Repos du francais

21 Aout 2010 (suite et fin)

Train de Innsbruck á Zell Am See. Demain c´est dimanche, et pour la premiére fois depuis une semaine,  j ´ai décidé de rester plus de 24h au meme endroit. J´ai pris 2 nuits au camping de Zell Am See, le temps de laver les vetements, tout décrasser, reposer le dos et faire un petit trek autour du lac de Zell Am See sans mon sac á dos.

Zell Am See

22 Aout 2010

Tour du lac de Zell Am See. Aprés-midi tranquille et ensoleillée. Libéré du sac á dos et sans le soucis de savoir ou dormir le soir. Ca n´a pas l´air, mais ca m´enléve une bonne épine du pied. J´ai pu enfin prendre de la hauteur et apprécier le panorama. Si mon « timing » est pas trop serré, j´essaierais de faire ca tous les dimanche. Mais pas sur…

23 Aout 2010

Auto-stop de Zell Am See á Salzbourg par un camionneur super sympa. Thank you, Herbert ! Il m´a raconté qu´il a fait le tour du monde pendant 2 ans ( Respect ! ), mais il revenait les hivers á la maison ( Respect quand meme ! ). Et me voici á Salzbourg d´ou je vous écris.

Des bises á tous. On se retrouve au sommet !

Touché par la Graz

23 Aout 2010 (suite et bonne fin)

J´ai pris un long train de Salzbourg jusqu´a Leoben. Un train un peu trop long qui me faisait arriver trés tard. Au dernier changement, je demande á un couple si c´est le bon train. Ils me demandent instantanément d´ou je viens et oú je vais précisément. Je leur dis que j´espére trouver le camping de Leoben dans cette nuit noire. Ils me répondent que s´il y a un probléme, ils ont un lit pour moi á Graz, á 5min de la gare (quelle aubaine !).
Je prends leur numéro de téléphone juste au cas oú ; nous continuons la conversation : tour du monde, parti de France, mon trajet prévu…

Je leur ai sorti la seule chose que je connaissait de Graz : c´est le lieu de naissance d´Arnold Schwarzenneger ( c´est Herbert le camionneur qui me l´a dit). Au bout de 10min, ils me disent :  « si tu veux connaitre un peu mieux la ville, tu n´as plus qu´á dire oui pour ce soir ».
L´envie de me faire inviter (et pour une fois, ne pas galérer) prenant le dessus, j´ai prolongé mon trajet en train…

Et me voici á Graz, en compagnie de Léo et Janja. Janja (prononcé Yanya) est infirmiére et Léo dans le tourisme d´affaires. Ayant étudié dans une école traditionnelle, il avait le choix entre Grec ancien et francais. La haute bourgeoisie parlait autrefois le francais dans toute l´Europe. Par défaut, il a choisi le francais. Il a gardé quelques notions mais on a surtout parlé anglais.
J´ai découvert l´huile de citrouille, qu´on peut ajouter en petite quantité dans les salades. Gout particulier mais pas mauvais du tout. Ils m´en ont donné un échantillon. Un petit souvenir d´Autriche…

24 Aout 2010

Aprés une bonne nuit dans un vrai lit, j´ai laissé mon sac chez Léo et Janja pour visiter Graz le matin. L´architecture et les couleurs me rappelent Berlin. J´ai visité le quartier historique et arpenté le Schlossberg, le point culminant de Graz, ancien chateau attaqué á maintes reprises par notre valeureux conquérant Napoléon.
Le temps de prendre une douche, de saluer ce couple autrichien et de leur dire qu´ils sont les bienvenus s´ils viennent un jour en France, j´entre dans un cyber-café pour vous écrire ces quelques lignes.
Il est déja 14h, direction la Hongrie.

Le voyage prend une belle tournure lorsqu´il est rythmé par ce genre de rencontres.

Des bises á tous. On se retrouve au sommet !

Monsieur et madame Groisdansmabaignoire ont un fils…

24 Aout 2010

Gédéon… Petite blague bidon pour détendre en entrant en Hongrie parce qu´il pleut depuis que j´ai quitté Graz.
Normalement en s´éloignant des montagnes et en se rapprochant des plaines, le temps sera meilleur.

Arrivé á Szombathely, mission principale : chercher un distributeur de billet juste en sortant de la gare, sans carte de ville, sans savoir oú est le camping, et cette nuit qui tombe de plus en plus vite, puisque c´est la meme heure ici qu´á Brest ! (avec plus de 1500 kms d´écart). Fini l´Euro, c´est le Forint et tous les soucis de conversion qui s´en suivent.
D´aprés un wallon rencontré sur place, un euro vaut « deux cents septante-six » forint. Et d´aprés ce meme wallon, ils devaient passer á l´Euro depuis 2008, mais la crise les ont fait sortir des critéres d´adhésion. Donc, stand by…

25 Aout 2010

Train (pas cher du tout) de Szombathely á Gárdony (j´ai choisi cette destination parce qu´elle était simple á retenir et á prononcer). J´ai bien le souvenir d´avoir vu ce genre de train il y a 20 ans en France : en état de marche mais vétuste, austére avec le noir, le marron foncé et le verdatre des siéges comme couleurs dominantes.
Les logements sont á 3 ou 4 niveaux, les murs plutot décrépis ont toutefois chacun de jolies couleurs pastel.
Il y a de nombreux travaux et de projets de rénovations. On a pas le sentiment que la ville est laissée á l´abandon.
Le centre-ville a un gros potentiel : pavé, entiérement piéton, propre et coloré avec ces memes couleurs pastel.
Tabac, loto et droguerie á chaque coin de rue cotoient les grandes enseignes.
La transition est assez saisissante avec l´Autriche. Je n´aurais pas cru un tel écart de richesse entre deux pays qui ont longtemps formé qu´un.
Le ciel est gris aujourd´hui mais tout le monde a le sourire. Les gens que j´ai rencontré sont agréables et t´aident volontiers á trouver ton chemin meme si ils sont trés peu á parler anglais. C´est le moment de sortir mon arme ultime :  un carnet entiérement remplit d´images universelles.

Reperes élémentaires

Outre les reperes spatio-temporels (oú je suis, oú je vais, de combien de temps je dispose pour arriver avant la nuit, est-ce que j´ai un plan B ?), lorsqu´on voyage avec sa maison sur le dos, on est capable d´etre totalement autonome ne serait-ce que pour la nuit.
Meme si tous les jours sont différents, des repéres, il en faut quand meme. Les premiers jours sont difficiles parce qu´on a du mal á connaitre ses limites, ce qu´on a sur le dos, et du mal á apprivoiser ses craintes, sa timidité envers les autres.
Quand on connait tout ce qui compose notre sac á dos, c´est déja plus simple : oú sont placées les choses, comment ne pas les mélanger, les maintenir au sec, ce qu´on a besoin la veille pour le lendemain.
En total autonomie, je sais qu´il me faut 3 litres d´eau et quelques aliments á faire cuire et á conserver pour le lendemain : 1/2 litre pour faire cuire, 1/2 litre pour la vaisselle, 1/4 de litre pour le café du lendemain (mon seul moment de plaisir…), 1/2 litre pour la vaisselle, 1/4 de litre pour les dents (important pour ceux qui sont en face de toi) et le reste pour rejoindre la prochaine ville á pied (ou en auto-stop si on est chanceux).
Pour ce qui est des limites, on les repousse. Le sac devient moins lourd, les bruits dans la foret ne sont pas forcement la sorciére du « Projet Blair Witch » ; la timidité s´efface dés le premier jour quand il s´agit de demander son chemin, changer de monnaie, faire de l´auto-stop ou tout simplement discuter avec les gens curieux.
Tous les problémes qu´on rencontre dans la journée ne s´appellent plus des problémes. Ca devient des « habitudes-de-voyageur ».

Des bises á tous. On se retrouve au sommet !

La perle de Budapest

26 Aout 2010

Le beau temps est revenu depuis hier soir. Temps impeccable et chaud.
Train de Gárdony á Budapest.
Rejoindre le camping de Budapest a necessité beaucoup d´énergie depuis la gare. En arrivant au camping, paysage de désolation, dévasté, entiérement détruit, les ruines laissées á l´abandon. Je me suis dit que peut-etre le camping avait été reconstruit ailleurs.
Je demande ma route et quelques metres plus loin, je tombe sur le « Hawaii Camping » qui ressemble á tout sauf á Hawaii, mais doté d´un charme incroyable. N´apparaissant sur aucune carte, il a la taille d´un jardin de lotissement, étroites allées, végétation basse et clairsemée, monticules de fleurs. Les bungalows en bois font 2 fois le volume d´une cabine téléphonique et les 2 ou 3 roulottes anciennes sont alimentées par des fils électriques qui passent au-dessus d´une rangée de « cabanes en dur », le tout agrémenté de quelques sculptures et ferronerie d´art brut. Certainement la création du gérant. Adorable, d´une quarantaine d´année, parlant trés peu et marchant d´un pas lent, il préfére arroser ses plantes et de tondre le gazon plutot que de t´expliquer dans quelle cabane sont les sanitaires.
Croyez-moi ou pas, c´est le meilleur camping que j´ai fait jusque lá.

Hawaii Camping

J´ai rencontré un groupe de Néerlandais et un couple d´allemands. Les hollandais sont coincés á Budapest depuis la fin du festival musical Sziget. Leur camping-car « is broken ». Ils attendent depuis 2 semaines la piéce qui permettra de les faire repartir pour la Turquie… Turquie, Turquie, Turquie, ne serait-ce pas ma direction par hasard ?
Ils m´ont justement proposé de venir avec eux, le seul probléme c´est que leur piéce de moteur arrivera dans « few days »… Je ne peux malheureusement pas me permettre d´attendre few days… Livraison trop aléatoire pour mon « timing » serré.
Dommage… On s´est échangé nos numéros. Si ils parviennent un jour á quitter Budapest, ils m´appellent.

27 Aout 2010

Je prends le temps de visiter la capitale hongroise et de taper ces quelques lignes.

Budapest

Des bises á tous. On se retrouve au sommet !

Etoile, ma belle etoile

27 aout 2010

Le soir, j’ai pris le train pour une destination proche : Poroszlo. Mais sortir de Budapest ne fut pas chose aisee : trouver la bonne station de metro, patienter pour acheter son billet en pleine heure de pointe, constater que ce n’est pas la bonne gare, reprendre le metro, attendre son train.
Inevitablement, j’arrive a la gare du village de Poroszlo en pleine nuit et sans panneaux. Les deux personnes qui sont sortis du train n’avaient pas l’air de connaitre. Et pourtant, quelqu’un les attendait en voiture ; un habitue du camping. Il a ouvert sa veste et m’a montre son tee-shirt aux couleurs du camping. Le site etait a 4km de la gare… Il etait presque 23h, si ils ne m’avaient pas emmene en voiture, j’aurais jamais trouve…

Babel

28 Aout 2010

Pour avoir suffisamment marche dans Budapest la veille, j’ai decide de prendre un train pour Hortobagyi, a 40km a l’Est de Poroszlo (histoire de dire que j’ai avance un peu).
C’est le moment de la sacrosainte lessive hebdomadaire, de soigner ma premiere ampoule et donc, de me poser toute une apres-midi pour faire tout ca.
Oblige toutefois de me rendre au centre-ville pour acheter fruits et viandes pour 2 jours (on a des surprises le dimanche avec les superettes).

Freres latins et cousins germains

Une seule et grande famille qu’est l’Europe. Allemagne, Suisse, Autriche, Hongrie, c’st pas si lointain. Pas si lointain mais pas latin.
C’est un probleme quotidien quand on a jamais etudie l’allemand. Sur la carte, je retiens le nom de la ville dans laquelle je veux me rendre et 5min apres, je l’ai deja oublie. Aucune racine latine, pas possible de trouver un moyen memo-technique non plus.
Mes destinations sont parfois selectionnees en fonction de leur facilite de prononciation.
Mais on est pas a l’abri de passer par Hajduboszormeny ; il y a toujours des changements comme celui de Szekesfehervar. Mais une chose est sure, je n’irais jamais a Hodmezovasarhely… (cadeau !)

Shakespeare in world

C’est indiscutable et connu dans toute l’Europe (j’en ai la confirmation), les francais sont les champions de l’ignorance d’une langue etrangere. Ce manque d’ effort de notre part se traduit par une imprecision dans nos discours, une incomprehension de l’etranger recu en France, une impression de la part de l’ etranger que le francais n’est pas accueillant parce qu’il ne maitrise que sa langue maternelle ; et pire, j’ai meme entendu que nous etions nationaliste. Voila bien un mot que je deteste.
L’anglais reste LA langue universelle, LA langue du voyageur et LA langue pour recevoir un touriste etranger en France.
Donc je lance un appel a toutes les generations. Ceux qui sont nait avant la creation de l’Union au meme titre que les etudiants Erasmus. Apprenez l’anglais ! (j’ai jamais autant flatte mes profs d’anglais…).

Carnival’s

29 Aout 2010

Mes affaires ont du mal a secher. Je tarde a partir, les trains pour Debrecen ( la plus proche grande ville a l’Est) sont plutot rares le dimanche et rebelotte, j’arrive en Roumanie en pleine nuit. Un couple m’indique bien gentillement les hebergements possibles autour de la gare. Cette fois-ci, pas le choix, ce sera le « Carnival’s hotel ». Spacieux, propre, rien a dire…

30 Aout 2010

Belle apres-midi a Oradea. J’ai recupere une carte de la Roumanie. Un etudiant turque m’a indique le plus proche cyber-cafe, d’ou je vous ecris.
On a discute un peu. Il m’a indique les villes roumaines a visiter et m’a conseille d’ eviter Budapest. Vu la galere que c’est pour sortir d’une capitale, je vais plutot attendre Istanbul… D’ailleurs il a fini par me laisser le numero de son meilleur ami medecin a Istanbul. (Que demande le peuple !).
Ca me fait penser, je dois appeler les neerlandais de Bucarest pour voir ou il en sont avec leur piece de moteur… Ca va bientot faire « few days » maintenant…

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

Dracula ne nettoie pas les vitres au carrefour

30 Aout 2010

Titre un peu provocateur, j’en conviens. Mais je tiens surtout a enlever l’image qui colle a la peau de tous les roumains. Oradea est une ville pleine de charme. A fort potentiel touristique, les gens sont appreciables. On croise quelques « costume-cravates », le drapeau europeen est omnipresent, et pas seulement sur les batiments administratifs.
Je decolle d’Oradea pour Cluj Napoca, en Transylvanie. Dans le train, je rencontre des canadiens, des francais. Les francais m’ont indique l’adresse d’une auberge de jeunesse, qui finalement s’averait etre un hotel 4 etoiles : donc si je raisonne pertinemment, c’est avec les francais que je me fais le moins bien comprendre… La gerante du 4 etoiles me dit que le nom de leur hotel a change recemment ; ce que je recherchais etait en centre-ville. Arrive en centre-ville, l’auberge de jeunesse etait un 3 etoiles… Beaucoup de malentendus aujourd’hui. Je peux pas avoir de la chance tous les jours…

Bakchich

31 Aout 2010

Je pars de Cluj Napoca pour Sibiu. La veille, sur un batiment administratif, j’ai vu un panneau inscrit : « La corruption gangrene notre pays ».
Sur la route de Cluj Napoca, une vieille dame sans ticket monte dans le train. A l’arrivee du controleur, elle lui glisse un billet dans la poche. Ce genre de pratique disparaitra, je pense, avec la nouvelle generation. Je me serais pas amuse a faire ca en Suisse…

Le fosse des generations
Les trains horriblement vieux cotoient les wagons derniers cris.
Etrange impression que de voir cette vieille dame vetue de facon aussi « rustique » (veste sans manche, pull, robe marron mouchetee et tete voilee d’un foulard) assise dans ce train flambant neuf.
D’un cote, les jeunes parlant anglais couramment, propres sur eux, accrocs au portable (ca sonne tout le temps) et a leur MP3 ; et de l’autre, les anciens, encore habilles de gros pull, de vieux pantalons de velours ou de survetement. Adipeux, le visage marque par les annees passees dehors a travailler la terre, parlant, reniflant, toussant fort et sans retenue. Ils ont quelques souvenirs du francais de l’epoque communiste. D’ailleurs, on retrouve beaucoup de mots francais dans leur langue.

J’arrive a Sibiu pour y passer la nuit. J’ai trouve une « pensione » par chere.

1er septembre 2010

Comme un jour de rentree des classes : un temps couvert et froid.
Aujourd’hui, je pars faire une bonne balade en altitude. J’ai pris un billet de train pour un village pas loin, au pied des montagnes.
Et devinez ce qui passe a la radio pendant que je vous ecris ces quelques lignes, ici, a Sibiu ?
« Desireless – Voyage, voyage » !!!

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

A crocs

1er Septembre 2010

Depart de Sibiu pour Lotru. Simple station.

Petite excursion dans les hauteurs ; j’atteinds le village de Brezei.

Dans les environs de Brezei

Les gens te fixent longuement, mais ils repondent sympathiquement quand tu les accostes. Meme en campagne, le francais reste present chez les anciens.
Les femmes ont un large sourire quand elles te voient arriver : les voyageurs sont rares dans ces contrees.
Premiere experience en milieu rural et premiere morsure de chien : je passe devant lui, il ne reagit pas et reste couche. C’est une fois le dos tourne qu’il m’attaque au mollet.
Precautions prises avant le depart, merci Pasteur !
Mes conclusions sur la Roumanie rurale : je prefere l’accueil des femmes a celui des chiens.

Je rejoins en car la ville de Ramnicu Valcea, puis je prends un train jusqu’a Petra Olt. Arrive pourtant dans une ville de changement de trains, j’interroge un commercant qui me repond : « no hotel ». Oblige de me rendre a Slatina, la grande ville la plus proche.
Dans le train, je fais part de mon futur trajet a un roumain. Je lui dis que mon but est de rejoindre la Bulgarie.
En 1/2h de discussion, il finit par m’indiquer le plus court trajet, en passant par Bucarest… Exces de gentillesse de sa part : il regle tous les details au guichet pour le lendemain. Depart a 5h46. C’est tot. Il n’a pas du sentir que j’avais encore 2 ou 3 jours devant moi en Roumanie.
L’avantage par rapport a Budapest, je sais l’heure a laquelle je quitte Bucarest, et c’est suffisamment tot pour ne pas etre pris au depourvu une fois arrive en Bulgarie. J’aurais le temps de visiter et de me faire ma propre opinion sur l’interet de Bucarest.
La nuit tombe et je suis toujours dans le train. La, debarque une amie de ce monsieur, qui parle un peu anglais. Elle m’indique l’hotel le plus proche. Durant le trajet a pied, Maria me fait part de sa vie en Roumanie, de son travail en usine, sa famille, de sa croyance en Dieu qui la protege de la crise qui frappe la Roumanie. « I live for him », me dit-elle.
Elle m’amene jusqu’au pied de l’hotel.

2 Septembre 2010

Je la croise le lendemain matin vers 5h30. Elle se rendait a son travail en train. Je sentais qu’elle voulait approfondir son anglais.
Son train arrive. Elle continue a me parler.
Mon train arrive. La, elle voit son train partir. En plein milieu de la conversation, elle court en traversant les voies ferrees et cherche a l’attaquer de face, en s’aggrippant au dernier barreau du wagon. Tres mauvaise idee. Le train avait deja une bonne allure. Au bout de quelques secondes, elle lache prise et retombe violemment sur les cailloux ( c’est mieux que sur la ferraille), sous les yeux ebahis de tous les usagers qui lui hurlaient de lacher. J’etais quasiment dans mon train quand ca s’est produit. J’ai pas eu le temps d’aller la voir et je m’en mords les doigts, sachant que je ne la reverrais jamais. J’ai vu de loin qu’elle allait bien mais je me sens un peu responsable. C’est alle vraiment trop vite. Elle a failli se tuer. Grosse frayeur !
La veille, je me rappelle qu’elle riait quand je lui parlais de la securite dans les trains et sur les voies ferrees en Roumanie. Certaines portes de wagons restent ouvertes durant tout le trajet parce qu’elle ne peuvent plus se fermer. Les gens traversent les voies ferrees sans utiliser les souterrains.

Le soleil se leve. Dans le train, les gens se reveillent petit a petit. Moi, j’ai ecris durant tout le trajet ces quelques lignes…

Arrive a Bucarest. J’en ai maintenant la certitude, cette ville n’a aucun interet. Bruyante, polluee. Des decors fades.

3h plus tard, mon train part pouyr la ville de Russe, en Bulgarie.
Je quitte la Roumanie avec un gout amer par rapport a ce qui s’est produit ce matin…

Plein soleil. Sur la route de Russe, je rencontre justement une russe accompagnee d’une anglaise. Elle me parlent de la ville de Varna comme etant une tres bonne destination si je veux voir la mer Noire.
Allez, va pour la mer Noire, ca me changera les idees.
Je prolonge mon trajet jusqu’a Varna. La nuit tombe.
C’etait une journee longue et eprouvante.