bus jusqu’a Sengiggi… mais pas le transfert entre la plage de Bangsal et la station de bus.
Si bien qu’un porteur attrape mon sac pour le mettre directement dans une charette, afin qu’il touche sa commission aures du conducteur. Le porteur me demande quelques argents. Je lui donne un petit billet sans savoir que le transfert n’etait pas compris dans le ticket ; ce que le conducteur me fait savoir.
Je m’enerve. Je lui dit qu’avec eux c’est toujours la meme histoire. Et par-dessus le marche, il me propose un prix exorbitant pour faire a peine 600m de trajet.
Je recupere mon sac avant de partir a pied en direction de la station de bus.
Je n’ai plus aucun sans froid avec eux, c’est affreux.
A peine, je quitte Gilli Meno qu’il faut a nouveau se battre pour tout.
Ma colere finit par passer en marchant et en m’installant sur la terrasse d’un cafe, ou les prix sont fixes et les gens souriants. J’attends le mini-bus.

J’arrive a Sengiggi 1h plus tard.
Je m’achete une nouvelle paire de lunettes de soleil. Le vendeur en profite pour me proposer des champignons et de la marijuana. Je me vois contraint de refuser car j’ai autre chose a faire que de croupir dans une prison a Lombok (et qui viendra me rendre visite ?…). C’est monnaie courante ici, mais parait-il que beaucoup sont de meches avec la police. Et lorsqu’ils ne te proposent pas ca, il arrive qu’ils t’invitent dans un endroit ou une femme t’attends pour un intimate massage ; ce qu’on peut traduire par « prostitution dissimulee ». Ce genre de cas se produit surtout a Bali. Lombok n’est pas encore assez touristique. Mais ca viendra.
Tant qu’il y a de la demande…

Les destinations que j’ai prevues pour la suite sont assez cheres lorsqu’on voyage seul. Et entre les horaires des ferries approximatifs, les rares fois ou ca coincide avec tes dates a toi, et le peu de moyens de transports qu’il y a plus on se dirige vers l’Est du Nusa Tengarra ; autant passer, pour quelques jours, par une agence pour cette partie de l’Indonesie.
Entre l’aventure et un budget reduit, il faut parfois faire un choix.
Je passe par une agence privee reconue nationalement.
Ca y est, c’est regle pour 3 jours. Mais le depart n’a lieu qu’apres-demain, ce qui me fait rester a Sengiggi un peu moins de 48h.
Il n’y a pas grand chose a faire ici, a part rester sur la plage a siroter un jus de coco ou d’avocat (une specialite indonesienne).
Par contre, il ya une chose que je dois absolument faire pendant ce laps de temps : ME LAVER ! Je suis reste en maillot de bain sur Gilli Meno pendant 6 jours, sans me regarder dans un miroir, donc sans me raser, en prenant la mer pour une baignoire, et mon Tee-shirt sent un melange entre la sueur, la creme solaire et le feu de bois (vous avez vraiment tous les details de mon voyage dans ce blog…).
En me dirigeant vers la guesthouse que m’a conseille l’agence (je passe par des valeurs sures tant que je peux), les gens te demandent ou tu vas, si tu veux une chambre. Eux, mentent sur les prix reels et la qualite des prestations ; et moi je dois mentir aussi pour qu’on me foute la paix. Tu parles d’un quotidien…
Heureusement que la nature est la et quelques indonesiens sympa que je rencontre principalement dans les bars et restaurants, la ou je n’ai pas a discuter le prix pour un carre de sucre dans le cafe (j’exagere a peine).
La guesthouse est flambant neuve et pas chere. Parfait pour y passer 2 nuits.

Je n’ai plus qu’a attendre tranquillement le 18 Novembre avant de partir vers… vous le saurez bien assez tot !

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !